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Combinatoire et dénombrement
Principes additif et multiplicatif, k-uplets, factorielle et permutations, k-uplets d’éléments distincts, combinaisons, coefficients binomiaux, triangle de Pascal, mots et chemins.
À propos de cette page
Principes additif et multiplicatif, k-uplets
Cardinal. Le nombre d’éléments d’un ensemble fini est son cardinal, noté . Dénombrer, c’est calculer un cardinal sans dresser la liste des éléments.
Principe additif. Si sont des ensembles finis deux à deux disjoints, alors . Si et ne sont pas disjoints : .
Complémentaire. Si , le complémentaire vérifie .
Principe multiplicatif. . Plus généralement, un choix fait en étapes qui offrent successivement possibilités (ces nombres ne dépendent pas des choix déjà faits) conduit à issues. Un arbre de choix illustre ce principe.
-uplets. Un -uplet (ou -liste) d’éléments de est une suite ordonnée d’éléments de , répétitions permises : c’est un élément de . Si , il y a -uplets : choix pour chacun des termes (principe multiplicatif).
Additif et multiplicatif. Un numéro de casier est soit une lettre suivie de deux chiffres, soit un nombre de trois chiffres (de à ). Premier type : . Second type : . Un numéro ne peut pas être des deux types (il commence ou non par une lettre) : les deux ensembles sont disjoints et il y a numéros.
-uplets. Un questionnaire compte questions, chacune avec les réponses A, B, C ou D. Une grille de réponses est un -uplet de : il y en a .
« Au moins un » : le complémentaire. Combien de codes de chiffres contiennent au moins un ? Il y a codes, dont sans aucun (chaque chiffre parmi ). Donc codes contiennent au moins un .
Réflexe — Je découpe le comptage : en étapes successives, je multiplie ; en cas qui ne se recouvrent pas, j’additionne. Pour « au moins un », je compte tout, puis je retire le cas contraire « aucun ».
Attention — Le principe additif ne vaut que pour des ensembles disjoints : sinon, les éléments communs sont comptés deux fois et il faut retirer . Et un -uplet est ordonné : et sont deux couples différents.
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k-uplets d’éléments distincts, factorielle et permutations
Factorielle. Pour , (« factorielle ») ; par convention, . Pour tout : .
-uplets d’éléments distincts (ou arrangements). Si et , le nombre de -uplets d’éléments deux à deux distincts de est (produit de facteurs), qui s’écrit .
Permutations. Une permutation de est un -uplet d’éléments distincts de : c’est une façon de ranger tous ses éléments. Il y en a .
Tirages. Des tirages successifs sans remise de objets parmi donnent des -uplets d’éléments distincts ; avec remise, des -uplets quelconques ().
Démonstration de la formule. On construit le -uplet terme à terme : choix pour ; doit être différent de , soit choix ; … ; doit éviter les termes déjà choisis, soit choix. Ces nombres ne dépendent pas des choix faits : par le principe multiplicatif, il y a -uplets d’éléments distincts. En multipliant et divisant par , ce produit vaut . Avec , on obtient permutations.
Podium. Une finale réunit nageurs (sans ex æquo). Un podium (or, argent, bronze) est un -uplet de nageurs distincts : podiums possibles.
Permutation. L’ordre de passage de relayeurs est une permutation de l’équipe : ordres possibles.
Simplifier sans tout calculer. , car . De même, .
Contrainte « côte à côte ». amis s’alignent pour une photo ; Alix et Basile veulent être côte à côte. On colle Alix et Basile en un bloc : on range objets ( façons), puis on ordonne le bloc ( façons) : comme , il y a photos.
Réflexe — L’ordre compte et il n’y a pas de répétition (places, rangs, podium, tirages successifs sans remise) : je multiplie facteurs décroissants à partir de . On range tous les éléments : .
Attention — n’est pas : le produit compte exactement facteurs. Et , pas . Les factorielles grandissent très vite () : on simplifie un quotient avant de calculer.
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Combinaisons et coefficients binomiaux
Combinaison. Une combinaison de éléments de est une partie de à éléments : pas d’ordre, pas de répétition. Si , leur nombre se note et se lit « parmi » : c’est un coefficient binomial.
Formule. Pour : .
Cas usuels. ; ; .
Symétrie. Pour : .
Tirage simultané. Tirer objets simultanément parmi , c’est choisir une partie à éléments : tirages.
Démonstration de la formule. Chaque partie à éléments peut être ordonnée de façons (ses permutations), et chaque -uplet d’éléments distincts s’obtient ainsi à partir d’une seule partie : celle de ses termes. Donc , d’où .
Démonstration de la symétrie. L’application qui, à une partie de à éléments, associe son complémentaire (à éléments) est sa propre réciproque, car : c’est une bijection entre les parties à éléments et les parties à éléments. Les deux ensembles ont donc le même cardinal. Par le calcul : échanger et ne change pas le produit .
Paires. Dans un tournoi de tennis de table, chacun des joueurs rencontre une fois chacun des autres. Un match est une paire de joueurs : matchs.
Symétrie. .
« Exactement » : par catégories. Une main de cartes d’un jeu de cartes (dont cœurs) contient exactement cœurs : on choisit cœurs parmi , puis cartes parmi les autres. Il y a mains.
« Au moins un » : complémentaire. Un comité de personnes est choisi parmi filles et garçons. Au total : comités. Sans aucune fille : . Avec au moins une fille : .
Algorithme. La fonction ci-dessous liste les parties à éléments de ; la boucle intérieure ne prend que les , donc chaque paire est écrite une seule fois :
def paires(n):
P = []
for i in range(n):
for j in range(i+1, n):
P.append((i, j))
return P
paires(5) renvoie les paires de à ; en général, len(paires(n)) vaut n*(n-1)//2, c’est-à-dire .
Réflexe — « Simultanément », « un groupe », « une équipe », « une main » : l’ordre ne compte pas, je compte des parties avec . Pour « exactement objets d’une catégorie », je choisis séparément dans chaque catégorie et je multiplie.
Attention — Choisir « d’abord un cœur, puis cartes quelconques » pour compter les mains avec au moins un cœur est faux : une main à deux cœurs est comptée deux fois. Pour « au moins un », on passe par le complémentaire.
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Relation de Pascal et nombre de parties
Relation de Pascal (démonstration exigible). Pour : .
Triangle de Pascal. Ligne , colonne : . Les bords valent ; chaque autre coefficient est la somme de celui qui est juste au-dessus et de celui qui est au-dessus à gauche.
| \ | 0 | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 0 | 1 | ||||||
| 1 | 1 | 1 | |||||
| 2 | 1 | 2 | 1 | ||||
| 3 | 1 | 3 | 3 | 1 | |||
| 4 | 1 | 4 | 6 | 4 | 1 | ||
| 5 | 1 | 5 | 10 | 10 | 5 | 1 | |
| 6 | 1 | 6 | 15 | 20 | 15 | 6 | 1 |
Nombre de parties. Un ensemble à éléments possède parties (la partie vide et comprises).
Somme d’une ligne (démonstration exigible, par dénombrement). .
Démonstration de la relation de Pascal (par dénombrement). Soit un ensemble à éléments et un élément fixé de . Les parties de à éléments se rangent en deux familles disjointes :
• celles qui contiennent : on choisit leurs autres éléments parmi les éléments de autres que , soit parties ;
• celles qui ne contiennent pas : leurs éléments sont pris parmi ces éléments, soit parties.
Par le principe additif, .
Démonstration de la relation de Pascal (par le calcul). Pour : . On réduit au même dénominateur , car et : la somme vaut .
Démonstration : parties. Notons . À une partie , on associe le -uplet de où si et sinon. Deux parties différentes donnent deux -uplets différents, et tout -uplet vient d’une partie (celle des tels que ) : c’est une bijection. Le nombre de parties est donc .
Démonstration : somme d’une ligne. On range les parties de selon leur nombre d’éléments : ces familles sont disjointes, et la famille compte parties. Par le principe additif, leur somme est le nombre total de parties, .
Utiliser la relation. .
Parties avec une contrainte. Un ensemble à éléments a parties ; parmi elles, est vide et ont un seul élément. Il y a donc parties d’au moins éléments.
Algorithme. La fonction ci-dessous reçoit une ligne L du triangle et renvoie la ligne suivante, grâce à la relation de Pascal :
def suivante(L):
n = len(L)
M = [1]
for k in range(n-1):
s = L[k]+L[k+1]
M.append(s)
return M + [1]
Appliquée à la ligne (, , , , , ), elle renvoie la ligne : , , , , , , . En partant de [1] et en l’appliquant fois, on obtient la ligne .
Réflexe — Pour démontrer une égalité de coefficients binomiaux : je cherche un ensemble que je peux compter de deux façons (en fixant un élément, en séparant selon le cardinal…), ou je calcule avec les factorielles. Pour remplir le triangle, j’additionne deux voisins de la ligne précédente.
Attention — La relation de Pascal additionne deux coefficients voisins de la même ligne : donne , pas ni . Et les parties comptent la partie vide et lui-même.
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Mots, chemins et choix du modèle
Mots à deux lettres. Le nombre de mots de longueur formés de lettres A et de lettres B est : un tel mot est déterminé par l’ensemble des positions occupées par A.
Chemins. Dans un quadrillage, un chemin de à par pas unitaires vers la droite (D) ou vers le haut (H) est un mot de lettres contenant lettres H : il y en a .
Mots avec lettres répétées. On place les lettres identiques groupe par groupe : on choisit les positions du premier groupe, puis celles du deuxième parmi les positions restantes, et on multiplie.
Choisir le modèle d’un tirage de objets parmi .
| Tirage | Modèle | Nombre |
|---|---|---|
| successif avec remise (ordre, répétitions) | -uplet | |
| successif sans remise (ordre, pas de répétition) | -uplet d’éléments distincts | |
| simultané (ni ordre ni répétition) | partie à éléments |
Groupes sans nom. Pour répartir des personnes en groupes de même taille qui ne portent pas de numéro, on compte les groupes numérotés puis on divise par le nombre d’ordres possibles des groupes.
Double dénombrement. Pour démontrer une égalité, on compte un même ensemble de deux façons.
Lien avec les probabilités. En situation d’équiprobabilité, : dénombrer donne les probabilités.
Chemins. De à , un chemin compte pas dont vers le haut : chemins.
Pile ou face. On lance fois une pièce. Les suites contenant exactement « pile » sont des mots de lettres avec lettres P : suites, sur suites possibles.
Lettres répétées. Le mot RADAR a lettres : deux R, deux A, un D. On choisit les places des R (), puis les places des A parmi les restantes () ; le D prend la dernière. Il y a anagrammes.
Double dénombrement. Montrons que pour . Dans un groupe de personnes, on compte les comités de membres munis d’un président choisi dans le comité. Comité d’abord ( choix), puis président ( choix) : . Président d’abord ( choix), puis les autres membres parmi les personnes restantes : . Les deux nombres comptent le même ensemble : ils sont égaux. Contrôle : et .
Réflexe — Je décris un résultat type par un objet précis (liste, partie, mot, chemin), je me demande si l’ordre compte et si les répétitions sont possibles, puis j’applique la formule. Je contrôle sur un petit cas.
Attention — Dans un mot, les lettres identiques ne se distinguent pas : RADAR n’a pas anagrammes. Et un chemin de à compte pas, pas .
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Pour aller plus loin
Loi binomiale. Dans un schéma de Bernoulli de épreuves, le nombre de chemins de l’arbre qui comptent exactement succès est : c’est ce qui donne , étudié dans le chapitre Loi binomiale.
Formule du binôme. Pour tous nombres , et tout entier naturel , : en développant le produit des facteurs , le terme apparaît une fois pour chaque choix des facteurs qui fournissent . Cette formule n’est pas au programme de la spécialité ; elle est traitée en option maths expertes, dans le chapitre Nombres complexes : forme algébrique.
Par récurrence. Le résultat « parties » se démontre aussi par récurrence (une partie de contient ou non) : la rédaction est celle du chapitre Raisonnement par récurrence.
- Étapes successives : je multiplie (principe multiplicatif) ; cas disjoints : j’additionne ; « au moins un » : tout moins « aucun ».
- -uplets d’un ensemble à éléments (ordre, répétitions) : . -uplets d’éléments distincts : . Permutations : , avec .
- Parties à éléments (ni ordre ni répétition) : , avec .
- Relation de Pascal : . Un ensemble à éléments a parties.
- Mots de lettres avec lettres A et lettres B, chemins de à : et .
Questions fréquentes
Quand faut-il additionner et quand faut-il multiplier en dénombrement ?
On multiplie quand un résultat se construit en étapes successives (principe multiplicatif) : 4 pains, puis 6 garnitures, puis 3 sauces donnent 4 × 6 × 3 sandwichs. On additionne quand on sépare les résultats en cas qui ne se recouvrent pas (principe additif). Pour « au moins un », on compte tout et on retire le cas « aucun ».
Quelle est la différence entre un arrangement et une permutation ?
Un arrangement (ou k-uplet d’éléments distincts) range k éléments distincts choisis parmi n : il y en a n(n − 1)…(n − k + 1) = n!/(n − k)!. Une permutation range tous les n éléments : c’est le cas k = n, il y en a n!.
Comment savoir s’il faut utiliser un coefficient binomial ?
On utilise « k parmi n » quand on choisit k éléments sans ordre et sans répétition : un groupe, une équipe, une main de cartes, un tirage simultané. Si l’ordre compte (rôles, places, tirages successifs), on utilise un k-uplet. Chaque partie à k éléments donne k! k-uplets d’éléments distincts.
Comment démontrer la relation de Pascal ?
Par dénombrement : on fixe un élément a d’un ensemble à n + 1 éléments. Les parties à k + 1 éléments qui contiennent a sont au nombre de « k parmi n », celles qui ne le contiennent pas de « k + 1 parmi n ». Ces deux familles sont disjointes, d’où « k parmi n » + « k + 1 parmi n » = « k + 1 parmi n + 1 ». Par le calcul : on réduit les deux fractions au même dénominateur (k + 1)!(n − k)! ; le numérateur vaut n!(k + 1 + n − k) = (n + 1)!.
Comment compter les chemins dans un quadrillage ?
Un chemin de (0 ; 0) à (p ; q) par pas vers la droite ou vers le haut est un mot de p + q lettres contenant q lettres H. Il est déterminé par les positions des pas vers le haut : il y en a « q parmi p + q ». Pour un chemin passant par un point C, on multiplie le nombre de chemins jusqu’à C par le nombre de chemins après C.
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