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Histoire-Géographie Terminale

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Mers et océans : au cœur de la mondialisation

Maritimisation, routes et détroits, ports, ZEE, appropriation, protection, liberté de circulation (programme de géographie de Tle)

À propos de cette page
Ce lexique sur « Mers et océans : au cœur de la mondialisation » en terminale donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Mers et océans : un espace devenu central dans la mondialisation, Un transport maritime révolutionné : conteneur, gigantisme, armateurs, Routes, détroits et canaux : un réseau hiérarchisé, Ports, façades et câbles : les interfaces de la mondialisation. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de terminale.

Maritimisation

Processus par lequel les économies, les flux et les populations se tournent vers la mer, qui devient un espace central des échanges et de l'exploitation des ressources.

À ne pas confondre

  • Littoralisation — La littoralisation est la concentration des hommes et des activités sur les côtes ; c'est une conséquence, à terre, de la maritimisation, pas un synonyme.

Selon l'époque et le point de vue — Le terme se diffuse chez les géographes français à partir des années 1980-1990, pour nommer l'essor du commerce maritime conteneurisé et l'industrialisation des littoraux ; il figure dans le programme de Terminale de 2019.

Ce que le mot permet d'écrire — Il ouvre toute composition sur les mers et océans. Faute à éviter : le réduire au transport, alors qu'il englobe aussi les ressources, la puissance navale et les flux de données.

Littoralisation

Concentration croissante des populations, des villes et des activités économiques sur les littoraux.

À ne pas confondre

  • Maritimisation — La maritimisation concerne l'ouverture des économies à la mer ; la littoralisation désigne ce qui se passe sur la bande côtière.

Selon l'époque et le point de vue — Employé par les géographes depuis les années 1970 pour décrire le déplacement des industries lourdes vers les ports (sidérurgie, pétrochimie) puis le tourisme balnéaire.

Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour les façades maritimes et les métropoles portuaires. Faute : oublier ses coûts (artificialisation, pollution, exposition à la montée des eaux).

Conteneurisation

Généralisation du transport de marchandises dans des boîtes métalliques standardisées, transférées sans rupture de charge entre navire, train et camion.

À ne pas confondre

  • Vrac — Le vrac (pétrole, minerai, céréales) est chargé directement dans la cale ; le conteneur transporte surtout des produits manufacturés.

Selon l'époque et le point de vue — Lancée par Malcom McLean avec l'Ideal X le 26 avril 1956 entre Newark et Houston ; les dimensions sont normalisées à l'échelle internationale à la fin des années 1960.

Ce que le mot permet d'écrire — Clé de la première partie de tout sujet sur les vecteurs de la mondialisation. Faute : croire qu'elle concerne tout le trafic, alors que le vrac domine en tonnage.

EVP (équivalent vingt pieds)

Unité de mesure du trafic de conteneurs, correspondant à une boîte d'environ 6 m de long ; un conteneur de 40 pieds vaut 2 EVP.

À ne pas confondre

  • Tonnage — Le tonnage mesure le poids des marchandises ou la capacité d'un navire ; un port minéralier peut avoir un tonnage énorme et très peu d'EVP.

Selon l'époque et le point de vue — Traduction de l'anglais TEU (twenty-foot equivalent unit), en usage depuis la normalisation des conteneurs à la fin des années 1960.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert à classer les ports et les navires. Faute : comparer un port en EVP avec un autre en tonnes.

Hub portuaire

Port pivot où les grands navires des lignes principales déposent des conteneurs, redistribués vers des ports secondaires par des navires plus petits (feeders).

À ne pas confondre

  • Façade maritime — Le hub est un port ; la façade est un ensemble de ports proches desservant le même arrière-pays.

Selon l'époque et le point de vue — Le modèle « hub and spoke » (moyeu et rayons) vient du transport aérien américain ; les armateurs l'appliquent à partir des années 1980-1990 avec le gigantisme des navires.

Ce que le mot permet d'écrire — Exemples attendus : Singapour, Tanger Med. Faute : appeler « hub » n'importe quel grand port, même sans activité de transbordement.

Façade maritime

Ensemble de ports voisins, reliés à un même arrière-pays et ouverts sur un même espace maritime, qui fonctionnent à la fois en concurrence et en complémentarité.

À ne pas confondre

  • Littoral — Le littoral est une bande de contact terre-mer ; la façade est une notion fonctionnelle, définie par des ports et leurs flux.

Selon l'époque et le point de vue — Notion de la géographie française ; la « Northern Range » (du Havre à Hambourg) en est l'exemple classique, dépassé depuis les années 2000 par la façade d'Asie orientale.

Ce que le mot permet d'écrire — Indispensable au croquis et au schéma. Faute : oublier la hiérarchie entre façades.

Passage stratégique

Détroit ou canal par lequel transitent des flux majeurs et que les navires ne peuvent éviter sans un long détour.

À ne pas confondre

  • Route maritime — La route est un itinéraire ; le passage stratégique en est le goulet, le point où les flux se concentrent.

Selon l'époque et le point de vue — Notion ancienne des stratèges navals (Mahan, 1890) ; l'agence américaine de l'énergie (EIA) en publie un suivi chiffré pour le pétrole.

Ce que le mot permet d'écrire — Malacca, Ormuz, Bab el-Mandeb, Suez, Panama, Gibraltar, Bosphore. Faute : n'y voir qu'une faiblesse, alors qu'il est aussi une ressource pour les États riverains.

Mer territoriale

Bande de mer de 12 milles marins au plus, mesurée à partir des lignes de base, où l'État côtier exerce sa souveraineté.

À ne pas confondre

  • Eaux intérieures — Les eaux intérieures (ports, baies fermées) sont en deçà des lignes de base et ne connaissent pas de droit de passage inoffensif.

Selon l'époque et le point de vue — Longtemps fixée à 3 milles (portée d'un canon, doctrine formulée au début du XVIIIe siècle), elle est portée à 12 milles par la convention de 1982 (article 3).

Ce que le mot permet d'écrire — Faute fréquente : oublier que les navires étrangers y conservent un droit de passage inoffensif (article 17).

Zone économique exclusive (ZEE)

Espace maritime s'étendant jusqu'à 200 milles marins des lignes de base, où l'État côtier a des droits souverains sur l'exploration et l'exploitation des ressources.

À ne pas confondre

  • Mer territoriale — Dans la mer territoriale, l'État est souverain ; dans la ZEE, il n'a que des droits économiques, la navigation et la pose de câbles restant libres.

Selon l'époque et le point de vue — Annoncée par les revendications latino-américaines (déclaration de Santiago, 1952), proposée comme concept par le Kenya au début des années 1970, consacrée par la convention de 1982 (articles 55 à 75).

Ce que le mot permet d'écrire — Notion centrale de la seconde question du programme. Faute majeure : écrire que la ZEE « appartient » à l'État.

Plateau continental

Au sens juridique, fonds marins et sous-sol prolongeant le territoire terrestre, sur lesquels l'État a des droits sur les ressources, jusqu'à 200 milles et, sur dossier, jusqu'à 350 milles.

À ne pas confondre

  • Plateau continental géologique — Le géologue désigne la partie peu profonde de la marge continentale ; le juriste, une zone définie par l'article 76 de la convention, qui peut être plus large.

Selon l'époque et le point de vue — Revendiqué pour la première fois par la proclamation Truman du 28 septembre 1945, codifié à Genève en 1958 puis à Montego Bay en 1982.

Ce que le mot permet d'écrire — Explique les revendications dans l'Arctique. Faute : le confondre avec la ZEE, qui porte aussi sur la colonne d'eau.

Haute mer

Espace maritime au-delà des ZEE, ouvert à tous les États, où s'exercent les libertés de navigation, de survol, de pêche, de pose de câbles et de recherche.

À ne pas confondre

  • La Zone — La haute mer désigne la colonne d'eau ; la « Zone » désigne les fonds marins au-delà des juridictions nationales, patrimoine commun de l'humanité.

Selon l'époque et le point de vue — Héritière du Mare liberum de Grotius (1609), définie par la convention de Genève de 1958 puis par les articles 86 à 120 de la convention de 1982 ; l'accord BBNJ (en vigueur en 2026) y organise la protection de la biodiversité.

Ce que le mot permet d'écrire — Faute : la présenter comme un espace « sans loi ».

Patrimoine commun de l'humanité

Statut juridique des fonds marins situés au-delà des juridictions nationales et de leurs ressources, qui ne peuvent être appropriés par aucun État et dont l'exploitation doit profiter à l'humanité entière.

À ne pas confondre

  • Bien commun — Le bien commun est une notion économique ou morale ; le patrimoine commun de l'humanité est un statut juridique précis (article 136).

Selon l'époque et le point de vue — Formulé par l'ambassadeur maltais Arvid Pardo devant l'ONU le 1er novembre 1967, repris dans l'article 136 de la convention de 1982 ; l'Autorité internationale des fonds marins (Kingston) le met en œuvre.

Ce que le mot permet d'écrire — Au cœur du débat sur les nodules polymétalliques. Faute : l'appliquer à la haute mer entière.

Pavillon de complaisance

Immatriculation d'un navire dans un État avec lequel son propriétaire n'a pas de lien réel, pour profiter d'une fiscalité légère et de règles sociales ou techniques peu contraignantes.

À ne pas confondre

  • Nationalité de l'armateur — Un armateur suisse, grec ou chinois peut faire naviguer des navires sous pavillon libérien ou panaméen.

Selon l'époque et le point de vue — Se développe dans l'entre-deux-guerres avec le registre panaméen, puis avec celui du Libéria créé en 1948 ; le Libéria, le Panama et les îles Marshall sont aujourd'hui les trois premiers registres.

Ce que le mot permet d'écrire — Montre le rôle des acteurs privés et les limites du contrôle étatique. Faute : croire que le pavillon indique qui possède le navire.

Aire marine protégée

Espace maritime délimité où les activités humaines sont réglementées pour conserver la nature, avec des niveaux de protection très variables.

À ne pas confondre

  • Réserve intégrale — Une réserve intégrale interdit toute extraction ; beaucoup d'aires marines protégées autorisent la pêche ou la navigation.

Selon l'époque et le point de vue — Le parc marin de la Grande Barrière de corail (Australie, 1975) est pionnier ; l'aire de la mer de Ross est adoptée en 2016 ; l'objectif « 30 × 30 » date de décembre 2022.

Ce que le mot permet d'écrire — Illustre la logique de protection. Faute : additionner les surfaces sans distinguer protection forte et faible.

Piraterie maritime

Acte de violence ou de détention illicite commis à des fins privées par l'équipage d'un navire contre un autre navire, en haute mer ou hors de la juridiction de tout État.

À ne pas confondre

  • Brigandage maritime — Les mêmes actes commis dans les eaux territoriales d'un État relèvent du brigandage, que seul cet État peut réprimer.

Selon l'époque et le point de vue — Définie par l'article 101 de la convention de 1982 ; elle culmine au large de la Somalie vers 2009-2011 et persiste dans le golfe de Guinée.

Ce que le mot permet d'écrire — Illustre la liberté de circulation à défendre. Faute : qualifier de piraterie les attaques des Houthis, qui relèvent d'un acteur armé politique.

Les repères du programme

Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.

Flux / stocks

La mer est à la fois un espace où l'on circule (flux) et un gisement que l'on exploite (stocks de poissons, hydrocarbures, minerais).

Ce qu'il débloque — Structure la plupart des sujets : la circulation appelle la liberté, l'exploitation appelle l'appropriation.

Exemple — Sur le sujet « Mers et océans, espaces convoités », il permet de distinguer la course aux routes et la course aux ressources.

Ouverture / fermeture

Opposition entre la mer libre (Grotius, 1609) et la mer appropriée (Selden, 1635 ; ZEE, 1982).

Ce qu'il débloque — Donne une profondeur historique à une introduction ou à une première partie.

Exemple — Sur le sujet « Appropriation et liberté de circulation », il permet de montrer que la convention de 1982 est un compromis entre ces deux logiques.

Centre / périphérie

Les façades et les routes forment une hiérarchie : Asie orientale, Northern Range, Amérique du Nord au centre ; Afrique et Amérique latine en marge.

Ce qu'il débloque — Indispensable pour montrer que la mondialisation maritime est inégale.

Exemple — Sur le sujet « Mers et océans, vecteurs de la mondialisation », il permet d'opposer Shanghai (environ 49 millions d'EVP) aux ports africains, à l'exception de Tanger Med.

Fluidité / vulnérabilité

L'efficacité du transport maritime repose sur la concentration des flux, qui crée des points de fragilité.

Ce qu'il débloque — Fournit une troisième partie critique.

Exemple — Sur un sujet consacré aux routes maritimes, il permet de relier l'Ever Given (2021) et la crise de la mer Rouge (depuis 2023).

Appropriation / protection

L'État qui s'approprie un espace peut l'exploiter ou le protéger ; au-delà des juridictions, la protection exige un accord multilatéral.

Ce qu'il débloque — Permet de dépasser l'opposition simple entre États et environnement.

Exemple — Sur le sujet « Les océans, un bien commun ? », il permet d'articuler ZEE, aires marines protégées et accord BBNJ.

Échelle mondiale / échelle locale

Les enjeux maritimes se lisent à l'échelle du globe (routes) et à celle d'un détroit ou d'un port.

Ce qu'il débloque — Le jeu d'échelles est une compétence évaluée au bac.

Exemple — Sur un sujet portant sur les détroits, il permet de passer de la route Asie-Europe au goulet de Bab el-Mandeb, large d'une trentaine de kilomètres.

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