La certitude est un état subjectif d'assurance, la vérité une propriété du jugement : la science vise la seconde et produit souvent la première. Le « ne… que » demande si elle ne livre rien d'autre : hypothèses, probabilités, problèmes ouverts.
La science fournit-elle des certitudes, ou des savoirs contrôlés qui savent leurs limites ?
Le plan en trois parties
Elle semble n'offrir que du certain
- Elle ne retient que ce qui est évidemment vrai, écartant tout ce qui reste douteux.Descartes, Discours de la méthode
- Les lois positives permettent de prévoir : leur efficacité passe pour une preuve de certitude.Comte, Cours de philosophie positive
- Les démonstrations mathématiques ne laissent aucune place à l'à-peu-près.Leibniz, Monadologie
Elle est faite d'hypothèses révisables
- Une théorie corroborée reste une conjecture : sa force est d'être exposée à la réfutation.Popper, Conjectures et réfutations
- Rien ne garantit que le futur ressemblera au passé : l'induction ne fournit pas de nécessité.Hume, Enquête sur l'entendement humain
- Une science normale travaille dans un cadre qui peut être renversé : ses certitudes ont une durée de vie.Kuhn, La Structure des révolutions scientifiques
Elle fournit mieux que des certitudes : des vérités contrôlées
- La science fournit surtout des problèmes bien posés : c'est le problème, non la certitude, qui fait avancer.Bachelard, La Formation de l'esprit scientifique
- Elle connaît des phénomènes selon des conditions déterminées : son objectivité vaut dans ces limites.Kant, Critique de la raison pure
- Le vrai est un parcours : chaque état du savoir garde ce qui, dans le précédent, avait été acquis.Hegel, Phénoménologie de l'esprit
Une probabilité rigoureusement établie est-elle moins scientifique qu'une certitude proclamée ?