Le bonheur est un état de satisfaction durable, la raison la faculté de délibérer et de régler sa conduite. « Affaire de » interroge le rôle de la raison : est-elle la voie du bonheur, ou ce dernier relève-t-il de la chance et du sentiment ?
La raison peut-elle produire le bonheur, ou seulement en écarter les obstacles ?
Le plan en trois parties
Le bonheur se cherche par la raison
- Connaître le bien véritable, c'est cesser de courir après des biens apparents qui déçoivent.Platon, Gorgias
- Comprendre les causes de nos affects diminue leur emprise : la béatitude suit la connaissance adéquate.Spinoza, Éthique V
- Raisonner, c'est calculer les conséquences : la prudence est déjà un art de se rendre la vie supportable.Hobbes, Léviathan
Mais le bonheur échappe au calcul
- Le bonheur est un idéal de l'imagination, non de la raison : nul ne peut déterminer ce qui le rendrait durablement heureux.Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs
- Ce qui nous attache et nous comble relève d'un ordre que la raison ne connaît pas.Pascal, Pensées
- Le sentiment de l'existence suffit parfois au bonheur, sans aucune délibération.Rousseau, Les Rêveries du promeneur solitaire
La raison n'apporte pas le bonheur, elle en lève les obstacles
- Renoncer aux illusions consolantes est douloureux, mais rend possible un rapport adulte à l'existence.Freud, L'Avenir d'une illusion
- Une sagesse modeste, qui accepte l'incertitude, protège mieux du malheur que la poursuite d'un idéal.Montaigne, Essais
- Le bonheur tient à une manière de vivre le temps que le calcul ne sait pas produire.Bergson, Essai sur les données immédiates de la conscience
Les méthodes contemporaines qui promettent le bonheur par des protocoles mesurables tiennent-elles de la raison, ou de l'illusion ?