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Loi binomiale

Épreuve et schéma de Bernoulli, loi binomiale et formule de P(X = k), P(X ≤ k) à la calculatrice, espérance, variance et écart type, seuils et intervalles de probabilité.

À propos de cette page
Ce cours de spécialité maths de Terminale sur la loi binomiale suit cinq parties : épreuve et schéma de Bernoulli avec les épreuves indépendantes, formule de P(X = k) et coefficients binomiaux, calcul de P(X ≤ k) et P(X ≥ k) à la calculatrice, espérance, variance et écart type, seuils et intervalles de probabilité. La démonstration exigible de la formule de P(X = k) y est rédigée, ainsi qu’un programme Python de recherche de seuil.
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Épreuve de Bernoulli et épreuves indépendantes

Ce qu’il faut savoir

Épreuve de Bernoulli. C’est une expérience aléatoire à deux issues : le succès S, de probabilité p, et l’échec S―, de probabilité 1−p.

Loi de Bernoulli de paramètre p. La variable aléatoire X qui vaut 1 en cas de succès et 0 en cas d’échec vérifie P(X=1)=p et P(X=0)=1−p.

Succession d’épreuves indépendantes. Une issue est une liste ordonnée (un n-uplet) de résultats (x1;x2;…;xn) ; on la représente par un chemin d’arbre pondéré. Si les épreuves sont indépendantes, sa probabilité est le produit des probabilités de chacun des résultats :

P(x1;…;xn) =P(x1)×⋯×P(xn).

Épreuves qui dépendent les unes des autres (rappel de 1re). Sur chaque branche, on écrit une probabilité conditionnelle PA(B)=P(A∩B)P(A) ; la probabilité d’un chemin est le produit des probabilités de ses branches, et la probabilité d’un événement est la somme des probabilités des chemins qui y mènent (formule des probabilités totales).

Schéma de Bernoulli de paramètres n et p. C’est la répétition de n épreuves de Bernoulli identiques (même p) et indépendantes, le nombre n étant fixé à l’avance.

Tirages. Avec remise, les tirages sont indépendants. Sans remise, la composition change à chaque tirage : les tirages ne sont pas indépendants. Quand la population est très grande devant le nombre de tirages, on assimile un tirage sans remise à un tirage avec remise (hypothèse des sujets de bac : « le stock est assez important »).

Exemples

Issue d’épreuves indépendantes. Un sac contient 4 jetons verts et 6 jetons rouges ; on tire 3 jetons avec remise. L’arbre a 23=8 issues, et l’issue (V;R;V) a pour probabilité 0,4×0,6×0,4=0,096.

Deux épreuves différentes. On lance une pièce équilibrée, puis un dé équilibré. Les deux lancers sont indépendants : P(Pile;6)=12×16=112.

Probabilités totales. Un élève vient en bus avec la probabilité 0,7, sinon à vélo. En bus, il est en retard avec la probabilité 0,1 ; à vélo, avec la probabilité 0,05. Deux chemins mènent au retard R : P(R)=0,7×0,1+0,3×0,05 =0,07+0,015=0,085.

Réponse rédigée : reconnaître un schéma de Bernoulli. Une urne contient 3 boules rouges et 7 boules noires ; on tire 8 fois une boule avec remise, et X compte les boules rouges. « Chaque tirage est une épreuve de Bernoulli dont le succès, “la boule est rouge”, a pour probabilité p=310=0,3. Les 8 tirages sont identiques et indépendants, car ils se font avec remise. X compte les succès de ce schéma de Bernoulli : X suit la loi binomiale ℬ(8;0,3). »

Sans remise. Une urne contient 10 boules dont 3 rouges ; on en tire deux, sans remise. P(R1)=310, mais PR1(R2)=29 : le second tirage dépend du premier, ce n’est pas un schéma de Bernoulli.

Réflexe — Pour justifier un schéma de Bernoulli, je coche trois points, dans l’ordre : deux issues (je nomme le succès et je donne p) ; une épreuve répétée un nombre n fixé de fois, à l’identique ; des répétitions indépendantes (avec remise, ou population très grande, et je le cite).

Attention — Le succès est ce que l’on compte, même s’il est rare ou désagréable : si X compte les pièces défectueuses, p est la probabilité qu’une pièce soit défectueuse. Et un tirage sans remise dans une petite urne ne donne jamais une loi binomiale.

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Loi binomiale et formule de P(X = k)

Ce qu’il faut savoir

Loi binomiale. Dans un schéma de Bernoulli de paramètres n et p, la variable aléatoire X qui compte le nombre de succès suit la loi binomiale de paramètres n et p, notée ℬ(n;p). Elle prend les valeurs 0,1,…,n.

Coefficient binomial. Pour 0⩽k⩽n, (nk) (lire « k parmi n ») est le nombre de chemins de l’arbre qui comportent exactement k succès, c’est-à-dire le nombre de façons de placer les k succès parmi les n épreuves. Valeurs utiles : (n0)=(nn)=1, (n1)=n, (n2)=n(n−1)2 et la symétrie (nk)=(nn−k). Les autres se lisent à la calculatrice (touche nCr ou combinaison).

Formule (démonstration exigible). Pour tout entier k tel que 0⩽k⩽n :

P(X=k)=(nk)pk(1−p)n−k.

La somme de ces n+1 probabilités vaut 1 : c’est une loi de probabilité.

Exemples

Compter les chemins. Pour n=3 épreuves, les chemins à exactement 2 succès sont SSS―, SS―S et S―SS : il y en a (32)=3.

Démonstration de la formule. L’événement {X=k} est formé des issues de l’arbre qui comportent exactement k succès et n−k échecs. Les épreuves sont indépendantes : chacune de ces issues a pour probabilité le produit de k facteurs p et de n−k facteurs 1−p, soit pk(1−p)n−k. Ces issues sont deux à deux incompatibles, et il y en a (nk) (choix des positions des k succès parmi les n épreuves). En additionnant leurs probabilités :

P(X=k)=(nk)pk(1−p)n−k.

Lancers de dé. On lance 5 fois un dé équilibré et X compte les « 6 ». Succès « obtenir 6 », p=16, 5 lancers identiques et indépendants : X suit ℬ(5;16). Alors

P(X=2)=(52)(16)2(56)3 =10×136×125216 =12507776≈0,161.

Urne avec remise (suite de la partie précédente). X suit ℬ(8;0,3) et (82)=8×72=28, donc

P(X=2)=28×0,32×0,76 =28×0,09×0,117649≈0,296.

Réflexe — J’écris d’abord n, p et k, puis la formule complète : le coefficient (nk), p à la puissance « nombre de succès » k, 1−p à la puissance « nombre d’échecs » n−k. Je garde les valeurs exactes et j’arrondis à la fin.

Attention — pk(1−p)n−k est la probabilité d’un seul chemin ; sans le coefficient (nk), on oublie tous les autres chemins à k succès. Et les exposants ne s’échangent pas : l’exposant de p est le nombre de succès.

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Calculer P(X ≤ k) et P(X ≥ k) à la calculatrice

Ce qu’il faut savoir

À la calculatrice. Pour X de loi ℬ(n;p), la calculatrice donne directement P(X=k) (TI : binomFdp ; Casio : Bpd ; NumWorks : application Probabilités, loi binomiale) et P(X⩽k) (TI : binomFRép ; Casio : Bcd). Toutes les autres probabilités s’en déduisent.

ÉvénementCalcul
X<kP(X⩽k−1)
X⩾k1−P(X⩽k−1)
X>k1−P(X⩽k)
a⩽X⩽bP(X⩽b)−P(X⩽a−1)
X⩾11−P(X=0)=1−(1−p)n

Ces formules viennent de l’événement contraire et du fait que X ne prend que des valeurs entières. Sauf indication contraire, on arrondit au millième (10−3 près).

Exemples

Avec la calculatrice. X suit ℬ(25;0,2). La calculatrice donne P(X⩽3)≈0,234 et P(X⩽8)≈0,953. Alors

P(X⩾4)=1−P(X⩽3)≈0,766 ;

P(4⩽X⩽8) =P(X⩽8)−P(X⩽3) ≈0,719.

À la main, par le contraire. X suit ℬ(6;0,4). Le contraire de {X⩾2} est {X⩽1}, soit {X=0} ou {X=1}.

P(X=0)=0,66=0,046656 et P(X=1) =6×0,4×0,65=0,186624.

Donc P(X⩾2)=1−0,046656−0,186624 =0,76672≈0,767.

Réflexe — J’écris l’événement en toutes lettres (« au moins 4 », « plus de 4 », « entre 4 et 8 »), je le traduis avec ⩽ ou ⩾, puis je passe au contraire en prenant l’entier juste avant : « au moins k » a pour contraire « au plus k−1 ».

Attention — P(X⩾k)=1−P(X⩽k−1), et non 1−P(X⩽k) : P(X=k) serait retiré à tort. Et on n’arrondit qu’à la fin : un résultat obtenu à partir de valeurs déjà arrondies peut différer au millième.

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Espérance, variance et écart type

Ce qu’il faut savoir

Loi de Bernoulli de paramètre p. E(X)=1×p+0×(1−p)=p et V(X)=p(1−p).

Loi binomiale. Si X suit ℬ(n;p), alors

E(X)=np, V(X)=np(1−p), σ(X)=np(1−p).

Ces formules sont admises ici ; elles se démontrent dans le chapitre Sommes de variables aléatoires, en écrivant X comme la somme de n variables de Bernoulli indépendantes.

Interprétation. E(X) est le nombre moyen de succès quand on répète le schéma un très grand nombre de fois ; σ(X) mesure la dispersion du nombre de succès autour de cette moyenne.

Retrouver les paramètres. V(X)E(X)=1−p : on obtient p, puis n=E(X)p.

Gain affine. Pour des réels a et b : E(aX+b)=aE(X)+b et V(aX+b)=a2V(X) (propriétés démontrées dans le chapitre Sommes de variables aléatoires). Cela sert pour un gain qui dépend du nombre de succès.

Exemples

Germination. Une graine germe avec la probabilité 0,85, indépendamment des autres. On sème 200 graines : X suit ℬ(200;0,85), E(X)=200×0,85=170 et V(X)=200×0,85×0,15=25,5, donc σ(X)=25,5≈5,05. En moyenne, 170 graines germent, avec un écart type d’environ 5 graines.

Allure de la loi. Pour ℬ(8;0,4), E(X)=8×0,4=3,2. Les probabilités, arrondies au dix-millième :

kP(X=k)
0≈0,0168
1≈0,0896
2≈0,2090
3≈0,2787
4≈0,2322
5≈0,1239
6≈0,0413
7≈0,0079
8≈0,0007

La plus grande probabilité est atteinte en k=3, près de l’espérance 3,2. La loi n’est pas symétrique, car p≠0,5 ; pour p=0,5, on aurait P(X=k)=P(X=n−k).

Réflexe — J’écris la loi avec ses paramètres avant toute formule, je calcule V(X) puis seulement σ(X), et j’interprète E(X) dans la situation (« en moyenne, sur un grand nombre de séries… »).

Attention — np(1−p) est la variance ; l’écart type est sa racine carrée. Et E(X) n’est pas forcément une valeur prise par X : 3,2 succès n’arrive jamais.

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Seuils et intervalles de probabilité

Ce qu’il faut savoir

Nombre minimal d’épreuves. Pour avoir au moins un succès avec une probabilité au moins égale à α : 1−(1−p)n⩾α ⟺(1−p)n⩽1−α ⟺nln(1−p)⩽ln(1−α) ⟺n⩾ln(1−α)ln(1−p), en divisant par ln(1−p)<0, ce qui change le sens de l’inégalité.

Seuil sur k. La suite des P(X⩽k) est croissante en k. Pour trouver le plus petit entier k tel que P(X⩽k)⩾s, on lit le tableau de valeurs de la calculatrice, et on cite les deux valeurs qui encadrent s.

Intervalle de probabilité. Pour trouver un intervalle [a;b] tel que P(a⩽X⩽b)⩾1−α (par exemple 0,95) : a est le plus petit entier tel que P(X⩽a)>α2, et b le plus petit entier tel que P(X⩽b)⩾1−α2. Alors P(X⩽a−1)⩽α2, et

P(a⩽X⩽b) =P(X⩽b)−P(X⩽a−1) ⩾1−α2−α2=1−α.

La probabilité que X tombe hors de [a;b] est donc inférieure ou égale à α.

Exemples

Combien de passages ? Un capteur détecte un défaut avec la probabilité 0,1 à chaque passage, indépendamment. Pour le détecter au moins une fois avec une probabilité d’au moins 0,99 : 1−0,9n⩾0,99 ⟺0,9n⩽0,01 ⟺n⩾ln0,01ln0,9≈43,7 (car ln0,9<0). Il faut au moins 44 passages.

Seuil sur k. X suit ℬ(40;0,3). La calculatrice donne P(X⩽15)≈0,885<0,9 et P(X⩽16)≈0,937⩾0,9. Le plus petit entier k tel que P(X⩽k)⩾0,9 est k=16. Le programme suivant fait la même recherche :

from math import comb
def seuil(n, p, s):
    k = 0
    F = (1-p)**n
    while F < s:
        k = k + 1
        q = p**k * (1-p)**(n-k)
        F = F + comb(n, k) * q
    return k

La variable F contient P(X⩽k) ; l’appel seuil(40, 0.3, 0.9) renvoie 16.

Intervalle à 0,95. On lance 100 fois une pièce équilibrée : X suit ℬ(100;0,5). P(X⩽39)≈0,018 ⩽0,025 <P(X⩽40)≈0,028, donc a=40 ; P(X⩽59)≈0,972 <0,975 ⩽P(X⩽60)≈0,982, donc b=60. Ainsi P(40⩽X⩽60)≈0,965, et 0,965⩾0,95 : le nombre de « Pile » tombe entre 40 et 60 dans plus de 95% des séries.

Réflexe — Seuil sur n : je pose l’inéquation, je prends le logarithme et je retourne l’inégalité en divisant par un logarithme négatif. Seuil sur k : je cite les deux valeurs de la calculatrice qui encadrent le seuil, puis je conclus par une phrase.

Attention — On compare les valeurs non arrondies : 0,949 n’est pas « à peu près 0,95 », il est en dessous. Et le résultat d’un seuil sur n est un entier : 43,7 donne 44, pas 43.

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Pour aller plus loin

Calculer un coefficient binomial. La formule (nk)=n!k!(n−k)!, la relation de Pascal et le triangle de Pascal sont démontrés dans le chapitre Combinatoire et dénombrement.

Démontrer E(X)=np et V(X)=np(1−p). La linéarité de l’espérance et la variance d’une somme de variables indépendantes sont au programme du chapitre Sommes de variables aléatoires.

À retenir
  • Schéma de Bernoulli : n épreuves à deux issues, identiques et indépendantes, de probabilité de succès p ; X, nombre de succès, suit ℬ(n;p).
  • Épreuves indépendantes : la probabilité d’une issue est le produit des probabilités de ses résultats.
  • P(X=k)=(nk)pk(1−p)n−k, où (nk) compte les chemins à k succès.
  • P(X⩾k)=1−P(X⩽k−1) et P(X⩾1)=1−(1−p)n.
  • E(X)=np, V(X)=np(1−p), σ(X)=np(1−p).
  • Seuil sur n : logarithme et division par ln(1−p)<0 ; seuil sur k : deux valeurs qui encadrent.

Questions fréquentes

Comment justifier qu’une variable aléatoire suit une loi binomiale ?

On nomme le succès (ce que l’on compte) et sa probabilité p, on vérifie que l’épreuve est répétée un nombre n fixé de fois, à l’identique et de façon indépendante (avec remise ou dans une population très grande), puis on conclut : X, nombre de succès, suit la loi binomiale B(n ; p).

Comment calculer P(X = k) pour une loi binomiale ?

On applique P(X = k) = (k parmi n) × pᵏ × (1 − p)ⁿ⁻ᵏ : le coefficient binomial compte les chemins de l’arbre à k succès, et chacun a pour probabilité pᵏ(1 − p)ⁿ⁻ᵏ. La calculatrice donne aussi directement P(X = k).

Comment calculer P(X ≥ k) à la calculatrice ?

La calculatrice donne P(X ≤ k). On passe à l’événement contraire en prenant l’entier juste avant : P(X ≥ k) = 1 − P(X ≤ k − 1). Pour « entre a et b », on calcule P(X ≤ b) − P(X ≤ a − 1).

Quelles sont l’espérance et la variance d’une loi binomiale ?

Si X suit B(n ; p), alors E(X) = np, V(X) = np(1 − p) et σ(X) = √(np(1 − p)). L’espérance est le nombre moyen de succès sur un grand nombre de répétitions du schéma.

Comment trouver le nombre minimal d’épreuves ou un seuil ?

Pour « au moins un succès avec une probabilité au moins α », on résout 1 − (1 − p)ⁿ ≥ α avec le logarithme, en changeant le sens de l’inégalité car ln(1 − p) < 0. Pour un seuil sur k ou un intervalle, on lit le tableau de la calculatrice et on cite les deux valeurs qui encadrent le seuil.

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