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Maths expertes (option Tle) Terminale

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Équations polynomiales à coefficients réels

Équations du second degré à coefficients réels dans ℂ, factorisation de zⁿ − aⁿ, racines d'un polynôme, équations de degré 3 avec une racine connue

À propos de cette page
Ce cours de maths expertes (option tle) en terminale sur « Équations polynomiales à coefficients réels » suit le programme officiel de maths expertes (option tle) de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : L'essentiel, Équation du second degré à coefficients réels dans ℂ, Factorisation de zⁿ − aⁿ par z − a, Racine d'un polynôme et factorisation par z − α. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en maths expertes (option tle).
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L'essentiel

Polynôme, racine. Une fonction polynôme de degré n (n⩾1) s'écrit P(z)=anzn+an−1zn−1+…+a1z+a0 avec an≠0, où z décrit ℂ. Dans ce chapitre, les coefficients ak sont réels. Un complexe α est une racine de P si P(α)=0 ; résoudre P(z)=0 dans ℂ, c'est trouver toutes les racines.
Rappels (forme algébrique). i2=−1 ; z+z′―=z―+z′― ; zz′―=z―z′― ; zk―=z―k ; zz―=|z|2 ; un réel est égal à son conjugué.
Quatre résultats structurent le chapitre : le second degré dans ℂ ; la factorisation de zn−an ; « P(α)=0 ⟹ P se factorise par z−α » ; « degré n ⟹ au plus n racines ».
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Équation du second degré à coefficients réels dans ℂ

Théorème. Soit l'équation az2+bz+c=0 avec a, b, c réels, a≠0, et Δ=b2−4ac.
  • Si Δ>0 : deux solutions réelles −b−Δ2a et −b+Δ2a.
  • Si Δ=0 : une solution réelle (double) −b2a.
  • Si Δ<0 : deux solutions complexes conjuguées z1=−b+i−Δ2a et z2=z1―=−b−i−Δ2a.
Pourquoi ? La forme canonique donne az2+bz+c=a[(z+b2a)2−Δ4a2]. Si Δ<0, Δ4a2=(i−Δ2a)2 : on factorise une différence de deux carrés, comme dans ℝ.
Exemple. z2−6z+13=0 : Δ=36−52=−16=(4i)2, donc z=6±4i2, soit S={3+2i;3−2i}.
Dans tous les cas, az2+bz+c=a(z−z1)(z−z2), avec z1+z2=−ba et z1z2=ca. Contrôle de l'exemple : (3+2i)+(3−2i)=6 et (3+2i)(3−2i)=9+4=13.
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Factorisation de zⁿ − aⁿ par z − a

Propriété. Pour tout entier n⩾1 et tous complexes z et a :zn−an=(z−a)(zn−1+azn−2+a2zn−3+…+an−2z+an−1)=(z−a)∑k=0n−1akzn−1−k.Cas a=1 : zn−1=(z−1)(1+z+z2+…+zn−1).
Démonstration exigible. On développe : (z−a)∑k=0n−1akzn−1−k=∑k=0n−1akzn−k−∑k=0n−1ak+1zn−1−k. Dans la seconde somme, on pose j=k+1 : elle devient ∑j=1najzn−j. Les termes d'indice 1 à n−1 des deux sommes sont identiques et s'éliminent ; il reste le terme k=0 de la première, zn, et le terme j=n de la seconde, an. D'où zn−an.
Exemple. z3−8=z3−23=(z−2)(z2+2z+4). Pour z2+2z+4 : Δ=4−16=−12=(2i3)2, d'où z=−1±i3. Les solutions de z3=8 sont 2, −1+i3 et −1−i3.
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Racine d'un polynôme et factorisation par z − α

Théorème. Soit P un polynôme de degré n⩾1 et α∈ℂ. P(α)=0 si et seulement s'il existe un polynôme Q de degré n−1 tel que, pour tout z, P(z)=(z−α)Q(z).
Démonstration exigible. P(z)−P(α)=∑k=1nak(zk−αk) (les termes constants s'éliminent). D'après le paragraphe 3, chaque zk−αk s'écrit (z−α)Qk(z) avec Qk de degré k−1. Donc P(z)−P(α)=(z−α)Q(z) où Q=∑k=1nakQk est de degré n−1 (de coefficient dominant an). Si P(α)=0, on obtient P(z)=(z−α)Q(z). Réciproquement, cette égalité donne P(α)=0×Q(α)=0.
Coefficients réels : racines conjuguées. Si les coefficients de P sont réels, P(z)―=P(z―). Donc si P(α)=0, alors P(α―)=0―=0. Pour α non réel, P se factorise par (z−α)(z−α―)=z2−2Re(α)z+|α|2, trinôme à coefficients réels.
Exemple. Pour α=1−i : (z−1+i)(z−1−i)=(z−1)2+1=z2−2z+2.
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Un polynôme de degré n a au plus n racines

Théorème. Un polynôme de degré n⩾1 admet au plus n racines distinctes dans ℂ.
Démonstration (par récurrence). Degré 1 : az+b (a≠0) a une seule racine, −ba. Supposons la propriété vraie au degré n−1 et soit P de degré n. Si P n'a pas de racine, c'est fini. Sinon, soit α une racine : P(z)=(z−α)Q(z) avec Q de degré n−1. Si P(β)=0, alors (β−α)Q(β)=0, donc β=α ou Q(β)=0. Comme Q a au plus n−1 racines, P en a au plus 1+(n−1)=n.
Conséquences.
  • Un polynôme de degré au plus n qui s'annule en n+1 points distincts est le polynôme nul.
  • Deux polynômes de degré au plus n égaux en n+1 points sont égaux : ils ont les mêmes coefficients. C'est ce qui justifie l'identification des coefficients.
  • Un polynôme de degré impair à coefficients réels a au moins une racine réelle (théorème des valeurs intermédiaires : ses limites en −∞ et +∞ sont de signes contraires).
La courbe de x↦x3−5x2+11x−15 ne coupe l'axe des abscisses qu'en x=3 : ce polynôme de degré 3 a une seule racine réelle ; ses deux autres racines sont complexes conjuguées (méthode 2).
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Méthodes : résoudre une équation polynomiale

Méthode 1 — Résoudre az2+bz+c=0 (coefficients réels)
  1. Calculer Δ=b2−4ac.
  2. Si Δ<0, écrire Δ=(i−Δ)2.
  3. Appliquer z=−b±i−Δ2a et simplifier.
  4. Contrôler avec la somme −ba ou le produit ca.
Exemple rédigé. Résoudre 4z2−4z+5=0. Δ=16−80=−64=(8i)2. Donc z=4±8i8=12±i. Contrôle : produit (12)2+12=54=ca. S={12+i;12−i}.
Méthode 2 — Degré 3 : racine connue ou à deviner
  1. Chercher une racine évidente α : tester 0, ±1, ±2, ±3… (pour P unitaire à coefficients entiers, une racine entière divise le terme constant).
  2. Écrire P(z)=(z−α)(z2+bz+c) (si le coefficient de z3 vaut 1).
  3. Développer et identifier les coefficients ; la dernière équation sert de vérification.
  4. Résoudre z2+bz+c=0 (méthode 1) et donner les trois solutions.
Exemple rédigé. P(z)=z3−5z2+11z−15. P(3)=27−45+33−15=0 : 3 est racine. Pour tout z, (z−3)(z2+bz+c)=z3+(b−3)z2+(c−3b)z−3c. Identification : b−3=−5 donc b=−2 ; c−3b=11 donc c=5 ; vérification : −3c=−15. Ainsi P(z)=(z−3)(z2−2z+5). Puis Δ=4−20=−16=(4i)2, d'où z=1±2i. S={3;1+2i;1−2i}.
On peut aussi poser la division de P(z) par z−α, comme une division de nombres entiers ; l'identification suffit en Terminale.
Méthode 3 — Degré 4 avec une racine non réelle connue
  1. Vérifier que P(z0)=0.
  2. Coefficients réels : z0― est aussi racine.
  3. Écrire P(z)=(z2−2Re(z0)z+|z0|2)(z2+bz+c) et identifier.
  4. Résoudre le second facteur et rassembler les quatre solutions.
Exemple rédigé. P(z)=z4−2z3+6z2−8z+8 et z0=2i. (2i)2=−4, (2i)3=−8i, (2i)4=16 : P(2i)=16+16i−24−16i+8=0. Les coefficients étant réels, −2i est racine, et P se factorise par (z−2i)(z+2i)=z2+4. (z2+4)(z2+bz+c)=z4+bz3+(c+4)z2+4bz+4c : b=−2, c=2 ; vérifications 4b=−8 et 4c=8. z2−2z+2=0 : Δ=−4=(2i)2, z=1±i. S={2i;−2i;1+i;1−i}.
Racine imaginaire pure cherchée : poser z=iy avec y réel, écrire P(iy) sous forme algébrique, puis annuler à la fois la partie réelle et la partie imaginaire.
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Pièges et erreurs classiques

« Δ<0, donc pas de solution. » Vrai dans ℝ, faux dans ℂ : il y a deux solutions conjuguées.
Écrire −16. Le symbole   est réservé aux réels positifs : on écrit −16=(4i)2.
Oublier le 2a. Dans −b±i−Δ2a, le dénominateur porte sur toute l'expression, partie imaginaire comprise.
z3−a3≠(z−a)3. Et pour une somme : z3+a3=z3−(−a)3=(z+a)(z2−az+a2).
Racines conjuguées sans coefficients réels. z2−iz=z(z−i) a pour racines 0 et i, mais pas −i : la propriété exige des coefficients réels.
« Degré n, donc n racines distinctes. » Faux : z2−2z+1=(z−1)2 n'a qu'une racine. On dit « au plus n ».
Perdre la racine de départ. Après factorisation par z−α, l'ensemble des solutions contient α et les racines du quotient.
En bref
  • az2+bz+c=0 à coefficients réels avec Δ<0 : deux solutions conjuguées −b±i−Δ2a.
  • zn−an=(z−a)(zn−1+azn−2+…+an−1).
  • P(α)=0⟺P(z)=(z−α)Q(z) avec degQ=degP−1.
  • Un polynôme de degré n a au plus n racines ; à coefficients réels, ses racines non réelles vont par paires conjuguées.
  • Degré 3 ou 4 : racine connue ou devinée → factorisation par identification → second degré.
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