Les 31 distinctions conceptuelles du programme de Philosophie Terminale, définies et illustrées pour la copie
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Les 31 repères officiels du programme de philosophie de Terminale, dans l’ordre du texte, d’absolu / relatif à vrai / probable / certain : pour chacun, le sens exact de la distinction, les notions sur lesquelles il travaille et un exemple d’usage sur un sujet précis.
Les repères du programme
Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.
Absolu / relatif
Est absolu ce qui vaut indépendamment de toute relation ; relatif ce qui ne vaut que rapporté à un point de vue, une époque ou une fin.
Ce qu'il débloque — Il débloque les sujets sur la vérité, la justice et la morale, en évitant le relativisme paresseux du « chacun son avis ».
Exemple — Sur « La vérité nous divise-t-elle ? », il sépare la vérité absolue d’un énoncé de la relativité des conditions dans lesquelles on y accède : les deux peuvent coexister.
Abstrait / concret
L’abstrait est ce qu’on a séparé par la pensée d’un ensemble ; le concret est ce qui est donné avec toutes ses déterminations.
Ce qu'il débloque — Sert à qualifier le travail parcellisé : le geste abstrait de la chaîne n’a plus de rapport avec l’objet concret produit.
Exemple — Sur « Le travail est-il une marchandise comme les autres ? » (2022), il permet d’opposer la force de travail abstraite qu’achète l’employeur et le travailleur concret qui la fournit.
En acte / en puissance
Est en acte ce qui est pleinement réalisé ; en puissance, ce qui peut le devenir sans l’être encore.
Ce qu'il débloque — C’est l’outil aristotélicien qui rend le changement pensable, donc la notion de temps elle-même.
Exemple — Sur « Le devenir est-il intelligible ? », il permet de répondre à Parménide : le gland n’est pas un chêne, mais il l’est en puissance, et le temps est la mesure du passage de l’un à l’autre.
Analyse / synthèse
L’analyse décompose un tout en ses éléments et en montre l’ordre ; la synthèse recompose ces éléments en une unité. Descartes en fait deux règles de méthode : diviser, puis conduire par ordre du plus simple au plus composé.
Ce qu'il débloque — Donne la structure même de l’exercice : vos mouvements sont l’analyse, votre conclusion est la synthèse. Sert sur tous les sujets de méthode, de science et de technique.
Exemple — Sur « La science peut-elle tout expliquer ? », il permet de demander si décomposer un phénomène en ses éléments suffit à en rendre raison : le vivant, analysé en molécules, ne se laisse pas toujours recomposer à partir d’elles.
Concept / image / métaphore
Le concept est une représentation générale et abstraite, définie par ses caractères ; l’image est une représentation sensible et singulière ; la métaphore désigne une chose par le nom d’une autre, en vertu d’une ressemblance.
Ce qu'il débloque — Sert sur le langage, l’art et la science : il permet de demander si une image peut faire penser, et de vérifier dans sa propre copie qu’une métaphore ne tient pas lieu de définition.
Exemple — Sur « Le langage poétique nous apprend-il quelque chose ? », il permet de soutenir que la métaphore ne définit rien, mais qu’elle peut faire voir un rapport que le concept n’a pas encore saisi.
Contingent / nécessaire
Est nécessaire ce qui ne peut pas être autrement ; est contingent ce qui est mais aurait pu ne pas être.
Ce qu'il débloque — Il permet de poser correctement la question du déterminisme, sans confondre « tout a une cause » et « rien n’aurait pu se passer autrement ».
Exemple — Sur « Sommes-nous libres en toutes circonstances ? », il sert à distinguer les circonstances nécessaires — mourir, vieillir — de celles qui restent contingentes et dépendent de nos décisions.
Croire / savoir
Savoir, c’est tenir pour vrai en pouvant rendre raison, par des preuves valables pour tout esprit ; croire, c’est donner son assentiment sans preuve suffisante, éventuellement avec une certitude entière.
Ce qu'il débloque — Il débloque tout sujet qui oppose la foi à la science, et tout sujet qui demande si la croyance est un défaut de connaissance.
Exemple — Sur « Savoir, est-ce ne rien croire ? », il permet d’opposer la différence de droit (la preuve publique) et la solidarité de fait : le savant croit ses instruments, ses pairs et l’uniformité de la nature.
Essentiel / accidentel
L’essentiel appartient à la définition d’une chose ; l’accidentel peut lui être retiré sans qu’elle cesse d’être ce qu’elle est.
Ce qu'il débloque — Il oblige à demander si un trait présenté comme naturel appartient vraiment à la définition de l’homme.
Exemple — Sur « Y a-t-il en nous quelque chose qui échappe à la culture ? », il permet de trier : le besoin de manger est essentiel, la manière de le faire accidentelle — mais la manière est justement ce qui nous rend reconnaissables.
Exemple / preuve
L’exemple montre une idée dans un cas particulier et la rend sensible ; la preuve l’établit, c’est-à-dire la rend valable pour tous les cas qu’elle concerne.
Ce qu'il débloque — Le repère de l’argumentation : un exemple illustre, il ne démontre pas ; mais un seul contre-exemple suffit à réfuter une proposition universelle. Sert sur la vérité, la science et dans toute copie.
Exemple — Sur « L’expérience peut-elle prouver quelque chose ? », il permet d’opposer la confirmation, qui accumule des exemples sans jamais conclure, et la réfutation, qu’un seul fait contraire suffit à établir.
Expliquer / comprendre
Expliquer, c’est rattacher un phénomène à ses causes ou le subsumer sous une loi ; comprendre, c’est saisir le sens qu’une conduite ou une œuvre a pour un sujet.
Ce qu'il débloque — C’est le repère central dès qu’un sujet porte sur les sciences humaines, l’histoire ou la psychanalyse.
Exemple — Sur « L’inconscient échappe-t-il à toute forme de connaissance ? », il permet d’opposer une explication causale des symptômes et une compréhension du sens que le sujet leur donne, puis de demander si la cure articule les deux.
En fait / en droit
Un fait se constate, un droit se justifie. La question de fait demande ce qui est, la question de droit ce qui est fondé.
Ce qu'il débloque — Il ouvre presque toutes les parties de transition : on passe de l’expérience de la liberté à sa légitimité ou à sa possibilité.
Exemple — Sur « En quel sens peut-on dire que les êtres humains naissent libres ? », il permet de répondre : en fait, non — l’enfant dépend de tout ; en droit, oui — nul ne naît propriété d’un autre.
Formel / matériel
Le formel concerne l’organisation, la structure, la disposition ; le matériel, la matière et le contenu sur lesquels cette forme s’exerce.
Ce qu'il débloque — Il permet d’analyser le regard esthétique lui-même.
Exemple — Sur « l’art peut-il nous apprendre à voir le monde autrement ? », il éclaire la disposition esthétique décrite par Bourdieu : regarder une photographie pour sa composition plutôt que pour son sujet, c’est privilégier le formel sur le matériel.
Genre / espèce / individu
Le genre rassemble plusieurs espèces sous un caractère commun, l’espèce se définit par le genre plus une différence, l’individu est le singulier irréductible. C’est l’ossature de toute définition depuis Aristote et Porphyre.
Ce qu'il débloque — Le repère de la distinction : toute distinction bien faite divise un genre en espèces par un critère unique. Sert sur les notions de nature, d’art, de science et de vivant.
Exemple — Sur « Qu’est-ce qui distingue l’homme de l’animal ? », il oblige à choisir : si l’homme est une espèce du genre animal, la différence est spécifique ; si elle tient à la raison ou au langage, il faut demander si elle est de degré ou de nature.
Hypothèse / conséquence / conclusion
L’hypothèse est une proposition admise à titre provisoire ; la conséquence est ce qui en découle ; la conclusion est la proposition à laquelle le raisonnement aboutit et qu’il tient pour établie.
Ce qu'il débloque — Il règle la marche d’un raisonnement : on éprouve une hypothèse par ses conséquences, et si elles sont absurdes, on la rejette. Sert sur la science, la démonstration et la construction d’une dissertation.
Exemple — Sur « Peut-on se passer de l’État ? », il permet de poser l’hypothèse d’une société sans pouvoir commun, d’en tirer les conséquences, puis de conclure sur ce que cette expérience de pensée établit, et sur ce qu’elle n’établit pas.
Idéal / réel
L’idéal est ce qui doit être et oriente l’action sans jamais être pleinement réalisé ; le réel est l’état de fait, toujours partiel au regard de l’idéal.
Ce qu'il débloque — Il permet de ne pas conclure de l’imperfection des institutions à l’inanité de la norme, et d’articuler la critique des injustices réelles à une exigence qui les rend visibles comme injustices.
Exemple — Sur « La justice n’est-elle qu’un idéal ? », il permet la troisième partie : c’est précisément parce que la justice est un idéal qu’elle a des effets réels, en fournissant le critère au nom duquel les dominés contestent le droit existant.
Identité / égalité / différence
L’identité est le rapport d’une chose à elle-même ; l’égalité un rapport entre choses différentes sous un aspect déterminé ; la différence ce qui subsiste malgré ce rapport.
Ce qu'il débloque — Il empêche l’erreur la plus fréquente sur la notion : croire que traiter également, c’est traiter identiquement. L’égalité suppose la différence, sinon elle n’aurait pas d’objet.
Exemple — Sur « L’égalité garantit-elle la justice ? », il permet de montrer qu’un impôt strictement identique pour tous serait une égalité arithmétique et une injustice distributive, et de faire apparaître l’équité comme le vrai nom de la justice des cas singuliers.
Impossible / possible
Est possible ce qui n’implique pas de contradiction ou ce que les conditions données permettent ; est impossible ce qui se contredit ou que rien ne peut réaliser.
Ce qu'il débloque — Indispensable sur tous les sujets en « peut-on » : il faut préciser si l’impossibilité est logique, physique, technique ou morale, car ces réponses ne s’excluent pas.
Exemple — Sur « Peut-on tout savoir ? », il permet de distinguer une impossibilité de fait, liée à nos moyens actuels, et une impossibilité de droit, si l’idée même d’un savoir achevé enferme une contradiction.
Intuitif / discursif
Est intuitif ce qui est saisi d’un seul regard, sans intermédiaire ; est discursif ce qui est atteint par une suite d’étapes, chacune justifiée par la précédente.
Ce qu'il débloque — Il sert à montrer que la démonstration elle-même repose sur des principes non démontrés, donc intuitifs, et à faire place à Pascal sans renoncer à la rigueur.
Exemple — Sur « Toute vérité se prouve-t-elle ? » (2023), il fonde la partie décisive : les axiomes qui rendent les preuves possibles ne sont pas eux-mêmes prouvés.
Légal / légitime
Est légal ce qui est conforme aux lois positives d’un État à un moment donné ; est légitime ce qui est reconnu comme fondé en justice ou en raison, et peut donc être approuvé par tout être raisonnable.
Ce qu'il débloque — Débloque tous les sujets où l’obéissance est en jeu : il crée l’écart sans lequel aucune critique des lois n’est possible.
Exemple — Sur « Est-il toujours injuste de désobéir aux lois ? », il permet de distinguer l’illégalité de l’acte et sa légitimité éventuelle, et donc de séparer la désobéissance civile de la délinquance.
Médiat / immédiat
Est immédiat ce qui se donne sans intermédiaire ; est médiat ce qui suppose un détour, un passage par un tiers terme.
Ce qu'il débloque — Il oppose en une phrase le cogito cartésien, qui se donne d’un coup, et la conscience de soi hégélienne, qui passe par autrui et par le travail.
Exemple — Sur « Peut-on parvenir à une complète conscience de soi ? », il structure le devoir : la conscience immédiate d’exister est certaine mais pauvre, la connaissance médiate de soi est riche mais toujours inachevée, parce qu’elle dépend d’autrui et de l’histoire.
Objectif / subjectif / intersubjectif
Est objectif ce qui vaut indépendamment du sujet particulier ; subjectif, ce qui dépend de lui ; intersubjectif, ce qui est validé par l’accord réglé de plusieurs sujets.
Ce qu'il débloque — Le troisième terme est celui qui sauve la copie : il permet de refuser à la fois le mythe d’un regard de nulle part et le relativisme.
Exemple — Sur « Les résultats des sciences sont-ils indiscutables ? », il permet de montrer que leur solidité tient précisément à ce qu’ils ont été discutés, reproduits et contrôlés par la communauté savante.
Obligation / contrainte
La contrainte est une force extérieure qui me fait agir malgré moi ; l’obligation est un devoir reconnu qui me lie de l’intérieur. Je suis contraint par le voleur, obligé par la promesse.
Ce qu'il débloque — Transforme la question de l’obéissance : il ne s’agit plus de savoir si je peux résister, mais si je dois obéir.
Exemple — Sur « Faut-il résister à l’État ? », il permet d’écrire que céder à la force est une nécessité et non un devoir, selon la démonstration de Rousseau au chapitre III du Contrat social.
Origine / fondement
L’origine est le commencement historique d’une chose ; le fondement est ce qui la justifie en raison. Une institution née d’une conquête peut trouver ensuite un fondement, et une institution bien née peut le perdre.
Ce qu'il débloque — Indispensable dès qu’un sujet porte sur la naissance de l’État : il évite de confondre récit et justification.
Exemple — Sur « L’État est-il au service de la société ? », il permet d’accorder à Pascal que l’origine est une usurpation, tout en cherchant avec Rousseau un fondement qui ne soit pas la force.
Persuader / convaincre
Persuader, c’est obtenir l’adhésion par tous les moyens, y compris affectifs, en s’adressant à ce que l’auditeur a de particulier ; convaincre, c’est l’obtenir par des raisons que tout esprit rationnel pourrait reprendre à son compte.
Ce qu'il débloque — Débloque tous les sujets qui portent sur la valeur de la parole publique : la rhétorique, le débat, l’éloquence, la manipulation. Il déplace la question de l’efficacité vers celle de la légitimité.
Exemple — Sur « Débattre, est-ce chercher la vérité ? », il permet de montrer qu’un débat gagné n’est pas un débat conclu : l’orateur du Gorgias persuade sans savoir, quand Socrate ne convainc qu’en acceptant d’être réfuté.
Principe / cause / fin
Le principe est ce dont une chose procède ou ce qui commande un raisonnement ; la cause est ce qui produit un effet ; la fin est ce en vue de quoi une chose est faite ou une action entreprise.
Ce qu'il débloque — Il distingue trois manières de répondre à la question « pourquoi ? » : par ce qui produit, par ce qui est visé, par ce qui fonde. Sert sur la liberté, le vivant, la morale et la technique.
Exemple — Sur « Sait-on toujours pourquoi l’on agit ? », il permet d’opposer les causes d’un acte, qui peuvent m’échapper, les fins que je me propose et le principe que j’invoque pour le justifier.
Public / privé
Le public est ce qui concerne tous et se tient sous le regard commun ; le privé est la sphère soustraite à ce regard, où chacun mène sa vie propre. Le partage lui-même est un enjeu politique.
Ce qu'il débloque — Sert sur tous les sujets où l’on demande jusqu’où l’État peut aller : il permet de définir un domaine qui lui échappe.
Exemple — Sur « L’État a-t-il le devoir de nous protéger ? », il oblige à demander si protéger les individus contre eux-mêmes relève encore du public ou empiète déjà sur le privé.
Ressemblance / analogie
Deux choses se ressemblent quand elles partagent des propriétés sensibles ; elles sont analogues quand un même rapport se retrouve entre des termes différents.
Ce qu'il débloque — Il sauve toute copie sur l’imitation et sur l’art non figuratif.
Exemple — Sur « peut-on dire d’une œuvre d’art qu’elle est vraie ? », il permet de dire qu’une symphonie ou une toile abstraite ne ressemble à rien tout en restituant, par analogie, une structure du réel ou de l’expérience.
Théorie / pratique
En théorie désigne ce qui vaut au niveau des principes et des modèles ; en pratique, ce qui se réalise dans des conditions concrètes, avec ses contraintes et ses effets.
Ce qu'il débloque — Il ouvre la question de l’utilité et de la responsabilité de la science, et permet d’éviter l’opposition paresseuse entre savoir pur et savoir appliqué.
Exemple — Sur « La science doit-elle être utile ? », il permet de rappeler que la recherche fondamentale, inutile en apparence, a produit les applications les plus décisives : la relativité générale et le GPS.
Transcendant / immanent
Est transcendant ce qui dépasse absolument l’ordre auquel il se rapporte ; est immanent ce qui lui appartient tout entier et n’existe qu’en lui.
Ce qu'il débloque — Il sert dès qu’un sujet interroge la nature du divin ou la place du sacré dans un monde sécularisé.
Exemple — Sur « Peut-on concevoir une humanité sans religion ? », il permet de distinguer la disparition d’un Dieu transcendant et la persistance d’un sacré immanent, à la manière de Durkheim.
Universel / général / particulier / singulier
L’universel vaut pour tous sans exception ; le général pour le plus grand nombre ou dans la plupart des cas ; le particulier pour une classe déterminée ; le singulier pour ce cas-ci, unique.
Ce qu'il débloque — Il éclaire la nature même de la loi : la loi parle en général, or les actes sont singuliers. C’est de cet écart que naissent l’équité et le travail du juge.
Exemple — Sur « Y a-t-il des injustices tolérables ? », il permet de distinguer l’injustice particulière, réparable par l’équité dans l’application, de l’injustice universelle de la règle elle-même, qui exige une réforme de la loi.
Vrai / probable / certain
Le vrai qualifie l’accord d’un énoncé avec son objet ; le probable, un degré de vraisemblance évaluable ; le certain, un état du sujet qui n’éprouve plus de doute.
Ce qu'il débloque — Il empêche la confusion, très fréquente en copie, entre la vérité d’une théorie et la certitude subjective de celui qui l’admet.
Exemple — Sur « La science ne fournit-elle que des certitudes ? », il permet de répondre que la science fournit des énoncés éprouvés et souvent probables, mais que la certitude psychologique n’est justement pas son critère.
Bloqué sur ce chapitre ?
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.