Ressources · Terminale · Maths expertes (option Tle)
Forme trigonométrique et exponentielle
Rappels de trigonométrie et formules d’addition, argument et forme trigonométrique, ensemble 𝕌, notation e^(iθ) et forme exponentielle, formules de Moivre et d’Euler, linéarisation, racines n-ièmes de l’unité et équations zⁿ = a.
À propos de cette page
Rappels de trigonométrie et formules d’addition
Rappels de 1re : le cercle trigonométrique. Dans un repère orthonormé, le cercle trigonométrique a pour centre et pour rayon ; on le parcourt dans le sens direct (inverse des aiguilles d’une montre). À tout réel correspond un point du cercle : est une mesure en radians de l’angle orienté . Les coordonnées de sont , d’où et , .
Mesure principale. Deux réels repèrent le même point si et seulement s’ils diffèrent d’un multiple de : et pour tout entier . Parmi toutes les mesures, une seule est dans : c’est la mesure principale.
Valeurs remarquables. , , , , ; les sinus sont les mêmes valeurs dans l’ordre inverse (, …).
Angles associés (lus sur le cercle par symétrie) : et ; et ; et ; et .
Rappel de Terminale (spécialité) : équations. ou ; ou ( entier).
Formules d’addition (au programme de maths expertes ; démonstration exigible d’une des formules). Pour tous réels et :
; ;
; .
Formules de duplication () : et .
Démonstration de par le produit scalaire. Soit et les points du cercle trigonométrique associés aux réels et : et . Le repère étant orthonormé, . D’autre part, avec ; l’angle orienté mesure à près, et le cosinus de l’angle géométrique est celui de (le cosinus est pair et -périodique). Donc , et par parité.
Les autres formules s’en déduisent. En remplaçant par : . Avec : .
Mesure principale. et : la mesure principale est , et .
Valeur exacte. , donc , négatif comme attendu car .
Duplication. Si , alors , sans avoir besoin de .
Réflexe — Pour une valeur exacte, j’écris l’angle comme somme ou différence d’angles remarquables (, …), puis j’applique la formule d’addition. Pour un angle « trop grand », je retire des multiples de jusqu’à la mesure principale.
Attention — Le cosinus n’est pas additif : . Avec : , alors que . Et dans , le signe est « », dans il est « ».
1 / 5
Argument et forme trigonométrique
Image et module (chapitre précédent). Le plan est muni d’un repère orthonormé direct . Au nombre (, réels) on associe le point , son image ; est l’affixe de . Le module est la distance .
Argument. Soit d’image . On appelle argument de toute mesure de l’angle orienté . Si , c’est tout réel tel que et . Un argument est défini à près : on écrit . Le nombre n’a pas d’argument.
Forme trigonométrique. Tout complexe non nul s’écrit avec et . Réciproquement, si avec , alors et est un argument de .
Égalité. Deux complexes non nuls sont égaux si et seulement s’ils ont le même module et des arguments égaux à près.
Cas à reconnaître. réel strictement positif ; réel strictement négatif ; avec , avec . Plus généralement, pour : est réel (un multiple de ) ; est imaginaire pur . Par symétrie : et , à près.
L’ensemble . On note l’ensemble des complexes de module : ce sont les , dont les images forment le cercle trigonométrique. est stable par produit et par passage à l’inverse, et pour , .
Forme trigonométrique de . . On factorise : . L’angle de cosinus et de sinus est (deuxième quart du cercle). Donc .
Sans calcul. : , puis et , donc . Et est un imaginaire pur de partie imaginaire négative : , .
Démonstration : est stable. Si , alors et (propriétés du module). De plus , donc .
Réflexe — Je calcule , je factorise , puis je cherche l’angle dont le cosinus et le sinus valent et ; je place le point dans le bon quart du cercle pour contrôler.
Attention — Le cosinus seul ne suffit pas : donne ou , c’est le signe du sinus qui tranche ; une tangente seule a le même défaut, à près. Et dans , est strictement positif et le signe entre les deux termes est « » : et ne sont pas des formes trigonométriques.
2 / 5
Forme exponentielle et calculs
Exponentielle imaginaire. Pour tout réel , on note . C’est un élément de : . À retenir : , , , , .
Relation fonctionnelle. Pour tous réels et : . On en déduit , et, pour tout entier , : on calcule comme avec l’exponentielle réelle.
Forme exponentielle. Tout complexe non nul s’écrit avec et . Pour , et entier :
; ; ; .
Arguments. Pour et non nuls, à près : , , ; enfin et , car .
Module d’une somme. On a seulement l’inégalité triangulaire (chapitre précédent). Pour et non nuls, on admet (c’est un problème possible du programme) qu’il y a égalité si et seulement si : les deux vecteurs ont même direction et même sens.
Choisir la forme. Pour additionner : forme algébrique. Pour multiplier, diviser, élever à une puissance : forme exponentielle.
Démonstration de la relation fonctionnelle. . D’après les formules d’addition, c’est .
Produit et quotient. . Et .
D’une forme à l’autre. . Dans l’autre sens, a pour module , puis et : .
Deux écritures, deux valeurs exactes. . En exponentielle : . En identifiant les parties réelles : , d’où .
Réflexe — Produit, quotient, conjugué, puissance : je passe en forme exponentielle, je multiplie (ou divise) les modules et j’ajoute (ou je soustrais) les arguments, puis je ramène l’argument à sa mesure principale.
Attention — L’exponentielle ne transforme pas une somme : (avec : ). Et n’est pas une forme exponentielle : avec , on écrit .
3 / 5
Formules de Moivre et d’Euler
Formule de Moivre. Pour tout réel et tout entier relatif : , c’est-à-dire .
Formules d’Euler. Pour tout réel : et . On les obtient en ajoutant puis en soustrayant et .
Trois usages.
1. Puissances : , sans jamais développer.
2. Exprimer ou en fonction de et : on développe par la formule du binôme et on identifie les parties réelles (ou imaginaires) avec Moivre.
3. Linéariser ou , c’est-à-dire l’écrire comme somme de et de : on remplace par Euler, on développe par le binôme, puis on regroupe et . Une somme de cosinus se primitive terme à terme : c’est l’outil pour intégrer une puissance.
Démonstration de Moivre pour (récurrence). Soit un réel ; on note : « ». Initialisation : . Hérédité : si est vraie, alors par la relation fonctionnelle. Conclusion : est vraie pour tout . Pour avec : .
Une puissance. , donc . Or , donc .
en fonction de . Avec et , le binôme donne . Par Moivre, la partie réelle est : .
Linéariser . . Contrôle en : .
Réflexe — Une puissance élevée ne se développe jamais : forme exponentielle, Moivre, puis mesure principale de l’argument. Une puissance de cosinus ou de sinus à intégrer : Euler, binôme, regroupement des termes conjugués, puis contrôle en .
Attention — Dans la formule de , le dénominateur est , pas : il s’élève lui aussi à la puissance, par exemple et . Ne pas confondre les sens : Euler sert à linéariser ( vers une somme), Moivre et le binôme servent à écrire comme un polynôme en .
4 / 5
Racines n-ièmes de l’unité
Racines -ièmes de l’unité. Soit un entier. Une racine -ième de l’unité est un complexe tel que . Leur ensemble, noté , compte exactement éléments (démonstration exigible) :
.
En notant , ce sont les puissances .
Cas , , . ; avec , et ; .
Représentation. Les éléments de sont de module et leurs arguments sont espacés de : pour , leurs images sont les sommets d’un polygone régulier à côtés inscrit dans le cercle trigonométrique, dont l’un des sommets est le point d’affixe .
Problèmes possibles du programme (non exigibles, traités ici car ils prolongent directement le cours) : pour , la somme des éléments de est nulle ; l’équation , avec et , a exactement solutions , .
Démonstration : détermination de . n’est pas solution ; on cherche avec . Alors et . Par égalité des modules et des arguments, et (car ) et avec entier. Pour , les réels sont dans et deux à deux distincts ; deux réels distincts de ne diffèrent pas d’un multiple de , donc ils donnent complexes distincts. Pour un entier quelconque, on écrit avec (division euclidienne) : , on ne trouve rien de nouveau.
Somme des racines. Pour , , donc car . Pour : .
Une équation . Résoudre . On écrit et : et , soit et . Les trois solutions sont , et . Contrôle : .
Réflexe — Pour : j’écris en forme exponentielle, je pose , j’identifie les modules () et les arguments (), puis je liste les solutions pour de à .
Attention — Une équation () a exactement solutions dans , pas une seule ; aller jusqu’à redonne la solution de . Le module des solutions est la racine -ième positive de : pour , , et non ni .
5 / 5
Pour aller plus loin
Module. La définition , la relation et les propriétés du module (produit, quotient, puissance) sont démontrées dans Forme algébrique et conjugué ; elles servent ici d’outils.
Géométrie. Pour deux points et d’affixes et , et mesure l’angle ; le quotient donne le rapport et l’angle . Alignement, orthogonalité, ensembles de points (cercles, médiatrices) et configurations des polygones réguliers sont traités dans Nombres complexes et géométrie.
Factorisation de . Les racines cubiques ou quatrièmes de l’unité s’obtiennent aussi en factorisant ou : voir Équations polynomiales.
Autres problèmes possibles du programme. Les lignes trigonométriques de et le pentagone régulier sont traités dans l’onglet Problèmes. La transformation de Fourier discrète, autre problème possible, n’est pas abordée ici.
- Formules d’addition : , ; duplication : , .
- Pour : avec , et tel que et ; un argument est défini à près.
- , , : on multiplie les modules, on ajoute les arguments.
- Moivre : . Euler : , .
- a exactement solutions, les pour de à , sommets d’un polygone régulier inscrit dans le cercle trigonométrique.
Questions fréquentes
Comment retrouver les formules d’addition en trigonométrie ?
La formule de base est cos(a − b) = cos a cos b + sin a sin b, démontrée avec le produit scalaire de deux vecteurs du cercle trigonométrique. On en déduit cos(a + b) = cos a cos b − sin a sin b en changeant b en −b, puis sin(a + b) = sin a cos b + cos a sin b. Avec b = a, on obtient sin(2a) = 2 sin a cos a et cos(2a) = 2cos²a − 1.
Comment trouver un argument d’un nombre complexe ?
Pour z = a + ib non nul, on calcule le module r = √(a² + b²), puis on cherche l’angle θ tel que cos θ = a/r et sin θ = b/r en même temps. Le cosinus seul ne suffit pas : c’est le signe du sinus qui choisit entre θ et −θ. On donne souvent la mesure principale, dans ]−π ; π].
À quoi sert la forme exponentielle re^(iθ) ?
Elle rend les produits, quotients et puissances immédiats : on multiplie ou divise les modules et on ajoute ou soustrait les arguments, car e^(iθ) × e^(iθ′) = e^(i(θ + θ′)). Pour une somme, en revanche, on revient à la forme algébrique. Le coefficient r doit être strictement positif.
Quelle est la différence entre la formule de Moivre et les formules d’Euler ?
Moivre dit que (cos θ + i sin θ)ⁿ = cos(nθ) + i sin(nθ) : elle sert à calculer des puissances et à écrire cos(nθ) en fonction de cos θ. Euler écrit cos θ = (e^(iθ) + e^(−iθ))/2 et sin θ = (e^(iθ) − e^(−iθ))/(2i) : elle sert à linéariser cosⁿx ou sinⁿx, par exemple pour intégrer.
Combien de solutions a l’équation zⁿ = 1 dans ℂ ?
Exactement n : ce sont les racines n-ièmes de l’unité e^(2ikπ/n) pour k de 0 à n − 1. Leurs images sont les sommets d’un polygone régulier inscrit dans le cercle trigonométrique, et pour n ≥ 2 leur somme est nulle. De même, zⁿ = a avec a non nul a exactement n solutions.
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.
Prof de maths à Marseille · Cours particuliers au lycée · Aide aux devoirs