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La liberté

Libre arbitre, déterminisme et émancipation — programme de Terminale (La morale et la politique)

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La liberté

Fiche méthode : dissertation et explication de texte

(Philosophie Terminale · Notion : la liberté)

La démarche pour tout sujet sur la liberté

1. J’analyse les termes. Je dis de quelle liberté parle le sujet (indépendance, libre arbitre, autonomie) et sur quel plan il se place : métaphysique (le libre arbitre), politique (la liberté civile) ou historique (l’émancipation).

2. Je formule le problème. Deux réponses défendables s’opposent ; je les écris sous forme d’une question qui les met en tension.

3. Je construis trois moments. Chaque auteur entre pour répondre au précédent, et chaque partie naît d’une difficulté laissée par la précédente.

4. Je conclus. Bilan, réponse explicite au problème, ouverture.

Le réflexe — je ne glisse jamais d’un sens de la liberté à l’autre au milieu d’un paragraphe : deux définitions, ce sont deux parties, et c’est le passage de l’une à l’autre qui fait avancer le devoir.

Cas 1 · Problématiser un sujet sur la liberté

Réflexe — je pars de la définition spontanée que suppose l’énoncé, puis je cherche ce qu’elle oublie de demander.

Exemple. « Être libre, est-ce faire ce que l’on veut ? »

Le sujet pose la définition spontanée de la liberté, qui ne demande jamais d’où vient ce que l’on veut. D’un côté, la liberté comme simple absence d’obstacle extérieur : est libre celui qui n’est pas enchaîné ; de l’autre, nous sommes conscients de nos désirs, non des causes qui les produisent (Spinoza).

Problème : la liberté se réduit-elle à la satisfaction du vouloir, ou suppose-t-elle en outre que ce vouloir soit lui-même nôtre ?

Attention — « faire tout ce que je veux », c’est la licence : on peut la poser pour la critiquer, jamais la donner comme définition dans l’introduction.

Cas 2 · Construire le plan

Réflexe — le plan de secours : la liberté comme fait, puis comme illusion, puis comme tâche à accomplir. C’est le passage de Descartes à Kant, de Sartre à Beauvoir, du droit formel à la capacité réelle.

Exemple. « La liberté est-elle une illusion ? »

I. L’expérience intérieure atteste le libre arbitre : je peux faire une même chose ou ne la faire pas (Descartes).

II. Ce sentiment ne serait que l’ignorance des causes (Spinoza) ; le moi « n’est pas maître dans sa propre maison » (Freud).

III. Expliquer un acte par ses causes n’est pas le comprendre par ses fins : la liberté se conquiert, dans l’acte qui émane de la personnalité entière (Bergson) ou dans l’autonomie (Kant).

Attention — aligner Descartes, Spinoza, Kant et Sartre sans les faire se répondre produit un catalogue, pas une dissertation.

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Cas 3 · Mobiliser un auteur

Réflexe — thèse exactement attribuée, puis argument, puis exemple analysé, puis limite qui fait avancer le devoir.

Exemple. Utiliser Spinoza dans une partie sur l’illusion du libre arbitre.

Thèse : « les hommes se croient libres pour cette seule cause qu’ils sont conscients de leurs actions et ignorants des causes par où ils sont déterminés ».

Argument : nous voyons l’effet, la décision, et non la chaîne qui la produit ; l’évidence intérieure n’est pas une preuve.

Exemple analysé : la pierre lancée, si elle était consciente, croirait voler par désir.

Limite : Spinoza ne supprime pas toute liberté : est libre ce qui agit par la seule nécessité de sa nature, si bien que la connaissance des causes produit la liberté. La partie suivante peut partir de là.

Attention — « un chocolat ou une vanille » ne fait rien apparaître : je prends un cas où la liberté est en jeu, un désobéissant civil, un addict, un salarié contraint.

Cas 4 · Expliquer un texte sur la liberté

Réflexe — je dégage la thèse du texte, la thèse qu’il combat, puis j’explique chaque concept dans l’ordre du texte.

Exemple. Rousseau : « L’impulsion du seul appétit est esclavage, et l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté. »

Thèse : obéir à la loi qu’on s’est donnée n’est pas perdre sa liberté, mais y accéder.

Thèse combattue : la liberté comme pouvoir de faire ce que l’on veut, qui ne demande pas d’où vient ce que l’on veut.

Concepts à expliquer : « esclavage » : l’impulsion à laquelle je cède n’est pas un acte de liberté, c’est un événement qui m’arrive ; « prescrite » : le citoyen qui vote la règle qu’il subit en est co-auteur, et reste libre.

Attention — Rousseau distingue trois libertés (naturelle, civile, morale) : je dis de laquelle parle le texte, ici la liberté morale.

Cas 5 · Éviter les contresens

Réflexe — avant d’écrire une thèse, je vérifie qu’elle ne tombe pas dans le contresens classique sur l’auteur.

Exemple. Trois contresens fréquents.

Le déterminisme n’est pas un fatalisme : il dit que l’issue arrivera par ce que je fais, non quoi que je fasse.

Mill ne limite pas la liberté par la désapprobation des autres : seul le dommage causé à autrui justifie la contrainte ; la loi peut interdire de frapper, non d’être excentrique.

Sartre ne fait pas de la liberté un privilège : l’homme n’a pas choisi d’être libre, et se dire déterminé par son caractère ou son milieu, c’est la mauvaise foi.

Les pièges

  • Glisser d’un sens à l’autre : commencer par « l’absence de contrainte » et conclure que « le prisonnier reste libre intérieurement ».
  • Confondre les plans : le libre arbitre est une question métaphysique, la liberté civile une question politique, l’émancipation une question historique.
  • Opposer « libre » et « causé » sans voir que le compatibilisme (Hobbes, Leibniz, Spinoza) oppose la liberté à la contrainte, non à la cause.
  • Oublier la troisième partie qui fait gagner des points : passer de la liberté comme fait (suis-je libre ?) à la liberté comme tâche (comment le devenir ?).

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