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Comment expliquer les crises financières et réguler le système financier ?

Bulles, paniques bancaires, faillites, crise de 1929 et de 2008, régulation et supervision bancaire (spécialité SES de Tle)

À propos de cette page
Ce cours de spécialité SES en terminale sur « Comment expliquer les crises financières et réguler le système financier ? » suit le programme officiel de spécialité SES de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Deux crises de référence : 1929 et 2008, La formation et l'éclatement d'une bulle spéculative, Pourquoi le système bancaire est fragile, La propagation : paniques bancaires et faillites en chaîne. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en spécialité SES.

2 sujets de dissertation traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.

Sujet 1 — Comment expliquer les crises financières ?

Analyse des termes — Une crise financière est une perturbation grave des marchés financiers et du système bancaire (krach, paniques, faillites) qui peut se transmettre à l'économie réelle ; « expliquer » impose d'en dégager les causes et les mécanismes d'amplification, pas seulement de les raconter. Les crises de 1929 et de 2008 servent de références, complétées par d'autres épisodes datés.

Problématique — Les crises financières sont-elles des accidents causés par des chocs extérieurs, ou naissent-elles du fonctionnement même des marchés et des banques, qui fabrique des déséquilibres puis les amplifie ?

Introduction rédigéeLe 15 septembre 2008, la banque d'affaires Lehman Brothers, quatrième banque d'investissement américaine, dépose son bilan avec 639 milliards de dollars d'actifs ; en quelques jours, le marché interbancaire se bloque dans le monde entier. Quatre-vingts ans plus tôt, le krach d'octobre 1929 avait ouvert la voie à la Grande Dépression. Une crise financière désigne une perturbation grave des marchés financiers et du système bancaire, marquée par un effondrement des prix d'actifs, des paniques et des faillites, qui peut se transmettre à la production et à l'emploi. On l'a longtemps expliquée par des chocs extérieurs ou par la faute de quelques acteurs imprudents. Pourtant, des tulipes hollandaises de 1637 aux subprimes de 2007, les crises présentent une étonnante régularité. Les crises financières sont-elles des accidents, ou naissent-elles du fonctionnement même des marchés et des banques, qui fabrique des déséquilibres puis les amplifie ? Nous verrons d'abord que les crises naissent souvent de bulles spéculatives produites par des comportements individuellement rationnels (I), puis que le système bancaire est fragile par nature (II), enfin que des mécanismes de propagation transforment un choc financier en crise générale (III).

I. Les crises naissent souvent de bulles spéculatives, produites par des comportements individuellement rationnels

  • Le prix d'un actif peut s'écarter durablement de sa valeur fondamentale lorsque l'on achète pour revendre plus cher (spéculation).Le Dow Jones passe de 300 points fin 1928 à 381,17 le 3 septembre 1929 (+27 % en huit mois), sans rapport avec la hausse des profits.
  • Les comportements mimétiques entretiennent la hausse : chacun cherche à anticiper l'opinion des autres.Keynes, « concours de beauté » (Théorie générale, 1936) ; Orléan, mimétisme autoréférentiel (Le Pouvoir de la finance, 1999).
  • Les prophéties autoréalisatrices et le crédit alimentent la bulle, puis provoquent son éclatement quand les anticipations se retournent.Merton (1948) ; achats sur marge en 1929 ; bulle internet : Nasdaq de 5 048,62 points (10 mars 2000) à 1 114,11 (9 octobre 2002), −78 %.

II. Le système bancaire est fragile par nature, et cette fragilité grandit dans les périodes calmes

  • La transformation des échéances rend une banque solvable vulnérable à une crise de liquidité.Dépôts à vue contre crédits à long terme : une banque saine peut faire faillite si tous ses déposants retirent le même jour (Diamond et Dybvig, 1983).
  • L'effet de levier multiplie les pertes : quelques pour cent de baisse des actifs suffisent à effacer les fonds propres.Levier de l'ordre de 30 chez Lehman Brothers en 2007 ; faillite le 15 septembre 2008 avec 639 milliards de dollars d'actifs.
  • La stabilité elle-même pousse à l'endettement et au relâchement des règles : l'instabilité est endogène.Minsky (1986) : passage d'un financement prudent à un financement « Ponzi » ; abrogation de la séparation Glass-Steagall en 1999 ; crédits subprimes titrisés au milieu des années 2000.

III. Les mécanismes de propagation transforment un choc financier en crise générale

  • La panique bancaire est une prophétie autoréalisatrice qui propage la défiance d'une banque à l'autre.Environ 9 000 banques américaines suspendues de 1930 à 1933 ; file d'attente devant Northern Rock en septembre 2007.
  • Les faillites en chaîne et les ventes forcées créent un risque systémique, y compris international.Creditanstalt (mai 1931) ; en 2008, Reserve Primary Fund, AIG (prêt de 85 milliards de dollars de la Fed le 16 septembre), recapitalisation de Dexia (30 septembre).
  • La transmission à l'économie réelle revient frapper les banques : la crise s'auto-entretient.Effet de richesse négatif, credit crunch (Bernanke, 1983), déflation par la dette (Fisher, 1933) : aux États-Unis, PIB −26 % et prix −24 % de 1929 à 1933.
Conclusion rédigéeLes crises financières ne sont pas des accidents. Elles naissent de bulles alimentées par le crédit, le mimétisme et les prophéties autoréalisatrices ; elles trouvent un terrain favorable dans la fragilité d'un système bancaire qui transforme les échéances et s'endette d'autant plus que la période est calme ; elles se propagent enfin par les paniques, les faillites en chaîne et la contraction du crédit, jusqu'à l'économie réelle. C'est pourquoi elles reviennent, sous des formes différentes, de 1929 à 2008 et encore en 2023 avec Silicon Valley Bank. Si l'instabilité est inscrite dans le fonctionnement de la finance, la question devient celle de sa régulation : prêteur en dernier ressort, garantie des dépôts, supervision et ratios de solvabilité peuvent-ils limiter les crises sans encourager, par l'aléa moral, les excès qu'ils cherchent à prévenir ?

Le piège — Raconter successivement 1929 puis 2008 au lieu d'expliquer : un plan chronologique ou « une crise par partie » ne répond pas à la question « comment expliquer ». Les deux crises doivent servir d'exemples dans chaque partie, au service d'un mécanisme.

Sujet 2 — Comment les pouvoirs publics peuvent-ils réguler le système financier pour limiter les crises ?

Analyse des termes — Les pouvoirs publics désignent ici les banques centrales, les États et les autorités de supervision ; réguler, c'est encadrer par des règles et des contrôles le comportement des banques et des marchés. « Limiter » suggère qu'on ne supprime pas les crises : on cherche à en réduire la fréquence et la gravité, sans créer de nouvelles incitations à la prise de risque.

Problématique — Comment les pouvoirs publics peuvent-ils à la fois arrêter les paniques et empêcher que la certitude d'être secourues n'incite les banques à prendre davantage de risques ?

Introduction rédigéeLe 6 mars 1933, deux jours après son entrée en fonction, Franklin D. Roosevelt ferme toutes les banques des États-Unis : en trois ans, environ 9 000 d'entre elles ont suspendu leurs paiements. Soixante-quinze ans plus tard, en 2008, la Réserve fédérale et le Trésor américain agissent en quelques semaines pour éviter qu'une telle vague ne se reproduise. Réguler le système financier, c'est encadrer par des règles et des contrôles publics le comportement des banques et des marchés, afin d'assurer leur stabilité. Les pouvoirs publics (banques centrales, États, autorités de supervision) disposent pour cela de plusieurs instruments. Mais toute protection a un revers : une banque qui se sait secourue est incitée à prendre davantage de risques, c'est l'aléa moral. Comment les pouvoirs publics peuvent-ils à la fois arrêter les paniques et empêcher que la certitude d'être secourues n'incite les banques à prendre davantage de risques ? Nous verrons qu'ils peuvent contenir la crise une fois déclenchée (I), mais que ces filets de sécurité créent un aléa moral (II), ce qui impose d'encadrer la prise de risque en amont (III).

I. Contenir la crise une fois déclenchée : arrêter la panique et la contagion

  • Le prêteur en dernier ressort fournit des liquidités aux banques solvables pour empêcher les ventes forcées et les faillites en chaîne.Bagehot (Lombard Street, 1873) ; en 2008, liquidités massives de la Fed et de la BCE ; a contrario, contraction monétaire d'environ un tiers de 1929 à 1933 (Friedman et Schwartz, 1963).
  • La garantie des dépôts supprime la raison de se ruer aux guichets.FDIC créée par le Banking Act de 1933 (2 500 dollars en 1934, 250 000 dollars depuis 2008) ; FGDR en France : 100 000 euros par déposant et par banque.
  • Les sauvetages publics recapitalisent les banques systémiques pour éviter l'effondrement du crédit.Plan TARP de 700 milliards de dollars (3 octobre 2008) ; recapitalisation de Dexia (6,4 milliards d'euros, 30 septembre 2008) ; 465 faillites bancaires américaines de 2008 à 2012 contre environ 9 000 de 1930 à 1933.

II. Mais ces filets de sécurité créent un aléa moral qui prépare les crises suivantes

  • Une banque « trop grande pour faire faillite » sait qu'elle sera sauvée et prend plus de risques.Sauvetage de Bear Stearns (mars 2008), qui a pu faire croire que Lehman serait aussi secourue ; levier de l'ordre de 30 chez Lehman en 2007.
  • Les déposants garantis cessent de surveiller leur banque, ce qui supprime une discipline de marché.Crise des caisses d'épargne américaines (plus d'un millier de faillites de 1986 à 1995), après le relèvement de la garantie à 100 000 dollars en 1980.
  • Le choix de laisser tomber une banque pour punir l'imprudence peut déclencher une panique générale.Faillite de Lehman Brothers (15 septembre 2008) : dès le lendemain, le Reserve Primary Fund ne peut plus rendre un dollar pour un dollar et AIG doit être secourue.

III. Prévenir en encadrant la prise de risque en amont

  • Le ratio de solvabilité oblige les banques à engager leurs propres fonds propres, ce qui rend le risque coûteux.Bâle I (1988) : 8 % des actifs pondérés ; Bâle III (2010) : 4,5 % de fonds propres de base plus un coussin de 2,5 %, ratio de levier de 3 %, ratio de liquidité.
  • La supervision par la banque centrale contrôle, banque par banque, le respect des règles et les risques pris.ACPR en France ; mécanisme de surveillance unique : la BCE supervise directement les grandes banques de la zone euro depuis le 4 novembre 2014.
  • La séparation des activités protège les dépôts des activités spéculatives, mais la régulation reste toujours en retard sur l'innovation financière.Glass-Steagall (1933, abrogé en 1999), règle Volcker de la loi Dodd-Frank (21 juillet 2010), loi française du 26 juillet 2013 ; faillite de Silicon Valley Bank (10 mars 2023).
Conclusion rédigéeLes pouvoirs publics disposent de deux familles d'instruments. Les premiers, ex post, arrêtent la panique et la contagion : prêteur en dernier ressort, garantie des dépôts, sauvetages ; ils expliquent que la crise de 2008 n'ait pas débouché sur une dépression comparable à celle des années 1930. Mais ils créent un aléa moral, qui impose des instruments ex ante : ratio de solvabilité, supervision par la banque centrale, séparation des activités. Aucun de ces outils ne supprime les crises ; ensemble, ils en réduisent la fréquence et la gravité. Reste une difficulté : la finance innove plus vite que la règle, et le risque migre vers des acteurs moins surveillés. La régulation peut-elle suivre la finance non bancaire, sans étouffer le financement de l'économie dont dépend la croissance ?

Le piège — Faire un catalogue des instruments sans jamais parler d'aléa moral : le programme lie explicitement la régulation à la réduction de l'aléa moral, et c'est cette tension qui donne une problématique au sujet.

Épreuve composée — traitée en entier

Partie 1 — Mobilisation des connaissances (4 points)

Montrez que les comportements mimétiques peuvent être à l'origine d'une bulle spéculative.

Corrigé rédigé

Une bulle spéculative est un écart durable et croissant entre le prix d'un actif et sa valeur fondamentale, c'est-à-dire la valeur actualisée des revenus qu'il rapportera. Un comportement mimétique consiste à imiter les décisions des autres agents.

Sur un marché financier, l'investisseur achète moins pour le rendement de l'actif que pour la plus-value qu'il espère. Il a donc intérêt à anticiper ce que feront les autres : Keynes (Théorie générale, 1936) compare la Bourse à un « concours de beauté » où il faut deviner le choix de la majorité. Imiter est rationnel pour chacun : les autres sont peut-être mieux informés, et se tromper avec tout le monde coûte moins que se tromper seul (Orléan, 1999). Mais si tous achètent parce que les autres achètent, le prix monte, ce qui valide l'anticipation de hausse et attire de nouveaux acheteurs : c'est une prophétie autoréalisatrice (Merton, 1948). Le prix se détache alors de la valeur fondamentale.

Ainsi, le Nasdaq, indice des valeurs technologiques, culmine à 5 048,62 points le 10 mars 2000, avant de perdre 78 % jusqu'en octobre 2002 : le même mimétisme a joué à la baisse.

Partie 2 — Étude d’un document (6 points)

D'après S&P Dow Jones Indices et Euronext, cours de clôture historiques du Dow Jones Industrial Average et du CAC 40, 2007-2009.

IndiceSommet d'avant-crise (points)Date du sommetCreux (points)Date du creux
Dow Jones Industrial Average (New York)14 164,539 octobre 20076 547,059 mars 2009
CAC 40 (Paris)6 168,151er juin 20072 519,299 mars 2009

1. À l'aide des données, vous comparerez l'ampleur de la baisse des deux indices.

2. À l'aide des données, vous montrerez que la crise financière née aux États-Unis s'est propagée aux marchés européens et qu'un krach laisse des traces durables.

Corrigé rédigé

1. D'après S&P Dow Jones Indices, le Dow Jones est passé de 14 164,53 points le 9 octobre 2007 à 6 547,05 points le 9 mars 2009, soit une variation de (6 547,05 − 14 164,53) / 14 164,53 × 100 ≈ −53,8 %. D'après Euronext, le CAC 40 est passé de 6 168,15 points le 1er juin 2007 à 2 519,29 points le 9 mars 2009, soit ≈ −59,2 %. Les deux indices ont perdu plus de la moitié de leur valeur, mais la baisse est plus forte à Paris qu'à New York (environ 5,4 points de pourcentage de plus).

2. La crise des subprimes est née du marché immobilier américain ; pourtant, la bourse de Paris recule plus que celle de New York, et les deux indices touchent leur point bas le même jour, le 9 mars 2009. Cette synchronisation montre la propagation internationale : les banques européennes détenaient des titres adossés aux crédits américains (BNP Paribas gèle trois fonds le 9 août 2007), et la défiance se diffuse d'un marché à l'autre par mimétisme. Les traces sont durables : pour retrouver son sommet, le Dow Jones doit être multiplié par 14 164,53 / 6 547,05 ≈ 2,16, soit une hausse de 116 %, et le CAC 40 par 6 168,15 / 2 519,29 ≈ 2,45, soit +145 %. Une baisse de moitié exige ensuite plus qu'un doublement : l'effet de richesse négatif pèse longtemps sur les ménages et les entreprises.

Partie 3 — Raisonnement s’appuyant sur un dossier documentaire (10 points)

À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez qu'une crise financière peut se transmettre à l'économie réelle.

D'après Irving Fisher, « The Debt-Deflation Theory of Great Depressions », Econometrica, vol. 1, n° 4, octobre 1933 (résumé).

Dans cet article, l'économiste américain Irving Fisher soutient que les grandes dépressions s'expliquent par deux facteurs dominants : un surendettement initial, puis une déflation qui le suit. Il décrit un enchaînement : les débiteurs liquident leurs actifs pour rembourser ; ces ventes forcées font baisser les prix ; la valeur nette des entreprises et leurs profits diminuent ; la production, les échanges et l'emploi reculent ; le pessimisme et la perte de confiance poussent à thésauriser. Plus les débiteurs remboursent, plus les prix baissent, et plus le poids réel de ce qu'ils doivent encore augmente.

D'après BEA, comptes nationaux (NIPA, tableau 1.1.1) et BLS, Current Population Survey, moyennes annuelles, 2007-2010.

États-Unis2007200820092010
Taux de croissance du PIB réel (en %)2,00,1−2,62,7
Taux de chômage (en % de la population active, moyenne annuelle)4,65,89,39,6
Corrigé rédigé

Introduction. En septembre 2008, la faillite de Lehman Brothers transforme la crise des subprimes en panique mondiale ; en 2009, le PIB américain recule de 2,6 % (document 2). Une crise financière, qui touche d'abord les marchés et les banques, peut ainsi se transmettre à l'économie réelle, c'est-à-dire à la production et à l'emploi, par plusieurs canaux.

Premier canal : l'effet de richesse négatif. (A) La chute des prix des actifs réduit la consommation et l'investissement. (E) Les ménages dont le patrimoine financier ou immobilier perd de la valeur se sentent moins riches : ils consomment moins et épargnent davantage pour reconstituer leur patrimoine. Les entreprises, dont la valeur boursière baisse, reportent leurs projets. La demande globale recule, et les entreprises réduisent leur production. (I) Entre octobre 2007 et mars 2009, le Dow Jones perd environ 54 % ; aux États-Unis, la croissance passe de 2,0 % en 2007 à −2,6 % en 2009 (document 2).

Deuxième canal : la contraction du crédit. (A) Les banques fragilisées prêtent moins, ce qui freine l'activité. (E) Pour reconstituer leurs fonds propres et respecter leurs ratios de solvabilité, ou par méfiance, les banques réduisent leurs crédits et durcissent leurs conditions : c'est le credit crunch. Les entreprises, surtout les PME qui dépendent du crédit bancaire, investissent et embauchent moins ; les ménages achètent moins de biens durables. Bernanke (1983) a montré que la disparition de milliers de banques dans les années 1930 avait aggravé la dépression en privant les emprunteurs de crédit. (I) D'après le document 2, le taux de chômage américain passe de 4,6 % en 2007 à 9,3 % en 2009, soit +4,7 points, et atteint encore 9,6 % en 2010, alors que la croissance est redevenue positive : l'emploi reste durablement touché.

Troisième canal : la déflation par la dette. (A) Le surendettement peut entraîner une spirale de baisse des prix qui aggrave la récession. (E) Selon Fisher (document 1), les débiteurs vendent leurs actifs pour rembourser, ce qui fait baisser les prix ; la baisse des prix réduit les profits et alourdit le poids réel des dettes restantes ; production et emploi reculent, et la perte de confiance pousse à thésauriser plutôt qu'à dépenser. Plus on rembourse, plus on doit, en termes réels. (I) Aux États-Unis, entre 1929 et 1933, les prix baissent d'environ 24 % et le PIB réel d'environ 26 %, tandis que le chômage atteint 24,9 % en 1933. En 2008-2009, l'intervention massive des banques centrales a évité une telle spirale.

Conclusion. L'effet de richesse, le credit crunch et la déflation par la dette transmettent la crise financière à la production et à l'emploi ; en retour, la récession multiplie les défauts de paiement, ce qui fragilise encore les banques.

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