Je réserve ici
Spécialité Mathématiques Terminale

Ressources · Terminale · Spécialité Mathématiques

Fiche de révision : raisonnement par récurrence

Initialisation, hérédité, conclusion : la rédaction type, puis les cas du bac, sommes, encadrements et sens de variation, formules explicites, divisibilité, inégalités et Bernoulli.

Télécharger la fiche PDF

benprofparticulier.frSpécialité Mathématiques · Terminale

Raisonnement par récurrence

Fiche méthode

(Spécialité maths Terminale · Analyse · Suites)

Rédiger une récurrence

Pour tout entier n⩾n0, on note 𝒫(n) la propriété : « … ».

Initialisation. Pour n=n0 : … (on calcule séparément les deux membres). Donc 𝒫(n0) est vraie.

Hérédité. Soit k⩾n0 un entier fixé. On suppose que 𝒫(k) est vraie, c'est-à-dire : … (hypothèse de récurrence). Montrons que 𝒫(k+1) est vraie, c'est-à-dire : … (la propriété au rang k+1).
Calcul : partir du membre de gauche (ou de la relation de récurrence), signaler où sert l'hypothèse.
Donc 𝒫(k+1) est vraie : la propriété est héréditaire.

Conclusion. La propriété est vraie au rang n0 et elle est héréditaire, donc, par récurrence, pour tout entier n⩾n0 : … (on redonne la propriété).

Au brouillon d'abord — écrire 𝒫(k+1) en remplaçant n par k+1 partout : c'est le point d'arrivée du calcul. On nomme k l'entier fixé, pour ne pas le confondre avec le « pour tout n » de l'énoncé.

Cas 1 · Principe, rédaction type et formules de somme

Réflexe — au rang k+1, la somme contient tous les termes du rang k, plus un terme : on écrit Sk+1=Sk+(dernier terme), on remplace Sk par l'hypothèse, puis on factorise (plutôt que tout développer).

Exemple. Pour tout entier naturel n : 1+2+22+⋯+2n=2n+1−1.

Hérédité. Soit k∈ℕ un entier fixé. On suppose que 𝒫(k) est vraie, c'est-à-dire : 1+2+⋯+2k=2k+1−1. Montrons que 𝒫(k+1) est vraie, c'est-à-dire : 1+2+⋯+2k+2k+1=2k+2−1.

1+2+⋯+2k⏟=2k+1−1 par hypothèse+2k+1=2k+1−1+2k+1=2×2k+1−1=2k+2−1.

Donc 𝒫(k+1) est vraie : la propriété est héréditaire.

Cas 2 · Encadrer une suite et étudier son sens de variation

Réflexe — on part de l'encadrement au rang k et on reconstruit uk+1 en appliquant à chaque membre les opérations qui le fabriquent, chacune justifiée. Si uk+1=f(uk) avec f croissante, on applique f à tout l'encadrement. Mettre un⩽un+1 dans la propriété donne en plus le sens de variation.

Exemple 1. u0=2 et un+1=13un+2. Pour tout entier naturel n : 0⩽un⩽3.

Hérédité. Soit k∈ℕ un entier fixé. On suppose que 𝒫(k) est vraie, c'est-à-dire : 0⩽uk⩽3. Montrons que 𝒫(k+1) est vraie, c'est-à-dire : 0⩽uk+1⩽3.

0⩽uk⩽3⟹0⩽13uk⩽1⟹2⩽13uk+2⏟=uk+1⩽3(on multiplie par 13>0, puis on ajoute 2)

Comme 0⩽2, on a bien 0⩽uk+1⩽3 : 𝒫(k+1) est vraie.

Exemple 2. u0=1 et un+1=f(un), avec f(x)=5x+4x+2 croissante sur [0;+∞[. Pour tout n∈ℕ : 1⩽un⩽un+1⩽4.

Hérédité. Soit k∈ℕ un entier fixé. On suppose que 𝒫(k) est vraie, c'est-à-dire : 1⩽uk⩽uk+1⩽4. Montrons que 𝒫(k+1) est vraie, c'est-à-dire : 1⩽uk+1⩽uk+2⩽4. Ces nombres sont dans [1;4], où f est croissante : elle conserve l'ordre, donc

f(1)⩽f(uk)⩽f(uk+1)⩽f(4),soit3⩽uk+1⩽uk+2⩽4.

Comme 1⩽3, 𝒫(k+1) est vraie. La suite est donc croissante, et bornée par 1 et 4.

1 / 2

benprofparticulier.frSpécialité Mathématiques · Terminale

Cas 3 · Démontrer une formule explicite

Réflexe — on part de la relation de récurrence uk+1=…uk…, on remplace uk par la formule au rang k, puis on simplifie jusqu'à la formule au rang k+1. Avant de diviser, on justifie que le dénominateur n'est pas nul.

Exemple. u0=1 et un+1=3un+2. Pour tout entier naturel n : un=2×3n−1.

Hérédité. Soit k∈ℕ un entier fixé. On suppose que 𝒫(k) est vraie, c'est-à-dire : uk=2×3k−1. Montrons que 𝒫(k+1) est vraie, c'est-à-dire : uk+1=2×3k+1−1.

uk+1=3uk⏟=2×3k−1 par hypothèse+2=3(2×3k−1)+2=2×3k+1−3+2=2×3k+1−1.

Donc 𝒫(k+1) est vraie : la propriété est héréditaire.

Cas 4 · Démontrer une divisibilité

Réflexe — « divisible par 3 » s'écrit : il existe un entier m tel que … =3m. On isole la puissance dans l'hypothèse (4k=3m+1), on écrit 4k+1=4×4k, on remplace, on factorise par 3 et on justifie que le facteur est un entier.

Exemple. Pour tout entier naturel n, 4n−1 est divisible par 3.

Hérédité. Soit k∈ℕ un entier fixé. On suppose que 𝒫(k) est vraie, c'est-à-dire qu'il existe un entier m tel que 4k−1=3m, soit 4k=3m+1. Montrons que 𝒫(k+1) est vraie, c'est-à-dire qu'il existe un entier p tel que 4k+1−1=3p.

4k+1−1=4×4k⏟=3m+1 par hypothèse−1=4(3m+1)−1=12m+3=3(4m+1).

Comme m est un entier, p=4m+1 est un entier : 𝒫(k+1) est vraie.

Cas 5 · Démontrer une inégalité : Bernoulli et rang de départ

Réflexe — on écrit le membre de gauche au rang k+1 à l'aide du rang k, on utilise l'hypothèse en justifiant le sens, puis on compare à la cible (signe d'une différence, terme positif que l'on retire).

Exemple. Soit a>0 fixé. Pour tout n∈ℕ : (1+a)n⩾1+na (Bernoulli, démonstration exigible).

Hérédité. Soit k∈ℕ un entier fixé. On suppose que 𝒫(k) est vraie, c'est-à-dire : (1+a)k⩾1+ka. Montrons que 𝒫(k+1) est vraie, c'est-à-dire : (1+a)k+1⩾1+(k+1)a. Comme 1+a>0, on multiplie l'hypothèse par 1+a sans changer le sens de l'inégalité :

(1+a)k+1⩾(1+ka)(1+a)=1+(k+1)a+ka2⏟⩾0⩾1+(k+1)a.

Donc 𝒫(k+1) est vraie : la propriété est héréditaire.

Les pièges

  • Écrire « supposons 𝒫(n) vraie pour tout n » : c'est la conclusion. L'hypothèse porte sur un k fixé.
  • Oublier l'initialisation : « n+1⩽n » est héréditaire, et pourtant fausse pour tout n.
  • Conclure sur quelques valeurs : n2+n+41 est premier pour n⩽39, mais 402+40+41=412.
  • Partir de la formule au rang k+1 et « retomber sur du vrai » : on part du membre de gauche.
  • Changer d'inégalité sans justifier ; diviser sans vérifier que le dénominateur est non nul.
  • Se tromper de rang de départ : on initialise au rang n0 où l'hérédité commence à fonctionner.

Ce document est la propriété intellectuelle de Ben, professeur particulier (benprofparticulier.fr), protégée par le Code de la propriété intellectuelle (art. L. 111-1 et L. 122-4). Il est mis à disposition pour un usage personnel de révision. Toute reproduction, diffusion, mise en ligne ou revente, totale ou partielle, sans autorisation écrite est interdite et constitue une contrefaçon (art. L. 335-2).

2 / 2

À propos de cette page
Cette fiche méthode donne la rédaction type d’une récurrence à recopier, puis, pour chacun des cinq cas, le réflexe, une hérédité rédigée et le piège à éviter : somme, encadrement d’une suite, formule explicite, divisibilité, Bernoulli. Elle se termine par les erreurs classiques qui coûtent des points au bac.
Bloqué sur ce chapitre ?

Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

Prof de maths à Marseille · Cours particuliers au lycée · Aide aux devoirs