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Maths expertes (option Tle) Terminale

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Équations polynomiales à coefficients réels

Équations du second degré à coefficients réels dans ℂ, factorisation de zⁿ − aⁿ, racines d'un polynôme, équations de degré 3 avec une racine connue

À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « Équations polynomiales à coefficients réels » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en maths expertes (option tle). Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : L'essentiel, Équation du second degré à coefficients réels dans ℂ, Factorisation de zⁿ − aⁿ par z − a, Racine d'un polynôme et factorisation par z − α. Chaque exercice est suivi d'une correction rédigée, à déplier une fois la recherche faite au brouillon. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser maths expertes (option tle) en terminale.

Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.

Exercice 1 — Second degré dans ℂ

Facile

Résoudre dans ℂ les équations suivantes.

  1. a) z2+4z+20=0
  2. b) z2−3z+7=0
  3. c) 2z2+2z+5=0

a) Δ=42−4×1×20=16−80=−64<0 et −64=(8i)2. Les coefficients étant réels, l'équation a deux solutions conjuguées : z=−4±8i2=−2±4i. S={−2+4i;−2−4i}. Contrôle : produit 4+16=20.

b) Δ=(−3)2−4×7=9−28=−19=(i19)2. Donc S={3+i192;3−i192}. Contrôle : produit 9+194=7.

c) Δ=22−4×2×5=4−40=−36=(6i)2. Donc z=−2±6i4=−12±32i. S={−12+32i;−12−32i}. Contrôle : produit 14+94=52=ca.

Exercice 2 — Factoriser zⁿ − aⁿ

Facile
  1. a) Factoriser z4−81 par z−3.
  2. b) Factoriser z5−1 par z−1.
  3. c) Vérifier que 3i est racine de Q(z)=z3+3z2+9z+27, puis résoudre z4=81 dans ℂ.

a) 81=34. La factorisation de zn−an avec n=4 et a=3 donne z4−81=(z−3)(z3+3z2+9z+27).

b) Avec n=5 et a=1 : z5−1=(z−1)(z4+z3+z2+z+1).

c) (3i)2=−9 et (3i)3=−27i, donc Q(3i)=−27i+3×(−9)+9×3i+27=−27i−27+27i+27=0 : 3i est racine de Q. Les coefficients de Q étant réels, −3i l'est aussi. Par ailleurs Q(z)=z2(z+3)+9(z+3)=(z+3)(z2+9).

Ainsi z4−81=(z−3)(z+3)(z−3i)(z+3i) et S={3;−3;3i;−3i} : quatre solutions, le maximum possible pour un degré 4.

Exercice 3 — Une racine donnée

Facile

On considère P(z)=z3−4z2+7z−28.

  1. a) Vérifier que 4 est racine de P.
  2. b) Déterminer les réels b et c tels que, pour tout z, P(z)=(z−4)(z2+bz+c).
  3. c) Résoudre P(z)=0 dans ℂ.

a) P(4)=64−4×16+7×4−28=64−64+28−28=0 : 4 est racine de P.

b) Pour tout z, (z−4)(z2+bz+c)=z3+(b−4)z2+(c−4b)z−4c. Deux polynômes égaux ont les mêmes coefficients : b−4=−4, donc b=0 ; c−4b=7, donc c=7 ; vérification : −4c=−28. P(z)=(z−4)(z2+7).

c) Un produit est nul si et seulement si l'un de ses facteurs est nul : z=4 ou z2=−7=(i7)2, soit z=±i7. S={4;i7;−i7}.

Exercice 4 — Racine à deviner

Moyen

On considère P(z)=z3+z2+4z−6.

  1. a) Déterminer une racine entière de P.
  2. b) Factoriser P(z) sous la forme (z−α)(z2+bz+c) avec α, b, c réels.
  3. c) Résoudre P(z)=0 dans ℂ.
  4. d) Vérifier que la somme des trois solutions est égale à −1.

a) P(0)=−6 ; P(1)=1+1+4−6=0 : 1 est racine de P.

b) Pour tout z, (z−1)(z2+bz+c)=z3+(b−1)z2+(c−b)z−c. Identification : b−1=1, donc b=2 ; c−b=4, donc c=6 ; vérification : −c=−6. P(z)=(z−1)(z2+2z+6).

c) z2+2z+6=0 : Δ=4−24=−20=(2i5)2, donc z=−2±2i52=−1±i5. S={1;−1+i5;−1−i5}.

d) 1+(−1+i5)+(−1−i5)=1−2=<b>−1</b>. C'est l'opposé du coefficient de z2 : en développant (z−z1)(z−z2)(z−z3), le coefficient de z2 vaut −(z1+z2+z3).

Exercice 5 — Racines imaginaires pures

Moyen

On considère P(z)=z4+4z3+19z2+24z+78.

  1. a) Pour y réel, écrire P(iy) sous forme algébrique.
  2. b) En déduire les racines imaginaires pures de P.
  3. c) Déterminer les réels a et b tels que, pour tout z, P(z)=(z2+6)(z2+az+b).
  4. d) Résoudre P(z)=0 dans ℂ.

a) (iy)2=−y2, (iy)3=−iy3, (iy)4=y4. Donc P(iy)=y4−4iy3−19y2+24iy+78, soit P(iy)=(y4−19y2+78)+i(−4y3+24y), avec des parties réelle et imaginaire réelles.

b) iy est racine si et seulement si les deux parties sont nulles. Partie imaginaire : −4y(y2−6)=0⟺y=0 ou y2=6. Pour y=0, la partie réelle vaut 78≠0 : exclu. Pour y2=6 : 36−114+78=0. Les racines imaginaires pures sont i6 et −i6.

c) (z2+6)(z2+az+b)=z4+az3+(b+6)z2+6az+6b. Identification : a=4 ; b+6=19, donc b=13 ; vérifications : 6a=24 et 6b=78. P(z)=(z2+6)(z2+4z+13).

d) z2+4z+13=0 : Δ=16−52=−36=(6i)2, z=−4±6i2=−2±3i. S={i6;−i6;−2+3i;−2−3i}.

Exercice 6 — Retrouver les coefficients

Moyen

a et b sont deux réels et P(z)=z3+az2+bz+15. On sait que 2+i est racine de P.

  1. a) Justifier que 2−i est aussi racine de P.
  2. b) Développer (z−2−i)(z−2+i).
  3. c) Justifier qu'il existe un complexe c tel que, pour tout z, P(z)=(z2−4z+5)(z+c), puis déterminer c, a et b.
  4. d) Résoudre P(z)=0 dans ℂ.

a) Les coefficients de P sont réels, donc P(z)―=P(z―). Ainsi P(2−i)=P(2+i―)=P(2+i)―=0―=0 : 2−i est racine.

b) (z−2−i)(z−2+i)=(z−2)2−i2=z2−4z+4+1=<b>z2−4z+5</b>.

c) Comme P(2+i)=0, P(z)=(z−2−i)Q(z) avec Q de degré 2 et de coefficient dominant 1. Puis 0=P(2−i)=(2−i−2−i)Q(2−i)=−2iQ(2−i), donc Q(2−i)=0 et Q(z)=(z−2+i)(z+c). D'où P(z)=(z2−4z+5)(z+c). Le terme constant donne 5c=15, donc c=3. En développant : (z2−4z+5)(z+3)=z3+3z2−4z2−12z+5z+15=z3−z2−7z+15. Donc a=−1 et b=−7.

d) S={2+i;2−i;−3}.

Exercice 7 — L'équation z³ = −125

Moyen
  1. a) Écrire z3+125 sous la forme z3−α3 avec α réel.
  2. b) En déduire une factorisation de z3+125 par un polynôme de degré 1.
  3. c) Résoudre z3+125=0 dans ℂ.
  4. d) Montrer que les trois solutions ont le même module.

a) (−5)3=−125, donc z3+125=z3−(−5)3.

b) Avec la factorisation de zn−an pour n=3 et a=−5 : z3−(−5)3=(z+5)(z2+(−5)z+(−5)2), soit z3+125=(z+5)(z2−5z+25). Contrôle : z3−5z2+25z+5z2−25z+125=z3+125.

c) z=−5 ou z2−5z+25=0. Δ=25−100=−75=(5i3)2, d'où z=5±5i32. S={−5;5+5i32;5−5i32}.

d) |−5|=5 et |5±5i32|2=25+754=25. Les trois solutions ont pour module 5 ; c'était prévisible : |z|3=|z3|=125 impose |z|=5.

Exercice 8 — Degré 4 sans racine réelle

Difficile

On considère P(z)=z4−16z2+100.

  1. a) Montrer que P n'a aucune racine réelle.
  2. b) Montrer que, pour tout z, P(z)=(z2−6z+10)(z2+6z+10).
  3. c) Résoudre P(z)=0 dans ℂ.
  4. d) On pose Z=z2. Résoudre Z2−16Z+100=0, calculer (3+i)2 et expliquer le lien avec la question c).

a) Pour x réel, x4−16x2+100=(x2−8)2−64+100=(x2−8)2+36⩾36>0. P ne s'annule pas sur ℝ.

b) (z2+10−6z)(z2+10+6z)=(z2+10)2−36z2=z4+20z2+100−36z2=z4−16z2+100=P(z).

c) z2−6z+10=0 : Δ=36−40=−4=(2i)2, z=3±i. z2+6z+10=0 : Δ=−4, z=−3±i. S={3+i;3−i;−3+i;−3−i} : quatre racines, aucune réelle, conformément à a).

d) Δ′=256−400=−144=(12i)2, donc Z=16±12i2=8±6i. Or (3+i)2=9+6i−1=8+6i et, de même, (3−i)2=8−6i. Les solutions de c) sont exactement les complexes dont le carré vaut 8+6i (soit ±(3+i)) ou 8−6i (soit ±(3−i)) : les deux méthodes donnent les mêmes quatre solutions.

Exercice 9 — Au plus n racines

Difficile
  1. a) Factoriser z4−1 par z−1, puis résoudre z4=1 dans ℂ.
  2. b) Soit P un polynôme de degré au plus 3 tel que P(1)=P(−1)=P(i)=P(−i)=0. Montrer que P est le polynôme nul.
  3. c) En déduire que deux polynômes A et B de degré au plus 3 qui prennent les mêmes valeurs en 1, −1, i et −i sont égaux.
  4. d) Un élève affirme : « z2+1 et 2z2+2 ont les mêmes racines, donc c'est le même polynôme. » Expliquer l'erreur.

a) z4−1=(z−1)(z3+z2+z+1) et z3+z2+z+1=z2(z+1)+(z+1)=(z+1)(z2+1)=(z+1)(z−i)(z+i). S={1;−1;i;−i}.

b) Raisonnons par l'absurde : si P n'est pas nul, soit il est constant non nul (aucune racine), soit il est de degré d∈{1,2,3} et a au plus d⩽3 racines. Or P a quatre racines distinctes : contradiction. P est le polynôme nul.

c) A−B est un polynôme de degré au plus 3 qui s'annule en 1, −1, i, −i. D'après b), A−B=0, donc A=B (mêmes coefficients).

d) Le résultat de c) demande l'égalité des valeurs en un point de plus que le degré (ici 3 points pour un degré 2), pas l'égalité des racines. (2z2+2)−(z2+1)=z2+1 ne s'annule qu'en i et −i : deux points seulement. D'ailleurs, en z=0, les valeurs sont 1 et 2. Les deux polynômes sont différents : ils sont seulement proportionnels.

Exercice 10 — Une équation symétrique de degré 4

Difficile

On considère P(z)=z4−3z3+4z2−3z+1.

  1. a) Vérifier que 0 n'est pas racine, puis montrer que, pour z≠0, P(z)=0⟺w2−3w+2=0, où w=z+1z.
  2. b) Résoudre w2−3w+2=0.
  3. c) En déduire les solutions de P(z)=0 dans ℂ.
  4. d) Montrer que P(z)=(z−1)2(z2−z+1). Un polynôme de degré 4 peut-il n'avoir que trois racines distinctes ? Justifier.

a) P(0)=1≠0. Pour z≠0, on divise par z2≠0 : P(z)z2=z2−3z+4−3z+1z2=(z2+1z2)−3(z+1z)+4. Or w2=z2+2+1z2, donc z2+1z2=w2−2 et P(z)z2=w2−3w+2. Comme z2≠0, P(z)=0⟺w2−3w+2=0.

b) Δ=9−8=1 : w=1 ou w=2.

c) z+1z=2⟺z2−2z+1=0⟺(z−1)2=0⟺z=1. z+1z=1⟺z2−z+1=0 : Δ=−3=(i3)2, z=1±i32. S={1;1+i32;1−i32}.

d) (z2−2z+1)(z2−z+1)=z4−z3+z2−2z3+2z2−2z+z2−z+1=z4−3z3+4z2−3z+1. Oui : le théorème dit « au plus n racines », pas « exactement n ». Ici 1 est racine double (facteur (z−1)2) : en comptant les multiplicités, 2+1+1=4.

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