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Spécialité Physique-Chimie Terminale

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Modéliser l'écoulement d'un fluide

Poussée d'Archimède, débit volumique, conservation du débit, relation de Bernoulli et applications (thème Mouvement et interactions)

À propos de cette page
Ces problèmes corrigés sur « Modéliser l'écoulement d'un fluide » en terminale permettent d'appliquer le cours à des situations concrètes en spécialité physique-chimie. Ils suivent le programme officiel de terminale et se résolvent étape par étape. Au programme : L'essentiel, Poussée d'Archimède, Débit volumique et conservation du débit, Relation de Bernoulli et hypothèses de validité. Cherche au brouillon, rédige, puis compare avec la correction détaillée de chaque problème. Idéal pour développer le raisonnement, la rigueur et la confiance avant une évaluation. Problèmes gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour progresser en spécialité physique-chimie en terminale.

Problèmes corrigés, type devoir surveillé ou bac : plusieurs parties, un raisonnement à rédiger. Traite chaque problème en entier au brouillon, puis déplie la correction rédigée.

Problème 1 — Le décollage d'une montgolfière

Moyen

Une montgolfière possède une enveloppe de volume V=2200 m³, ouverte à sa base : l'air chaud intérieur est à la même pression que l'air extérieur. La masse de l'enveloppe, de la nacelle, du brûleur et des passagers vaut m=610 kg (air chaud non compris) ; on néglige le volume de la nacelle et des passagers. Au sol, l'air extérieur est à Text=283 K et sa masse volumique vaut ρext=1,25 kg·m⁻³. L'air est un gaz parfait : à pression fixée, sa masse volumique est inversement proportionnelle à sa température absolue. g=9,81 N·kg⁻¹.

  1. 1. Expliquer l'origine de la poussée d'Archimède exercée par l'air sur l'enveloppe, puis calculer sa norme.
  2. 2. Faire le bilan des forces qui s'exercent sur le système {montgolfière + air chaud intérieur} au moment du décollage, les frottements étant négligés.
  3. 3. Montrer que la montgolfière décolle si la masse volumique de l'air intérieur vérifie $\rho_{\text{int}} < \rho_{\text{ext}} - \dfrac{m}{V}$, puis calculer cette valeur limite.
  4. 4. En déduire la température minimale de l'air intérieur, en kelvins puis en degrés Celsius.
  5. 5. Le pilote chauffe l'air intérieur à 373 K. Calculer l'accélération verticale de la montgolfière juste après le décollage.
  6. 6. Expliquer pourquoi, à température intérieure fixée, la montgolfière atteint une altitude d'équilibre.

1. L'air exerce des forces pressantes sur toute la surface de l'enveloppe. La pression de l'air diminuant avec l'altitude, les forces exercées sur le bas de l'enveloppe l'emportent sur celles exercées sur le haut : leur résultante est verticale, vers le haut. Sa norme est le poids de l'air extérieur déplacé : Π=ρextVg=1,25×2200×9,81, Π=2,70×104 N.

2. Dans le référentiel terrestre, le système subit : son poids P→, vertical vers le bas, de norme P=(m+ρintV)g (l'air chaud fait partie du système) ; la poussée d'Archimède Π→, verticale vers le haut.

3. Le système quitte le sol si la résultante est dirigée vers le haut : $\Pi > P \iff \rho_{\text{ext}}V g > (m + \rho_{\text{int}}V)\,g \iff \rho_{\text{int}}V < \rho_{\text{ext}}V - m$, soit, en divisant par $V > 0$ : $\rho_{\text{int}} < \rho_{\text{ext}} - \frac{m}{V}$. A.N. : 1,25−6102200=1,25−0,277, ρlim=0,973 kg·m⁻³.

4. À même pression, ρT est constant : ρintTint=ρextText, donc Tint=Textρextρint. La condition $\rho_{\text{int}} < 0{,}973$ kg·m⁻³ équivaut à $T_{\text{int}} > 283\times\frac{1{,}25}{0{,}9727}$, soit Tmin=364 K, environ 91 °C.

5. À 373 K : ρint=1,25×283373=0,948 kg·m⁻³, d'où une masse d'air chaud ρintV=2086 kg. Résultante verticale : F=Π−P=(ρextV−m−ρintV)g=(2750−610−2086)×9,81=53,5×9,81=525 N. Masse du système : M=610+2086=2696 kg. Deuxième loi de Newton : a=FM=5252696, a=0,195 m·s⁻², vers le haut.

6. En montant, la pression atmosphérique diminue : à température fixée, ρext et ρint diminuent toutes deux proportionnellement à la pression, donc la différence (ρext−ρint)V diminue aussi, alors que m reste constante. La force résultante [(ρext−ρint)V−m]g décroît et s'annule à une certaine altitude : la montgolfière s'y stabilise (pour monter plus haut, il faut chauffer davantage).

Problème 2 — Vider un aquarium avec un siphon

Moyen

Pour renouveler une partie de l'eau d'un aquarium, on utilise un tuyau souple de diamètre intérieur 12 mm, rempli d'eau, fonctionnant en siphon. L'axe vertical est orienté vers le haut, avec l'origine à la surface libre de l'aquarium. Le point le plus haut du tuyau, C, passe au-dessus de la vitre à zC=+0,25 m ; l'extrémité de sortie B, à l'air libre au-dessus d'un seau, est à zB=−0,80 m. La surface libre de l'aquarium est un rectangle de 80 cm × 35 cm. L'eau est considérée comme un fluide parfait en écoulement permanent. Données : Patm=1,013×105 Pa ; ρ=1,00×103 kg·m⁻³ ; g=9,81 N·kg⁻¹ ; pression de vapeur saturante de l'eau à 20 °C : 2,3 kPa.

  1. 1. En appliquant la relation de Bernoulli entre un point A de la surface libre et le point B, calculer la vitesse de sortie de l'eau (on néglige la vitesse en A).
  2. 2. Vérifier a posteriori que la vitesse de descente de la surface libre est négligeable.
  3. 3. Calculer le débit volumique du siphon en L·min⁻¹.
  4. 4. Montrer que la vitesse de l'eau est la même en C et en B, puis calculer la pression en C.
  5. 5. L'eau se vaporise si sa pression devient inférieure à la pression de vapeur saturante, ce qui désamorce le siphon. Déterminer la hauteur maximale de C au-dessus de la surface libre, B restant à −0,80 m.
  6. 6. On veut abaisser le niveau de l'aquarium de 12 cm. Estimer la durée de l'opération en supposant le débit constant, puis dire si la durée réelle est plus longue ou plus courte, en justifiant.

1. A : PA=Patm, vA≈0, zA=0. B : PB=Patm (jet à l'air libre), vB, zB=−0,80 m. Bernoulli : Patm+0+0=Patm+12ρvB2+ρgzB, donc vB=−2gzB=2×9,81×0,80, vB=3,96 m·s⁻¹.

2. Section du tuyau : s=π×(0,012)24=1,13×10−4 m² ; surface libre : S=0,80×0,35=0,280 m². Conservation du débit : vA=vBsS=3,96×1,13×10−40,280=1,6×10−3 m·s⁻¹. Alors vA2≈2,6×10−6 m²·s⁻², négligeable devant vB2=15,7 m²·s⁻² : l'approximation est justifiée.

3. DV=svB=1,131×10−4×3,962=4,48×10−4 m³·s⁻¹ =0,448 L·s⁻¹, soit DV=26,9 L·min⁻¹.

4. Le tuyau a une section constante ; l'eau étant incompressible et l'écoulement permanent, svC=svB, donc vC=vB. Bernoulli entre C et B : PC+ρgzC=Patm+ρgzB, d'où PC=Patm−ρg(zC−zB)=1,013×105−1,00×103×9,81×1,05, PC=9,10×104 Pa. La pression au sommet est inférieure à la pression atmosphérique : c'est ce qui « aspire » l'eau par-dessus la vitre.

5. Il faut PC≥Psat, soit zC−zB≤Patm−Psatρg=1,013×105−2,3×1039810=10,09 m. Donc zC≤10,09−0,80, zC,max=9,29 m : aucune limite en pratique pour un aquarium.

6. Volume à retirer : 0,280×0,12=3,36×10−2 m³ = 33,6 L. À débit constant : Δt=33,60,448, Δt≈75 s. En réalité, la surface libre descend : la dénivellation entre la surface et la sortie passe de 0,80 m à 0,68 m, et la vitesse de sortie de 3,96 à 2×9,81×0,68=3,65 m·s⁻¹. Le débit diminue donc au cours de l'opération : la durée réelle est plus longue (environ 78 s avec le débit moyen, davantage encore à cause de la viscosité).

Problème 3 — Débitmètre de Venturi et sténose artérielle

Difficile

Partie A — Débitmètre de Venturi. Une conduite d'eau horizontale, de diamètre dA=80 mm, comporte un col de diamètre dB=40 mm. Deux tubes verticaux ouverts, branchés en A (en amont) et en B (au col), contiennent de l'eau au repos ; le niveau dans le tube B est plus bas de Δh=23,5 cm que dans le tube A. Partie B — Sténose. Une artère de diamètre 7,0 mm présente un rétrécissement (sténose) de diamètre 4,2 mm. Le sang y circule à 0,32 m·s⁻¹ en amont de la sténose ; on l'assimile à un fluide parfait incompressible en écoulement permanent. Données : ρeau=1,00×103 kg·m⁻³ ; ρsang=1,06×103 kg·m⁻³ ; g=9,81 N·kg⁻¹ ; 1 mmHg = 133 Pa.

  1. A.1. Montrer que vB=4vA.
  2. A.2. À l'aide de la loi de la statique des fluides, exprimer puis calculer la différence de pression PA−PB.
  3. A.3. Montrer que vA=2(PA−PB)15ρeau, puis calculer vA.
  4. A.4. En déduire le débit volumique en L·s⁻¹, puis en m³·h⁻¹.
  5. B.1. Calculer la vitesse du sang dans la sténose.
  6. B.2. Calculer la baisse de pression dans la sténose, en Pa puis en mmHg, et expliquer pourquoi ce phénomène peut aggraver le rétrécissement de l'artère.
  7. B.3. Indiquer l'hypothèse du modèle la plus discutable pour le sang et son effet sur la pression en aval de la sténose.

A.1. Eau incompressible en écoulement permanent : SAvA=SBvB, donc vB=vA(dAdB)2=vA(8040)2, vB=4vA.

A.2. Dans chaque tube, l'eau est au repos. En notant hA et hB les hauteurs d'eau au-dessus de l'axe de la conduite : PA=Patm+ρghA et PB=Patm+ρghB. Donc PA−PB=ρg(hA−hB)=ρgΔh=1,00×103×9,81×0,235, PA−PB=2,31×103 Pa.

A.3. Bernoulli entre A et B, à la même altitude : PA−PB=12ρ(vB2−vA2)=12ρ(16−1)vA2=152ρvA2. D'où vA=2(PA−PB)15ρ. A.N. : vA=2×230515×1000=0,307, vA=0,554 m·s⁻¹.

A.4. SA=π×(0,080)24=5,03×10−3 m², donc DV=SAvA=2,79×10−3 m³·s⁻¹, soit 2,79 L·s⁻¹, et 2,79×10−3×3600 = 10,0 m³·h⁻¹. Le débitmètre ne comporte aucune pièce mobile : une simple lecture de Δh donne le débit.

B.1. vs=0,32×(7,04,2)2=0,32×2,78, vs=0,889 m·s⁻¹.

B.2. Bernoulli (même altitude) : ΔP=12ρsang(vs2−v2)=530×(0,790−0,102), ΔP=364 Pa, soit 364133 = 2,7 mmHg. Dans la sténose, la pression du sang sur la paroi diminue, alors que les tissus extérieurs continuent d'appuyer sur l'artère, dont la paroi est souple : elle tend à se resserrer. Le diamètre diminue, la vitesse augmente, la pression baisse encore : l'effet Venturi aggrave le rétrécissement.

B.3. Le sang est visqueux : ce n'est pas un fluide parfait (l'écoulement est de plus pulsé, donc pas rigoureusement permanent). Les frottements dissipent de l'énergie : en aval de la sténose, quand le diamètre redevient 7,0 mm, la pression ne remonte pas à sa valeur amont ; il subsiste une perte de charge que le cœur doit compenser.

Problème 4 — Dimensionner une fontaine à jet vertical

Difficile

Une fontaine projette un jet d'eau vertical. Une pompe aspire l'eau d'un bassin et la refoule dans un tuyau de diamètre intérieur 75 mm, terminé par une buse tournée vers le haut, dont la sortie O est à 0,35 m au-dessus de la surface du bassin. On considère que le point T du tuyau, juste avant la buse, est à la même altitude que O. Le débit volumique vaut 6,4 L·s⁻¹ et, d'après le cahier des charges, le jet doit monter à H=18,5 m au-dessus de O. L'eau est modélisée comme un fluide parfait incompressible en écoulement permanent ; dans le jet, la pression est partout égale à Patm=1,013×105 Pa. On admet que la puissance hydraulique minimale de la pompe vaut 𝒫=DV×ΔEv, où Ev=P+12ρv2+ρgz (en J·m⁻³) est évaluée entre la surface du bassin et la sortie O. Données : ρ=1,00×103 kg·m⁻³ ; g=9,81 N·kg⁻¹.

  1. 1. Montrer que la vitesse de l'eau à la sortie de la buse vaut v0=2gH, puis la calculer.
  2. 2. Calculer le diamètre de la buse.
  3. 3. Calculer la vitesse de l'eau dans le tuyau d'alimentation.
  4. 4. Calculer la pression de l'eau au point T.
  5. 5. Expliquer pourquoi le jet s'élargit en montant, puis calculer son diamètre à mi-hauteur.
  6. 6. Calculer la puissance hydraulique minimale de la pompe.
  7. 7. Une fois installée, la fontaine ne projette l'eau qu'à 16,1 m. Proposer deux causes et indiquer quelle hypothèse du modèle est mise en défaut.

1. On applique Bernoulli le long du jet entre O (Patm, v0, z=0) et le sommet S (Patm, v=0 car le jet vertical s'y arrête, z=H) : Patm+12ρv02=Patm+ρgH, d'où v0=2gH. A.N. : v0=2×9,81×18,5=363, v0=19,1 m·s⁻¹.

2. s=DVv0=6,4×10−319,05=3,36×10−4 m², et s=πd24 donne d=4sπ=2,07×10−2 m, soit d=20,7 mm.

3. ST=π×(0,075)24=4,42×10−3 m², donc vT=DVST=6,4×10−34,42×10−3, vT=1,45 m·s⁻¹.

4. Bernoulli entre T et O, à la même altitude : PT+12ρvT2=Patm+12ρv02, donc PT=Patm+12ρ(v02−vT2)=1,013×105+500×(363,0−2,10)=1,013×105+1,804×105, PT=2,82×105 Pa.

5. Dans le jet, 12v2+gz est constant : la vitesse diminue quand l'altitude augmente. Le débit étant conservé (sv=DV), la section augmente quand la vitesse diminue : le jet s'élargit. À mi-hauteur, z=9,25 m : v=2g(H−z)=2×9,81×9,25=13,5 m·s⁻¹ ; s′=6,4×10−313,47=4,75×10−4 m² ; d′=4s′π, d′=24,6 mm (c'est d×21/4).

6. Surface du bassin M : Patm, v≈0, zM=−0,35 m (origine en O). Sortie O : Patm, v0, z=0. ΔEv=12ρv02+ρg×0,35=ρg(18,5+0,35)=1,00×103×9,81×18,85=1,85×105 J·m⁻³. Donc 𝒫=6,4×10−3×1,849×105, 𝒫=1,18×103 W.

7. Causes possibles : frottements de l'eau dans le tuyau et la buse (viscosité, pertes de charge), frottements de l'air sur le jet, fragmentation du jet en gouttes. Dans tous les cas, une partie de l'énergie mécanique est dissipée : l'hypothèse du fluide parfait n'est pas vérifiée, et la relation de Bernoulli surestime la hauteur atteinte. Il faut prévoir une pompe plus puissante que la valeur calculée en 6.

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