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Sommes de variables aléatoires

Espérance et variance d'une somme, échantillon de variables indépendantes, application à la loi binomiale (programme de Terminale spécialité maths)

À propos de cette page
Ce cours de spécialité mathématiques en terminale sur « Sommes de variables aléatoires » suit le programme officiel de spécialité mathématiques de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : L'essentiel : espérance et variance d'une somme, Variables aléatoires indépendantes, Échantillon de taille n : somme et moyenne, Application : la loi binomiale comme somme de Bernoulli. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en spécialité mathématiques.
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L'essentiel : espérance et variance d'une somme

Linéarité de l'espérance. Soit X et Y deux variables aléatoires définies sur un même univers fini, et a, b deux réels. Alors :
E(X+Y)=E(X)+E(Y)etE(aX+b)=aE(X)+b.
Ces formules sont toujours vraies, sans aucune hypothèse d'indépendance.
Variance d'une transformation affine. Pour tous réels a et b : V(aX+b)=a2V(X)etσ(aX+b)=|a|σ(X). Ajouter une constante ne change pas la dispersion ; multiplier par a multiplie la variance par a2.
Exemple. X vérifie E(X)=1,2 et V(X)=0,5. Alors E(4X+3)=4×1,2+3=7,8 et V(4X+3)=42×0,5=8, donc σ(4X+3)=82,83.
Variance d'une somme (variables indépendantes). Si X et Y sont indépendantes : V(X+Y)=V(X)+V(Y). Plus généralement, si X1,,Xn sont indépendantes deux à deux : V(X1++Xn)=V(X1)++V(Xn).
Exemple. X et Y indépendantes avec E(X)=3, V(X)=2, E(Y)=5, V(Y)=4. Alors E(X+Y)=8 et V(X+Y)=6, d'où σ(X+Y)=62,45. Remarquer que σ(X+Y)σ(X)+σ(Y) : les écarts types ne s'ajoutent pas, seules les variances s'ajoutent.
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Variables aléatoires indépendantes

Définition. Deux variables aléatoires X et Y sont indépendantes si, pour toute valeur x prise par X et toute valeur y prise par Y : P(X=x et Y=y)=P(X=x)×P(Y=y). Intuitivement : connaître la valeur de X ne renseigne pas sur celle de Y.
En pratique. On ne vérifie presque jamais la définition. L'indépendance est donnée par la situation : deux lancers successifs d'un dé, deux tirages avec remise, deux pièces fabriquées par des machines distinctes, deux clients qui ne se connaissent pas. Elle doit être citée explicitement dans la rédaction avant d'additionner des variances.
Exemple : somme de deux dés. On lance deux dés équilibrés à six faces ; X1 et X2 sont les résultats, indépendants. Pour un dé : E(X1)=3,5 et V(X1)=3512. La somme S=X1+X2 vérifie donc E(S)=7 et, par indépendance, V(S)=3512+3512=3565,83, soit σ(S)2,42.
Sans indépendance, la formule des variances tombe. Avec Y=X, la somme X+Y vaut 2X et V(2X)=4V(X), alors que V(X)+V(Y)=2V(X). Avec Y=X, la somme est nulle et sa variance est 0, pas 2V(X).
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Échantillon de taille n : somme et moyenne

Définition. Un échantillon de taille n de la loi de X est une liste (X1,X2,,Xn) de n variables aléatoires indépendantes et de même loi que X. On note Sn=X1+X2++Xn la somme et Mn=Snn la moyenne de l'échantillon.
Propriété. Si E(X)=μ et V(X)=σ2, alors :
EspéranceVarianceÉcart type
Somme Snnμnσ2σn
Moyenne Mnμσ2nσn
Démonstration exigible. Par linéarité, E(Sn)=E(X1)++E(Xn)=nμ. Les Xi étant indépendantes, V(Sn)=V(X1)++V(Xn)=nσ2. Puis Mn=1nSn, donc E(Mn)=1n×nμ=μ et V(Mn)=1n2×nσ2=σ2n. Les écarts types s'obtiennent par racine carrée.
Exemple. Un dé tétraédrique équilibré donne X{1;2;3;4} avec μ=2,5 et σ2=1+4+9+1642,52=1,25. Pour n=40 lancers : E(S40)=100, V(S40)=50, σ(S40)7,07 ; et E(M40)=2,5, V(M40)=1,2540=0,03125, σ(M40)0,177.
Lecture. Quand n grandit, la somme se disperse de plus en plus (en n) mais la moyenne se concentre autour de μ (en 1/n). Diviser σ(Mn) par 2 exige de multiplier n par 4 ; le diviser par 10 exige de multiplier n par 100.
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Application : la loi binomiale comme somme de Bernoulli

Rappel. Une variable de Bernoulli de paramètre p prend la valeur 1 avec probabilité p et 0 avec probabilité 1p. On a E(X)=p et V(X)=p(1p).
Propriété. Si X1,,Xn est un échantillon de taille n de la loi de Bernoulli de paramètre p, alors Sn=X1++Xn suit la loi binomiale B(n;p) : elle compte le nombre de succès dans n épreuves indépendantes de probabilité p.
Démonstration exigible : espérance et variance de la loi binomiale. E(Xi)=1×p+0×(1p)=p et E(Xi2)=12×p+0=p, donc V(Xi)=pp2=p(1p). Par linéarité, E(Sn)=np. Par indépendance des Xi, V(Sn)=np(1p), d'où σ(Sn)=np(1p).
Exemple. Un tir au but est réussi avec probabilité 0,3. Sur 50 tirs indépendants, le nombre de réussites S suit B(50;0,3) : E(S)=15, V(S)=50×0,3×0,7=10,5 et σ(S)3,24. La fréquence de réussite F=S50 a pour espérance 0,3 et pour écart type 3,24500,065.
Deux binomiales ne s'additionnent pas toujours. Si X~B(n;p) et Y~B(m;p) sont indépendantes avec le même p, alors X+Y~B(n+m;p). Si les paramètres p diffèrent, ou si l'on calcule XY, la somme n'est plus binomiale, même si l'espérance et la variance se calculent toujours.
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Méthodes

Méthode 1 — Calculer l'espérance et la variance d'une combinaison aX+bY+c
  1. Écrire l'espérance par linéarité : E(aX+bY+c)=aE(X)+bE(Y)+c (aucune hypothèse nécessaire).
  2. Pour la variance, justifier l'indépendance de X et Y à partir de l'énoncé.
  3. Appliquer V(aX+bY+c)=a2V(X)+b2V(Y) : la constante disparaît, les coefficients sont élevés au carré (y compris s'ils sont négatifs).
  4. Conclure par σ=V, arrondi seulement à la fin.
Exemple rédigé. X et Y sont indépendantes, E(X)=6, V(X)=9, E(Y)=10, V(Y)=16. On pose T=2X3Y+5.
Espérance : E(T)=2×63×10+5=1230+5=13.
Variance : comme X et Y sont indépendantes, V(T)=22×9+(3)2×16=36+144=180.
Écart type : σ(T)=18013,4.
Méthode 2 — Traiter un échantillon de taille n
  1. Identifier la variable X répétée et calculer μ=E(X) et σ2=V(X) sur une seule répétition.
  2. Vérifier que les répétitions sont indépendantes et de même loi : c'est ce qui autorise les formules.
  3. Pour la somme : E(Sn)=nμ, V(Sn)=nσ2, σ(Sn)=σn.
  4. Pour la moyenne : E(Mn)=μ, V(Mn)=σ2n, σ(Mn)=σn.
Exemple rédigé. Une machine remplit des sachets ; la masse X d'un sachet vérifie E(X)=252 g et σ(X)=6 g, les sachets étant indépendants. Pour un carton de n=25 sachets, S25 est la masse totale.
Les Xi forment un échantillon de taille 25 de la loi de X.
E(S25)=25×252=6300 g.
V(S25)=25×62=900, donc σ(S25)=900=30 g.
La masse moyenne M25 vérifie E(M25)=252 g et σ(M25)=625=1,2 g : la moyenne est cinq fois moins dispersée qu'un sachet isolé.
Méthode 3 — Déterminer la taille n pour atteindre une précision
  1. Exprimer la grandeur imposée en fonction de n : le plus souvent σ(Mn)=σn.
  2. Traduire la contrainte en inéquation, par exemple σns.
  3. Isoler n puis élever au carré : n(σs)2.
  4. Prendre le plus petit entier convenable et vérifier par le calcul.
Exemple rédigé. Ici σ(X)=6 g et l'on veut σ(Mn)0,5 g.
6n0,5n60,5=12n144.
Il faut donc au moins 144 sachets. Vérification : 6144=612=0,5 g, la contrainte est bien atteinte.
Méthode 4 — Retrouver E et V d'une loi binomiale par décomposition
  1. Décrire l'expérience comme n épreuves identiques et indépendantes à deux issues.
  2. Poser Xi=1 si la i-ième épreuve est un succès, 0 sinon, et écrire Sn=X1++Xn.
  3. Calculer E(Xi)=p et V(Xi)=p(1p).
  4. Conclure : E(Sn)=np et, par indépendance, V(Sn)=np(1p).
Exemple rédigé. Un QCM comporte 32 questions à 4 options, répondues au hasard et indépendamment. Soit Xi=1 si la question i est juste : p=0,25, E(Xi)=0,25, V(Xi)=0,25×0,75=0,1875.
Le nombre de bonnes réponses S=X1++X32 suit B(32;0,25).
E(S)=32×0,25=8 et V(S)=32×0,1875=6, donc σ(S)=62,45 : on attend 8 bonnes réponses, à environ 2,4 près.
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Pièges et erreurs classiques

1. Additionner des variances sans indépendance. V(X+Y)=V(X)+V(Y) n'est valable que si X et Y sont indépendantes. Toute rédaction doit contenir la phrase « les variables sont indépendantes » avant cette ligne.
2. Additionner des écarts types. σ(X+Y)σ(X)+σ(Y). On additionne les variances, puis on prend la racine : avec σ(X)=3 et σ(Y)=4 indépendantes, σ(X+Y)=9+16=5, et non 7.
3. Oublier le carré du coefficient. V(3X)=9V(X), pas 3V(X). Et V(X)=V(X) : un coefficient négatif ne diminue jamais la variance.
4. Croire que V(X+b)=V(X)+b. Ajouter une constante translate la loi sans la disperser : V(X+b)=V(X).
5. Confondre Sn et Mn. La somme se disperse (σn), la moyenne se concentre (σ/n). Lire l'énoncé : « total », « masse du carton » Sn ; « moyenne », « fréquence » Mn.
6. Confondre σ et σ2. Les formules d'échantillon portent sur la variance. Si l'énoncé donne l'écart type, il faut l'élever au carré avant de multiplier par n.
7. Croire que la somme de deux binomiales est binomiale. C'est vrai seulement si elles sont indépendantes et de même probabilité p ; sinon seules E et V restent calculables.
En bref
  • E(X+Y)=E(X)+E(Y) et E(aX+b)=aE(X)+b : toujours vrai, indépendance non requise.
  • V(aX+b)=a2V(X) et σ(aX+b)=|a|σ(X).
  • V(X+Y)=V(X)+V(Y) seulement si X et Y sont indépendantes ; les écarts types ne s'additionnent jamais.
  • Échantillon de taille n : n variables indépendantes de même loi que X, avec E(X)=μ et V(X)=σ2.
  • Somme : E(Sn)=nμ, V(Sn)=nσ2, σ(Sn)=σn.
  • Moyenne : E(Mn)=μ, V(Mn)=σ2n, σ(Mn)=σn — précision multipliée par 2 quand n est multiplié par 4.
  • Loi binomiale B(n;p) = somme de n Bernoulli indépendantes : E=np, V=np(1p), σ=np(1p).
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