Aider à vivre, ce peut être consoler, distraire, ou au contraire donner à l'existence une forme et un sens. Le sujet engage donc deux conceptions opposées du secours que l'art apporte.
L'art nous aide-t-il à vivre en nous détournant du réel, ou en nous rendant capables de le soutenir ?
Le plan en trois parties
L'art console en nous détournant
- Imaginer, c'est se rendre absent du monde : l'image est une évasion.Sartre, L'Imaginaire
- L'œuvre satisfait sur un mode acceptable des désirs que la réalité refuse.Freud, Le Créateur littéraire et la fantaisie
- Le divertissement de masse organise précisément cette consolation, et la vend.Adorno et Horkheimer, La Dialectique de la Raison
Mais l'art affronte le réel plutôt qu'il ne le fuit
- La tragédie met en scène l'insoutenable et en purge le spectateur.Aristote, Poétique
- La forme apollinienne ne nie pas le fond dionysiaque : elle le rend regardable.Nietzsche, La Naissance de la tragédie
- L'œuvre fait apparaître la vérité d'un monde : elle instruit au lieu de bercer.Heidegger, L'Origine de l'œuvre d'art
Vivre mieux, c'est percevoir plus
- L'art élargit la perception : il rend au monde l'épaisseur que l'habitude lui ôtait.Bergson, Le Rire
- Il intensifie l'expérience ordinaire au lieu de s'y substituer.Dewey, L'Art comme expérience
- Nous avons l'art pour ne pas mourir de la vérité : il n'est pas un baume, mais une force.Nietzsche, Fragments posthumes
Une aide qui rend l'existence plus exigeante est-elle encore un secours ?