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Sommes de variables aléatoires
Linéarité de l’espérance, variance d’une transformation affine, variance d’une somme de variables indépendantes, somme et moyenne d’un échantillon de taille n, espérance et variance de la loi binomiale par décomposition.
À propos de cette page
Linéarité de l’espérance
Rappel de 1re. Si prend les valeurs avec les probabilités , son espérance est : c’est la moyenne des valeurs pondérée par les probabilités.
Somme de deux variables. Si et sont deux variables aléatoires définies sur le même univers, est la variable qui, à chaque issue , associe . De même, associe .
Linéarité de l’espérance. Pour toutes variables et et tous réels et :
; ; .
Plus généralement, . Aucune hypothèse d’indépendance n’est nécessaire.
Décomposer une variable. Pour compter combien de fois des événements se réalisent, on pose si se réalise et sinon. Alors le compte vaut , chaque suit une loi de Bernoulli et . Par linéarité, .
Espérance d’une transformation affine. prend les valeurs , et avec les probabilités ; et . Alors . Pour , par linéarité : , sans avoir à écrire la loi de .
Décomposer un comptage, sans indépendance. Un sac contient jetons gagnants et jetons perdants. On tire successivement sans remise jetons et l’on note le nombre de jetons gagnants. On pose si le -ième jeton est gagnant, sinon : .
. Pour le deuxième tirage, avec la formule des probabilités totales : . De même, chaque jeton a la même chance d’être tiré en position , donc pour tout .
Par linéarité : . Les ne sont pas indépendantes (les tirages sont sans remise), et pourtant le calcul est juste : la linéarité n’exige rien.
Réflexe — Devant l’espérance d’une variable compliquée (un total, un bénéfice, un nombre de succès), je l’écris comme une somme de variables simples dont je connais l’espérance, puis j’additionne. Je cite « par linéarité de l’espérance ».
Attention — La linéarité porte sur les sommes et les multiplications par un nombre, pas sur les carrés : en général. Dans le premier exemple, , alors que .
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Variance d’une transformation affine aX + b
Variance et écart type (rappel de 1re). Avec : , la moyenne des carrés des écarts à . En pratique on utilise la formule de König-Huygens : . L’écart type est , dans la même unité que .
Transformation affine. Pour tous réels et :
et .
Ajouter une constante décale toutes les valeurs sans changer leur dispersion ; multiplier par multiplie les écarts par , donc leurs carrés par .
Démonstration. On note . Par linéarité, . Donc , et . En prenant l’espérance (linéarité) : . Enfin .
Calcul direct. vérifie et . Alors et , donc .
Changement d’unité. La température d’une salle, en degrés Celsius, a pour espérance et pour écart type . En degrés Fahrenheit, elle vaut . Donc et : l’ajout de ne change pas l’écart type.
Coefficient négatif. Si , alors et : la variance ne diminue pas, et un écart type n’est jamais négatif.
Réflexe — Pour : la constante disparaît, le coefficient passe au carré dans la variance et en valeur absolue dans l’écart type. Pour une variable donnée par sa loi, je calcule , puis , puis .
Attention — , pas . Et , pas ; , pas .
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Variables indépendantes : variance d’une somme
Variables indépendantes. et sont indépendantes si, pour toute valeur prise par et toute valeur prise par , . Intuitivement : connaître la valeur de ne renseigne pas sur celle de .
En pratique, l’indépendance est donnée par la situation : deux lancers successifs, deux tirages avec remise, deux pièces fabriquées par des machines distinctes, deux clients qui ne se connaissent pas. On la cite dans la copie avant d’additionner des variances.
Variance d’une somme (admis). Si et sont indépendantes : . Si sont indépendantes : .
Combinaison. Si et sont indépendantes, et le sont aussi, donc :
. En particulier .
Ce sont les variances qui s’ajoutent : .
Somme simple. et indépendantes, , , , . Alors et, par indépendance, , d’où . On remarque que : les écarts types ne s’ajoutent pas.
Somme de deux dés. On lance deux dés équilibrés à six faces ; et sont les résultats, indépendants. Pour un dé : , , donc . La somme vérifie et, par indépendance, , soit .
Réponse rédigée (modèle bac). et sont indépendantes, , , , , et .
Par linéarité de l’espérance : .
Comme et sont indépendantes : , donc .
Sans indépendance, la formule tombe. Avec , la somme vaut et , alors que . Avec , la somme est nulle : sa variance vaut , pas .
Réflexe — Avant d’écrire , j’écris la phrase « et sont indépendantes car… ». Pour un écart type, j’additionne les variances (coefficients au carré), puis je prends la racine, et j’arrondis seulement à la fin.
Attention — . Et n’est pas : le coefficient passe au carré, donc une différence de variables indépendantes est aussi dispersée que leur somme.
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Échantillon de taille n : somme et moyenne
Échantillon. Un échantillon de taille de la loi d’une variable est une liste de variables aléatoires indépendantes et de même loi que (on répète fois la même expérience, de façon indépendante). On note :
la somme et la moyenne .
Propriété. Si et :
| Espérance | Variance | Écart type | |
|---|---|---|---|
| Somme | |||
| Moyenne |
Démonstration (à savoir refaire). Par linéarité, . Les étant indépendantes, . Puis , donc et . Les écarts types s’obtiennent par racine carrée : et .
Dé tétraédrique. Un dé équilibré à quatre faces donne , avec et . Pour lancers : , , ; et , , .
Réponse rédigée (modèle bac). La masse d’un pot de confiture vérifie g et g ; les pots sont remplis indépendamment. Un carton contient pots, de masse totale .
Les masses des pots forment un échantillon de taille de la loi de .
g et , donc g.
La masse moyenne d’un pot du carton vérifie g et g : elle est quatre fois moins dispersée que la masse d’un pot isolé.
Choisir la taille pour une précision donnée. Avec les mêmes pots, on veut g : . Il faut peser au moins pots. Vérification : .
Réflexe — Je calcule et sur une seule répétition, je justifie « échantillon : variables indépendantes et de même loi », puis je lis l’énoncé : « total », « masse du carton » → ; « moyenne », « fréquence » → .
Attention — La somme se disperse (), la moyenne se concentre (). Les formules multiplient ou divisent la variance par : si l’énoncé donne l’écart type, je l’élève d’abord au carré. Diviser par exige de multiplier par .
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Loi binomiale : somme de variables de Bernoulli
Loi de Bernoulli. Une variable de Bernoulli de paramètre vaut (succès) avec la probabilité et (échec) avec la probabilité . Elle vérifie et .
La loi binomiale est une somme. Si est un échantillon de taille de la loi de Bernoulli de paramètre , alors compte les succès de épreuves indépendantes : suit la loi binomiale , et
, , .
Fréquence de succès. est la moyenne de l’échantillon : et .
Somme de deux binomiales. Si suit et suit , indépendantes et avec le même , alors suit (on enchaîne épreuves de même paramètre).
Démonstration au programme : espérance et variance de la loi binomiale. Pour chaque , et , donc . Par linéarité de l’espérance, . Les étant indépendantes, , d’où .
Réponse rédigée (modèle bac). Un QCM comporte questions à propositions, auxquelles un candidat répond au hasard et indépendamment. Pour de à , on pose si la réponse à la question est juste, sinon : suit la loi de Bernoulli de paramètre .
et .
Le nombre de bonnes réponses est , somme de variables de Bernoulli indépendantes : suit .
Par linéarité, ; par indépendance, , donc .
Fréquence. Un tir au but est réussi avec la probabilité . Sur tirs indépendants, le nombre de réussites suit : , et . La fréquence de réussite a pour espérance et pour écart type .
Réflexe — Un nombre de succès se décompose en avec si la -ième épreuve est un succès. Je calcule et , puis je conclus par linéarité (espérance) et par indépendance (variance).
Attention — La somme de deux binomiales indépendantes n’est binomiale que si elles ont le même paramètre ; sinon, seules l’espérance et la variance se calculent (par somme). Et , pas .
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Pour aller plus loin
Calculer des probabilités avec la loi binomiale. La formule , les calculs de à la calculatrice et les recherches de seuil sont traités dans le chapitre Loi binomiale.
Ce que garantit la moyenne d’un grand échantillon. Le fait que tende vers est le point de départ de l’inégalité de Bienaymé-Tchebychev, de l’inégalité de concentration et de la loi faible des grands nombres : chapitre Concentration et loi des grands nombres.
- Toujours vrai : et ; une variable qui compte se décompose en somme de variables qui valent ou .
- et : la constante disparaît.
- Si et sont indépendantes : . Les variances s’ajoutent, jamais les écarts types.
- Échantillon de taille : , ; , , .
- Loi = somme de variables de Bernoulli indépendantes : , .
Questions fréquentes
L’espérance d’une somme est-elle toujours la somme des espérances ?
Oui. E(X + Y) = E(X) + E(Y) et E(aX + b) = aE(X) + b sont vraies pour toutes les variables aléatoires définies sur un même univers, indépendantes ou non. C’est ce qui permet de calculer une espérance en découpant une variable compliquée en une somme de variables simples qui valent 1 ou 0.
Que deviennent la variance et l’écart type quand on calcule aX + b ?
La constante b disparaît, car ajouter un nombre décale les valeurs sans les disperser. Le coefficient a passe au carré dans la variance : V(aX + b) = a²V(X). L’écart type est multiplié par la valeur absolue de a : σ(aX + b) = |a|σ(X).
Quand a-t-on le droit d’écrire V(X + Y) = V(X) + V(Y) ?
Quand X et Y sont indépendantes (c’est l’hypothèse du programme) : il faut l’écrire dans la copie, avec la raison tirée de l’énoncé (lancers successifs, tirages avec remise, machines distinctes…). Même dans ce cas, ce sont les variances qui s’ajoutent, pas les écarts types, et V(X − Y) vaut aussi V(X) + V(Y).
Quelle est la différence entre la somme Sₙ et la moyenne Mₙ d’un échantillon ?
Pour un échantillon de taille n d’une loi d’espérance μ et d’écart type σ, la somme a pour espérance nμ et pour écart type σ√n : elle se disperse quand n grandit. La moyenne Mₙ = Sₙ/n a pour espérance μ et pour écart type σ/√n : elle se resserre autour de μ.
Comment démontrer que l’espérance d’une loi binomiale vaut np et sa variance np(1 − p) ?
On écrit le nombre de succès comme la somme X₁ + … + Xₙ de n variables de Bernoulli indépendantes de paramètre p. Chacune a pour espérance p et pour variance p(1 − p). Par linéarité, l’espérance de la somme vaut np ; par indépendance, sa variance vaut np(1 − p).
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