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Spécialité Mathématiques Terminale

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Limites de suites

Limite finie ou infinie, opérations et formes indéterminées, comparaison et gendarmes, limite de qⁿ, suites monotones et seuils, suites arithmético-géométriques.

À propos de cette page
Ce cours de spécialité maths de Terminale sur les limites de suites suit cinq parties : définitions et opérations avec les formes indéterminées, théorème de comparaison et théorème des gendarmes, limite de qⁿ et suites géométriques, suites monotones et algorithme de seuil, suites arithmético-géométriques. Les démonstrations exigibles au bac (comparaison, croissante non majorée, limite de qⁿ avec Bernoulli) y sont rédigées.
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Limite d’une suite, opérations et formes indéterminées

Ce qu’il faut savoir

Limite finie. La suite (un) converge vers le réel ℓ si tout intervalle ouvert contenant ℓ contient tous les termes un à partir d’un certain rang. On note limn→+∞un=ℓ ; cette limite, si elle existe, est unique.

Limite infinie. (un) tend vers +∞ si tout intervalle [A;+∞[ contient tous les termes un à partir d’un certain rang ; de même vers −∞ avec les intervalles ]−∞;A].

Divergente = qui ne converge pas : soit elle tend vers ±∞, soit elle n’a pas de limite (comme (−1)n, qui vaut 1 puis −1 sans fin).

Limites de référence. n, n2, n3, n tendent vers +∞ ; 1n, 1n2, 1n3, 1n tendent vers 0.

Opérations (ℓ et ℓ′ réels ; FI = forme indéterminée : on ne peut pas conclure directement).

Somme :

limunlimvnlim(un+vn)
ℓℓ′ℓ+ℓ′
ℓ+∞+∞
ℓ−∞−∞
+∞+∞+∞
−∞−∞−∞
+∞−∞FI

Produit :

limunlimvnlim(unvn)
ℓℓ′ℓℓ′
ℓ≠0±∞±∞ (règle des signes)
±∞±∞±∞ (règle des signes)
0±∞FI

Quotient :

limunlimvnlimunvn
ℓℓ′≠0ℓℓ′
ℓ±∞0
±∞ℓ′≠0±∞ (règle des signes)
ℓ≠0 ou ±∞0, vn de signe constant±∞ (règle des signes)
±∞±∞FI
00FI

Les quatre formes indéterminées : « +∞−∞ », « 0×∞ », « ∞∞ », « 00 ».

Exemples

Somme. an=5−3n2 : 3n2→0, donc par somme liman=5.

Produit. bn=n(3+1n) : n→+∞ et 3+1n→3>0, donc par produit limbn=+∞.

Lever « +∞−∞ ». cn=n3−4n2+1. On factorise par le terme dominant : pour n⩾1, cn=n3(1−4n+1n3). Or n3→+∞ et la parenthèse tend vers 1 : par produit, limcn=+∞.

Lever « ∞∞ ». dn=6n2+n3n2−7 pour n⩾2. On factorise en haut et en bas par n2 : dn=6+1n3−7n2. Le numérateur tend vers 6, le dénominateur vers 3 : limdn=2.

Différence de racines : la quantité conjuguée. en=n+5−n (forme « +∞−∞ »). On multiplie et on divise par n+5+n>0 : en=(n+5)−nn+5+n=5n+5+n. Le dénominateur tend vers +∞ : limen=0.

Réflexe — Je calcule d’abord la limite de chaque morceau. Si j’obtiens une forme indéterminée, je transforme l’écriture : je factorise par le terme dominant (la plus haute puissance de n, en haut et en bas pour un quotient), ou j’utilise la quantité conjuguée pour une différence de racines. Puis je conclus en citant l’opération (somme, produit, quotient).

Attention — Une forme indéterminée n’est pas un résultat : « ∞∞=1 » ou « ∞−∞=0 » sont faux (n2n→+∞ alors que nn2→0). Et pour un quotient dont le dénominateur tend vers 0, il faut connaître son signe.

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Comparaison et théorème des gendarmes

Ce qu’il faut savoir

Théorème de comparaison (démonstration exigible). Si un⩾vn à partir d’un certain rang et si limvn=+∞, alors limun=+∞. Si un⩽wn à partir d’un certain rang et si limwn=−∞, alors limun=−∞.

Théorème des gendarmes (admis). Si an⩽un⩽bn à partir d’un certain rang et si (an) et (bn) convergent vers la même limite ℓ, alors (un) converge vers ℓ.

Passage à la limite (admis). Si un⩽vn à partir d’un certain rang, avec un→ℓ et vn→ℓ′, alors ℓ⩽ℓ′.

Exemples

Démonstration du théorème de comparaison. Soit A un réel. Comme vn→+∞, l’intervalle [A;+∞[ contient tous les vn à partir d’un certain rang N1. Par hypothèse, un⩾vn à partir d’un rang N2. Pour n⩾max(N1,N2) : un⩾vn⩾A. Ainsi [A;+∞[ contient tous les un à partir d’un certain rang : limun=+∞.

Comparaison. fn=2n+cosn. Comme cosn⩾−1, on a fn⩾2n−1 pour tout n. Or lim(2n−1)=+∞ : par comparaison, limfn=+∞.

Gendarmes. gn=5+(−1)nn2 pour n⩾1. Comme −1⩽(−1)n⩽1, on a 4⩽5+(−1)n⩽6, puis, en divisant par n2>0 : 4n2⩽gn⩽6n2. Les deux suites encadrantes tendent vers 0 : d’après le théorème des gendarmes, limgn=0.

Gendarmes avec une limite non nulle. hn=3n+sinnn=3+sinnn pour n⩾1. Comme −1⩽sinn⩽1 et n>0 : 3−1n⩽hn⩽3+1n. Les deux bornes tendent vers 3 : limhn=3.

Réflexe — Un terme qui oscille (cosn, sinn, (−1)n) n’a pas de limite : je l’encadre entre −1 et 1, je reconstruis un en justifiant chaque étape (ajouter, multiplier ou diviser par un nombre positif), puis je conclus. Limite infinie : une seule inégalité suffit (comparaison). Limite finie : il faut les deux bornes (gendarmes).

Attention — Si −1⩽un⩽3, on ne peut rien conclure : les gendarmes demandent deux bornes qui ont la même limite. Et une inégalité stricte devient large à la limite : 1n+1<1n, mais les deux tendent vers 0.

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Limite de qⁿ et suites géométriques

Ce qu’il faut savoir

Limite de (qn), q réel :

qlimqn
q⩽−1pas de limite
−1<q<10
q=11
q>1+∞

Suite géométrique un=u0×qn (u0≠0) : sa limite se déduit de celle de qn (par produit, attention au signe de u0).

Somme géométrique (rappel de 1re) : pour q≠1, 1+q+q2+⋯+qn=1−qn+11−q. Si −1<q<1, cette somme tend vers 11−q.

Exemples

Démonstration pour q>1 (exigible). On pose a=q−1>0. L’inégalité de Bernoulli, démontrée par récurrence au chapitre Raisonnement par récurrence, donne pour tout n : qn=(1+a)n⩾1+na. Comme a>0, 1+na→+∞ ; par comparaison, qn→+∞.

Pour 0<q<1. 1q>1, donc (1q)n→+∞ et qn=1(1q)n→0. Pour −1<q<0 : −|q|n⩽qn⩽|q|n et |q|n→0, donc qn→0 (gendarmes).

Lecture directe. 0,7n→0 car −1<0,7<1. kn=4×1,05n−9 : 1,05>1 donc 1,05n→+∞, et limkn=+∞.

Plusieurs puissances : factoriser par la plus grande base. mn=7n−6n (forme « +∞−∞ ») : mn=7n(1−(67)n). Or 7n→+∞ et (67)n→0, donc la parenthèse tend vers 1 : limmn=+∞. pn=2n+13n =(23)n+(13)n, qui tend vers 0.

Somme. Sn=1+13+⋯+(13)n =1−(13)n+11−13 =32(1−(13)n+1), donc limSn=32.

Réflexe — Je repère la raison q et je la place dans le tableau. Devant une somme ou un quotient de puissances, je factorise par la puissance de plus grande base : il ne reste que des (ab)n avec 0<ab<1, qui tendent vers 0.

Attention — Pour q⩽−1, la suite n’a pas de limite : (−1,5)n change de signe à chaque rang et ne tend ni vers +∞ ni vers −∞. Et q=−1 n’entre pas dans le cas −1<q<1.

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Suites monotones : convergence et seuil

Ce qu’il faut savoir

Théorème de convergence monotone (admis). Toute suite croissante et majorée converge ; toute suite décroissante et minorée converge.

Suite croissante non majorée (démonstration exigible) : elle tend vers +∞. De même, une suite décroissante non minorée tend vers −∞.

Si (un) est croissante et majorée par M, sa limite ℓ vérifie u0⩽ℓ⩽M ; elle n’est pas forcément égale à M.

Algorithme de seuil. Pour une suite qui dépasse tout réel A, une boucle « tant que u⩽A » calcule les termes un par un et renvoie le premier rang n tel que un>A.

Exemples

Démonstration : croissante non majorée ⟹ +∞. Soit A un réel. La suite n’est pas majorée, donc A n’est pas un majorant : il existe un rang N tel que uN>A. La suite est croissante, donc pour tout n⩾N, un⩾uN>A. Ainsi [A;+∞[ contient tous les termes à partir du rang N : limun=+∞.

Croissante et majorée. Pour n⩾1, Sn=1+122+132+⋯+1n2. On a Sn+1−Sn=1(n+1)2>0 : (Sn) est croissante. Pour k⩾2, 1k2⩽1k(k−1)=1k−1−1k ; en additionnant de k=2 à k=n, les termes se simplifient deux à deux : Sn⩽1+1−1n<2. Croissante et majorée par 2, la suite (Sn) converge, vers une limite ℓ⩽2 (le théorème ne donne pas sa valeur).

Croissante non majorée et seuil. u0=1 et un+1=un+un (on admet que tous les termes sont positifs). un+1−un=un⩾0 : la suite est croissante, donc un⩾u0=1, puis un+1−un=un⩾1. En additionnant ces n écarts : un⩾1+n. Comme 1+n→+∞, par comparaison limun=+∞. Le programme ci-dessous renvoie le premier rang où un>100 :

from math import sqrt
def seuil(A):
    n = 0
    u = 1
    while u <= A:
        u = u + sqrt(u)
        n = n + 1
    return n

L’appel seuil(100) renvoie 20.

Réflexe — Pour prouver qu’une suite converge sans connaître sa limite : j’établis son sens de variation (signe de un+1−un, ou récurrence) et une borne (majorant si elle croît, minorant si elle décroît), puis je cite le théorème de convergence monotone.

Attention — « Croissante » ne veut pas dire « tend vers +∞ » : 1−1n est croissante et converge vers 1. Et une suite majorée par 5 qui converge n’a aucune raison de tendre vers 5.

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Suites arithmético-géométriques

Ce qu’il faut savoir

Une suite arithmético-géométrique vérifie un+1=aun+b, avec a≠1. On l’étudie en quatre étapes :

1. On cherche le réel ℓ tel que ℓ=aℓ+b, soit ℓ=b1−a.
2. On pose vn=un−ℓ : vn+1=aun+b−ℓ=aun−aℓ=avn (car b=ℓ−aℓ), donc (vn) est géométrique de raison a.
3. vn=v0×an, d’où un=ℓ+(u0−ℓ)an.
4. On conclut avec la limite de an : si −1<a<1, limun=ℓ ; si a>1 et u0≠ℓ, la suite tend vers +∞ ou −∞ selon le signe de u0−ℓ ; si a⩽−1 et u0≠ℓ, la suite n’a pas de limite.

Exemples

Convergence. u0=50 et un+1=0,9un+3. Étape 1 : ℓ=0,9ℓ+3⟺0,1ℓ=3⟺ℓ=30. Étape 2 : vn=un−30 et vn+1=0,9un+3−30 =0,9(un−30)=0,9vn : (vn) est géométrique de raison 0,9, avec v0=50−30=20. Étape 3 : un=30+20×0,9n. Étape 4 : −1<0,9<1 donc 0,9n→0 et limun=30.

Divergence. w0=100 et wn+1=1,5wn−20. ℓ=1,5ℓ−20⟺ℓ=40, puis wn=40+60×1,5n. Comme 1,5>1 et 60>0, limwn=+∞.

Réflexe — Dans un modèle d’évolution (« on perd 10% puis on ajoute 400 »), j’écris d’abord la relation un+1=aun+b, puis je déroule les quatre étapes. La limite ℓ s’interprète : c’est la valeur d’équilibre vers laquelle le phénomène se stabilise.

Attention — La suite auxiliaire est vn=un−ℓ, pas un+ℓ : vérifier en calculant v0. Et la suite (un) elle-même n’est pas géométrique : un≠u0×an.

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Pour aller plus loin

Encadrer une suite par récurrence. Montrer que 0⩽un⩽3 ou que un⩽un+1 pour tout n se fait souvent par récurrence : la rédaction (initialisation, hérédité, conclusion) et l’inégalité de Bernoulli sont traitées dans le chapitre Raisonnement par récurrence.

Identifier la limite d’une suite un+1=f(un). Quand f est continue, la limite d’une telle suite convergente est solution de f(ℓ)=ℓ : ce résultat est au programme du chapitre Continuité et théorème des valeurs intermédiaires. Il ne prouve jamais à lui seul que la suite converge.

Croissances comparées. Les limites du type enn ou lnnn se traitent avec les fonctions : chapitre Limites de fonctions.

À retenir
  • Converger vers ℓ : tout intervalle ouvert contenant ℓ contient tous les termes à partir d’un certain rang ; sinon la suite diverge (limite infinie ou pas de limite).
  • Formes indéterminées : « +∞−∞ », « 0×∞ », « ∞∞ », « 00 » : factoriser par le terme dominant ou utiliser la quantité conjuguée.
  • Comparaison : un⩾vn et vn→+∞ donnent un→+∞. Gendarmes : deux bornes de même limite ℓ donnent un→ℓ.
  • qn→+∞ si q>1, →0 si −1<q<1, pas de limite si q⩽−1.
  • Croissante et majorée (ou décroissante et minorée) : la suite converge. Croissante non majorée : elle tend vers +∞.
  • un+1=aun+b : ℓ=aℓ+b, vn=un−ℓ géométrique de raison a, un=ℓ+(u0−ℓ)an.

Questions fréquentes

Comment lever une forme indéterminée dans une limite de suite ?

On factorise par le terme dominant : la plus haute puissance de n (en haut et en bas pour un quotient), ou la plus grande base pour des puissances qⁿ. Pour une différence de racines carrées, on multiplie et on divise par la quantité conjuguée. On conclut ensuite avec les opérations sur les limites.

Quelle est la différence entre le théorème de comparaison et le théorème des gendarmes ?

Le théorème de comparaison sert pour une limite infinie : une seule inégalité suffit (uₙ ≥ vₙ avec vₙ qui tend vers +∞). Le théorème des gendarmes sert pour une limite finie : il faut deux suites qui encadrent uₙ et qui ont la même limite.

Quelle est la limite de qⁿ selon la valeur de q ?

Si q > 1, qⁿ tend vers +∞ ; si −1 < q < 1, qⁿ tend vers 0 ; si q = 1, la suite vaut toujours 1 ; si q ≤ −1, elle n’a pas de limite. Le cas q > 1 se démontre avec l’inégalité de Bernoulli et le théorème de comparaison.

Une suite croissante et majorée converge-t-elle toujours ?

Oui : c’est le théorème de convergence monotone (admis). Sa limite est inférieure ou égale au majorant, mais pas forcément égale. Une suite croissante non majorée tend vers +∞.

Comment trouver la limite d’une suite arithmético-géométrique ?

Pour uₙ₊₁ = a uₙ + b, on résout ℓ = aℓ + b, on montre que vₙ = uₙ − ℓ est géométrique de raison a, on écrit uₙ = ℓ + (u₀ − ℓ)aⁿ, puis on utilise la limite de aⁿ : si −1 < a < 1, la suite tend vers ℓ.

Bloqué sur ce chapitre ?

Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

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