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Spécialité Physique-Chimie Terminale

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Transformation nucléaire : décroissance radioactive et demi-vie

Radioactivité α, β⁻, β⁺, loi de décroissance exponentielle, demi-vie, activité, datation et applications (thème Constitution et transformations de la matière)

À propos de cette page
Ce cours de spécialité physique-chimie en terminale sur « Transformation nucléaire : décroissance radioactive et demi-vie » suit le programme officiel de spécialité physique-chimie de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : L'essentiel, Stabilité des noyaux : le diagramme (N, Z), Radioactivités α, β⁻, β⁺ et émission γ, Loi de décroissance, demi-vie et activité. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en spécialité physique-chimie.
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L'essentiel

Noyau et notation. Un noyau ZAX contient Z protons (numéro atomique) et N=A−Z neutrons ; A est le nombre de nucléons. Des isotopes ont le même Z et des A différents. Rappel de 2nde : la fission et la fusion sont d'autres transformations nucléaires ; ce chapitre traite des désintégrations spontanées.
Radioactivité. Un noyau instable se transforme spontanément en un noyau fils plus stable en émettant une particule (α, β− ou β+), souvent suivie d'un rayonnement γ. Cette désintégration est aléatoire : on ne peut pas prévoir la date à laquelle un noyau donné se désintègre.
Lois de conservation. Au cours d'une transformation nucléaire, le nombre total de nucléons A et le nombre total de charge Z se conservent.
Loi de décroissance radioactive. N(t)=N0e−λt ; demi-vie t1/2=ln2λ ; activité A(t)=λN(t)=A0e−λt, en becquerels (1 Bq = 1 désintégration par seconde).
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Stabilité des noyaux : le diagramme (N, Z)

Diagramme (N, Z). On place chaque noyau connu par son numéro atomique Z (abscisse) et son nombre de neutrons N (ordonnée). Les noyaux stables forment une bande étroite, la vallée de stabilité : proche de la droite N=Z pour Z<20, puis au-dessus (N>Z) pour les noyaux plus lourds. Au-delà du plomb (Z=82), tous les noyaux sont radioactifs (le bismuth 209 l'est très faiblement).
Exemple. Le plomb 208 stable (Z=82, N=126) a un rapport N/Z≈1,54. Le carbone 12 et le carbone 13 sont stables ; le carbone 14 (6 protons, 8 neutrons) a trop de neutrons, le carbone 11 (6 protons, 5 neutrons) trop de protons : tous deux sont radioactifs.
Position dans le diagrammeDéfaut du noyauDésintégrationEffet sur (Z ; N)
au-dessus de la valléeexcès de neutronsβ−Z+1 ; N−1
en dessous de la valléeexcès de protonsβ+Z−1 ; N+1
noyaux lourds (A supérieur à 200 environ)trop de nucléonsαZ−2 ; N−2
Chaque désintégration rapproche le noyau de la vallée ; une famille radioactive enchaîne plusieurs désintégrations jusqu'à un noyau stable.
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Radioactivités α, β⁻, β⁺ et émission γ

Radioactivité α. Émission d'un noyau d'hélium 24He : ZAX→Z−2A−4Y+24He.
Exemple. 90232Th→88228Ra+24He : 232=228+4 et 90=88+2.
Radioactivité β⁻. Dans le noyau, un neutron se transforme en proton : 01n→11p+−10e+ν¯e. Le noyau émet un électron (et un antineutrino, de charge et de nombre de masse nuls) : ZAX→Z+1AY+−10e+ν¯e.
Exemple. 614C→714N+−10e+ν¯e.
Radioactivité β⁺. Un proton se transforme en neutron : le noyau émet un positon 10e (antiparticule de l'électron) et un neutrino : ZAX→Z−1AY+10e+νe.
Exemple. Le phosphore 30, premier noyau radioactif artificiel (Irène et Frédéric Joliot-Curie, 1934) : 1530P→1430Si+10e+νe.
Émission γ. Le noyau fils est souvent formé dans un état excité (noté *) ; il se désexcite en émettant un photon de haute énergie, sans changer ni A ni Z.
Exemple. Après la désintégration β− du cobalt 60 : 2860Ni*→2860Ni+γ.
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Loi de décroissance, demi-vie et activité

On cherche à modéliser l'évolution temporelle d'un système siège d'une transformation nucléaire : un échantillon contenant N(t) noyaux radioactifs identiques.

Caractère aléatoire. Pendant une courte durée Δt, chaque noyau a la même probabilité λΔt de se désintégrer, indépendamment de son âge, des autres noyaux, de la température ou de l'état chimique. λ est la constante radioactive (en s−1 ou an−1). Seul le comportement d'un grand nombre de noyaux est prévisible.
Loi de décroissance (démonstration exigible). Pendant Δt, le nombre moyen de désintégrations vaut λN(t)Δt, donc N(t+Δt)−N(t)=−λN(t)Δt. En divisant par Δt et en faisant tendre Δt vers 0 : dNdt=−λN. Cette équation différentielle du type y′=ay (avec a=−λ) a pour solutions N(t)=Ce−λt. La condition initiale N(0)=N0 donne C=N0, d'où N(t)=N0e−λt.
Demi-vie (démonstration exigible). t1/2 est la durée au bout de laquelle la moitié des noyaux initiaux s'est désintégrée : N0e−λt1/2=N02, donc eλt1/2=2 et t1/2=ln2λ. Après n demi-vies, il reste N02n noyaux : 50 % après 1, 25 % après 2, 12,5 % après 3, environ 0,1 % après 10.
Activité. A(t)=−dNdt=λN(t) : nombre de désintégrations par seconde, en becquerels (Bq) si λ est en s−1. Elle décroît selon la même loi : A(t)=A0e−λt, et lnA=lnA0−λt est une fonction affine du temps, de coefficient directeur −λ.
Même modèle qu'en cinétique chimique : une réaction d'ordre 1 a aussi une décroissance exponentielle et un temps de demi-réaction indépendant de la quantité initiale. Mais λ, lui, ne dépend pas de la température.
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Datation, médecine et radioprotection

Radioactivité naturelle et artificielle. Naturelle : noyaux présents dans l'environnement (uranium, thorium, potassium 40, radon, carbone 14). Artificielle : noyaux produits dans un réacteur ou un accélérateur (cobalt 60, technétium 99m, fluor 18…).
Principe de la datation. Si l'on connaît N0 (ou A0) et que l'on mesure N (ou A), alors t=1λlnN0N=t1/2ln2lnA0A. On choisit un noyau dont la demi-vie est du même ordre de grandeur que l'âge cherché.
Carbone 14 (t1/2=5730 ans). Formé dans la haute atmosphère (714N+01n→614C+11p), il est absorbé par les êtres vivants, dont la proportion de carbone 14 reste constante (environ 1,2×10−12 du carbone). À la mort, les échanges cessent et le carbone 14 décroît : datation de restes organiques jusqu'à environ 50 000 ans.
Potassium-argon (t1/2=1,25×109 ans). Le potassium 40 des roches se désintègre en partie en argon 40, gaz piégé dans la roche solidifiée : datation des roches volcaniques, de quelques centaines de milliers à plusieurs milliards d'années.
Applications médicales. Diagnostic : scintigraphie avec le technétium 99m, émetteur γ détecté hors du corps ; tomographie par émission de positons (TEP) avec le fluor 18, émetteur β+ : le positon s'annihile avec un électron en deux photons γ émis en sens opposés. Thérapie : iode 131 (thyroïde), curiethérapie, radiothérapie. On choisit des demi-vies courtes pour limiter l'exposition du patient.
RayonnementArrêté par
αquelques cm d'air, une feuille de papier, la peau
β−, β+quelques mm d'aluminium
γplusieurs cm de plomb ou des dizaines de cm de béton (atténuation)
Radioprotection. Ces rayonnements sont ionisants : ils peuvent léser les cellules. Trois règles : s'éloigner de la source, réduire la durée d'exposition, interposer un écran. Un émetteur α est peu dangereux à l'extérieur du corps, mais très dangereux s'il est inhalé ou ingéré. L'effet biologique se mesure en sieverts (Sv) ; la limite réglementaire pour le public est de 1 mSv par an (hors exposition naturelle et médicale).
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Méthodes

Méthode 1 — Écrire une équation de désintégration
  1. Écrire le noyau père et la particule émise (α : 24He ; β− : −10e ; β+ : 10e).
  2. Calculer A et Z du noyau fils par conservation.
  3. Identifier l'élément grâce à Z (tableau périodique ou données).
  4. Vérifier les deux sommes.
Exemple rédigé. Le césium 137 (Z=55) est émetteur β−. Conservation : Afils=137−0=137 et Zfils=55−(−1)=56, c'est le baryum. 55137Cs→56137Ba+−10e+ν¯e. Le baryum est souvent formé excité et émet ensuite un γ.
Méthode 2 — Exploiter la loi de décroissance
  1. Calculer λ=ln2t1/2 dans l'unité de temps de l'énoncé.
  2. Pour une fraction restante : NN0=e−λt.
  3. Pour une durée : isoler t=1λlnN0N.
Exemple rédigé. Césium 134, t1/2=2,07 ans : λ=ln22,07=0,335 an−1. Après 5,00 ans : NN0=e−0,335×5,00≈0,187, il reste 18,7 % des noyaux. Pour qu'il en reste 30 % : t=10,335ln10,30≈ 3,60 ans.
Méthode 3 — Dater un échantillon
  1. Identifier N0 (ou A0) : valeur de référence au moment de la « mise à zéro ».
  2. Mesurer N (ou A) aujourd'hui.
  3. Appliquer t=t1/2ln2lnN0N et vérifier l'ordre de grandeur (nombre de demi-vies).
Exemple rédigé. Un bois ancien contient 60,0 % du carbone 14 d'un bois vivant : t=5730ln2ln10,600≈ 4,22 × 10³ ans. Cohérent : entre 0 et 1 demi-vie, car il reste plus de 50 %.
Méthode 4 — Passer de la masse à l'activité
  1. Nombre de noyaux : N=mMNA.
  2. Constante radioactive en s−1.
  3. A=λN en Bq.
Exemple rédigé. 1,0 µg d'iode 131 (M=131 g·mol−1, t1/2=8,02 j) : N=1,0×10−6131×6,022×1023=4,6×1015 ; λ=ln28,02×86400=1,00×10−6 s−1 ; A=λN≈ 4,6 × 10⁹ Bq.
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Pièges et erreurs classiques

Deux demi-vies ne suffisent pas à tout faire disparaître. Après 2t1/2, il reste 25 % des noyaux, pas 0 %. La décroissance exponentielle ne s'annule jamais.
La demi-vie est une constante du noyau. Elle ne dépend ni de la masse de l'échantillon, ni de N0, ni de la température, ni de la date de début de l'observation.
Unités cohérentes. Pour obtenir des becquerels, λ doit être en s−1. Dans e−λt, λ et t utilisent la même unité de temps.
Signe de Z. En β−, Z augmente de 1 ; en β+, Z diminue de 1. L'électron β− vient du noyau, pas du cortège électronique.
Deux « A ». A désigne le nombre de nucléons dans ZAX et l'activité dans A=λN : ne pas les confondre.
Pas de proportionnalité. Une activité divisée par 3 ne correspond pas à 3 demi-vies (ce serait une division par 8) : il faut passer par le logarithme.
En bref
  • Noyau ZAX : Z protons, N=A−Z neutrons ; la vallée de stabilité du diagramme (N, Z) prévoit le type de désintégration.
  • α : 24He émis (noyaux lourds) ; β− : électron, Z+1 (excès de neutrons) ; β+ : positon, Z−1 (excès de protons) ; γ : désexcitation, A et Z inchangés.
  • Conservation du nombre de nucléons A et du nombre de charge Z.
  • Désintégration aléatoire ; dNdt=−λN donc N(t)=N0e−λt.
  • t1/2=ln2λ ; après n demi-vies il reste N0/2n.
  • A=λN=A0e−λt en Bq (λ en s−1).
  • Datation : t=1λlnA0A ; carbone 14 (5 730 ans) pour le vivant, potassium-argon pour les roches.
  • Radioprotection : distance, durée, écran.
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