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Limites de suites
Limite finie ou infinie, opérations et formes indéterminées, comparaison et gendarmes, limite de qⁿ, suites monotones et seuils, suites arithmético-géométriques.
À propos de cette page
Limite d’une suite, opérations et formes indéterminées
Limite finie. La suite converge vers le réel si tout intervalle ouvert contenant contient tous les termes à partir d’un certain rang. On note ; cette limite, si elle existe, est unique.
Limite infinie. tend vers si tout intervalle contient tous les termes à partir d’un certain rang ; de même vers avec les intervalles .
Divergente = qui ne converge pas : soit elle tend vers , soit elle n’a pas de limite (comme , qui vaut puis sans fin).
Limites de référence. , , , tendent vers ; , , , tendent vers .
Opérations ( et réels ; FI = forme indéterminée : on ne peut pas conclure directement).
Somme :
| FI |
Produit :
| (règle des signes) | ||
| (règle des signes) | ||
| FI |
Quotient :
| (règle des signes) | ||
| ou | , de signe constant | (règle des signes) |
| FI | ||
| FI |
Les quatre formes indéterminées : « », « », « », « ».
Somme. : , donc par somme .
Produit. : et , donc par produit .
Lever « ». . On factorise par le terme dominant : pour , . Or et la parenthèse tend vers : par produit, .
Lever « ». pour . On factorise en haut et en bas par : . Le numérateur tend vers , le dénominateur vers : .
Différence de racines : la quantité conjuguée. (forme « »). On multiplie et on divise par : . Le dénominateur tend vers : .
Réflexe — Je calcule d’abord la limite de chaque morceau. Si j’obtiens une forme indéterminée, je transforme l’écriture : je factorise par le terme dominant (la plus haute puissance de , en haut et en bas pour un quotient), ou j’utilise la quantité conjuguée pour une différence de racines. Puis je conclus en citant l’opération (somme, produit, quotient).
Attention — Une forme indéterminée n’est pas un résultat : « » ou « » sont faux ( alors que ). Et pour un quotient dont le dénominateur tend vers , il faut connaître son signe.
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Comparaison et théorème des gendarmes
Théorème de comparaison (démonstration exigible). Si à partir d’un certain rang et si , alors . Si à partir d’un certain rang et si , alors .
Théorème des gendarmes (admis). Si à partir d’un certain rang et si et convergent vers la même limite , alors converge vers .
Passage à la limite (admis). Si à partir d’un certain rang, avec et , alors .
Démonstration du théorème de comparaison. Soit un réel. Comme , l’intervalle contient tous les à partir d’un certain rang . Par hypothèse, à partir d’un rang . Pour : . Ainsi contient tous les à partir d’un certain rang : .
Comparaison. . Comme , on a pour tout . Or : par comparaison, .
Gendarmes. pour . Comme , on a , puis, en divisant par : . Les deux suites encadrantes tendent vers : d’après le théorème des gendarmes, .
Gendarmes avec une limite non nulle. pour . Comme et : . Les deux bornes tendent vers : .
Réflexe — Un terme qui oscille (, , ) n’a pas de limite : je l’encadre entre et , je reconstruis en justifiant chaque étape (ajouter, multiplier ou diviser par un nombre positif), puis je conclus. Limite infinie : une seule inégalité suffit (comparaison). Limite finie : il faut les deux bornes (gendarmes).
Attention — Si , on ne peut rien conclure : les gendarmes demandent deux bornes qui ont la même limite. Et une inégalité stricte devient large à la limite : , mais les deux tendent vers .
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Limite de qⁿ et suites géométriques
Limite de , réel :
| pas de limite | |
Suite géométrique () : sa limite se déduit de celle de (par produit, attention au signe de ).
Somme géométrique (rappel de 1re) : pour , . Si , cette somme tend vers .
Démonstration pour (exigible). On pose . L’inégalité de Bernoulli, démontrée par récurrence au chapitre Raisonnement par récurrence, donne pour tout : . Comme , ; par comparaison, .
Pour . , donc et . Pour : et , donc (gendarmes).
Lecture directe. car . : donc , et .
Plusieurs puissances : factoriser par la plus grande base. (forme « ») : . Or et , donc la parenthèse tend vers : . , qui tend vers .
Somme. , donc .
Réflexe — Je repère la raison et je la place dans le tableau. Devant une somme ou un quotient de puissances, je factorise par la puissance de plus grande base : il ne reste que des avec , qui tendent vers .
Attention — Pour , la suite n’a pas de limite : change de signe à chaque rang et ne tend ni vers ni vers . Et n’entre pas dans le cas .
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Suites monotones : convergence et seuil
Théorème de convergence monotone (admis). Toute suite croissante et majorée converge ; toute suite décroissante et minorée converge.
Suite croissante non majorée (démonstration exigible) : elle tend vers . De même, une suite décroissante non minorée tend vers .
Si est croissante et majorée par , sa limite vérifie ; elle n’est pas forcément égale à .
Algorithme de seuil. Pour une suite qui dépasse tout réel , une boucle « tant que » calcule les termes un par un et renvoie le premier rang tel que .
Démonstration : croissante non majorée ⟹ . Soit un réel. La suite n’est pas majorée, donc n’est pas un majorant : il existe un rang tel que . La suite est croissante, donc pour tout , . Ainsi contient tous les termes à partir du rang : .
Croissante et majorée. Pour , . On a : est croissante. Pour , ; en additionnant de à , les termes se simplifient deux à deux : . Croissante et majorée par , la suite converge, vers une limite (le théorème ne donne pas sa valeur).
Croissante non majorée et seuil. et (on admet que tous les termes sont positifs). : la suite est croissante, donc , puis . En additionnant ces écarts : . Comme , par comparaison . Le programme ci-dessous renvoie le premier rang où :
from math import sqrt
def seuil(A):
n = 0
u = 1
while u <= A:
u = u + sqrt(u)
n = n + 1
return n
L’appel seuil(100) renvoie .
Réflexe — Pour prouver qu’une suite converge sans connaître sa limite : j’établis son sens de variation (signe de , ou récurrence) et une borne (majorant si elle croît, minorant si elle décroît), puis je cite le théorème de convergence monotone.
Attention — « Croissante » ne veut pas dire « tend vers » : est croissante et converge vers . Et une suite majorée par qui converge n’a aucune raison de tendre vers .
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Suites arithmético-géométriques
Une suite arithmético-géométrique vérifie , avec . On l’étudie en quatre étapes :
1. On cherche le réel tel que , soit .
2. On pose : (car ), donc est géométrique de raison .
3. , d’où .
4. On conclut avec la limite de : si , ; si et , la suite tend vers ou selon le signe de ; si et , la suite n’a pas de limite.
Convergence. et . Étape 1 : . Étape 2 : et : est géométrique de raison , avec . Étape 3 : . Étape 4 : donc et .
Divergence. et . , puis . Comme et , .
Réflexe — Dans un modèle d’évolution (« on perd puis on ajoute »), j’écris d’abord la relation , puis je déroule les quatre étapes. La limite s’interprète : c’est la valeur d’équilibre vers laquelle le phénomène se stabilise.
Attention — La suite auxiliaire est , pas : vérifier en calculant . Et la suite elle-même n’est pas géométrique : .
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Pour aller plus loin
Encadrer une suite par récurrence. Montrer que ou que pour tout se fait souvent par récurrence : la rédaction (initialisation, hérédité, conclusion) et l’inégalité de Bernoulli sont traitées dans le chapitre Raisonnement par récurrence.
Identifier la limite d’une suite . Quand est continue, la limite d’une telle suite convergente est solution de : ce résultat est au programme du chapitre Continuité et théorème des valeurs intermédiaires. Il ne prouve jamais à lui seul que la suite converge.
Croissances comparées. Les limites du type ou se traitent avec les fonctions : chapitre Limites de fonctions.
- Converger vers : tout intervalle ouvert contenant contient tous les termes à partir d’un certain rang ; sinon la suite diverge (limite infinie ou pas de limite).
- Formes indéterminées : « », « », « », « » : factoriser par le terme dominant ou utiliser la quantité conjuguée.
- Comparaison : et donnent . Gendarmes : deux bornes de même limite donnent .
- si , si , pas de limite si .
- Croissante et majorée (ou décroissante et minorée) : la suite converge. Croissante non majorée : elle tend vers .
- : , géométrique de raison , .
Questions fréquentes
Comment lever une forme indéterminée dans une limite de suite ?
On factorise par le terme dominant : la plus haute puissance de n (en haut et en bas pour un quotient), ou la plus grande base pour des puissances qⁿ. Pour une différence de racines carrées, on multiplie et on divise par la quantité conjuguée. On conclut ensuite avec les opérations sur les limites.
Quelle est la différence entre le théorème de comparaison et le théorème des gendarmes ?
Le théorème de comparaison sert pour une limite infinie : une seule inégalité suffit (uₙ ≥ vₙ avec vₙ qui tend vers +∞). Le théorème des gendarmes sert pour une limite finie : il faut deux suites qui encadrent uₙ et qui ont la même limite.
Quelle est la limite de qⁿ selon la valeur de q ?
Si q > 1, qⁿ tend vers +∞ ; si −1 < q < 1, qⁿ tend vers 0 ; si q = 1, la suite vaut toujours 1 ; si q ≤ −1, elle n’a pas de limite. Le cas q > 1 se démontre avec l’inégalité de Bernoulli et le théorème de comparaison.
Une suite croissante et majorée converge-t-elle toujours ?
Oui : c’est le théorème de convergence monotone (admis). Sa limite est inférieure ou égale au majorant, mais pas forcément égale. Une suite croissante non majorée tend vers +∞.
Comment trouver la limite d’une suite arithmético-géométrique ?
Pour uₙ₊₁ = a uₙ + b, on résout ℓ = aℓ + b, on montre que vₙ = uₙ − ℓ est géométrique de raison a, on écrit uₙ = ℓ + (u₀ − ℓ)aⁿ, puis on utilise la limite de aⁿ : si −1 < a < 1, la suite tend vers ℓ.
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