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Histoire-Géographie Terminale

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La fin de la Seconde Guerre mondiale et les débuts d'un nouvel ordre mondial

Bilan de la guerre, procès de Nuremberg et Tokyo, ONU, Bretton Woods, État d'Israël, premières décolonisations (programme d'histoire de Tle)

À propos de cette page
Ce lexique sur « La fin de la Seconde Guerre mondiale et les débuts d'un nouvel ordre mondial » en terminale donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : 1945 : la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe et en Asie, Un bilan humain, matériel et moral sans précédent, Nuremberg et Tokyo : juger au nom du droit international, L'ONU et les droits de l'homme : fonder la paix sur le droit. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de terminale.

Crime de guerre

Violation des lois et coutumes de la guerre : mauvais traitements infligés aux prisonniers ou aux civils des territoires occupés, exécution d'otages, pillage, destructions que ne justifient pas les nécessités militaires (statut de Nuremberg, art. 6 b).

À ne pas confondre

  • Crime contre l'humanité — Le crime de guerre viole les règles du combat ; le crime contre l'humanité vise des populations civiles en tant que telles, pour ce qu'elles sont.

Selon l'époque et le point de vue — Les lois de la guerre sont codifiées par les conventions de La Haye (1899, 1907) et de Genève (1929) ; Nuremberg permet pour la première fois d'en juger les responsables devant un tribunal international. Les conventions de Genève du 12 août 1949 les complètent.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert dans tout sujet sur les procès. Faute à éviter : qualifier la Shoah de simple « crime de guerre ».

Crime contre la paix

Direction, préparation, déclenchement ou poursuite d'une guerre d'agression ou d'une guerre violant les traités (statut de Nuremberg, art. 6 a).

À ne pas confondre

  • Crime de guerre — Le crime contre la paix porte sur le fait de déclencher la guerre ; le crime de guerre, sur la manière de la conduire.

Selon l'époque et le point de vue — Il s'appuie sur le pacte Briand-Kellogg de 1928, par lequel les signataires renonçaient à la guerre comme instrument de politique nationale. Le jugement de Nuremberg voit dans la guerre d'agression « le crime international suprême ». Il devient ensuite le crime d'agression.

Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour montrer que Nuremberg veut juger la guerre elle-même. Faute : le confondre avec le crime contre l'humanité.

Crime contre l'humanité

Assassinat, extermination, réduction en esclavage, déportation ou tout acte inhumain commis contre des populations civiles, ou persécutions pour des motifs politiques, raciaux ou religieux (statut de Nuremberg, art. 6 c).

À ne pas confondre

  • Génocide — Tout génocide est un crime contre l'humanité, mais l'inverse n'est pas vrai : le génocide suppose l'intention de détruire un groupe comme tel.

Selon l'époque et le point de vue — L'expression apparaît dans la déclaration de la France, du Royaume-Uni et de la Russie du 24 mai 1915 sur les massacres d'Arméniens ; elle entre dans le droit pénal international avec le statut de Nuremberg (1945). En France, la loi du 26 décembre 1964 le rend imprescriptible.

Ce que le mot permet d'écrire — Notion centrale des sujets sur Nuremberg. Faute : oublier qu'à Nuremberg il n'est jugé que s'il est lié à la guerre.

Génocide

Actes « commis dans l'intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel » (convention des Nations unies du 9 décembre 1948, art. 2).

À ne pas confondre

  • Massacre de masse — Un massacre peut être très meurtrier sans viser la destruction d'un groupe entier ; c'est l'intention de détruire le groupe qui caractérise le génocide.

Selon l'époque et le point de vue — Mot forgé en 1944 par le juriste Raphaël Lemkin dans Axis Rule in Occupied Europe, à partir du grec genos (race, peuple) et du latin -cide (tuer). Il figure dans l'acte d'accusation de Nuremberg mais pas dans le jugement ; la convention de 1948 en fait un crime du droit international.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert pour le bilan de la guerre et pour l'ONU. Faute : employer le mot pour toute violence de masse.

Shoah

Mot hébreu signifiant « catastrophe » : désigne le génocide des Juifs d'Europe organisé par l'Allemagne nazie et ses complices, qui a fait près de 6 millions de victimes.

À ne pas confondre

  • Holocauste — Terme surtout anglo-saxon, d'origine religieuse (« sacrifice par le feu ») ; on lui préfère en France le mot Shoah, jugé plus juste.

Selon l'époque et le point de vue — Le terme s'impose en France après le film de Claude Lanzmann, Shoah (1985). En 1945, le génocide des Juifs n'est pas encore distingué des autres crimes nazis dans les consciences.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert pour le bilan moral de la guerre. Faute : dater la prise de conscience de sa singularité de 1945, alors qu'elle est progressive.

Dénazification

Politique des Alliés visant à éliminer le nazisme de l'Allemagne : dissolution du parti nazi, épuration de l'administration, jugement des responsables, rééducation politique.

À ne pas confondre

  • Épuration — L'épuration vise les collaborateurs dans les pays libérés, comme la France ; la dénazification vise l'Allemagne vaincue elle-même.

Selon l'époque et le point de vue — Décidée à Potsdam (1945) avec la démilitarisation et la démocratisation ; confiée en partie à des tribunaux allemands dès 1946, elle est vite limitée quand les Alliés privilégient la reconstruction.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert pour décrire le sort des vaincus. Faute : la présenter comme complète : beaucoup d'anciens nazis retrouvent des postes.

ONU (Organisation des Nations unies)

Organisation internationale fondée par la Charte de San Francisco (26 juin 1945), en vigueur le 24 octobre 1945, chargée de maintenir la paix et la sécurité internationales et de développer la coopération entre les peuples.

À ne pas confondre

  • SDN — La SDN (1920-1946) décidait à l'unanimité, sans force propre et sans les États-Unis ; l'ONU inclut les grandes puissances et son Conseil de sécurité peut contraindre.

Selon l'époque et le point de vue — L'expression « Nations unies » désigne d'abord la coalition des Alliés dans la déclaration du 1er janvier 1942 ; elle devient le nom de l'organisation en 1945.

Ce que le mot permet d'écrire — Au cœur de tout sujet sur le nouvel ordre mondial. Faute : dire que l'ONU a été créée en 1948 (confusion avec la DUDH).

Sécurité collective

Principe selon lequel une agression contre un État concerne tous les membres de l'organisation, qui y répondent ensemble par des mesures décidées en commun.

À ne pas confondre

  • Alliance militaire — Une alliance unit quelques États contre un adversaire désigné ; la sécurité collective se veut universelle et sans ennemi désigné à l'avance.

Selon l'époque et le point de vue — Déjà au cœur du pacte de la SDN (1919), dont elle a montré les limites (Éthiopie, 1935) ; la Charte de l'ONU la renforce avec le chapitre VII, qui permet sanctions et action armée.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert à analyser la Charte. Faute : oublier que le veto peut la bloquer.

Droit de veto

Pouvoir dont dispose chacun des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (États-Unis, URSS puis Russie, Royaume-Uni, France, Chine) de bloquer une décision de fond par un vote négatif (Charte, art. 27).

À ne pas confondre

  • Abstention — Par la pratique du Conseil, l'abstention d'un membre permanent n'empêche pas l'adoption d'une résolution ; seul un vote contre la bloque.

Selon l'époque et le point de vue — Le principe est arrêté à Yalta (février 1945) : ni Washington ni Moscou n'auraient accepté une organisation capable d'agir contre eux.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert à montrer les limites de l'ONU. Faute : croire que tous les membres du Conseil en disposent.

Déclaration universelle des droits de l'homme (DUDH)

Texte adopté par l'Assemblée générale de l'ONU à Paris le 10 décembre 1948, qui énonce les droits civils, politiques, économiques et sociaux de toute personne.

À ne pas confondre

  • Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (1789) — Le texte de 1789 fonde un ordre politique national ; celui de 1948 se veut universel et ajoute des droits économiques et sociaux.

Selon l'époque et le point de vue — Préparée par la Commission des droits de l'homme présidée par Eleanor Roosevelt, avec René Cassin ; adoptée par 48 voix, sans opposition, avec 8 abstentions.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert pour l'ordre fondé sur le droit. Faute : la présenter comme un traité contraignant.

Système de Bretton Woods

Système monétaire international de changes fixes défini en juillet 1944 : les monnaies sont rattachées au dollar, seul convertible en or à 35 dollars l'once.

À ne pas confondre

  • Étalon-or — Avant 1914, chaque grande monnaie était convertible en or ; à Bretton Woods, seul le dollar l'est, les autres monnaies passant par lui (étalon de change-or).

Selon l'époque et le point de vue — Né du plan White, préféré au plan Keynes, il fonctionne jusqu'à la suspension de la convertibilité du dollar par le président Nixon le 15 août 1971.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert à montrer la domination américaine. Faute : le dater d'après la guerre.

FMI et Banque mondiale

Institutions créées à Bretton Woods (1944) et installées à Washington : le Fonds monétaire international veille à la stabilité des changes et prête aux pays en difficulté ; la BIRD finance la reconstruction puis le développement.

À ne pas confondre

  • GATT — Le GATT (1947) organise la baisse des droits de douane, c'est-à-dire le commerce, et non la monnaie ou le crédit ; l'OMC lui succède en 1995.

Selon l'époque et le point de vue — Leurs droits de vote dépendent des quotes-parts versées, ce qui assure la prééminence des États-Unis dès l'origine.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert pour l'ordre économique. Faute : les rattacher à l'ONU comme de simples organes de l'Assemblée générale.

Mandat

Régime créé par le pacte de la SDN (art. 22, 1919) qui confie à une puissance l'administration d'anciens territoires ottomans ou allemands jusqu'à leur capacité à se gouverner seuls.

À ne pas confondre

  • Colonie — La colonie appartient à la métropole ; le territoire sous mandat est administré au nom de la SDN, avec l'indépendance comme horizon théorique.

Selon l'époque et le point de vue — La Palestine est confiée au Royaume-Uni, la Syrie et le Liban à la France ; en 1945, l'ONU remplace ce régime par la tutelle.

Ce que le mot permet d'écrire — Indispensable pour expliquer la naissance d'Israël. Faute : dire que la Palestine était une colonie britannique.

Partition

Division d'un territoire en plusieurs États selon des critères communautaires, religieux ou nationaux.

À ne pas confondre

  • Ligne d'armistice — Une partition est une décision politique préalable ; une ligne d'armistice fixe provisoirement le front à la fin des combats (Israël, 1949).

Selon l'époque et le point de vue — Solution retenue pour l'Inde britannique en 1947 et proposée par l'ONU pour la Palestine la même année ; l'Irlande avait connu une partition en 1921.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert pour les sujets sur les décolonisations. Faute : croire qu'elle apaise les conflits : elle s'accompagne de migrations forcées et de violences.

Décolonisation

Processus par lequel des territoires colonisés accèdent à l'indépendance et forment des États souverains.

À ne pas confondre

  • Indépendance — L'indépendance est un acte juridique daté (15 août 1947 pour l'Inde) ; la décolonisation est un processus long, politique, économique et culturel.

Selon l'époque et le point de vue — Le mot se diffuse surtout après 1945, quand les indépendances d'Asie ouvrent un mouvement qui s'étend ensuite à l'Afrique.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert pour montrer que l'ordre de 1945 est vite ébranlé. Faute : traiter ici Bandung (1955) ou le tiers-monde, qui relèvent d'un autre chapitre.

Les repères du programme

Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.

Rupture / continuité

Ce qui change radicalement en 1945 face à ce qui se prolonge d'avant-guerre.

Ce qu'il débloque — Permet de nuancer l'idée d'« année zéro ».

Exemple — Sur le sujet « 1945, une rupture dans l'histoire du monde ? », il permet d'opposer la nouveauté de Nuremberg et de l'ONU à la survie des empires coloniaux.

Droit / puissance

L'ordre de 1945 se réclame du droit, mais il est construit par les vainqueurs selon leurs intérêts.

Ce qu'il débloque — Structure l'analyse de l'ONU, des procès et de Bretton Woods.

Exemple — Sur le sujet « Les débuts d'un nouvel ordre mondial », il permet de montrer que la Charte proclame l'égalité des États tout en donnant le veto aux cinq Grands.

Vainqueurs / vaincus

La victoire de 1945 détermine qui juge, qui occupe et qui fixe les règles.

Ce qu'il débloque — Utile pour les procès et l'occupation de l'Allemagne et du Japon.

Exemple — Sur le sujet « Juger les crimes de la Seconde Guerre mondiale », il permet de discuter la critique de « justice des vainqueurs ».

Universel / national

Les normes universelles (DUDH, Charte) se heurtent à la souveraineté des États.

Ce qu'il débloque — Sert à mesurer la portée réelle des textes de 1945-1948.

Exemple — Sur le sujet « L'ONU et les droits de l'homme », il permet de montrer que la DUDH n'oblige pas juridiquement les États.

Ordre / désordres

L'ordre voulu en 1945 est aussitôt contesté par des conflits nouveaux.

Ce qu'il débloque — Permet de construire une troisième partie sur les limites.

Exemple — Sur le sujet « Un nouvel ordre mondial (1945-1949) », il permet de confronter la Charte aux guerres d'Indonésie, du Cachemire et de Palestine.

Empires / États nouveaux

Le passage d'un monde de grands empires coloniaux à un monde d'États souverains.

Ce qu'il débloque — Structure les sujets sur les premières décolonisations.

Exemple — Sur le sujet « Les empires ébranlés par la guerre », il permet d'opposer indépendances négociées (Philippines, Inde) et indépendances arrachées (Indonésie, Vietnam).

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