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Lycée · Terminale · Spécialité Mathématiques

Raisonnement par récurrence

Démontrer une propriété pour tout entier naturel : initialisation, hérédité, applications aux suites (programme de Terminale spécialité maths)

À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « Raisonnement par récurrence » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en spécialité mathématiques. Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : L'essentiel : le principe de récurrence, Rédiger une démonstration par récurrence, Récurrence et suites : formule explicite, sens de variation, Majorer, minorer, encadrer une suite. Chaque exercice est suivi d'une correction rédigée, à déplier une fois la recherche faite au brouillon. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser spécialité mathématiques en terminale.

Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.

Exercice 1 — Somme des premiers entiers impairs

Facile

Pour tout entier n1, on note Sn=1+3+5++(2n1) la somme des n premiers entiers impairs.

  1. a) Calculer S1, S2, S3 et S4, puis conjecturer une expression simple de Sn en fonction de n.
  2. b) Écrire l'hypothèse de récurrence au rang n et l'égalité à démontrer au rang n+1.
  3. c) Démontrer la conjecture par récurrence.

a) S1=1, S2=1+3=4, S3=4+5=9, S4=9+7=16. On reconnaît les carrés parfaits : on conjecture Sn=n2 pour tout n1.

b) Hypothèse de récurrence au rang n : 1+3++(2n1)=n2. À démontrer au rang n+1 : 1+3++(2n1)+(2n+1)=(n+1)2 (le terme suivant est 2(n+1)1=2n+1).

c) Soit P(n) : « Sn=n2 ».
Initialisation. S1=1=12 : P(1) est vraie.
Hérédité. Soit n1 tel que Sn=n2. Alors Sn+1=Sn+(2n+1)=n2+2n+1=(n+1)2 : P(n+1) est vraie.
Conclusion. P(1) est vraie et P est héréditaire : par le principe de récurrence, Sn=n2 pour tout entier n1.

Exercice 2 — Formule explicite d'une suite

Facile

On considère la suite (un) définie par u0=3 et, pour tout entier naturel n, un+1=3un4.

  1. a) Calculer u1, u2 et u3.
  2. b) Vérifier que ces valeurs sont compatibles avec la formule un=3n+2.
  3. c) Démontrer par récurrence que pour tout entier naturel n, un=3n+2.

a) u1=3×34=5 ; u2=3×54=11 ; u3=3×114=29.

b) 30+2=3=u0 ; 31+2=5=u1 ; 32+2=11=u2 ; 33+2=29=u3. La formule est compatible avec les quatre premiers termes, ce qui n'est pas encore une démonstration.

c) Soit P(n) : « un=3n+2 ».
Initialisation. 30+2=3=u0 : P(0) est vraie.
Hérédité. Soit n0 tel que un=3n+2. Alors un+1=3un4=3(3n+2)4=3n+1+64=3n+1+2 : P(n+1) est vraie.
Conclusion. Par le principe de récurrence, un=3n+2 pour tout entier naturel n.

Exercice 3 — Divisibilité

Facile

Pour tout entier naturel n, on pose an=7n1.

  1. a) Calculer a0, a1, a2 et vérifier que chacun est divisible par 6.
  2. b) Démontrer par récurrence que pour tout entier naturel n, an est divisible par 6.
  3. c) En déduire le reste de la division euclidienne de 72026 par 6.

a) a0=11=0=6×0 ; a1=71=6=6×1 ; a2=491=48=6×8. Les trois sont divisibles par 6.

b) Soit P(n) : « il existe un entier k tel que 7n1=6k ».
Initialisation. 701=0=6×0 : P(0) est vraie.
Hérédité. Soit n0 tel que 7n1=6k avec k entier. Alors 7n+11=7×7n1=7(7n1)+71=7×6k+6=6(7k+1). Comme 7k+1 est un entier, 7n+11 est divisible par 6 : P(n+1) est vraie.
Conclusion. Par récurrence, 7n1 est divisible par 6 pour tout n.

c) D'après b), 720261=6k pour un certain entier k, donc 72026=6k+1 avec 01<6. Le reste de la division de 72026 par 6 est 1.

Exercice 4 — Suite minorée et décroissante

Moyen

On considère la suite (un) définie par u0=10 et, pour tout entier naturel n, un+1=3un+4.

  1. a) Calculer u1 et u2 (valeurs arrondies au centième).
  2. b) Démontrer que pour tout entier naturel n, un4.
  3. c) Démontrer que pour tout entier naturel n, un+1un.
  4. d) En déduire que pour tout entier naturel n, 4un10.

a) u1=3×10+4=345,83 ; u2=334+421,494,64.

b) Soit P(n) : « un4 ».
Initialisation. u0=104.
Hérédité. Soit n tel que un4. Alors 3un+416, et comme la fonction racine carrée est croissante sur [0;+[, 3un+416=4, soit un+14.
Conclusion. Pour tout n, un4 : la suite est minorée par 4.

c) Soit Q(n) : « un+1un ».
Initialisation. u15,8310=u0 : Q(0) est vraie.
Hérédité. Soit n tel que un+1un. Alors 3un+1+43un+4 ; ces deux nombres sont positifs d'après b), et la racine carrée est croissante, donc 3un+1+43un+4, c'est-à-dire un+2un+1 : Q(n+1) est vraie.
Conclusion. La suite (un) est décroissante.

d) La suite est décroissante, donc pour tout n, unu0=10. Avec b), on obtient 4un10 pour tout n : la suite est bornée.

Exercice 5 — Une inégalité vraie à partir d'un certain rang

Moyen
  1. a) Vérifier que l'inégalité 2n>n2 est fausse pour n=2, n=3, n=4, et vraie pour n=5.
  2. b) Montrer que pour tout entier n3, 2n2(n+1)2.
  3. c) Démontrer par récurrence que pour tout entier n5, 2n>n2.

a) n=2 : 22=4 et 22=4, pas d'inégalité stricte. n=3 : 8<9. n=4 : 16=16. n=5 : 32>25. L'inégalité est fausse pour n=2,3,4 et vraie pour n=5.

b) 2n2(n+1)2=2n2n22n1=n22n1=(n1)22. Pour n3, (n1)24, donc (n1)222>0. Ainsi 2n2(n+1)2 pour tout n3.

c) Soit P(n) : « 2n>n2 », pour n5.
Initialisation. 25=32>25=52 : P(5) est vraie.
Hérédité. Soit n5 tel que 2n>n2. Alors 2n+1=2×2n>2n2. Or n53, donc d'après b), 2n2(n+1)2. D'où 2n+1>(n+1)2 : P(n+1) est vraie.
Conclusion. Par récurrence, 2n>n2 pour tout entier n5. Le rang de départ 5 est indispensable : l'hérédité est valable dès n=3, mais la propriété est fausse en 3 et 4.

Exercice 6 — Somme des carrés

Moyen

Pour tout entier n1, on pose Tn=12+22++n2.

  1. a) Calculer T1, T2, T3 et vérifier que ces valeurs coïncident avec n(n+1)(2n+1)6.
  2. b) Démontrer par récurrence que pour tout entier n1, Tn=n(n+1)(2n+1)6.
  3. c) Calculer 12+22++202.

a) T1=1, T2=5, T3=14. Formule : 1×2×36=1 ; 2×3×56=5 ; 3×4×76=14. Les valeurs coïncident.

b) Soit P(n) : « Tn=n(n+1)(2n+1)6 ».
Initialisation. Vue en a) : P(1) est vraie.
Hérédité. Soit n1 tel que P(n) est vraie. Alors Tn+1=Tn+(n+1)2=n(n+1)(2n+1)6+(n+1)2=(n+1)[n(2n+1)+6(n+1)]6=(n+1)(2n2+7n+6)6. Or (n+2)(2n+3)=2n2+3n+4n+6=2n2+7n+6, donc Tn+1=(n+1)(n+2)(2n+3)6, ce qui est bien la formule au rang n+1 puisque 2(n+1)+1=2n+3.
Conclusion. Par récurrence, Tn=n(n+1)(2n+1)6 pour tout n1.

c) T20=20×21×416=172206= 2870.

Exercice 7 — Suite arithmético-géométrique

Moyen

On considère la suite (un) définie par u0=5 et, pour tout entier naturel n, un+1=0,5un+2.

  1. a) Calculer u1, u2 et u3.
  2. b) Démontrer par récurrence que pour tout entier naturel n, un=4+(12)n.
  3. c) En déduire que un>4 pour tout n, puis que la suite (un) est décroissante.
  4. d) Déterminer le plus petit entier n tel que un4<103.

a) u1=2,5+2=4,5 ; u2=2,25+2=4,25 ; u3=2,125+2=4,125.

b) Soit P(n) : « un=4+(12)n ».
Initialisation. 4+(12)0=5=u0.
Hérédité. Soit n tel que un=4+(12)n. Alors un+1=12(4+(12)n)+2=2+(12)n+1+2=4+(12)n+1 : P(n+1) est vraie.
Conclusion. Pour tout n, un=4+(12)n.

c) (12)n>0 pour tout n, donc un>4. De plus un+1un=(12)n+1(12)n=(12)n(121)=12(12)n<0 : la suite est décroissante.

d) un4=(12)n<103 équivaut à 2n>1000. Or 29=512<1000 et 210=1024>1000. Comme 2n croît avec n, le plus petit entier convenable est n=10.

Exercice 8 — Analyser deux copies d'élèves

Difficile

Copie A. Pour montrer que « 3n+2 est divisible par 4 », un élève écrit : « Supposons P(n) vraie : 3n+2=4k. Alors 3n+1+2=3(3n+2)4=12k4=4(3k1), donc P(n+1) est vraie. Par récurrence, 3n+2 est divisible par 4 pour tout n. »
Copie B. Pour la suite définie par u0=2 et un+1=2un1, un élève écrit : « Supposons que pour tout entier n, un=2n+1. Alors un+1=2(2n+1)1=2n+1+1. Comme u0=2=20+1, la formule est vraie pour tout n. »

  1. a) Le calcul d'hérédité de la copie A est-il correct ? La conclusion est-elle vraie ? Expliquer.
  2. b) Montrer que 3n+2 est impair pour tout entier naturel n. Qu'en déduire pour la propriété de la copie A ?
  3. c) Quelle est l'erreur de rédaction de la copie B ? La formule un=2n+1 est-elle vraie pour autant ?
  4. d) Rédiger correctement la démonstration de la copie B.

a) Le calcul est juste : 3(3n+2)4=3×3n+64=3n+1+2, et si 3n+2=4k alors 3n+1+2=4(3k1). La propriété est donc bien héréditaire. Mais l'élève n'a jamais fait d'initialisation : 30+2=3 n'est pas divisible par 4. La conclusion est fausse : une hérédité sans initialisation ne démontre rien.

b) 3n est un produit de nombres impairs, donc impair ; 3n+2 est la somme d'un impair et d'un pair, donc impair. Un nombre impair n'est jamais divisible par 4 : la propriété « 3n+2 divisible par 4 » est fausse pour tout n, bien qu'elle soit héréditaire. Aucune initialisation n'est possible, à aucun rang.

c) L'élève écrit « supposons que pour tout entier n, un=2n+1 » : il suppose exactement ce qu'il veut démontrer (erreur de quantificateur). L'hypothèse de récurrence doit porter sur un entier n fixé. Malgré la rédaction fautive, la formule est vraie : u1=3=2+1, u2=5=4+1, et le calcul d'hérédité est exact.

d) Soit P(n) : « un=2n+1 ».
Initialisation. 20+1=2=u0 : P(0) est vraie.
Hérédité. Soit n0 un entier tel que un=2n+1. Alors un+1=2un1=2(2n+1)1=2n+1+1 : P(n+1) est vraie.
Conclusion. P(0) est vraie et P est héréditaire : par le principe de récurrence, un=2n+1 pour tout entier naturel n.

Exercice 9 — Récurrence à deux pas

Difficile

On considère la suite (un) définie par u0=2, u1=5 et, pour tout entier naturel n, un+2=5un+16un.

  1. a) Calculer u2 et u3.
  2. b) Vérifier que u0, u1, u2 et u3 sont donnés par la formule un=2n+3n.
  3. c) Expliquer pourquoi la propriété P(n) : « un=2n+3n » ne peut pas être démontrée par une récurrence simple avec l'hypothèse P(n) seule.
  4. d) Démontrer par récurrence que pour tout entier naturel n, la propriété Q(n) : « un=2n+3n et un+1=2n+1+3n+1 » est vraie.
  5. e) En déduire la valeur de u10.

a) u2=5×56×2=2512=13 ; u3=5×136×5=6530=35.

b) 20+30=2=u0 ; 2+3=5=u1 ; 4+9=13=u2 ; 8+27=35=u3. La formule convient pour les quatre premiers termes.

c) Le calcul de un+2 fait intervenir deux termes précédents, un+1 et un. Savoir seulement que un=2n+3n ne dit rien sur un+1, donc on ne peut pas calculer un+2 : l'hérédité P(n)P(n+1) est impossible à établir. Il faut une hypothèse portant sur deux rangs consécutifs.

d) Initialisation. Q(0) : u0=2=20+30 et u1=5=21+31, vrai d'après b).
Hérédité. Soit n tel que Q(n) est vraie : un=2n+3n et un+1=2n+1+3n+1. Alors un+2=5un+16un=5(2n+1+3n+1)6(2n+3n)=10·2n+15·3n6·2n6·3n=4·2n+9·3n=2n+2+3n+2. Ainsi un+1=2n+1+3n+1 (hypothèse) et un+2=2n+2+3n+2 : Q(n+1) est vraie.
Conclusion. Par récurrence, Q(n) est vraie pour tout n, donc un=2n+3n pour tout entier naturel n.

e) u10=210+310=1024+59049= 60073.

Exercice 10 — Encadrement et convergence très rapide

Difficile

On considère la suite (un) définie par u0=12 et, pour tout entier naturel n, un+1=un(2un).

  1. a) Calculer u1 et u2 sous forme de fractions.
  2. b) Démontrer que pour tout entier naturel n, 0<un<1.
  3. c) En déduire le sens de variation de la suite (un).
  4. d) Montrer que pour tout n, 1un+1=(1un)2, puis démontrer par récurrence que 1un=(12)2n.
  5. e) À partir de quel rang a-t-on 1un<106 ?

a) u1=12(212)=12×32=34 ; u2=34(234)=34×54=1516.

b) Soit P(n) : « 0<un<1 ».
Initialisation. u0=12]0;1[.
Hérédité. Soit n tel que 0<un<1. Alors 2un>1>0, donc un+1=un(2un)>0 comme produit de deux nombres strictement positifs. De plus 1un+1=12un+un2=(1un)2>0 car un1, donc un+1<1. Ainsi 0<un+1<1.
Conclusion. Pour tout n, 0<un<1.

c) un+1un=un(2un)un=un(1un). D'après b), un>0 et 1un>0, donc un+1un>0 : la suite est strictement croissante.

d) L'identité 1un+1=(1un)2 a été établie dans l'hérédité de b). Soit R(n) : « 1un=(12)2n ».
Initialisation. 1u0=12=(12)1=(12)20.
Hérédité. Si 1un=(12)2n, alors 1un+1=(1un)2=(12)2×2n=(12)2n+1.
Conclusion. Pour tout n, 1un=(12)2n. (Vérification : n=2 donne 116=11516.)

e) On cherche 22n>106. Or 216=65536<106 et 2324,3×109>106. Il faut donc 2n32, soit n5 : à partir du rang n=5, l'écart à 1 est inférieur à 106. La suite converge extrêmement vite : le nombre de décimales exactes double à chaque étape.

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