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Ce cours d' en terminale sur « Thème 2 — Axe 2 : le défi de la construction de la paix » suit le programme officiel d' de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Construire la paix : un processus, pas un moment, 1648 : les traités de Westphalie, une paix de compromis, Le « système westphalien » : un modèle ou un mythe ?, La sécurité collective : de la SDN à l'ONU (1920-1996). Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en .
2 sujets de dissertation traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.
Tombés au bac sur cette question
Les sujets réels des sessions précédentes : les deux premiers sont corrigés ci-dessous.
- 2021 · Métropole — Quels sont les moyens pour construire la paix depuis 1648 ? voir le sujet complet →
- 2021 · Métropole — Pourquoi la paix est-elle difficile à établir au Moyen-Orient depuis 1948 ? voir le sujet complet →
- 2021 · Centres étrangers — Quels rôles jouent les acteurs internationaux (étatiques ou non) dans les conflits et les tentatives d'établir la paix au Moyen-Orient ? voir le sujet complet →
- 2024 · Centres étrangers — Faire la paix depuis le XVIIe siècle : réussites et limites. voir le sujet complet →
- 2021 · Amérique du Nord (remplacement) — Pourquoi la construction de la paix constitue -t-elle un défi et se confronte -t-elle à de multiples difficultés depuis la signature des traités de Westphalie ? voir le sujet complet →
- 2022 · Mayotte — Le Moyen-Orient depuis 1948 : une paix impossible ? voir le sujet complet →
Sujet 1 — Quels sont les moyens pour construire la paix depuis 1648 ?
Analyse des termes — Les « moyens » désignent les instruments (traités, congrès, organisations internationales, opérations de paix, médiations) et les acteurs qui les emploient ; « construire » suppose un processus qui dépasse l'arrêt des combats. Les bornes vont des traités de Westphalie (1648) à nos jours, ce qui impose de suivre l'évolution des moyens et d'en mesurer les limites.
Problématique — Comment les moyens de construire la paix se sont-ils diversifiés depuis 1648, de la négociation entre souverains à la sécurité collective puis aux processus associant de multiples acteurs, sans jamais garantir une paix durable ?
Introduction rédigéeLe 24 octobre 1648, à Münster et à Osnabrück, les représentants de l'empereur, du roi de France, de la reine de Suède et des princes allemands signent, après cinq ans de congrès, les traités qui mettent fin à la guerre de Trente Ans. Presque toute l'Europe a négocié ensemble pour sortir d'un conflit. Construire la paix, ce n'est pas seulement arrêter les combats : c'est établir un ordre accepté par les anciens belligérants, garanti dans la durée et capable d'empêcher le retour de la guerre. Les moyens de cette construction sont à la fois des instruments juridiques (traités, chartes, résolutions), des institutions (congrès, SDN, ONU) et des acteurs, étatiques ou non, qui les mettent en œuvre. Depuis 1648, ces moyens n'ont cessé de se diversifier, sans que la guerre disparaisse : l'Europe a connu deux guerres mondiales, et le Moyen-Orient reste depuis 1948 une zone de conflits. Comment les moyens de construire la paix se sont-ils diversifiés depuis 1648, de la négociation entre souverains à la sécurité collective puis aux processus associant de multiples acteurs, sans jamais garantir une paix durable ? Nous verrons d'abord que la paix se construit par des traités négociés entre souverains, puis que le XXe siècle invente la sécurité collective, enfin que la paix se pense aujourd'hui comme un processus long, mené par des acteurs multiples, dont le Moyen-Orient montre les limites.
I. Négocier entre souverains : la paix par les traités (1648-1914)
- Le congrès multilatéral et la médiation deviennent le cadre de la paix.Congrès de Münster et d'Osnabrück (1643-1648), médiation du nonce Chigi et du Vénitien Contarini ; congrès de Vienne (1814-1815).
- L'amnistie et la garantie cherchent à rendre la paix durable.Traité de Münster, art. 2 (« oubli et amnistie perpétuels ») ; France et Suède garantes, traité d'Osnabrück, art. XVII.
- L'équilibre des puissances encadre la guerre sans la supprimer.Guerre franco-espagnole jusqu'en 1659, guerres de Louis XIV dès 1667 ; engrenage des alliances en 1914.
II. Organiser la sécurité collective (1919-2006)
- La SDN invente la sécurité collective mais échoue faute de moyens.Pacte de 1919, art. 16 ; échecs en Mandchourie (1931) et en Éthiopie (1935-1936).
- L'ONU interdit le recours à la force et se dote d'un Conseil de sécurité aux pouvoirs contraignants.Charte du 26 juin 1945, art. 2 § 4 et chapitre VII ; résolution 678 contre l'Irak (29 novembre 1990).
- Face au veto, l'ONU invente le maintien puis la consolidation de la paix, réformés sous Kofi Annan.FUNU (1956) ; rapport Brahimi (2000) ; responsabilité de protéger (2005) ; Commission de consolidation de la paix (décembre 2005).
III. La paix comme processus : acteurs multiples et limites persistantes
- Des États tiers médiateurs obtiennent des paix séparées.Camp David (septembre 1978, médiation Carter), traité israélo-égyptien du 26 mars 1979.
- Les acteurs non étatiques entrent dans la négociation.Pourparlers secrets facilités par des chercheurs norvégiens, accords d'Oslo (13 septembre 1993) ; initiative de Genève (2003).
- L'unilatéralisme et le blocage des processus montrent les limites de ces moyens.Invasion de l'Irak sans aval du Conseil (20 mars 2003) ; échec de Camp David (juillet 2000) ; guerre à Gaza depuis octobre 2023.
Conclusion rédigéeDepuis 1648, les moyens de construire la paix se sont ajoutés les uns aux autres plus qu'ils ne se sont remplacés. Le traité négocié en congrès, hérité de Westphalie, reste la forme juridique de la paix ; la sécurité collective, portée par l'ONU depuis 1945, y a ajouté l'interdiction du recours à la force, le maintien puis la consolidation de la paix, que Kofi Annan a cherché à réformer ; la médiation et les processus de paix ont ouvert la négociation à des acteurs non étatiques. Aucun de ces moyens ne suffit pourtant seul : la paix dépend de la volonté des États, en particulier des membres permanents du Conseil de sécurité, et de l'acceptation par les sociétés d'un règlement jugé juste. Le Moyen-Orient, où se succèdent depuis 1948 guerres, accords partiels et processus bloqués, en fait la démonstration. Reste une question que les sociétés d'après-guerre posent avec insistance : peut-il exister une paix durable sans justice pour les crimes commis pendant les conflits ?
Le piège — Aligner les traités dans l'ordre chronologique sans montrer comment les moyens changent, ou oublier la seconde moitié du sujet (le Moyen-Orient, les acteurs non étatiques) ; beaucoup de copies écrivent aussi que Westphalie « invente la souveraineté », sans nuance.
Sujet 2 — Pourquoi la paix est-elle difficile à établir au Moyen-Orient depuis 1948 ?
Analyse des termes — Le Moyen-Orient s'étend de l'Égypte à l'Iran et de la Turquie à la péninsule Arabique ; 1948 marque la naissance de l'État d'Israël et la première guerre israélo-arabe. « Pourquoi » impose d'expliquer des causes (enjeux, acteurs, échelles) plutôt que de raconter, et « établir » oblige à étudier les tentatives de paix, leurs échecs comme leurs réussites partielles.
Problématique — Pourquoi, malgré de nombreuses tentatives portées par des acteurs régionaux et internationaux, le Moyen-Orient reste-t-il depuis 1948 une zone de conflits récurrents ?
Introduction rédigéeLe 14 mai 1948, à Tel-Aviv, David Ben Gourion proclame l'indépendance de l'État d'Israël ; le lendemain, les armées de plusieurs États arabes entrent en guerre. Plus de soixante-quinze ans plus tard, l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023 et la guerre à Gaza montrent que la région n'a toujours pas trouvé de paix durable. Le Moyen-Orient, de l'Égypte à l'Iran et de la Turquie à la péninsule Arabique, est traversé par des conflits de natures différentes : guerres israélo-arabes, conflit israélo-palestinien, guerres du Golfe, guerres civiles. Établir la paix suppose de faire taire les armes, mais aussi de régler les causes des conflits par des accords acceptés et garantis. Or les tentatives n'ont pas manqué : armistices de 1949, résolution 242 en 1967, accords de Camp David en 1978, accords d'Oslo en 1993. Pourquoi, malgré ces tentatives portées par des acteurs régionaux et internationaux, le Moyen-Orient reste-t-il depuis 1948 une zone de conflits récurrents ? Nous montrerons d'abord que les conflits y mêlent des enjeux territoriaux, stratégiques et identitaires difficiles à concilier, puis que la multiplication des acteurs aux intérêts divergents complique toute négociation, enfin que les tentatives de paix ont produit des réussites réelles mais partielles, qui n'ont pas réglé la question centrale du conflit israélo-palestinien.
I. Des conflits aux enjeux multiples et imbriqués
- Un conflit territorial et national entre deux peuples revendiquant la même terre.Plan de partage (résolution 181, 29 novembre 1947) ; guerre de 1948-1949 et exode de 700 000 à 750 000 Palestiniens ; occupation des territoires en juin 1967.
- Des enjeux stratégiques et énergétiques qui attirent les puissances.Crise de Suez (1956) ; invasion du Koweït par l'Irak (2 août 1990) dans une région qui concentre une grande part des réserves mondiales de pétrole.
- Des enjeux identitaires et religieux qui rendent certains compromis très difficiles.Statut de Jérusalem, bloquant à Camp David (juillet 2000) ; rivalité entre l'Iran et l'Arabie saoudite après la révolution iranienne de 1979.
II. Une multitude d'acteurs aux intérêts divergents
- Les grandes puissances ont longtemps fait de la région un terrain d'affrontement indirect.Soutien soviétique à l'Égypte et à la Syrie, américain à Israël ; alerte nucléaire américaine en octobre 1973.
- Les États de la région poursuivent leurs propres objectifs.Les « trois non » du sommet de Khartoum (septembre 1967) ; présence syrienne au Liban (1976-2005) ; guerre Iran-Irak (1980-1988).
- Des acteurs non étatiques armés refusent ou contestent les compromis.OLP (1964), Hezbollah (1982), Hamas (1987) ; attentats contre le processus d'Oslo ; assassinat de Rabin par un extrémiste israélien (4 novembre 1995).
III. Des tentatives de paix réelles mais partielles
- L'ONU pose des principes et déploie des forces, sans pouvoir les imposer.Armistices de 1949 (Ralph Bunche) ; résolution 242 (22 novembre 1967) ; FINUL au Liban depuis 1978, renforcée en 2006 (résolution 1701).
- Les paix séparées entre États ont tenu.Traité israélo-égyptien (26 mars 1979) ; traité israélo-jordanien (26 octobre 1994) ; accords d'Abraham (2020).
- Le processus israélo-palestinien reste bloqué et les guerres du Golfe ont déstabilisé la région.Accords d'Oslo (1993), seconde intifada (2000), attaque du 7 octobre 2023 et guerre à Gaza ; invasion de l'Irak (2003) puis insurrection.
Conclusion rédigéeLa paix est difficile à établir au Moyen-Orient parce que les conflits y superposent des enjeux territoriaux, stratégiques et identitaires, parce qu'ils impliquent une multitude d'acteurs, États de la région, grandes puissances, organisations internationales et mouvements armés, et parce que les accords conclus sont restés partiels. Les paix séparées entre Israël, l'Égypte (1979) et la Jordanie (1994) ont tenu, preuve que la paix n'est pas impossible ; mais la question palestinienne, au cœur du conflit depuis 1948, n'a trouvé aucun règlement, et les guerres du Golfe ont montré qu'une victoire militaire ne construit pas la paix. Depuis la guerre à Gaza et la reconnaissance de l'État de Palestine par plusieurs États occidentaux, dont la France, en septembre 2025, une question reste ouverte : la solution à deux États, affirmée par le Conseil de sécurité depuis 2002, est-elle encore possible ?
Le piège — Réduire le Moyen-Orient au seul conflit israélo-palestinien en oubliant les guerres du Golfe et le rôle des puissances, ou raconter les guerres dans l'ordre sans jamais répondre au « pourquoi » ; une autre faute fréquente est d'adopter le point de vue d'un seul camp.