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Thème 2 — Axe 1 : la dimension politique de la guerre

Clausewitz, des conflits interétatiques aux enjeux transnationaux, Al-Qaïda et Daech (spécialité HGGSP de Tle)

À propos de cette page
Ce cours d' en terminale sur « Thème 2 — Axe 1 : la dimension politique de la guerre » suit le programme officiel d' de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Penser la guerre : définitions et enjeux, Clausewitz, un officier prussien face à la guerre napoléonienne, De la guerre : les concepts clés, Le modèle interétatique : apogée et dérives (1870-1991). Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en .

2 sujets de dissertation traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.

Tombés au bac sur cette question

Les sujets réels des sessions précédentes : les deux premiers sont corrigés ci-dessous.

  • 2022 · Amérique du Sud — Existe-t-il toujours un schéma « classique » de la guerre, tel que l'avait pensé Clausewitz ? voir le sujet complet →
  • 2021 · Asie (remplacement) — La dimension politique de la guerre, évolutions et ruptures du XVIIIe à nos jours. voir le sujet complet →
  • 2025 · Centres étrangers — Guerres régulières et guerres irrégulières après la fin de la Seconde Guerre mondiale. voir le sujet complet →
  • 2022 · Amérique du Sud — La guerre : un affrontement armé entre États ? voir le sujet complet →
  • 2021 · Métropole — Les formes de la guerre du XVIIIe siècle à nos jours voir le sujet complet →

Sujet 1 — Existe-t-il toujours un schéma « classique » de la guerre, tel que l'avait pensé Clausewitz ?

Analyse des termes — Le « schéma classique » désigne la guerre pensée par Clausewitz dans De la guerre (1832) : un affrontement entre États, mené par des armées régulières, au service d'un but politique fixé par le gouvernement. « Toujours » invite à mesurer la validité de ce schéma depuis les guerres napoléoniennes jusqu'aux conflits du XXIe siècle (Daech, Ukraine).

Problématique — Le modèle clausewitzien, né de la guerre entre États européens, permet-il encore de comprendre des guerres menées par des acteurs non étatiques et transnationaux, ou n'en reste-t-il que la définition politique de la guerre ?

Introduction rédigéeLe 16 novembre 2015, trois jours après les attentats de Paris et de Saint-Denis, François Hollande déclare devant le Parlement réuni en Congrès : « La France est en guerre. » L'ennemi n'est pourtant ni un État reconnu ni une armée régulière, mais Daech, organisation djihadiste qui a proclamé un califat entre Syrie et Irak. Or le schéma « classique » de la guerre est celui que l'officier prussien Carl von Clausewitz a formulé dans De la guerre, publié en 1832 : un acte de violence destiné à contraindre l'adversaire, mené par des États et leurs armées, au service d'un but politique fixé par le gouvernement. Né de l'expérience des guerres de la Révolution et de l'Empire, ce modèle permet-il encore de comprendre des guerres menées par des acteurs non étatiques et transnationaux, ou n'en reste-t-il que la définition politique de la guerre ? Nous verrons d'abord que ce schéma a été forgé et confirmé par la guerre entre États de 1793 à 1945, puis qu'il est profondément remis en cause depuis 1945, avant de montrer qu'il demeure une grille de lecture pertinente, dans des formes désormais hybrides.

I. Un schéma forgé par la guerre entre États (1793-1945)

  • Clausewitz définit la guerre comme un instrument politique, né de l'expérience napoléonienne.Levée en masse (23 août 1793), Iéna (14 octobre 1806) ; De la guerre (1832) : « continuation de la politique par d'autres moyens ».
  • Le XIXe siècle confirme et codifie le modèle interétatique.Guerre franco-allemande (1870-1871) au service de l'unité allemande ; conventions de La Haye (1899, 1907).
  • Les guerres totales réalisent la montée aux extrêmes, au risque de renverser la primauté du politique.1914-1918 et 1939-1945 ; Ludendorff, La Guerre totale (1935).

II. Un schéma remis en cause depuis 1945

  • L'arme nucléaire rend la guerre absolue impossible entre grandes puissances.Hiroshima et Nagasaki (6 et 9 août 1945) ; dissuasion ; Aron, Penser la guerre, Clausewitz (1976).
  • Les guerres irrégulières se multiplient, menées par des combattants sans État.Mao, De la guerre prolongée (1938) ; guerre d'Algérie (1954-1962).
  • Des acteurs transnationaux font la guerre sans territoire ni armée régulière.Al-Qaïda (1988), attentats du 11 septembre 2001 ; van Creveld, La Transformation de la guerre (1991).

III. Une grille qui reste pertinente, dans des formes hybrides

  • La violence djihadiste poursuit des buts politiques.Proclamation du califat par Daech (29 juin 2014) ; stratégie de l'« ennemi lointain » d'Al-Qaïda.
  • Les échecs militaires occidentaux confirment la primauté du politique.Afghanistan (2001-2021), retour des talibans le 15 août 2021 ; Rupert Smith, « guerre au sein des populations » (2005).
  • La guerre interétatique de haute intensité fait son retour.Invasion de l'Ukraine par la Russie (24 février 2022), après l'annexion de la Crimée (2014).
Conclusion rédigéeLe schéma classique de Clausewitz n'existe plus sous sa forme d'origine : la guerre n'est plus le monopole des États, et l'arme nucléaire a interdit l'affrontement direct entre grandes puissances. Mais son cœur demeure : de la guerre d'Algérie à Daech, les guerres irrégulières restent des instruments au service de fins politiques, et les échecs des armées les plus puissantes, en Afghanistan jusqu'en 2021, confirment que la victoire militaire ne vaut que par le résultat politique qu'elle obtient. Le retour de la guerre interétatique en Ukraine, en 2022, montre enfin que les formes régulières et irrégulières coexistent. Reste une question que Clausewitz ne s'était pas posée : comment faire la paix avec un adversaire qui n'est pas un État ?

Le piège — Réciter la biographie de Clausewitz ou s'arrêter au XIXe siècle : le mot « toujours » impose d'aller jusqu'au XXIe siècle et de conclure clairement sur la validité du modèle aujourd'hui.

Sujet 2 — La dimension politique de la guerre, évolutions et ruptures du XVIIIe à nos jours.

Analyse des termes — La « dimension politique » désigne le lien entre la guerre et les buts de ceux qui la font : qui décide, pour quelles fins, avec quelle légitimité. Les bornes vont du XVIIIe siècle, temps des guerres limitées des souverains, à nos jours ; « évolutions et ruptures » impose de repérer les continuités et les moments de basculement (1793, 1914, 1945, 2001).

Problématique — Comment le lien entre la guerre et la politique s'est-il transformé depuis le XVIIIe siècle, à mesure que les acteurs de la guerre passaient des souverains aux nations, puis à des organisations transnationales ?

Introduction rédigée« La guerre n'est qu'une simple continuation de la politique par d'autres moyens » : la formule de Clausewitz, publiée en 1832, est devenue le point de départ de toute réflexion sur la guerre. Elle affirme que la violence armée n'a pas de sens en elle-même, mais seulement par les fins politiques qu'elle sert. Parler de la dimension politique de la guerre, c'est donc se demander qui décide de la guerre, pour quels buts et avec quelle légitimité. Du XVIIIe siècle, où les souverains mènent des guerres limitées avec des armées professionnelles, à nos jours, où des organisations comme Al-Qaïda ou Daech font la guerre sans être des États, ce lien a connu plusieurs ruptures. Comment la relation entre la guerre et la politique s'est-elle transformée, à mesure que les acteurs de la guerre passaient des souverains aux nations, puis à des organisations transnationales ? Nous verrons d'abord comment on passe de la guerre des rois à la guerre des nations jusqu'en 1815, puis comment l'État devient maître de la guerre jusqu'à la démesure entre 1815 et 1991, avant d'étudier une politique de la guerre qui, depuis 1991, échappe en partie aux États.

I. De la guerre des rois à la guerre des nations (XVIIIe siècle-1815)

  • Au XVIIIe siècle, la guerre est l'instrument limité de la politique des souverains.Guerre de Sept Ans (1756-1763), réglée par des échanges de territoires ; armées professionnelles.
  • La Révolution fait de la guerre l'affaire de la nation : première rupture.Décret de levée en masse du 23 août 1793 ; guerres napoléoniennes, Austerlitz (2 décembre 1805).
  • Clausewitz théorise ce basculement et affirme la primauté du politique.De la guerre (1832) ; guérilla espagnole (1808-1814), premier exemple de guerre du peuple.

II. L'État maître de la guerre, jusqu'à la démesure (1815-1991)

  • Le XIXe siècle fait de la guerre interétatique un outil politique codifié.Guerre franco-allemande (1870-1871) et unité allemande ; conventions de La Haye (1899, 1907).
  • Les guerres totales menacent de renverser la relation entre fin et moyen : deuxième rupture.1914-1918, 1939-1945 ; Ludendorff (1935) veut soumettre la politique à la guerre.
  • L'arme nucléaire fait de la guerre une menace politique plus qu'une pratique entre grandes puissances : troisième rupture.Hiroshima (6 août 1945), dissuasion ; guerres limitées et de décolonisation pendant la guerre froide (Corée 1950-1953, Algérie 1954-1962).

III. Depuis 1991 : une politique de la guerre qui échappe en partie aux États

  • Un réseau transnational fait la guerre à la première puissance mondiale : quatrième rupture.Al-Qaïda (1988), 11 septembre 2001, « guerre contre la terreur », intervention en Afghanistan (7 octobre 2001).
  • Daech revendique un projet politique territorial.Califat proclamé le 29 juin 2014 ; perte de Baghouz le 23 mars 2019.
  • Les États réaffirment leur rôle, par la riposte collective et par le retour de la guerre interétatique.« La France est en guerre » (Hollande, 16 novembre 2015) ; invasion de l'Ukraine (24 février 2022).
Conclusion rédigéeDu XVIIIe siècle à nos jours, la guerre n'a jamais cessé d'être politique, mais les acteurs qui en décident ont changé : les souverains, puis les nations mobilisées à partir de 1793, puis des États capables de guerres totales et nucléaires, enfin des organisations transnationales qui contestent leur monopole de la violence. Chaque rupture — 1793, 1914, 1945, 2001 — a modifié la manière de lier fins et moyens, sans abolir ce lien. La guerre d'Ukraine rappelle que les États restent les principaux acteurs de la guerre. La question se déplace alors vers la paix : comment mettre fin à une guerre quand l'adversaire refuse les règles et les institutions communes ?

Le piège — Faire un récit chronologique des guerres sans jamais dire qui décide et pour quel but : le sujet porte sur la dimension politique, pas sur l'histoire des batailles.

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