À propos de cette page
Ce cours d'histoire-géographie en terminale sur « Dynamiques territoriales, coopérations et tensions dans la mondialisation » suit le programme officiel d'histoire-géographie de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Des territoires inégalement intégrés : de quoi parle-t-on ?, Les centres : métropoles et pôles qui commandent, Les périphéries intégrées : produire pour le monde, Marges et territoires en retrait. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en histoire-géographie.
2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.
Sujet 1 — Des territoires inégalement intégrés dans la mondialisation
Analyse des termes — Il faut définir la mondialisation (mise en relation des territoires par des flux organisés en réseaux) et l'intégration (degré de participation à ces flux, et surtout capacité à les commander). Le sujet porte sur la phase actuelle de la mondialisation, depuis les années 1980, et exige de changer d'échelle, du planisphère à la ville.
Problématique — Comment la mondialisation, en mettant les territoires en réseau, les hiérarchise-t-elle, et cette hiérarchie est-elle figée ?
Introduction rédigéeÀ la fin des années 1970, Shenzhen n'était qu'un bourg frontalier face à Hong Kong ; au recensement de 2020, elle compte plus de 17 millions d'habitants et produit pour le monde entier. Au même moment, le Niger, avec moins de 0,1 % des exportations mondiales et un IDH de 0,39 en 2022, reste l'un des États les moins reliés aux échanges. La mondialisation, c'est-à-dire la mise en relation des territoires par des flux de marchandises, de capitaux, d'informations et de personnes organisés en réseaux, ne touche donc pas tous les espaces de la même manière. Un territoire est intégré lorsqu'il participe à ces flux, et plus encore lorsqu'il les commande. Depuis les années 1980, l'ouverture de la Chine, la fin de la guerre froide et l'essor des firmes transnationales ont étendu la mondialisation à presque toute la planète, sans effacer les écarts, bien au contraire. Comment la mondialisation, en mettant les territoires en réseau, les hiérarchise-t-elle, et cette hiérarchie est-elle figée ? Nous verrons d'abord que des centres commandent la mondialisation, puis que des périphéries s'y intègrent de façon sélective et dépendante, enfin que des marges subsistent dans une hiérarchie qui se recompose à toutes les échelles.
I. Des centres qui commandent la mondialisation
- Les villes mondiales concentrent les fonctions de commandement.Saskia Sassen, The Global City (1991) : New York, Londres, Tokyo ; quartier d'affaires de Pudong à Shanghai, ouvert en 1990.
- Des mégalopoles forment les trois pôles d'un monde devenu polycentrique.Triade de Kenichi Ohmae (1985) ; la Chine, premier exportateur mondial de marchandises depuis 2009 (environ 14 % des exportations en 2023).
- Des lieux spécialisés sont hyper-intégrés, quelle que soit leur taille.Silicon Valley (Apple à Cupertino, Alphabet à Mountain View) ; îles Caïmans, moins de 100 000 habitants, place financière extraterritoriale.
II. Des périphéries intégrées de façon sélective et dépendante
- Les ZES font de la Chine littorale l'atelier du monde.Shenzhen, ZES en 1980, plus de 17 millions d'habitants au recensement de 2020.
- Les interfaces attirent les investissements des FTN.Maquiladoras depuis 1965 ; le Mexique, premier partenaire commercial des États-Unis en 2023 ; triangle Singapour–Johor–Riau (1989).
- L'intégration par les ressources reste dépendante.Enclaves pétrolières du delta du Niger, cuivre et cobalt de la Copperbelt : la valeur ajoutée est créée ailleurs.
III. Des marges et une hiérarchie qui se recompose à toutes les échelles
- Des marges faiblement reliées, parfois contraintes.Environ 45 PMA (catégorie ONU de 1971), majoritairement africains ; coups d'État au Mali (2020, 2021), au Burkina Faso (2022), au Niger (2023).
- Des territoires du Nord décrochent.Rust Belt américaine ; faillite de Detroit en juillet 2013.
- Des territoires émergent, mais la fracture persiste.Tanger Med ouvert en 2007, M-Pesa à Nairobi (2007), ZLECAf en vigueur en 2019 ; un tiers de l'humanité n'utilise pas Internet en 2023 (UIT).
Conclusion rédigéeLa mondialisation intègre donc les territoires de manière très inégale. Des centres, concentrés dans quelques villes mondiales et mégalopoles d'Amérique du Nord, d'Europe et d'Asie orientale, commandent les flux. Des périphéries, comme la Chine littorale ou le nord du Mexique, les produisent sous la dépendance des firmes transnationales. Des marges, au Sahel, en Asie centrale ou à l'écart des grandes villes, restent faiblement reliées. Cette hiérarchie n'est pourtant pas figée : l'Asie orientale est passée de la périphérie au centre en une génération, tandis que Detroit a décroché au cœur de la première puissance mondiale. Reste à savoir si la montée des tensions commerciales depuis 2018 et les relocalisations annoncées redessineront cette carte, et au profit de quels territoires.
Le piège — Réciter une typologie de pays riches et pauvres à l'échelle des États, sans changer d'échelle ni montrer que la hiérarchie évolue : le mot « territoires » impose de descendre jusqu'aux régions et aux villes.
Sujet 2 — Coopérations, tensions et régulations dans la mondialisation, aux échelles mondiale, régionale et locale
Analyse des termes — Les coopérations sont les actions communes d'États ou d'autres acteurs pour organiser les échanges ; les tensions, les conflits d'intérêts qu'ils suscitent ; les régulations, les règles communes et les moyens de les faire respecter. Le sujet couvre la période qui va du GATT (1947) et surtout de l'OMC (1995) à nos jours, et impose de traiter les trois échelles annoncées.
Problématique — Dans quelle mesure les acteurs de la mondialisation parviennent-ils à coopérer et à réguler des échanges qui, du mondial au local, font naître des tensions ?
Introduction rédigéeLe 30 novembre 1999, à Seattle, des dizaines de milliers de manifestants perturbent l'ouverture d'une conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce, créée moins de cinq ans plus tôt pour organiser les échanges mondiaux. La scène résume les trois termes du sujet : une coopération entre États, des tensions qu'elle suscite, et la question de savoir qui fixe les règles. Coopérer, c'est agir ensemble pour faciliter les échanges ; les tensions naissent des conflits d'intérêts entre les gagnants et les perdants de l'ouverture ; réguler, c'est fixer des règles communes et les faire respecter. Ces trois dimensions se jouent à l'échelle mondiale, avec l'OMC, à l'échelle régionale, avec des organisations comme l'ASEAN ou le Mercosur, et à l'échelle locale, là où les décisions touchent des ouvriers, des paysans ou des habitants. Depuis 1995, et plus encore depuis 2018, les tensions entre grandes puissances ont mis à l'épreuve ce système. Dans quelle mesure les acteurs de la mondialisation parviennent-ils à coopérer et à réguler des échanges qui, du mondial au local, font naître des tensions ? Nous verrons que les acteurs coopèrent pour organiser les échanges, mais que les tensions se multiplient, ce qui explique des régulations nombreuses mais incomplètes.
I. Coopérer pour organiser les échanges
- À l'échelle mondiale, le multilatéralisme organise le commerce.GATT (1947, 23 États), OMC (1er janvier 1995, 166 membres en 2024), adhésion de la Chine en 2001.
- À l'échelle régionale, les accords se multiplient.ASEAN (1967), Mercosur (1991), ALENA (1994) devenu ACEUM (2020), RCEP (signé en 2020), ZLECAf (en vigueur en 2019).
- À l'échelle locale, des coopérations transfrontalières se développent.Triangle Singapour–Johor–Riau (1989) ; passerelle Cross Border Xpress entre San Diego et l'aéroport de Tijuana (2015).
II. Des tensions qui se multiplient
- La rivalité entre les États-Unis et la Chine fragmente les échanges.Droits de douane à partir de 2018 ; restrictions sur les semi-conducteurs (2022), sur le gallium et le germanium (2023) ; droit de douane minimal américain de 10 % (avril 2025).
- Les désaccords Nord-Sud bloquent la négociation multilatérale.Cycle de Doha ouvert en 2001, enlisé sur les subventions agricoles ; nouvelles routes de la soie (2013) et port de Hambantota concédé pour 99 ans (2017).
- Les tensions locales révèlent le coût social des chaînes de valeur.Rana Plaza, 24 avril 2013, plus de 1 100 morts ; projet Daewoo à Madagascar (2008), abandonné en 2009 ; manifestations de Seattle (1999).
III. Des régulations multiples mais incomplètes
- La régulation multilatérale existe mais s'affaiblit.Plus de 600 différends soumis à l'OMC ; accords de Bali (2013) et de Genève (2022) ; organe d'appel paralysé depuis le 11 décembre 2019.
- Les États et leurs forums prennent le relais.Premier sommet des chefs d'État du G20 à Washington (novembre 2008) ; impôt minimum de 15 % décidé en octobre 2021 par 136 pays et juridictions.
- Sociétés civiles et FTN inventent des régulations volontaires, aux effets limités.Accord sur la sécurité des bâtiments au Bangladesh (mai 2013, plus de 200 marques) ; Principes directeurs de l'ONU (2011).
Conclusion rédigéeLa mondialisation repose sur des coopérations réelles, de l'OMC aux organisations régionales et aux accords transfrontaliers. Elle engendre pourtant des tensions croissantes : rivalité entre les États-Unis et la Chine, blocage des négociations entre le Nord et le Sud, drames locaux comme celui du Rana Plaza. Les régulations se multiplient — règlement des différends, impôt minimum mondial, accords signés par les marques —, mais elles restent partielles, car aucune autorité ne s'impose aux grandes puissances. Au milieu des années 2020, la tendance est moins à la fin de la mondialisation qu'à sa fragmentation en blocs régionaux rivaux. La question se pose avec une acuité particulière pour les mers et les océans, où transitent l'essentiel des marchandises et où se croisent intérêts économiques et rivalités stratégiques.
Le piège — Oublier l'échelle locale, pourtant explicitement demandée, ou transformer le sujet en récit de l'OMC ; autre faute fréquente : consacrer une partie à la France ou à l'Union européenne, qui relèvent d'autres questions du programme.