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Les repères du programme

Les 31 distinctions conceptuelles du programme de Philosophie Terminale, définies et illustrées pour la copie

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Les repères du programme

Fiche méthode : problématiser et construire un plan avec un repère

(Philosophie Terminale · Repères du programme)

La démarche pour se servir d’un repère

1. Je repère la distinction cachée. Je lis le sujet mot par mot et je cherche le repère qu’il engage sans le nommer : « peut-on » (possible, fait, droit), « faut-il » (obligation, contrainte), « n’est-ce que » (essentiel, accidentel), « tous », « toujours » (universel, général).

2. Je formule le problème. Je montre que deux réponses opposées tiennent parce qu’elles se placent chacune d’un côté de la distinction.

3. Je construis trois moments. Le repère sert de charnière : une partie qui s’en tient à un seul terme rencontre une difficulté que l’autre terme permet de traiter.

4. Je conclus. Je dis sur quel plan la réponse est oui, sur quel plan elle est non, et ce que la distinction a permis de comprendre.

Le réflexe — un repère n’est pas une définition à réciter ni un plan tout fait : c’est l’outil qui montre que deux réponses opposées ne parlent pas du même plan.

Cas 1 · Repérer la distinction cachée dans le sujet

Réflexe — je cherche le mot du sujet qui engage un repère, et je le nomme au brouillon avant toute idée.

Exemple. « Est-il toujours injuste de désobéir aux lois ? »

Deux repères sont engagés. « Injuste » et « lois » appellent légal / légitime : désobéir est par définition illégal, mais la question porte sur la justice. « Toujours » appelle universel / particulier : il suffit d’un cas de désobéissance légitime pour répondre non à l’universelle.

Au brouillon : « illégal n’est pas forcément injuste ; mais si chacun décide seul de la légitimité des lois, que devient la loi commune ? »

Attention — un repère se repère dans les mots du sujet, pas dans le thème général : je ne plaque pas en fait / en droit sur tous les sujets.

Cas 2 · Problématiser avec un repère

Réflexe — je fais dire oui et non au sujet, puis je montre que les deux réponses tiennent parce qu’elles portent sur des plans différents.

Exemple. « En quel sens peut-on dire que les êtres humains naissent libres ? »

Oui : nul n’est par nature l’esclave d’un autre. Non : le nouveau-né dépend de tout et ne choisit rien.

Repère : en fait / en droit. En fait, l’homme ne naît pas libre ; en droit, il naît libre.

Problème : si la liberté n’est pas un fait de naissance, d’où le droit tient-il sa valeur, et que faut-il pour que la liberté de droit devienne une liberté effective ?

Attention — la problématique ne s’arrête pas au repère (« en fait non, en droit oui ») : elle demande ce qui relie les deux plans.

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Cas 3 · Construire le plan avec un repère

Réflexe — le repère ne fournit pas deux parties juxtaposées : il fournit la difficulté qui fait passer d’une partie à la suivante.

Exemple. « La justice a-t-elle besoin de la force ? » (repère : obligation / contrainte)

I. Oui : une loi sans sanction reste impuissante, et la justice doit pouvoir contraindre ceux qui la refusent.

II. Mais la force ne produit que de la contrainte, jamais de l’obligation : céder à la force est un acte de nécessité, non de volonté (Rousseau, Du contrat social, livre I). Une justice qui ne serait que force ne serait plus justice.

III. La force dont la justice a besoin est celle d’une autorité légitime, qui contraint au service d’une obligation reconnue : la contrainte vient à l’appui de l’obligation, elle n’en tient pas lieu.

Attention — le plan « I. En fait — II. En droit » sans lien entre les parties est une juxtaposition : chaque moment doit naître d’une difficulté du précédent.

Cas 4 · Faire d’un repère une transition

Réflexe — je montre que la partie précédente a confondu les deux termes d’une distinction, et que la suivante les sépare.

Exemple. « Savoir, est-ce ne rien croire ? » (repère : croire / savoir)

Fin de la partie I : le savoir se distingue de la croyance parce qu’il se prouve.

Transition rédigée : « Cette différence est une différence de droit. Elle ne dit pas encore comment le savoir se constitue en fait : or aucun savant ne refait toutes les expériences sur lesquelles il s’appuie. Il faut donc se demander si le savoir ne repose pas, en fait, sur une part de croyance qu’il ne peut éliminer. »

Attention — une transition fait le bilan, nomme la difficulté et annonce le déplacement : trois phrases, pas un simple « mais ».

Cas 5 · Éviter les usages fautifs

Réflexe — avant d’employer un repère, je vérifie que je n’en confonds pas les termes.

Exemple. Trois confusions fréquentes.

Général / universel : « les hommes recherchent leur intérêt » est un constat général ; un contre-exemple ne le ruine pas, alors qu’il ruine une affirmation universelle.

Origine / fondement : montrer d’où vient une règle ne prouve pas qu’elle soit sans valeur.

Exemple / preuve : accumuler des exemples ne démontre rien ; un exemple doit être analysé pour servir l’argument.

Les pièges

  • Réciter la définition d’un repère sans l’appliquer au sujet.
  • Plaquer « en fait / en droit » sur tous les sujets, même quand ils engagent une autre distinction.
  • Construire deux parties juxtaposées, une par terme du repère, sans transition qui les relie.
  • Confondre les termes voisins : général et universel, légal et légitime, persuader et convaincre.

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