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Histoire-Géographie Terminale

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Dynamiques territoriales, coopérations et tensions dans la mondialisation

Territoires inégalement intégrés, centres et marges, FTN, organisations régionales, OMC, régulations et tensions (programme de géographie de Tle)

À propos de cette page
Ce cours d'histoire-géographie en terminale sur « Dynamiques territoriales, coopérations et tensions dans la mondialisation » suit le programme officiel d'histoire-géographie de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Des territoires inégalement intégrés : de quoi parle-t-on ?, Les centres : métropoles et pôles qui commandent, Les périphéries intégrées : produire pour le monde, Marges et territoires en retrait. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en histoire-géographie.

4 analyses de document, de nature différente, avec la réponse entièrement rédigée. C’est l’exercice le plus fréquent de l’épreuve : le document est donné en entier, tu travailles dessus sans rien ouvrir d’autre.

Document 1 — Des États inégalement intégrés au commerce mondial

Facile

Tableau statistique · D'après OMC, statistiques du commerce mondial des marchandises (données 2023, publiées en 2024) ; PNUD, Rapport sur le développement humain 2023-2024 (IDH de 2022) ; ONU, World Population Prospects 2024. Valeurs arrondies.

Le tableau rassemble des données officielles publiées en 2024 par trois institutions internationales. Il compare sept États de quatre continents, choisis pour couvrir tous les degrés d'intégration.

ÉtatPopulation en 2023 (millions, arrondi)Part des exportations mondiales de marchandises en 2023 (ordre de grandeur)IDH en 2022
Chine1 410environ 14 %0,79
États-Unis335environ 8,5 %0,93
Allemagne84environ 7 %0,95
Inde1 430environ 2 %0,64
Brésil215environ 1,5 %0,76
Nigeria225environ 0,3 %0,55
Niger26moins de 0,1 %0,39

L'indice de développement humain (IDH), calculé par le PNUD, combine espérance de vie, durée de scolarisation et revenu ; il varie de 0 à 1.

Après avoir présenté le document, montrez qu'il révèle une intégration très inégale des États à la mondialisation, puis indiquez les limites de ce document.

  1. Présentez le document : nature, sources, date, indicateurs retenus.
  2. Classez les États du tableau selon leur degré d'intégration au commerce mondial.
  3. Montrez que la taille de la population ne suffit pas à expliquer le degré d'intégration.
  4. Quelles sont les limites de ce document pour mesurer l'intégration des territoires ?
Voir la réponse rédigée

1. Il s'agit d'un tableau statistique construit à partir de trois sources officielles : les statistiques de l'Organisation mondiale du commerce (données de 2023), le Rapport sur le développement humain du PNUD (IDH de 2022) et les projections démographiques de l'ONU (2024). Il compare sept États — Chine, États-Unis, Allemagne, Inde, Brésil, Nigeria, Niger — à l'aide de trois indicateurs : la population, la part des exportations mondiales de marchandises et l'IDH. Les valeurs sont arrondies : on raisonne sur des ordres de grandeur.

2. Trois groupes apparaissent. Les États les plus intégrés sont la Chine (environ 14 % des exportations mondiales), les États-Unis (environ 8,5 %) et l'Allemagne (environ 7 %) : à eux trois, ils assurent près de 30 % des exportations mondiales de marchandises. Viennent ensuite des puissances émergentes, l'Inde (environ 2 %) et le Brésil (environ 1,5 %), intégrées mais encore loin des premiers. Enfin, le Nigeria (environ 0,3 %) et surtout le Niger (moins de 0,1 %) sont faiblement intégrés ; l'IDH du Niger, 0,39, compte parmi les plus bas du monde, alors que celui de l'Allemagne atteint 0,95. L'intégration commerciale et le développement humain vont largement de pair, avec une exception notable : la Chine, premier exportateur, n'a qu'un IDH de 0,79.

3. L'Inde et la Chine ont une population comparable (environ 1,4 milliard d'habitants), mais la Chine pèse environ sept fois plus dans les exportations mondiales. L'Allemagne, dix-sept fois moins peuplée que l'Inde, exporte environ trois à quatre fois plus. Le Nigeria, avec 225 millions d'habitants, pèse moins de 1 % des exportations. L'intégration dépend donc d'autres facteurs : un appareil productif tourné vers l'exportation (ZES chinoises depuis 1980), des infrastructures portuaires, la présence des firmes transnationales, et la nature des produits vendus : le Nigeria exporte surtout du pétrole brut, dont la valeur ajoutée est captée ailleurs.

4. Le document a trois limites. D'abord, l'échelle nationale masque les inégalités internes : la Chine littorale est bien plus intégrée que l'intérieur, et Bangalore que les campagnes indiennes. Ensuite, il ne mesure que les marchandises : il ignore les services (où l'Inde et les États-Unis pèsent davantage), les investissements directs étrangers, les flux financiers et les fonctions de commandement, qui définissent pourtant les centres. Enfin, la valeur des exportations ne dit pas où la valeur est créée : un smartphone assemblé en Chine est compté dans les exportations chinoises alors que l'essentiel de sa valeur revient à la firme qui l'a conçu.

Ce que cette analyse apprend — Lire un tableau en dégageant des groupes, en croisant les colonnes, puis en critiquant l'échelle et les indicateurs retenus.

Document 2 — L'accord qui institue l'OMC

Moyen

Texte juridique : traité international (extraits) · Accord de Marrakech instituant l'Organisation mondiale du commerce, signé le 15 avril 1994, entré en vigueur le 1er janvier 1995 : préambule et articles III et IX (extraits).

L'accord conclut l'Uruguay Round (1986-1994), le dernier cycle de négociation du GATT, dans un monde sorti de la guerre froide où l'économie de marché s'étend. Il est signé par les États membres à Marrakech et transforme le GATT, simple accord, en organisation permanente installée à Genève.

Préambule (extraits)
Les Parties au présent accord,
Reconnaissant que leurs rapports dans le domaine commercial et économique devraient être orientés vers le relèvement des niveaux de vie, la réalisation du plein emploi et d'un niveau élevé et toujours croissant du revenu réel et de la demande effective, et l'accroissement de la production et du commerce de marchandises et de services, tout en permettant l'utilisation optimale des ressources mondiales conformément à l'objectif de développement durable […],
Reconnaissant en outre qu'il est nécessaire de faire des efforts positifs pour que les pays en développement, et en particulier les moins avancés d'entre eux, s'assurent une part de la croissance du commerce international qui corresponde aux besoins de leur développement économique,
Désireux de contribuer à la réalisation de ces objectifs par la conclusion d'accords visant, sur une base de réciprocité et d'avantages mutuels, à la réduction substantielle des tarifs douaniers et des autres obstacles au commerce et à l'élimination des discriminations dans les relations commerciales internationales, […]
Conviennent de ce qui suit :

Article III – Fonctions de l'OMC (extraits)
2. L'OMC sera l'enceinte pour les négociations entre ses Membres au sujet de leurs relations commerciales multilatérales […].
3. L'OMC administrera le Mémorandum d'accord sur les règles et procédures régissant le règlement des différends […].
5. En vue de rendre plus cohérente l'élaboration des politiques économiques au niveau mondial, l'OMC coopérera, selon qu'il sera approprié, avec le Fonds monétaire international et avec la Banque internationale pour la reconstruction et le développement et ses institutions affiliées.

Article IX – Prise de décisions (extrait)
1. L'OMC conservera la pratique de prise de décisions par consensus suivie en vertu du GATT de 1947. […]

Montrez que ce texte fonde une coopération commerciale à l'échelle mondiale, puis, à l'aide de vos connaissances, montrez les limites de cette régulation.

  1. Présentez le document et son contexte.
  2. Quels objectifs le préambule assigne-t-il au commerce international ?
  3. Montrez que l'article III fait de l'OMC un instrument de coopération et de régulation.
  4. À l'aide de l'article IX et de vos connaissances, expliquez pourquoi cette régulation est aujourd'hui en difficulté.
Voir la réponse rédigée

1. Le document est un extrait de l'accord de Marrakech, traité international signé le 15 avril 1994 et entré en vigueur le 1er janvier 1995. Il crée l'Organisation mondiale du commerce, qui succède au GATT signé à Genève en 1947. Il clôt l'Uruguay Round, cycle de négociation ouvert en 1986, au moment où la fin de la guerre froide et l'ouverture chinoise élargissent la mondialisation à presque toute la planète. Il s'adresse aux États signataires, qui s'engagent juridiquement.

2. Le préambule ne fait pas du commerce une fin en soi : il doit servir « le relèvement des niveaux de vie » et « la réalisation du plein emploi ». Il associe cet objectif à « l'objectif de développement durable » et à la protection des ressources mondiales. Il reconnaît aussi l'inégale intégration des territoires : les pays en développement, « en particulier les moins avancés », doivent obtenir « une part de la croissance du commerce international » conforme à leurs besoins. Le moyen retenu est libéral : « la réduction substantielle des tarifs douaniers » et « l'élimination des discriminations », sur une base de « réciprocité ».

3. L'article III confie trois fonctions à l'OMC. Elle est d'abord un lieu de coopération : « l'enceinte pour les négociations » entre membres, c'est-à-dire le cadre des cycles comme celui de Doha, ouvert en 2001. Elle est ensuite un instrument de régulation : elle administre les « règles et procédures régissant le règlement des différends », ce qui deviendra l'Organe de règlement des différends, saisi de plus de 600 affaires depuis 1995. Enfin, elle s'inscrit dans une gouvernance plus large, en coopérant avec le FMI et la Banque mondiale, créés à Bretton Woods en 1944.

4. L'article IX maintient la décision « par consensus » : chaque membre peut bloquer un accord. Avec 166 membres en 2024, aux intérêts très différents, les négociations s'enlisent : le cycle de Doha bute depuis 2001 sur les subventions agricoles des pays riches. Le règlement des différends est lui aussi atteint : depuis le 11 décembre 2019, l'organe d'appel ne fonctionne plus, les États-Unis bloquant la nomination de ses juges. Enfin, les grandes puissances contournent les règles communes : droits de douane unilatéraux entre les États-Unis et la Chine à partir de 2018, droit de douane minimal de 10 % imposé par Washington en avril 2025. La coopération fondée en 1994 subsiste — des accords sont encore conclus à Bali (2013) et à Genève (2022) —, mais elle régule de moins en moins les tensions entre puissances.

Ce que cette analyse apprend — Analyser un texte juridique en citant ses termes exacts, puis le confronter à ce qu'il est devenu grâce aux connaissances.

Document 3 — Une carte de synthèse de l'intégration inégale

Moyen

Carte de synthèse (planisphère), décrite · Carte de synthèse construite pour l'exercice d'après OMC, statistiques du commerce mondial (2024), et CNUCED, Rapport sur l'investissement dans le monde (2024).

Ce type de carte de synthèse est celui que l'élève doit savoir construire au bac sous forme de croquis. Elle traduit, à l'échelle mondiale, les données du commerce et des investissements du milieu des années 2020.

Le document est un planisphère centré sur l'Europe et l'Afrique, intitulé « Des territoires inégalement intégrés dans la mondialisation ». Sa légende est organisée en trois parties.

I. Les centres d'impulsion. Trois grands aplats rouges couvrent l'Amérique du Nord (Nord-Est des États-Unis et Californie), l'Europe occidentale (de Londres à Milan) et l'Asie orientale (Japon, Corée du Sud, Taïwan, littoral chinois). Des cercles rouges localisent les villes mondiales, en deux tailles : New York, Londres et Tokyo au premier rang ; Paris, Shanghai, Hong Kong et Singapour au second. Un losange signale les places financières extraterritoriales, dont les îles Caïmans.

II. Les périphéries intégrées. Des aplats orange couvrent le nord du Mexique, le Sudeste brésilien, l'Asie du Sud-Est, le sud de l'Inde (Bangalore) et les pétromonarchies du Golfe (Dubaï). Des carrés violets localisent les ZES chinoises, dont Shenzhen. Un trait épais hachuré souligne deux interfaces : la frontière entre les États-Unis et le Mexique, le détroit de Malacca.

III. Les espaces en marge. Des aplats jaune pâle couvrent l'essentiel de l'Afrique subsaharienne, l'Asie centrale et l'intérieur de l'Amérique du Sud. Des points noirs signalent des enclaves d'extraction (delta du Niger, Copperbelt). Des hachures noires désignent des marges contraintes : Corée du Nord, Afghanistan, Sahel.

Des flèches d'épaisseur variable relient les trois centres : les plus épaisses partent d'Asie orientale, à travers le Pacifique et, par Malacca et Suez, vers l'Europe. Seules de fines flèches relient l'Afrique à l'Europe et à la Chine.

Analysez cette carte pour montrer que les territoires sont inégalement intégrés dans la mondialisation, puis indiquez ce qu'elle ne montre pas.

  1. Identifiez le document et expliquez la logique de sa légende.
  2. Décrivez l'organisation des centres de la mondialisation.
  3. Montrez que l'intégration des périphéries et des marges est sélective.
  4. Quelles sont les limites d'une telle carte ?
Voir la réponse rédigée

1. Il s'agit d'une carte de synthèse à l'échelle mondiale, construite d'après des données de l'OMC et de la CNUCED publiées en 2024. Sa légende suit un ordre hiérarchique en trois parties — centres, périphéries intégrées, marges — qui correspond au modèle centre-périphérie formalisé par Alain Reynaud en 1981. Le choix des couleurs traduit cette hiérarchie : du rouge, couleur chaude, pour les centres, au jaune pâle pour les marges.

2. Les centres forment un système polycentrique à trois pôles : Amérique du Nord, Europe occidentale, Asie orientale. Ce dernier, qui intègre désormais le littoral chinois, montre que la Triade décrite par Kenichi Ohmae en 1985 s'est déplacée vers l'Asie. Le commandement se concentre dans quelques villes mondiales hiérarchisées : New York, Londres et Tokyo au premier rang, ce qui rejoint l'analyse de Saskia Sassen (1991). Les flèches les plus épaisses, parties d'Asie orientale, rappellent que la Chine est le premier exportateur mondial de marchandises depuis 2009.

3. Les périphéries intégrées sont des territoires choisis par les investisseurs pour produire ou transporter : ZES chinoises comme Shenzhen, nord du Mexique le long de l'interface avec les États-Unis, Asie du Sud-Est autour du détroit de Malacca, Bangalore pour les services informatiques. Dans les marges, l'intégration est ponctuelle : les points noirs des enclaves d'extraction (delta du Niger, Copperbelt) montrent que l'Afrique subsaharienne est reliée au monde par ses matières premières, sans que les territoires voisins en profitent. Enfin, les hachures désignent des marges contraintes par la politique ou la guerre, comme la Corée du Nord, l'Afghanistan ou le Sahel.

4. La carte simplifie. L'échelle mondiale et les aplats à l'échelle des régions masquent les inégalités internes : la Californie compte des quartiers pauvres, et le Sahel des villes reliées au monde. Elle fige une situation, alors que la hiérarchie évolue (décrochage de Detroit, essor de Tanger Med depuis 2007). Elle ne représente ni les flux immatériels (données, capitaux), ni les acteurs (FTN, organisations régionales), ni les tensions. Enfin, le choix d'un planisphère centré sur l'Europe influence la lecture et relègue le Pacifique, pourtant axe majeur des échanges, aux bords de la carte.

Ce que cette analyse apprend — Lire une carte en suivant l'ordre de sa légende, relier chaque figuré à une notion, puis critiquer les choix du cartographe.

Document 4 — Deux visions de la mondialisation en janvier 2017

Difficile

Deux discours politiques, confrontés (courtes citations traduites et résumés) · Xi Jinping, discours d'ouverture au Forum économique mondial, Davos (Suisse), 17 janvier 2017 ; Donald Trump, discours d'investiture, Washington, 20 janvier 2017. Traductions de l'anglais.

Les deux discours sont prononcés à trois jours d'intervalle, au moment où la Chine est devenue le premier exportateur mondial et où l'élection de Donald Trump traduit la colère de régions industrielles américaines en déclin. Le premier s'adresse aux dirigeants économiques mondiaux réunis à Davos, le second aux électeurs américains.

Document A — Xi Jinping, Davos, 17 janvier 2017. Premier chef d'État chinois à s'exprimer au Forum économique mondial, Xi Jinping prend la défense de la mondialisation économique. Il reconnaît qu'elle a créé de nouveaux problèmes, en particulier des inégalités, mais refuse d'en faire la cause de tous les maux du monde. Il affirme : « Que cela vous plaise ou non, l'économie mondiale est un vaste océan auquel on ne peut échapper. » Il met en garde contre le repli : « Poursuivre le protectionnisme, c'est comme s'enfermer dans une pièce sombre. » La pièce protège du vent et de la pluie, ajoute-t-il, mais elle prive aussi de lumière et d'air. Il conclut ce passage : « Personne ne sortira vainqueur d'une guerre commerciale. »

Document B — Donald Trump, Washington, 20 janvier 2017. Dans son discours d'investiture comme 45e président des États-Unis, Donald Trump décrit des usines fermées et une classe moyenne appauvrie, qu'il attribue à des décennies de politiques qui ont enrichi l'industrie étrangère au détriment de l'industrie américaine. Il déclare : « Nous devons protéger nos frontières des ravages d'autres pays qui fabriquent nos produits, volent nos entreprises et détruisent nos emplois. » Il ajoute : « La protection mènera à une grande prospérité et à une grande force. » Il résume sa politique en deux règles : « acheter américain et embaucher américain ».

Confrontez ces deux documents pour montrer que la mondialisation suscite des tensions entre grandes puissances, en portant un regard critique sur le discours de chacun.

  1. Présentez les deux documents et leur contexte commun.
  2. Quelle vision de la mondialisation défend Xi Jinping ?
  3. Quelle vision défend Donald Trump, et à quels territoires s'adresse-t-il ?
  4. Portez un regard critique sur ces deux discours : que révèlent-ils des intérêts de chaque puissance, et quelles en ont été les suites ?
Voir la réponse rédigée

1. Les documents sont deux discours politiques prononcés à trois jours d'intervalle en janvier 2017, connus ici par de courtes citations traduites et un résumé. Le premier est celui de Xi Jinping, président de la République populaire de Chine, au Forum économique mondial de Davos le 17 janvier ; le second est le discours d'investiture de Donald Trump à Washington le 20 janvier. Ils s'inscrivent dans un même contexte : la Chine est le premier exportateur mondial de marchandises depuis 2009, tandis que les régions industrielles américaines, comme la Rust Belt, ont perdu une grande partie de leurs emplois. Les publics diffèrent : les élites économiques mondiales pour l'un, les électeurs américains pour l'autre.

2. Xi Jinping présente la mondialisation comme un fait irréversible : « un vaste océan auquel on ne peut échapper ». Il en reconnaît les effets négatifs, notamment les inégalités, mais refuse d'en faire un bouc émissaire. Il condamne le protectionnisme par une image : s'y livrer, « c'est comme s'enfermer dans une pièce sombre », qui protège mais prive de lumière et d'air. Il avertit enfin que « personne ne sortira vainqueur d'une guerre commerciale ». Il se pose ainsi en défenseur du libre-échange et du système multilatéral.

3. Donald Trump défend au contraire le protectionnisme : « La protection mènera à une grande prospérité et à une grande force. » Il présente l'ouverture comme une agression venue de l'extérieur, d'autres pays qui « volent nos entreprises et détruisent nos emplois ». Il s'adresse aux territoires perdants de la mondialisation au sein même d'un centre : les régions désindustrialisées du Nord-Est et du Midwest, dont les usines ont fermé ou se sont délocalisées. Sa formule « acheter américain et embaucher américain » annonce une politique de relocalisation de la production.

4. Chaque discours sert les intérêts de son auteur. La Chine, principal gagnant de l'ouverture depuis son entrée à l'OMC en 2001, a tout intérêt à défendre le libre-échange ; mais elle protège elle-même son marché intérieur et encadre étroitement les investissements étrangers, ce que Xi Jinping ne dit pas. Donald Trump, lui, attribue tous les déclins industriels à l'étranger, alors que l'automatisation y a aussi contribué, et il met en cause un système multilatéral que les États-Unis avaient eux-mêmes fondé en 1947 avec le GATT. Le renversement est frappant : le dirigeant d'un régime communiste défend l'ouverture, celui de la première puissance libérale la conteste. Les suites confirment ces positions : dès 2018, les États-Unis taxent des centaines de milliards de dollars d'importations chinoises et Pékin riposte ; la rivalité devient technologique en 2022 et 2023, puis Washington impose en avril 2025 un droit de douane minimal de 10 %. Les deux discours annoncent donc la montée de tensions que l'OMC, paralysée depuis 2019, peine à réguler.

Ce que cette analyse apprend — Confronter deux points de vue en cherchant ce que chaque auteur dit, ce qu'il tait et pourquoi, puis vérifier ses affirmations par les faits.

Bloqué sur ce chapitre ?

Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

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