« Permis » est ambigu : la question porte sur le droit moral autant que sur la possibilité. Refuser la vérité, c'est se dérober à ce que l'on sait ou pourrait savoir, ce qui suppose déjà une certaine reconnaissance de ce que l'on refuse.
Refuser la vérité est-il toujours une faute, ou existe-t-il des refus légitimes ?
Le plan en trois parties
Refuser le vrai est déraisonnable et coupable
- Une idée vraie s'impose à qui la comprend : la refuser, c'est refuser de comprendre.Spinoza, Éthique II
- Consentir à ce qui n'est pas évident et refuser ce qui l'est, c'est le principe même de l'erreur.Descartes, Méditations métaphysiques
- Le prisonnier qui préfère ses ombres à la lumière choisit sa servitude.Platon, République VII
Certains refus sont pourtant légitimes
- Suspendre son assentiment lorsque les preuves manquent n'est pas refuser le vrai, mais refuser de le feindre.Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes
- Refuser une théorie non réfutable, c'est protéger la science et non la trahir.Popper, Conjectures et réfutations
- Ce qu'un pouvoir impose comme « la vérité » mérite d'être examiné avant d'être reçu.Foucault, Surveiller et punir
Ce que l'on refuse, c'est rarement le vrai : c'est son autorité
- Les vérités de fait ne se discutent pas, mais l'usage politique qu'on en fait, lui, se discute.Arendt, Vérité et politique
- Penser par soi-même n'autorise pas à nier les faits : cela oblige à ne rien recevoir sans examen.Kant, Qu'est-ce que les Lumières ?
- Toute vérité est énoncée d'un point de vue : le reconnaître n'est pas nier le vrai, c'est refuser qu'il serve de masque.Nietzsche, Par-delà le bien et le mal
Peut-on distinguer, dans le refus des vérités scientifiques, la méfiance envers le savoir et la méfiance envers les institutions qui le portent ?