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Lycée · Terminale · Spécialité Mathématiques

Raisonnement par récurrence

Démontrer une propriété pour tout entier naturel : initialisation, hérédité, applications aux suites (programme de Terminale spécialité maths)

À propos de cette page
Ce cours de spécialité mathématiques en terminale sur « Raisonnement par récurrence » suit le programme officiel de spécialité mathématiques de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : L'essentiel : le principe de récurrence, Rédiger une démonstration par récurrence, Récurrence et suites : formule explicite, sens de variation, Majorer, minorer, encadrer une suite. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en spécialité mathématiques.
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L'essentiel : le principe de récurrence

Le raisonnement par récurrence sert à démontrer qu'une propriété P(n), dépendant d'un entier naturel n, est vraie pour tous les entiers à partir d'un certain rang. Vérifier P(0),P(1),,P(1000) ne suffit jamais : il faut un argument valable pour tous les entiers d'un coup.

Principe de récurrence. Soit n0 un entier naturel et P(n) une propriété définie pour tout entier nn0. Si :
Initialisation : P(n0) est vraie ;
Hérédité : pour tout entier nn0, si P(n) est vraie alors P(n+1) est vraie ;
alors P(n) est vraie pour tout entier nn0.
L'image des dominos. Les dominos sont alignés : l'hérédité garantit que chaque domino qui tombe fait tomber le suivant ; l'initialisation, c'est pousser le premier. Sans hérédité, la chute s'arrête ; sans initialisation, rien ne bouge.
Vocabulaire. « Supposons P(n) vraie pour un entier nn0 fixé » est l'hypothèse de récurrence ; une propriété telle que P(n)P(n+1) pour tout nn0 est dite héréditaire.
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Rédiger une démonstration par récurrence

La rédaction est codifiée : quatre étapes, dans cet ordre.

Les quatre étapes.
1. Énoncé. « Pour tout entier nn0, on note P(n) la propriété : … »
2. Initialisation. On vérifie par un calcul que P(n0) est vraie.
3. Hérédité. « Soit nn0 un entier tel que P(n) est vraie. Montrons que P(n+1) est vraie. » On part du rang n pour arriver à la formule attendue au rang n+1.
4. Conclusion. « P(n0) est vraie et P est héréditaire : par le principe de récurrence, P(n) est vraie pour tout entier nn0. »
Exemple rédigé — somme des premiers entiers. Montrons que pour tout entier n1 : 1+2++n=n(n+1)2.
Énoncé. P(n) : « 1+2++n=n(n+1)2 ».
Initialisation. Pour n=1 : à gauche 1, à droite 1×22=1. P(1) est vraie.
Hérédité. Soit n1 tel que P(n) est vraie. Alors 1+2++n+(n+1)=n(n+1)2+(n+1)=(n+1)(n2+1)=(n+1)(n+2)2, ce qui est exactement P(n+1).
Conclusion. Par récurrence, l'égalité est vraie pour tout entier n1.
Astuce. Avant de calculer, écris ce que tu veux obtenir au rang n+1 : tu sais alors vers quelle forme factoriser.
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Récurrence et suites : formule explicite, sens de variation

Une relation un+1=f(un) ne donne pas directement u100 : on calcule les premiers termes, on conjecture une formule explicite, puis on la démontre par récurrence.

Exemple. Soit u0=4 et un+1=2un3. u1=5, u2=7, u3=11 : les écarts à 3 sont 1,2,4,8, on conjecture un=2n+3.
Initialisation. 20+3=4=u0.
Hérédité. Si un=2n+3, alors un+1=2(2n+3)3=2n+1+63=2n+1+3.
Conclusion. Pour tout n, un=2n+3.
Propriété — Sens de variation avec une fonction croissante. Soit (un) définie par un+1=f(un)f est croissante sur un intervalle I contenant tous les termes de la suite.
• Si u0u1, alors (un) est croissante.
• Si u0u1, alors (un) est décroissante.
Preuve : récurrence sur « unun+1 » ; comme f est croissante, unun+1f(un)f(un+1), soit un+1un+2.
Attention. Si f est décroissante, la suite oscille en général : la propriété exige f croissante, et la comparaison u0u1 doit être vérifiée.
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Majorer, minorer, encadrer une suite

Dans les exercices de bac, la récurrence sert très souvent à établir un encadrement du type aunb, qui servira ensuite à étudier la convergence.

Définitions. La suite (un) est majorée par M si unM pour tout n ; minorée par m si unm pour tout n ; bornée si elle est majorée et minorée.
Exemple. Soit u0=1 et un+1=un+2. Montrons que pour tout n : 0un2.
Initialisation. u0=1[0;2].
Hérédité. Soit n tel que 0un2. Alors 2un+24, et comme la fonction racine carrée est croissante sur [0;+[, 2un+22, donc 0un+12.
Conclusion. La suite est bornée : 0un2 pour tout n. De plus u1=31,73u0 et f:xx+2 est croissante : la suite est croissante.
Où trouver la borne ? Résous f(x)=x : ici x+2=x donne x2x2=0, soit x=2 (1 rejeté). Le point fixe est la borne naturelle de l'encadrement.
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L'inégalité de Bernoulli (démonstration exigible)

Inégalité de Bernoulli. Pour tout réel a>0 et tout entier naturel n : (1+a)n1+na.
Démonstration exigible (par récurrence sur n). Soit a>0 fixé et P(n) : « (1+a)n1+na ».
Initialisation. (1+a)0=1 et 1+0×a=1 : P(0) est vraie.
Hérédité. Soit n0 tel que (1+a)n1+na. Comme 1+a>0, on peut multiplier les deux membres par 1+a sans changer le sens : (1+a)n+1(1+a)(1+na)=1+na+a+na2=1+(n+1)a+na2. Or na20, donc (1+a)n+11+(n+1)a : P(n+1) est vraie.
Conclusion. Pour tout n, (1+a)n1+na.
À quoi ça sert ? 1,05401+40×0,05=3 : un capital placé à 5% a au moins triplé en 40 ans. Au chapitre suivant, cette inégalité prouve que qn tend vers + quand q>1.
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Méthodes

Méthode — Démontrer une formule explicite conjecturée
  1. Calculer u1, u2, u3 et vérifier que la formule proposée donne les mêmes valeurs.
  2. Initialiser au rang du premier terme donné (souvent n=0).
  3. Hérédité : remplacer un par la formule dans la relation un+1=f(un), puis transformer jusqu'à la formule au rang n+1.
  4. Conclure avec la phrase type.
Exemple rédigé. v0=2, vn+1=3vn+2. v1=8, v2=26, v3=80 : conjecture vn=3n+11. Initialisation : 311=2=v0. Hérédité : si vn=3n+11, alors vn+1=3(3n+11)+2=3n+23+2=3n+21. Conclusion : pour tout n, vn=3n+11.
Méthode — Montrer qu'une suite est majorée ou minorée
  1. Trouver la borne candidate : le point fixe de f (solution de f(x)=x) ou la valeur donnée par l'énoncé.
  2. Initialiser : vérifier l'inégalité pour u0.
  3. Hérédité : appliquer à l'inégalité sur un, étape par étape, les opérations qui définissent un+1, en justifiant le sens de chaque inégalité.
  4. Conclure.
Exemple rédigé. w0=5, wn+1=wn+32. Montrons wn>3 pour tout n. Initialisation : w0=5>3. Hérédité : si wn>3, alors wn+3>6, puis wn+32>3, c'est-à-dire wn+1>3. Conclusion : (wn) est minorée par 3.
Méthode — Démontrer une inégalité entre expressions de n
  1. Chercher le rang de départ n0 en testant les petites valeurs.
  2. Hérédité : multiplier (ou ajouter) l'hypothèse de récurrence par ce qui fait passer du rang n au rang n+1, puis comparer à la cible par une inégalité auxiliaire.
  3. Vérifier cette inégalité auxiliaire pour tout nn0 : c'est là que se cache le rang de départ.
Exemple rédigé. Montrons que n!2n pour tout n4. Initialisation : 4!=2416=24. Hérédité : soit n4 tel que n!2n. Alors (n+1)!=(n+1)×n!(n+1)×2n2n+1 car n+12. Conclusion : pour tout n4, n!2n.
Méthode — Démontrer une divisibilité
  1. Traduire « an est divisible par d » par « il existe un entier k tel que an=dk ».
  2. Hérédité : exprimer an+1 en fonction de an, remplacer an par dk et factoriser par d ; le reste ajouté doit être lui aussi un multiple de d.
Exemple rédigé. Montrons que 4n1 est divisible par 3 pour tout n. Initialisation : 401=0=3×0. Hérédité : supposons 4n1=3k avec k entier. Alors 4n+11=4(4n1)+3=12k+3=3(4k+1). Conclusion : pour tout n, 3 divise 4n1.
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Pièges et erreurs classiques

Oublier l'initialisation. La propriété « 5n+1 est divisible par 4 » est héréditaire : si 5n+1=4k, alors 5n+1+1=5(5n+1)4=4(5k1). Pourtant elle est fausse pour tout n : 50+1=2, 51+1=6, 52+1=26… Sans initialisation, rien n'est démontré.
Écrire « supposons que pour tout n, P(n) est vraie ». C'est supposer la conclusion ! L'hypothèse porte sur un entier n fixé.
Initialiser au mauvais rang. Si la suite commence à u1, ou si l'inégalité n'est vraie qu'à partir de n=5, on initialise à ce rang-là et on démontre l'hérédité pour tout nn0.
Raisonner à l'envers. Partir de la formule au rang n+1 et retomber sur quelque chose de vrai ne prouve rien. On part de l'hypothèse au rang n pour arriver au rang n+1.
Confondre vérification et démonstration. n2+n+41 est un nombre premier pour n=0,1,2,,39, mais pas pour n=40 : 402+40+41=412. Quarante vérifications ne remplacent pas une hérédité.
Ne pas justifier le sens des inégalités. Multiplier par un sans savoir que un>0, ou prendre la racine carrée sans invoquer sa croissance : un point perdu à chaque fois.
En bref
  • Récurrence = initialisation (P(n0) vraie) + hérédité (P(n)P(n+1) pour tout nn0) ⇒ P(n) vraie pour tout nn0.
  • Rédaction en 4 temps : énoncé de P(n), initialisation, hérédité (« soit n tel que P(n) est vraie »), conclusion.
  • Sur les suites : formule explicite, encadrement (via le point fixe f(x)=x), sens de variation quand f est croissante.
  • Inégalité de Bernoulli : (1+a)n1+na pour a>0 (démonstration exigible).
  • Une hérédité sans initialisation ne prouve rien ; des vérifications sans hérédité non plus.
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