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Équations polynomiales
Rappels du second degré dans ℝ, équation du second degré à coefficients réels dans ℂ, factorisation de zⁿ − aⁿ par z − a, factorisation d’un polynôme par z − α quand α est racine, équations de degré 3 et 4 dont une racine est connue, un polynôme de degré n a au plus n racines.
À propos de cette page
Rappels de 1re : le second degré dans ℝ
Trinôme. Pour , , réels avec , le discriminant de est . La forme canonique s’écrit : c’est d’elle que viennent toutes les formules.
Résolution de dans (1re). Si : deux solutions et . Si : une solution (double) . Si : aucune solution réelle.
Factorisation. Si , ; si , .
Somme et produit. Quand les racines existent : et . Racine évidente : est racine si et seulement si ; l’autre racine est alors .
Se ramener au second degré. Pour (équation bicarrée), on pose .
. : , d’où et . Factorisation : .
. : , une seule solution , et .
Racine évidente. : , donc est solution ; le produit des solutions vaut , donc l’autre est .
. : . Aucune solution réelle… mais deux solutions complexes, calculées au cas suivant.
Réflexe — Je mets l’équation sous la forme , je teste ( ?) et ( ?), sinon je calcule en mettant les nombres négatifs entre parenthèses. Je contrôle avec la somme ou le produit .
Attention — Pour , , pas . Dans la factorisation, on garde le coefficient devant. Et « » veut dire « pas de solution dans » : dans , il y en a deux.
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Le second degré à coefficients réels dans ℂ
Polynôme. Une fonction polynôme de degré s’écrit avec , où décrit . Dans ce chapitre, les coefficients sont réels. Un complexe est une racine de si .
Théorème. Soit avec , , réels, , et .
• Si : deux solutions réelles et .
• Si : une solution réelle (double) .
• Si : deux solutions complexes conjuguées et .
Dans tous les cas, , avec et . Si , le produit vaut : les deux solutions ont pour module .
Démonstration (cas ). Par la forme canonique, . Comme , , puisque . Or ou (produit nul dans ). Donc , ce qui donne les deux solutions annoncées, conjuguées car , et sont réels.
Suite de l’exemple du cas 1. : , donc , soit . Contrôle : produit .
Solutions entières. : , donc et . Contrôle : et .
Ne pas oublier . : , donc . Contrôle : .
Équation bicarrée dans . . On pose : , et est racine évidente (), l’autre est . Puis ou : . Dans , il n’y aurait aucune solution.
Réflexe — Si , j’écris comme un carré : , . J’applique , je simplifie, puis je contrôle avec le produit .
Attention — On n’écrit jamais : le symbole est réservé aux réels positifs. Et le dénominateur divise toute l’expression, partie imaginaire comprise.
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Factoriser zⁿ − aⁿ par z − a
Propriété. Pour tout entier et tous complexes et :
, avec , c’est-à-dire .
Cas . . Pour , on en tire .
Premiers cas. ; ; .
Conséquence. est une racine de : l’équation a la solution , et les autres sont les racines du second facteur.
Démonstration (exigible). On développe : . Dans la seconde somme, on pose : elle devient . Les termes d’indice à des deux sommes sont les mêmes et s’éliminent. Il reste le terme de la première somme, , et le terme de la seconde, : le produit vaut .
Résoudre . . Pour : , d’où . Les solutions de sont , et .
Une somme de cubes. : avec à la place de , .
Réflexe — J’écris le terme constant comme une puissance -ième : , , . Le second facteur commence par ; à chaque terme, la puissance de baisse de et celle de monte de , jusqu’à .
Attention — : le cube contient des termes en et . Et dans le second facteur de , tous les signes sont des « ».
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Racine connue : factoriser par z − α
Théorème. Soit un polynôme de degré et . si et seulement s’il existe un polynôme de degré tel que, pour tout complexe , . Le coefficient dominant de est celui de .
Identification. On admet (programme) que si une fonction polynôme est nulle, tous ses coefficients sont nuls. Donc deux polynômes égaux pour tout ont les mêmes coefficients : c’est ce qui permet de trouver en développant puis en identifiant.
Coefficients réels : racines conjuguées. Si les coefficients de sont réels, (conjugué d’une somme, d’un produit, d’une puissance, et ). Si , alors . Pour non réel, se factorise par , trinôme à coefficients réels.
Racine à deviner. Si l’énoncé ne donne pas de racine, on teste , , , , … Pour un polynôme à coefficients entiers dont le terme constant n’est pas nul, une racine entière est un diviseur de ce terme constant (démontré sur un exemple dans le problème « Chercher une racine entière »).
Racine imaginaire pure cherchée. On pose avec réel, on écrit sous forme algébrique et on annule à la fois la partie réelle et la partie imaginaire.
Démonstration (exigible). Écrivons . Alors (les termes constants s’éliminent). D’après le cas 3, chaque s’écrit avec de degré . Donc , où est de degré , de coefficient dominant . Si , on obtient . Réciproquement, cette égalité donne .
Degré 3, racine à trouver. . : est racine. Pour tout , . Identification : , donc ; , donc ; vérification : . Ainsi . Puis , d’où : .
Facteur conjugué. Pour : .
Degré 4, racine non réelle connue. et . Comme , et : . Les coefficients étant réels, est aussi racine, et se factorise par . Or : et (vérifications : et ). Enfin donne et : .
Réflexe — Racine à trouver : je teste les petits diviseurs du terme constant. Racine connue : j’écris (si le coefficient de vaut ), je développe, j’identifie, et la dernière équation sert de vérification. Racine non réelle connue et coefficients réels : je factorise directement par .
Attention — La propriété des racines conjuguées exige des coefficients réels : a pour racines et , mais pas . Et l’ensemble des solutions contient et les racines du quotient : on ne perd pas la racine de départ.
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Au plus n racines
Théorème. Un polynôme de degré admet au plus racines distinctes dans . Autrement dit, le nombre de solutions d’une équation polynomiale est inférieur ou égal à son degré.
Conséquences. Un polynôme de degré au plus qui s’annule en nombres distincts est le polynôme nul. Deux polynômes de degré au plus égaux en nombres distincts sont égaux (on applique ce qui précède à leur différence) : ils ont les mêmes coefficients.
Racine multiple. Le théorème dit « au plus » : si , la racine est double et compte pour une seule solution. Quand on a trouvé racines distinctes d’un polynôme de degré , on les a toutes.
Coefficients réels. Les racines non réelles vont par paires conjuguées. Un polynôme de degré impair à coefficients réels a au moins une racine réelle (ses limites en et sont de signes contraires : théorème des valeurs intermédiaires).
Démonstration (exigible, par récurrence sur le degré). Pour , notons : « tout polynôme de degré a au plus racines ». Initialisation : avec a une seule racine, . Hérédité : supposons vraie et soit de degré . Si n’a pas de racine, c’est fini. Sinon, soit une racine : avec de degré (cas 4). Si , alors , donc ou . Comme a au plus racines, en a au plus . Conclusion : est vraie pour tout .
Un seul polynôme possible. vérifie , et . Si est de degré au plus avec les mêmes valeurs en , et , alors , de degré au plus , s’annule en trois nombres : c’est le polynôme nul, et .
Racine double. (on développe : ). Ce polynôme de degré n’a que deux racines distinctes : (double) et .
Une seule racine réelle. Le polynôme du cas 4 a trois racines, et : sa courbe sur ne coupe l’axe des abscisses qu’en .
Réflexe — Pour montrer que j’ai toutes les solutions, je compte : racines distinctes pour un degré , c’est le maximum. Pour montrer qu’un polynôme est nul ou que deux polynômes sont égaux, je compte les nombres où ils s’annulent ou coïncident : il en faut un de plus que le degré.
Attention — « Degré , donc racines distinctes » est faux : n’a qu’une racine. Et deux polynômes qui ont les mêmes racines ne sont pas forcément égaux : et ont les mêmes racines, et , mais ne prennent pas la même valeur en .
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Pour aller plus loin
Racines -ièmes de l’unité. Les solutions de s’écrivent avec la forme exponentielle : elles sont étudiées dans Forme trigonométrique et exponentielle, et leurs images forment un polygone régulier (Nombres complexes et géométrie). Ici, on les obtient pour ou par la factorisation de .
Coefficients complexes. Les racines carrées d’un nombre complexe et le second degré à coefficients complexes sont des « problèmes possibles » du programme : voir les problèmes de Forme algébrique et conjugué. Dans ce chapitre, les coefficients sont toujours réels.
Formules de Viète et équation de degré 3. En développant , on lit la somme et le produit des racines dans les coefficients (formules de Viète). La résolution « par radicaux » de l’équation de degré 3 a été publiée par Cardan dans l’Ars magna (1545) ; Bombelli l’applique en 1572 à et doit calculer avec des racines carrées de nombres négatifs. Ces deux « problèmes possibles » sont traités dans l’onglet Problèmes.
- Second degré à coefficients réels : ; si , deux solutions conjuguées , de produit et de somme .
- avec ; en particulier .
- avec ; on trouve en développant et en identifiant.
- Coefficients réels : si est racine, aussi, et se factorise par .
- Un polynôme de degré a au plus racines ; degré au plus et racines : c’est le polynôme nul.
Questions fréquentes
Comment résoudre une équation du second degré dans ℂ ?
Pour az² + bz + c = 0 avec a, b, c réels, on calcule Δ = b² − 4ac. Si Δ ≥ 0, les solutions sont celles de 1re. Si Δ < 0, on écrit Δ = (i√(−Δ))² et les deux solutions sont z = (−b ± i√(−Δ))/(2a) : elles sont conjuguées. On contrôle avec le produit c/a ou la somme −b/a.
Comment factoriser zⁿ − aⁿ ?
Pour tout entier n ≥ 1, zⁿ − aⁿ = (z − a)(zⁿ⁻¹ + azⁿ⁻² + … + aⁿ⁻²z + aⁿ⁻¹). Le second facteur contient toutes les puissances, de zⁿ⁻¹ à aⁿ⁻¹, avec des signes « + ». Par exemple z⁴ − 625 = (z − 5)(z³ + 5z² + 25z + 125). Pour une somme comme z³ + 8, on écrit 8 = −(−2)³ : z³ + 8 = (z + 2)(z² − 2z + 4).
Comment résoudre une équation de degré 3 dont on connaît une racine ?
Si P(α) = 0, P(z) se factorise par z − α : on écrit P(z) = (z − α)(az² + bz + c), on développe et on identifie les coefficients. On résout ensuite le facteur du second degré, et on n’oublie pas α dans l’ensemble des solutions.
Pourquoi un polynôme à coefficients réels a-t-il des racines conjuguées ?
Si les coefficients de P sont réels, le conjugué de P(z) est P(z̄). Donc si P(α) = 0, alors P(ᾱ) est le conjugué de 0, c’est-à-dire 0. Les racines non réelles vont par paires conjuguées, et P se factorise par (z − α)(z − ᾱ) = z² − 2Re(α)z + |α|².
Combien de solutions une équation polynomiale de degré n peut-elle avoir ?
Au plus n. Elle peut en avoir moins, en cas de racine multiple : (z − 1)³ = 0 n’a qu’une solution. Conséquence utile : un polynôme de degré au plus n qui s’annule en n + 1 nombres distincts est le polynôme nul, et deux polynômes de degré au plus n égaux en n + 1 nombres sont égaux.
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