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Spécialité Physique-Chimie Terminale

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Décroissance radioactive et demi-vie

Stabilité des noyaux et diagramme (N, Z) ; désintégrations α, β⁻, β⁺ et émission γ ; caractère aléatoire et loi de décroissance établie par une équation différentielle ; temps de demi-vie et courbe de décroissance ; activité ; datation, applications médicales et radioprotection.

À propos de cette page
Ce cours de physique-chimie de terminale spécialité présente la décroissance radioactive en six parties : stabilité des noyaux et lecture du diagramme (N, Z) ; désintégrations α, β⁻, β⁺ et émission γ avec les lois de conservation ; caractère aléatoire et loi de décroissance établie à partir d’une équation différentielle ; temps de demi-vie et lecture d’une courbe de décroissance ; activité en becquerels ; datation au carbone 14, méthodes potassium-argon et uranium-plomb, imagerie médicale et radioprotection.
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Stabilité des noyaux : le diagramme (N, Z)

En seconde, tu as vu qu’un noyau ZAX contient Z protons et N=A−Z neutrons, que des isotopes ont le même Z et des A différents, et qu’une réaction nucléaire conserve le nombre de nucléons et la charge (Transformations nucléaires). Ici, on explique pourquoi certains noyaux sont instables et comment évolue, au cours du temps, un échantillon de noyaux radioactifs.

Ce qu’il faut savoir

Diagramme (N, Z). On place chaque noyau connu par son nombre de neutrons N (en abscisse) et son nombre de protons Z (en ordonnée). Les isotopes d’un même élément sont sur une même ligne horizontale (Z fixé). Les quelque 250 noyaux stables forment une bande étroite, la vallée de stabilité ; tous les autres noyaux, beaucoup plus nombreux, sont radioactifs.

020406080100120140020406080100N (neutrons)Z (protons)N = Z⁴⁰Ca⁵⁶Fe¹²⁰Sn²⁰⁸Pbexcès de neutrons→ émetteurs β⁻excès de protons→ émetteurs β⁺au-delà du plomb :émetteurs αvallée de stabilité

Allure du diagramme (N, Z) : quelques noyaux stables repères et la vallée de stabilité.

Allure de la vallée. Pour les noyaux légers (Z<20 environ), les noyaux stables ont à peu près autant de neutrons que de protons : la vallée suit la droite N=Z. Pour les noyaux plus lourds, il faut davantage de neutrons que de protons : la vallée s’écarte du côté N>Z (pour le plomb 208, N/Z≈1,5). Au-delà du plomb (Z=82), aucun noyau n’est stable (le bismuth 209 n’est que très faiblement radioactif).

Déterminer les isotopes radioactifs d’un élément. Sur la ligne de l’élément, les cases hors de la vallée sont des isotopes radioactifs. Leur position prévoit le type de désintégration :

Comparé aux isotopes stables, le noyau a…Désintégration(N ; Z) devient
trop de neutrons (excès de neutrons)β−N−1 ; Z+1
pas assez de neutrons (excès de protons)β+N+1 ; Z−1
trop de nucléons (A supérieur à 200 environ)αN−2 ; Z−2

Chaque désintégration rapproche le noyau de la vallée. Un noyau lourd peut enchaîner plusieurs désintégrations successives (une famille radioactive) jusqu’à un noyau stable.

Exemples

Exemple 1 — les isotopes du carbone. Voici un extrait du diagramme (N, Z) autour du carbone (Z=6), de l’azote (Z=7) et de l’oxygène (Z=8).

¹⁰C¹¹C¹²C¹³C¹⁴C¹⁵C¹²N¹³N¹⁴N¹⁵N¹⁶N¹⁴O¹⁵O¹⁶O¹⁷O¹⁸O¹⁹O²⁰O456789101112678N (neutrons)Z (protons)stableémetteur β⁻émetteur β⁺

Extrait du diagramme (N, Z) : en noir, les noyaux stables.

Sur la ligne Z=6, le carbone a deux isotopes stables, 12C (N=6) et 13C (N=7). Le carbone 14 (N=8) et le carbone 15 (N=9) ont trop de neutrons : ils sont émetteurs β−. Le carbone 10 (N=4) et le carbone 11 (N=5) n’en ont pas assez : ils sont émetteurs β+. Le carbone possède donc, dans cet extrait, quatre isotopes radioactifs.

Exemple 2 — un noyau lourd. Le plomb 208 (Z=82, N=126) est stable, avec NZ=12682≈1,54. Le thorium 232 (Z=90, A=232) est au-delà du plomb : il est radioactif et émetteur α.

Réflexe — pour prévoir le type de désintégration, je compare le nombre de neutrons N=A−Z du noyau à celui des isotopes stables du même élément : trop de neutrons → β− ; pas assez → β+ ; noyau très lourd → α.

Attention — « au-dessus » ou « au-dessous » de la vallée dépend du choix des axes (certains manuels placent Z en abscisse) : raisonne sur le nombre de neutrons, pas sur la position dans la figure. Et un noyau qui a « autant de neutrons que de protons » n’est stable que s’il est léger.

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Désintégrations α, β⁻, β⁺ et émission γ

Ce qu’il faut savoir

Radioactivité. Un noyau instable, le noyau père, se transforme spontanément en un noyau fils en émettant une particule. On écrit l’équation de la désintégration avec les lois de conservation : le nombre total de nucléons (somme des A) et la charge totale (somme des Z) sont les mêmes avant et après.

Radioactivité α. Le noyau émet un noyau d’hélium 4, 24He (2 protons et 2 neutrons) :

ZAX⟶Z−2A−4Y+24He

Radioactivité β⁻. Dans le noyau, un neutron se transforme en proton : 01n→11p+−10e+ν―e. Le noyau émet un électron et un antineutrino ν―e (particule sans charge, de masse quasi nulle) :

ZAX⟶Z+1AY+−10e+ν―e

Radioactivité β⁺. Dans le noyau, un proton se transforme en neutron. Le noyau émet un positon 10e (antiparticule de l’électron, de charge +e) et un neutrino νe :

ZAX⟶Z−1AY+10e+νe

Émission γ. Le noyau fils est souvent formé dans un état excité, noté ZAY* ; il revient à son état fondamental en émettant un photon γ de grande énergie, sans changer ni A ni Z : ZAY*→ZAY+γ.

Identifier le type de radioactivité. On compare père et fils : A diminue de 4 → α ; A inchangé et Z augmente de 1 → β− ; A inchangé et Z diminue de 1 → β+. L’élément du noyau fils se lit dans le tableau périodique grâce à Z.

Exemples

Exemple 1 — une désintégration α. Le plutonium 239 (Z=94) est émetteur α. Le noyau fils a A=239−4=235 et Z=94−2=92 : c’est l’uranium 235.

94239Pu⟶92235U+24He

Vérification : 239=235+4 et 94=92+2.

Exemple 2 — une désintégration β⁻. Le carbone 14 (Z=6) a un excès de neutrons : il est émetteur β−. Le fils a A=14 et Z=6+1=7 : c’est l’azote 14.

614C⟶714N+−10e+ν―e

Exemple 3 — une désintégration β⁺. L’azote 13 (Z=7, N=6) a moins de neutrons que les azotes stables (N=7 et 8) : il est émetteur β+. Le fils a A=13 et Z=7−1=6 : c’est le carbone 13.

713N⟶613C+10e+νe

Exemple 4 — une émission γ. Le cobalt 60 est émetteur β− ; le nickel 60 formé est excité et se désexcite aussitôt : 2860Ni*→2860Ni+γ.

Réflexe — j’écris le père et la particule émise (α : 24He ; β− : −10e ; β+ : 10e), je calcule A et Z du fils par conservation, je trouve l’élément par Z, puis je vérifie les deux sommes.

Attention — en β−, Z augmente de 1 (Zfils=Z−(−1)) ; en β+, il diminue de 1. L’électron émis en β− vient du noyau (un neutron devenu proton), pas du cortège électronique de l’atome.

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Caractère aléatoire et loi de décroissance

Ce qu’il faut savoir

Un phénomène aléatoire. On ne peut pas prévoir la date à laquelle un noyau donné se désintégrera. Pendant une courte durée Δt, chaque noyau a la même probabilité λΔt de se désintégrer, quels que soient son âge, les autres noyaux, la température ou l’espèce chimique dont il fait partie. λ est la constante radioactive du noyau, en s−1 (ou h−1, j−1, an−1). Seul le comportement d’un grand nombre de noyaux est prévisible.

Établir la loi de décroissance. Un échantillon contient N(t) noyaux radioactifs identiques. Pendant Δt, le nombre moyen de noyaux désintégrés vaut λN(t)Δt, donc la variation de N est :

N(t+Δt)−N(t)=−λN(t)Δt

On divise par Δt et on fait tendre Δt vers 0 : le premier membre tend vers la dérivée de N.

dNdt=−λN

C’est une équation différentielle linéaire du premier ordre, du type y′=ay avec a=−λ. Ses solutions sont N(t)=Ce−λt, où C est une constante. La condition initiale N(0)=N0 donne C=N0 :

N(t)=N0e−λt

Conséquences. N décroît de façon exponentielle : il ne s’annule jamais. En prenant le logarithme, lnN(t)=lnN0−λt : la représentation de lnN en fonction de t est une droite de coefficient directeur −λ. Plus λ est grand, plus la décroissance est rapide.

Exemples

Exemple 1 — appliquer la loi. Un échantillon contient N0=5,0×1016 noyaux de constante radioactive λ=0,020 h−1. Au bout de 50 h, λt=0,020×50=1,0 (sans unité, λ et t étant dans la même unité de temps) :

N(50 h)=5,0×1016×e−1,0≈1,8×1016

Exemple 2 — vérifier une solution. On dérive N(t)=N0e−λt : dNdt=N0×(−λ)e−λt=−λN(t). La fonction vérifie bien l’équation différentielle, et N(0)=N0e0=N0.

Réflexe — dans e−λt, l’exposant λt est sans unité : λ et t s’expriment avec la même unité de temps (par exemple j−1 et jours).

Attention — la loi décrit le nombre moyen de noyaux restants dans un grand échantillon ; elle ne dit rien de la date de désintégration d’un noyau donné. Et un noyau « âgé » n’a pas plus de chances de se désintégrer qu’un noyau tout juste formé.

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Temps de demi-vie et courbe de décroissance

Ce qu’il faut savoir

Temps de demi-vie. t1/2 est la durée au bout de laquelle la moitié des noyaux radioactifs initialement présents s’est désintégrée. Avec la loi de décroissance :

N0e−λt1/2=N02 ⟺ eλt1/2=2
t1/2=ln2λ

La demi-vie est une caractéristique du noyau : elle ne dépend ni de N0, ni de la masse de l’échantillon, ni de la date à laquelle on commence à compter. Elle va de fractions de seconde à des milliards d’années selon le noyau.

Multiples de la demi-vie. Après n demi-vies, il reste N02n noyaux : 50 % après une demi-vie, 25 % après deux, 12,5 % après trois, environ 0,1 % après dix. Plus généralement, comme λ=ln2t1/2, on a N(t)N0=e−ln2·t/t1/2=2−t/t1/2.

Lire une demi-vie sur une courbe de décroissance. On repère N02 sur l’axe des ordonnées, on rejoint la courbe, puis on lit l’abscisse : c’est t1/2. On peut contrôler avec N04, atteint à 2t1/2.

Exemples

Exemple 1 — lecture graphique. Voici la courbe de décroissance d’un échantillon de sodium 24.

0153045607590012345678t (h)N (× 10¹² noyaux)N₀/2N₀/4N₀/8

Décroissance d’un échantillon de sodium 24.

À t=0, N0=8,0×1012. La courbe passe par N02=4,0×1012 à t=15 h : t1/2=15 h. Contrôle : N04 est atteint à 30 h et N08 à 45 h. On en déduit λ=ln215≈0,046 h−1.

Exemple 2 — calcul. Le césium 134 a une demi-vie de 2,07 ans : λ=ln22,07≈0,335 an−1. Au bout de 5,00 ans, NN0=e−0,335×5,00≈0,187 : il reste 18,7 % des noyaux. Pour qu’il en reste 30 % : e−λt=0,30, donc t=1λln10,30=2,07ln2ln10,30≈3,60 ans.

Réflexe — pour une durée, je prends le logarithme : t=1λlnN0N=t1/2ln2lnN0N ; puis je contrôle l’ordre de grandeur avec le nombre de demi-vies écoulées.

Attention — deux demi-vies ne font pas tout disparaître : il reste 25 %, pas 0 %. Et la décroissance n’est pas proportionnelle au temps : une quantité divisée par 3 ne correspond pas à 3 demi-vies (3 demi-vies divisent par 8).

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Activité d’un échantillon

Ce qu’il faut savoir

Activité. L’activité A(t) d’un échantillon est le nombre moyen de désintégrations par seconde. Elle s’exprime en becquerels (Bq) : 1 Bq = 1 désintégration par seconde.

A(t)=−dNdt=λN(t)

Pour obtenir des becquerels, λ doit être en s−1. Comme A est proportionnelle à N, elle décroît selon la même loi, avec la même demi-vie :

A(t)=A0e−λtlnA(t)=lnA0−λt

La représentation de lnA en fonction du temps est donc une droite de coefficient directeur −λ : des mesures d’activité permettent de trouver λ, puis t1/2, et d’identifier le noyau.

De la masse à l’activité. Un échantillon de masse m d’un radionucléide de masse molaire M contient N=mMNA noyaux, avec NA=6,022×1023 mol−1 ; son activité vaut A=λN. À masse égale, un noyau de courte demi-vie est beaucoup plus actif.

Mesure. Un compteur (Geiger-Müller) ne détecte qu’une partie des désintégrations, mais son nombre de coups par seconde reste proportionnel à l’activité. Il compte aussi le bruit de fond dû à la radioactivité naturelle et au rayonnement cosmique, qu’on mesure sans échantillon puis qu’on retranche. Les comptages fluctuent d’une mesure à l’autre : c’est la signature du caractère aléatoire des désintégrations.

Exemples

Exemple — activité de 1,0 µg d’iode 131. Masse molaire M=131 g·mol−1, demi-vie 8,02 jours.

Nombre de noyaux : N=1,0×10−6131×6,022×1023≈4,6×1015.

Constante radioactive en s−1 : t1/2=8,02×86400≈6,93×105 s, donc λ=ln26,93×105≈1,00×10−6 s−1.

Activité : A=λN≈1,00×10−6×4,6×1015, soit A≈4,6×109 Bq. Une masse invisible à l’œil produit plusieurs milliards de désintégrations par seconde.

Réflexe — des becquerels exigent λ en s−1 : je convertis la demi-vie en secondes (1 h = 3 600 s, 1 j = 86 400 s, 1 an ≈ 3,156×107 s) avant de calculer λ.

Attention — la lettre A désigne à la fois le nombre de nucléons dans ZAX et l’activité : ne les confonds pas. Et doubler la masse d’un échantillon double son activité, mais ne change ni λ ni t1/2.

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Datation, médecine et radioprotection

Ce qu’il faut savoir

Radioactivité naturelle et artificielle. Des noyaux radioactifs sont présents dans l’environnement : uranium, thorium, potassium 40, radon, carbone 14 (radioactivité naturelle). D’autres sont produits dans un réacteur ou un accélérateur : cobalt 60, technétium 99m, fluor 18… (radioactivité artificielle).

Principe de la datation. Si l’on connaît N0 (ou A0), valeur à l’instant de la « mise à zéro », et qu’on mesure N (ou A) aujourd’hui, l’âge vaut :

t=1λlnN0N=t1/2ln2lnA0A

On choisit un noyau dont la demi-vie est du même ordre de grandeur que l’âge cherché : trop courte, il n’en reste rien ; trop longue, N n’a presque pas varié.

Carbone 14 (t1/2=5730 ans). Formé en permanence dans la haute atmosphère, il entre dans les êtres vivants (photosynthèse chez les plantes, alimentation chez les animaux) : dans un organisme vivant, la proportion de carbone 14 reste celle de l’atmosphère, environ 1,2×10−12 du carbone. À la mort, les échanges cessent et le carbone 14 décroît. On date ainsi des restes d’êtres vivants (os, bois, tissus) jusqu’à environ 50 000 ans.

Datation des roches. Le potassium 40 (t1/2=1,25×109 ans) d’une roche volcanique donne en partie de l’argon 40, un gaz qui s’échappe de la lave en fusion puis reste piégé dans la roche solidifiée : la solidification remet l’horloge à zéro (méthode potassium-argon). L’uranium 238 (t1/2=4,47×109 ans), qui aboutit au plomb 206, date les roches les plus anciennes.

Applications médicales. Diagnostic : en scintigraphie, on injecte un émetteur γ, comme le technétium 99m, dont le rayonnement sort du corps et est détecté par une gamma-caméra ; en tomographie par émission de positons (TEP), un émetteur β+, comme le fluor 18 : chaque positon s’annihile avec un électron en deux photons γ émis en sens opposés. Thérapie : l’iode 131 traite certaines maladies de la thyroïde ; des émetteurs β− ou α fixés sur des molécules détruisent des cellules cancéreuses ; en curiethérapie, des sources sont placées au contact de la tumeur. On préfère des demi-vies courtes, pour limiter la durée d’exposition du patient.

Se protéger des rayonnements ionisants. Les rayonnements α, β et γ arrachent des électrons aux atomes qu’ils traversent : ils peuvent léser les cellules. Leur pouvoir de pénétration est très différent :

sourcepapieraluminium(quelques mm)plomb(plusieurs cm)αβ⁻, β⁺γatténué

Pouvoir de pénétration des rayonnements.

RayonnementArrêté par
αquelques centimètres d’air, une feuille de papier, la couche superficielle de la peau
β−, β+quelques millimètres d’aluminium ou de plastique
γseulement atténué : plusieurs centimètres de plomb ou des dizaines de centimètres de béton

Trois règles de protection : s’éloigner de la source, réduire la durée d’exposition, interposer un écran adapté (son efficacité dépend de sa nature et de son épaisseur, et du type de rayonnement). Un émetteur α est peu dangereux à l’extérieur du corps, mais très dangereux s’il est inhalé ou ingéré. L’effet biologique d’une exposition se mesure en sieverts (Sv) ; en France, la limite réglementaire d’exposition du public est de 1 mSv par an, sans compter l’exposition naturelle ni les examens médicaux.

Exemples

Exemple 1 — dater un bois ancien. Un bois trouvé lors d’une fouille contient 60,0 % du carbone 14 d’un bois vivant : N0N=10,600.

t=5730ln2ln10,600≈4,22×103 ans

Contrôle : il reste plus de 50 % du carbone 14, l’âge est inférieur à une demi-vie (exactement ln(1/0,600)ln2≈0,737 demi-vie).

Exemple 2 — choisir un traceur. Le technétium 99m (t1/2=6,01 h) se désexcite en technétium 99, lui-même radioactif mais de demi-vie 211 100 ans. Pour une scintigraphie, le technétium 99m convient : sa demi-vie est assez longue pour réaliser l’examen et assez courte pour que l’activité disparaisse en quelques jours. Le technétium 99, très peu actif à masse égale, ne donnerait pas d’image et resterait dans l’environnement.

Réflexe — pour dater, j’identifie la valeur de référence (N0 ou A0), j’applique t=t1/2ln2lnN0N, puis je vérifie que l’âge trouvé est cohérent avec la fraction restante (plus de 50 % → moins d’une demi-vie).

Attention — un émetteur α n’est pas « inoffensif » parce qu’une feuille de papier l’arrête : inhalé ou avalé, il irradie directement les tissus. Et l’écran le plus efficace dépend du rayonnement : du papier suffit pour α, pas pour γ.

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Pour aller plus loin

Même modèle en cinétique chimique. Une réaction d’ordre 1 suit aussi une loi exponentielle, avec un temps de demi-réaction indépendant de la quantité initiale : Cinétique chimique. Différence importante : la constante radioactive λ ne dépend pas de la température, contrairement à la constante de vitesse d’une réaction.

Énergie nucléaire. La fission de l’uranium 235 et la fusion de l’hydrogène, sources d’énergie des centrales et des étoiles, ont été vues en seconde : Transformations nucléaires.

Dater les roches. Les méthodes potassium-argon, rubidium-strontium et uranium-plomb sont utilisées en géologie : Le temps et les roches (SVT de terminale).

Un autre mode de désintégration. Certains noyaux riches en protons capturent un électron du cortège au lieu d’émettre un positon (capture électronique) : c’est ainsi qu’une partie du potassium 40 donne de l’argon 40. Ce mode n’est pas au programme.

À retenir
  • Dans le diagramme (N, Z), les noyaux stables forment la vallée de stabilité ; trop de neutrons → β−, pas assez → β+, noyau lourd → α.
  • Une désintégration conserve le nombre de nucléons et la charge : α émet 24He, β− émet −10e (un neutron devient proton), β+ émet 10e (un proton devient neutron) ; l’émission γ ne change ni A ni Z.
  • La désintégration est aléatoire ; pour un grand nombre de noyaux, dNdt=−λN, d’où N(t)=N0e−λt.
  • t1/2=ln2λ ; après n demi-vies il reste N02n ; une durée se calcule avec un logarithme : t=t1/2ln2lnN0N.
  • Activité : A=λN en becquerels (λ en s−1), A(t)=A0e−λt ; N=mMNA.
  • Datation : choisir une demi-vie de l’ordre de l’âge cherché (carbone 14, potassium-argon, uranium-plomb) ; se protéger : distance, durée, écran.

Questions fréquentes

Comment savoir si un noyau est radioactif avec le diagramme (N, Z) ?

Les noyaux stables forment la vallée de stabilité, proche de la droite N = Z pour les noyaux légers, puis du côté N supérieur à Z. Un noyau qui a plus de neutrons que les isotopes stables de son élément est émetteur β⁻, un noyau qui en a moins est émetteur β⁺, et les noyaux plus lourds que le plomb sont en général émetteurs α.

Comment écrire l’équation d’une désintégration radioactive ?

On écrit le noyau père et la particule émise (noyau d’hélium 4 pour α, électron pour β⁻, positon pour β⁺), puis on calcule le nombre de nucléons A et le numéro atomique Z du noyau fils par conservation. L’élément se lit dans le tableau périodique grâce à Z.

Comment établit-on la loi de décroissance radioactive ?

Pendant une courte durée Δt, le nombre moyen de noyaux désintégrés vaut λ × N × Δt. On obtient l’équation différentielle dN/dt = −λN, dont la solution qui vaut N₀ à t = 0 est N(t) = N₀ × e^(−λt).

Quelle relation lie la demi-vie et la constante radioactive ?

La demi-vie vérifie N(t½) = N₀ ÷ 2, ce qui donne t½ = ln 2 ÷ λ. Après n demi-vies, il reste N₀ ÷ 2ⁿ noyaux : 25 % après deux demi-vies, 12,5 % après trois.

Qu’est-ce que l’activité d’un échantillon radioactif ?

C’est le nombre moyen de désintégrations par seconde, en becquerels : A = λN, avec λ en s⁻¹. Elle décroît selon la même loi que N, A(t) = A₀ × e^(−λt), avec la même demi-vie.

Comment fonctionne la datation au carbone 14 ?

Un être vivant garde la même proportion de carbone 14 que l’atmosphère ; à sa mort, le carbone 14 n’est plus renouvelé et décroît avec une demi-vie de 5 730 ans. En comparant l’activité d’un reste à celle d’un organisme vivant, on calcule l’âge par t = (t½ ÷ ln 2) × ln(A₀ ÷ A), jusqu’à environ 50 000 ans.

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