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Les auteurs du programme

Les 84 auteurs officiels de Philosophie Terminale, de l’Antiquité au XXe siècle, avec une thèse clé chacun

À propos de cette page
Le cours présente les 84 auteurs du programme de philosophie de Terminale, classés selon les trois périodes du texte officiel : l’Antiquité et le Moyen Âge, des présocratiques à Guillaume d’Occam, la période moderne, de Machiavel à Bentham, et la période contemporaine, de Hegel à Putnam. Pour chacun, il situe le courant et indique la notion où il sert le plus, puis rappelle les pièges qui coûtent des points au bac.
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Ce que dit le programme : 84 auteurs, trois périodes

Le programme de philosophie de terminale générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) associe aux dix-sept notions une liste d’auteurs. Elle compte 84 entrées, réparties en trois périodes : l’Antiquité et le Moyen Âge (20 entrées, des présocratiques à Guillaume d’Occam), la période moderne (20 entrées, de Machiavel à Bentham) et la période contemporaine (44 entrées, de Hegel à Putnam).

Le texte officiel fixe deux règles. D’abord, la liste « n’interdit pas au professeur, dans la conduite de son cours, de faire appel à d’autres auteurs » : Protagoras, Bourdieu ou Camus peuvent nourrir une copie. Ensuite, l’œuvre étudiée en classe de manière suivie doit être choisie parmi les œuvres des auteurs mentionnés. La liste ne fait donc pas l’objet d’une épreuve : au bac, on ne vous demande pas de réciter des doctrines, mais les textes proposés à l’explication sont en principe tirés de ces auteurs, et vos dissertations gagnent à s’appuyer sur eux.

Comment lire ce chapitre. Pour chaque auteur, une thèse clé et la notion du programme où il sert le plus souvent. L’onglet « Auteurs » donne la fiche complète de chacun : dates, œuvre, thèse, citation quand elle est vérifiée, paragraphe rédigé et piège à éviter.

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L’Antiquité : des présocratiques aux écoles hellénistiques

La philosophie naît en Grèce lorsque des penseurs cherchent à rendre raison de la nature sans recourir aux mythes. Les présocratiques cherchent le principe de toutes choses : ils servent surtout pour la nature et pour la vérité (Parménide opposant la raison au témoignage des sens). Platon fait de la connaissance une conversion vers l’intelligible : c’est l’auteur de la vérité (l’allégorie de la caverne), mais aussi de la justice, de l’art et de l’État. Aristote, son élève, est l’auteur qu’on retrouve dans le plus grand nombre de chapitres du site ; on le mobilise d’abord pour le bonheur (le bonheur comme activité conforme à la vertu), puis pour l’État et la justice.

Après Aristote, les écoles hellénistiques font de la philosophie un art de vivre. Épicure et son disciple latin Lucrèce délivrent l’homme de la crainte des dieux et de la mort : Épicure sert pour le bonheur et pour le temps, Lucrèce pour la religion. Les stoïciens distinguent ce qui dépend de nous et ce qui n’en dépend pas : Épictète pour la liberté, Sénèque pour le temps (la vie n’est pas courte, nous la gaspillons), Marc Aurèle pour le devoir. Cicéron, qui transmet la philosophie grecque à Rome, fonde l’idée d’une loi naturelle supérieure aux lois écrites : il sert pour la justice. Sextus Empiricus expose le scepticisme : à tout argument s’oppose un argument de même force, d’où la suspension du jugement ; il sert pour la vérité. Plotin, enfin, fait de la beauté la présence de l’intelligible dans le sensible : il sert pour l’art.

Deux entrées viennent d’autres traditions. Zhuangzi, maître du taoïsme chinois, montre que nos distinctions dépendent du point de vue : il sert pour la vérité et pour la nature. Nāgārjuna, philosophe bouddhiste indien, enseigne que rien n’existe par soi : il sert pour la vérité et pour la critique de l’idée d’un moi substantiel (la conscience).

À retenir pour la copie. Les écoles hellénistiques s’opposent sur la nature du monde (atomes chez Épicure, ordre rationnel chez les stoïciens), mais toutes cherchent la tranquillité de l’âme : c’est pourquoi elles se croisent dans les sujets sur le bonheur et la liberté.

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Le Moyen Âge : accorder la foi et la raison

Le Moyen Âge pose une question qui traverse les trois religions du Livre : comment accorder la foi et la raison ? Augustin, à la charnière de l’Antiquité, unit le platonisme et la foi chrétienne ; il est surtout l’auteur du temps (le temps comme distension de l’âme, au livre XI des Confessions), mais aussi de la liberté et du mal. Anselme formule la devise de la scolastique, la foi qui cherche l’intelligence, et la preuve ontologique de l’existence de Dieu : il sert pour la religion. Thomas d’Aquin construit l’accord de la foi et de la raison sur Aristote : il sert pour la religion, pour la vérité (définie comme adéquation de la chose et de l’intellect) et pour la justice (la loi injuste n’oblige pas en conscience).

Les philosophes de langue arabe transmettent et transforment Aristote. Avicenne imagine l’« homme volant », qui a conscience de soi sans percevoir son corps : il sert pour la conscience. Averroès montre que la Loi religieuse commande la philosophie et que la vérité ne contredit pas la vérité : il sert pour la religion et pour la raison. Maïmonide, qui écrit en arabe pour les lecteurs juifs, défend une théologie négative : on ne dit de Dieu que ce qu’il n’est pas ; il sert pour la religion et pour le langage (l’Écriture parle la langue des hommes). Guillaume d’Occam, enfin, soutient que seuls existent des individus et que les universaux sont des signes : il sert pour le langage et pour la science (le principe d’économie).

À retenir pour la copie. Sur la religion, trois positions médiévales suffisent à construire une partie : la foi précède et éclaire la raison (Augustin, Anselme), la raison démontrée et la Révélation s’accordent (Averroès, Thomas), le langage humain ne peut rien dire positivement de Dieu (Maïmonide).

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La période moderne : de Machiavel à Bentham

La période moderne s’ouvre sur une double rupture. En politique, Machiavel sépare l’art de gouverner de la morale : il sert pour l’État. En connaissance, Montaigne fait l’essai de son propre jugement et doute de toute certitude : il sert pour la vérité et pour la nature (« Des cannibales »). Bacon fonde la science sur l’expérience méthodique : il sert pour la science et pour la technique (on ne commande à la nature qu’en lui obéissant).

Le XVIIe siècle est celui des grands rationalismes. Descartes cherche un fondement certain et le trouve dans le cogito : il sert pour la conscience, la vérité, la science et la technique. Pascal mesure la grandeur et la misère de l’homme : il sert pour la conscience (le roseau pensant), la religion (le cœur, le pari) et la justice. Spinoza tient la liberté pour la connaissance de la nécessité : il sert pour la liberté, mais aussi pour le bonheur et la religion. Malebranche prolonge Descartes jusqu’à voir toutes choses en Dieu : il sert pour la vérité et pour la question de la causalité. Leibniz découvre les « petites perceptions » dont nous n’avons pas conscience : il sert pour l’inconscient, pour le langage et pour la vérité (le principe de raison suffisante).

Les théories du contrat refondent la politique. Hobbes déduit l’État de la guerre de chacun contre chacun : il sert pour l’État. Locke limite le pouvoir par les droits naturels et la tolérance : il sert pour l’État et la justice, mais aussi pour la conscience (l’identité personnelle). Montesquieu veut que le pouvoir arrête le pouvoir : il sert pour l’État. Rousseau fonde la légitimité sur la volonté générale : il sert pour l’État et pour la liberté, et aussi pour la nature (la perfectibilité). Diderot écrit dans l’Encyclopédie que nul ne tient de la nature le droit de commander : il sert pour l’État.

L’empirisme ramène la connaissance à l’expérience. Berkeley soutient que, pour les choses sensibles, être c’est être perçu : il sert pour la vérité. Hume montre que la causalité repose sur l’habitude : il sert pour la science et la vérité (le problème de l’induction), et pour le devoir (on ne tire pas ce qui doit être de ce qui est). Condillac dérive toutes nos facultés de la sensation : il sert pour la conscience et pour le langage. Vico, à part, fait de l’histoire une science, parce que les hommes l’ont faite : il sert pour le temps (l’histoire).

Le siècle s’achève sur l’économie et la morale. Adam Smith analyse la division du travail : il sert pour le travail. Kant fonde la morale sur le devoir et limite le savoir aux phénomènes : c’est l’auteur du devoir (l’impératif catégorique), mais aussi de l’art (le jugement de goût), de la liberté, de la justice et de la religion. Bentham fait du plus grand bonheur du plus grand nombre le critère de l’action : il sert pour le bonheur et pour la justice.

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La période contemporaine : de Hegel à Putnam

Le XIXe siècle pense l’histoire et la société. Hegel voit dans l’histoire le progrès de la conscience de la liberté : il sert pour la conscience (la reconnaissance), l’art, l’État et l’histoire (le temps). Ses successeurs le critiquent : Feuerbach fait de Dieu une projection de l’homme (la religion) ; Marx et Engels font de la production matérielle la base de l’histoire : Marx sert pour le travail (l’aliénation), Engels pour l’État (né des antagonismes de classes). Schopenhauer fait du désir un manque sans fin : il sert pour le bonheur et pour l’art. Kierkegaard oppose à la raison le saut de la foi : il sert pour la religion.

D’autres veulent une science de l’homme et de la société. Comte fonde le positivisme : il sert pour la science. Cournot définit le hasard comme la rencontre de séries causales indépendantes : il sert pour la science et pour la liberté (déterminisme et contingence). Durkheim traite les faits sociaux comme des choses : il sert pour la religion et la science. Mauss montre que le don oblige : il sert pour la nature. Weber analyse la rationalisation et le désenchantement du monde : il sert pour l’État (le monopole de la violence légitime), la religion et la science. La pensée libérale s’inquiète des démocraties : Tocqueville pour l’État (le despotisme doux), Mill pour la liberté (le principe de non-nuisance).

Vient ensuite le soupçon. Nietzsche fait la généalogie des valeurs : il sert pour le devoir (la morale), la vérité, la religion (la mort de Dieu) et l’art. Freud découvre que le moi n’est pas maître dans sa propre maison : c’est l’auteur de l’inconscient. William James définit le vrai par ses effets : il sert pour la vérité.

Le XXe siècle se partage entre plusieurs voies. La philosophie de la conscience et de l’existence : Bergson pour le temps (la durée), Husserl et Merleau-Ponty pour la conscience (l’intentionnalité, le corps propre), Heidegger pour la technique (l’arraisonnement), Jaspers et Jeanne Hersch pour l’origine de la réflexion philosophique (l’étonnement, les situations-limites), utiles en introduction de dissertation, Sartre pour la liberté, Simone de Beauvoir pour la nature (« On ne naît pas femme »), Levinas pour le devoir (le visage d’autrui), Ricœur pour le temps (identité narrative, juste mémoire). La philosophie des sciences : Bachelard et Popper pour la science, Simondon pour la technique. La philosophie du langage et de l’action, née dans le monde anglophone : Russell pour le bonheur, Wittgenstein pour le langage, Elizabeth Anscombe pour la liberté (l’intention), Iris Murdoch pour le devoir (l’attention), Hilary Putnam pour la vérité (les cerveaux dans une cuve).

La pensée politique et morale, marquée par les catastrophes du siècle : Alain pour la liberté (penser, c’est dire non), Hannah Arendt pour le travail et pour l’État, Simone Weil pour la justice (l’obligation avant le droit) et le travail, Hans Jonas pour la technique (le principe responsabilité), Raymond Aron pour le temps (les limites de l’objectivité historique), Rawls pour la justice (le voile d’ignorance), Foucault pour l’État (le pouvoir qui produit). Restent trois entrées précieuses : Lévi-Strauss pour la nature, Walter Benjamin pour l’art (l’aura), Jankélévitch pour le temps (l’irréversible).

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Les pièges dans l’usage des auteurs

Réciter une liste. Une copie qui enchaîne « selon Platon… selon Kant… selon Sartre… » n’argumente pas. Un auteur sert à faire avancer un problème : on expose sa thèse, on reconstruit son argument, on l’applique à un exemple, on en montre la limite. C’est la démarche de la fiche méthode de ce chapitre.

Attribuer une thèse au mauvais auteur. Calliclès et Thrasymaque ne sont pas Platon ; Hegel n’a pas écrit que l’art est mort ; le « rasoir d’Occam » n’est pas une phrase d’Occam. Mieux vaut une thèse exactement attribuée qu’une citation approximative.

Croire que la liste est limitative pour l’élève. Le programme précise qu’elle n’interdit pas d’autres références : un auteur hors liste bien compris vaut mieux qu’un auteur du programme mal compris.

Confondre la liste et l’œuvre suivie. L’œuvre étudiée en classe est choisie parmi celles des auteurs mentionnés ; connaître cette œuvre de près est plus utile au bac que survoler les quatre-vingt-quatre noms.

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À retenir
  • La liste officielle (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) compte 84 entrées : 20 pour l’Antiquité et le Moyen Âge, 20 pour la période moderne, 44 pour la période contemporaine.
  • Elle n’interdit pas d’autres auteurs ; l’œuvre étudiée de manière suivie en classe doit en revanche être choisie parmi les auteurs mentionnés.
  • Antiquité : Platon (la vérité), Aristote (le bonheur), Épicure et les stoïciens (le bonheur, la liberté), Cicéron (le droit naturel), Sextus (le doute) ; deux entrées non européennes, Zhuangzi et Nāgārjuna.
  • Moyen Âge : accorder la foi et la raison, d’Augustin à Thomas d’Aquin, avec Avicenne, Averroès et Maïmonide ; Occam et les universaux.
  • Moderne : Descartes (la conscience), Hobbes, Locke, Rousseau (l’État), Spinoza (la liberté), Hume (l’induction), Kant (le devoir).
  • Contemporain : Hegel et Marx (l’histoire, le travail), Nietzsche et Freud (le soupçon), Bergson (le temps), Sartre (la liberté), Arendt (le travail, l’État), Bachelard et Popper (la science), Wittgenstein (le langage), Rawls (la justice).
  • Un auteur se mobilise, il ne se récite pas : thèse exactement attribuée, argument, exemple, limite.

Questions fréquentes

Combien y a-t-il d’auteurs au programme de philosophie en terminale ?

La liste officielle du programme de terminale générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) compte 84 entrées : 20 pour l’Antiquité et le Moyen Âge, des présocratiques à Guillaume d’Occam, 20 pour la période moderne, de Machiavel à Bentham, et 44 pour la période contemporaine, de Hegel à Putnam. L’entrée « Les présocratiques » regroupe plusieurs penseurs.

Faut-il connaître tous les auteurs du programme pour le bac ?

Non. Le bac n’interroge pas sur la liste : il propose une dissertation et une explication de texte. Il vaut mieux connaître de près une vingtaine d’auteurs et l’œuvre étudiée en classe que survoler les 84 noms. Ce chapitre donne une thèse clé par auteur pour savoir à quoi chacun peut servir.

Peut-on citer un auteur qui n’est pas dans la liste ?

Oui. Le programme précise que la liste n’interdit pas de faire appel à d’autres auteurs. Protagoras, Camus ou Bourdieu peuvent nourrir une copie, à condition que leur thèse soit exactement attribuée et serve le problème posé. La liste oblige seulement à choisir l’œuvre étudiée de manière suivie parmi les auteurs mentionnés.

Comment utiliser un auteur dans une dissertation ?

En quatre temps : la thèse, exactement attribuée ; l’argument qui la justifie ; un exemple analysé, qui montre la thèse au travail ; la limite, qui prépare la partie suivante. Un auteur n’est pas une autorité qu’on invoque pour clore la discussion, c’est un raisonnement qu’on reconstruit pour faire avancer le problème.

Pourquoi le programme compte-t-il Zhuangzi, Nāgārjuna ou Avicenne ?

Depuis 2019, la liste fait place à des traditions autres que la tradition gréco-latine et chrétienne : le taoïsme chinois avec Zhuangzi, le bouddhisme indien avec Nāgārjuna, la philosophie de langue arabe avec Avicenne (Averroès y figurait déjà), la pensée juive avec Maïmonide. Ils permettent d’aborder autrement la vérité, la conscience ou le rapport entre foi et raison.

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Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

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