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Histoire-Géographie Terminale

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Mers et océans : au cœur de la mondialisation

Maritimisation, routes et détroits, ports, ZEE, appropriation, protection, liberté de circulation (programme de géographie de Tle)

À propos de cette page
Ce cours d'histoire-géographie en terminale sur « Mers et océans : au cœur de la mondialisation » suit le programme officiel d'histoire-géographie de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Mers et océans : un espace devenu central dans la mondialisation, Un transport maritime révolutionné : conteneur, gigantisme, armateurs, Routes, détroits et canaux : un réseau hiérarchisé, Ports, façades et câbles : les interfaces de la mondialisation. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en histoire-géographie.

4 analyses de document, de nature différente, avec la réponse entièrement rédigée. C’est l’exercice le plus fréquent de l’épreuve : le document est donné en entier, tu travailles dessus sans rien ouvrir d’autre.

Document 1 — Le découpage juridique des océans

Facile

Extraits d'un traité international · Convention des Nations unies sur le droit de la mer, signée à Montego Bay (Jamaïque) le 10 décembre 1982, entrée en vigueur le 16 novembre 1994 ; articles 3, 17, 56, 57, 87, 89 et 136 (version française officielle).

Ce texte clôt la troisième conférence des Nations unies sur le droit de la mer (1973-1982), ouverte alors que de nombreux États étendaient unilatéralement leurs droits en mer. Il s'adresse aux États, qui le signent et le ratifient ; plus de 160 y sont aujourd'hui parties, mais pas les États-Unis.

Article 3. Tout État a le droit de fixer la largeur de sa mer territoriale ; cette largeur ne dépasse pas 12 milles marins mesurés à partir de lignes de base établies conformément à la Convention.

Article 17. Sous réserve de la Convention, les navires de tous les États, côtiers ou sans littoral, jouissent du droit de passage inoffensif dans la mer territoriale.

Article 56, § 1. Dans la zone économique exclusive, l'État côtier a : a) des droits souverains aux fins d'exploration et d'exploitation, de conservation et de gestion des ressources naturelles, biologiques ou non biologiques, des eaux surjacentes aux fonds marins, des fonds marins et de leur sous-sol […].

Article 57. La zone économique exclusive ne s'étend pas au-delà de 200 milles marins des lignes de base à partir desquelles est mesurée la largeur de la mer territoriale.

Article 87, § 1. La haute mer est ouverte à tous les États, qu'ils soient côtiers ou sans littoral. […] Elle comporte notamment pour les États […] : a) la liberté de navigation ; b) la liberté de survol ; c) la liberté de poser des câbles et des pipelines sous-marins […] ; e) la liberté de la pêche […].

Article 89. Aucun État ne peut légitimement prétendre soumettre une partie quelconque de la haute mer à sa souveraineté.

Article 136. La Zone et ses ressources sont le patrimoine commun de l'humanité.

Montrez que ce document organise l'appropriation des espaces maritimes tout en préservant la liberté de circulation, puis indiquez ses limites.

  1. Présentez le document (nature, date, auteur, destinataires).
  2. Identifiez les espaces maritimes définis par le texte et les droits qu'y exerce l'État côtier.
  3. Montrez que le texte concilie appropriation des mers et liberté de circulation.
  4. À l'aide de vos connaissances, montrez les limites de ce cadre juridique.
Voir la réponse rédigée

1. Il s'agit d'extraits de la convention des Nations unies sur le droit de la mer, traité international signé à Montego Bay, en Jamaïque, le 10 décembre 1982, à l'issue d'une négociation de neuf ans, et entré en vigueur le 16 novembre 1994. Son auteur est collectif : ce sont les États réunis sous l'égide de l'ONU. C'est un texte normatif : il fixe des règles qui s'imposent aux États parties, et il s'adresse d'abord aux gouvernements des États côtiers et des puissances maritimes.

2. Le texte découpe les océans en espaces emboîtés, où les droits de l'État diminuent à mesure qu'on s'éloigne des côtes. La mer territoriale ne dépasse pas « 12 milles marins » (article 3), soit environ 22 km : l'État y est souverain. La zone économique exclusive s'étend jusqu'à « 200 milles marins » (article 57), soit environ 370 km : l'État n'y possède que des « droits souverains » sur les « ressources naturelles, biologiques ou non biologiques » (article 56), c'est-à-dire la pêche, les hydrocarbures ou les minerais. Au-delà s'étend la haute mer, où aucun État ne peut revendiquer la souveraineté (article 89), tandis que les fonds, appelés « la Zone », sont « le patrimoine commun de l'humanité » (article 136).

3. Le texte donne aux États côtiers une part considérable des océans : les ZEE couvrent aujourd'hui un peu plus du tiers de leur surface. Mais il protège la circulation à chaque niveau. Même dans la mer territoriale, les navires étrangers « jouissent du droit de passage inoffensif » (article 17). En haute mer, l'article 87 énumère les libertés de « navigation », de « survol » et de pose de « câbles et des pipelines sous-marins » : ce sont exactement les conditions de la mondialisation maritime. Le texte distingue donc les ressources, qu'il permet d'approprier, et les routes, qu'il garde ouvertes.

4. Ce cadre a plusieurs limites. Tous les États n'y sont pas liés : les États-Unis ne l'ont pas ratifié et la Turquie ne l'a pas signé, ce qui complique le tracé des ZEE en Méditerranée orientale. Son interprétation est contestée : la Chine revendique en mer de Chine méridionale des « droits historiques » que le tribunal arbitral a jugés sans fondement le 12 juillet 2016, et elle a rejeté la sentence. Les ZEE se chevauchent dans les mers étroites, et les extensions de plateau continental se superposent dans l'Arctique. Enfin, la haute mer est longtemps restée peu protégée : il a fallu attendre l'accord BBNJ, adopté en 2023 et en vigueur en 2026, pour y créer des aires marines protégées.

Ce que cette analyse apprend — Analyser un texte juridique : citer l'article précis, traduire les distances en kilomètres, puis confronter la norme à la pratique des États.

Document 2 — Les premiers ports à conteneurs du monde

Moyen

Tableau statistique · D'après Lloyd's List, One Hundred Container Ports 2024 (trafic de l'année 2023) ; valeurs arrondies.

Lloyd's List, publication britannique spécialisée dans le transport maritime, classe chaque année les cent premiers ports à conteneurs du monde. Le tableau retient les huit premiers et une sélection de ports européens, africain et américain pour comparaison.

RangPortPaysTrafic 2023 (millions d'EVP, arrondi)
1ShanghaiChine49
2SingapourSingapour39
3Ningbo-ZhoushanChine35
4ShenzhenChine30
5QingdaoChine29
6Canton (Guangzhou)Chine25
7BusanCorée du Sud23
8TianjinChine22
Quelques autres ports, hors des huit premiers
–RotterdamPays-Bas13
–Anvers-BrugesBelgique12,5
–Tanger MedMaroc9
–Los AngelesÉtats-Unis9
–HambourgAllemagne8

Montrez que ce tableau révèle une hiérarchie des ports et des façades maritimes mondiales, puis expliquez-la.

  1. Présentez le document et expliquez l'unité utilisée.
  2. Quelle est la région qui domine le classement ? Justifiez par des calculs.
  3. Expliquez cette domination à l'aide de vos connaissances.
  4. Quelles sont les limites de ce document pour mesurer la puissance maritime ?
Voir la réponse rédigée

1. Ce tableau statistique, établi d'après le classement annuel de Lloyd's List publié en 2024, présente le trafic de conteneurs des principaux ports du monde en 2023. Le trafic est mesuré en EVP (équivalent vingt pieds), l'unité qui correspond à un conteneur standard d'environ 6 m ; un conteneur de 40 pieds compte pour deux EVP. Il mesure donc la circulation des produits manufacturés, cœur de la mondialisation des échanges.

2. L'Asie orientale écrase le classement : les huit premiers ports sont asiatiques, dont six chinois. Ces six ports chinois traitent environ 190 millions d'EVP (49 + 35 + 30 + 29 + 25 + 22), soit les trois quarts des 252 millions d'EVP des huit premiers. Shanghai, avec environ 49 millions d'EVP, traite près de quatre fois plus que Rotterdam (13 millions), premier port européen, et plus de cinq fois plus que Los Angeles (9 millions). Seuls Singapour et Busan, au 2e et au 7e rang, rompent la domination chinoise, tout en restant en Asie orientale.

3. Cette domination tient d'abord au rôle de la Chine comme « atelier du monde » depuis son entrée à l'OMC en 2001 : ses ports exportent les produits manufacturés vers l'Europe et l'Amérique du Nord, le long de la route circumterrestre. Elle tient ensuite à une politique volontariste d'équipement : le port en eau profonde de Yangshan, relié à Shanghai par un pont de plus de 30 km, a ouvert en 2005. Le cas de Singapour est différent : c'est un hub de transbordement, situé à la sortie du détroit de Malacca, où les grands navires déposent des conteneurs redistribués dans toute l'Asie du Sud-Est ; son trafic ne reflète donc pas la production de son territoire, qui compte moins de six millions d'habitants.

4. Le tableau ne mesure que les conteneurs. Il ignore le vrac (pétrole, minerai, charbon, céréales), dominant en tonnage, et donc des ports comme Port Hedland en Australie. Il ne dit rien de la valeur des marchandises, ni des acteurs : les grands armateurs (MSC, Maersk, CMA CGM, COSCO) sont européens ou chinois, et la puissance maritime passe aussi par les flottes, les pavillons, les câbles et la marine de guerre. Enfin, il donne une photographie d'une seule année : il ne montre pas le basculement historique qui a vu Rotterdam perdre le premier rang mondial au milieu des années 2000.

Ce que cette analyse apprend — Exploiter un tableau : calculer des parts et des rapports, les interpréter, puis dire ce que le document ne mesure pas.

Document 3 — Les passages stratégiques du pétrole

Moyen

Carte (planisphère à cercles proportionnels) · Carte construite pour l'exercice d'après U.S. Energy Information Administration (EIA), World Oil Transit Chokepoints, juillet 2017 (données 2016, valeurs arrondies).

L'EIA est l'agence statistique du département américain de l'Énergie ; elle suit les « chokepoints », points de passage obligés du commerce pétrolier, parce que leur fermeture menacerait l'approvisionnement mondial. Le document s'adresse aux décideurs, aux entreprises et aux analystes du marché de l'énergie.

Description de la carte. Planisphère centré sur l'océan Indien. Huit passages sont figurés par des cercles rouges proportionnels au volume de pétrole (brut et produits raffinés) qui y transite chaque jour. Des flèches noires partent du golfe Persique vers l'Asie orientale (par Malacca), vers l'Europe (par Bab el-Mandeb et Suez, ou par le cap de Bonne-Espérance) et vers l'Amérique. Un encadré indique qu'un peu plus de 60 % du pétrole produit dans le monde en 2015 a été transporté par voie maritime.

PassagePétrole en transit en 2016 (millions de barils par jour)
Détroit d'Ormuz18,5
Détroit de Malacca16
Cap de Bonne-Espérance5,8
Canal de Suez et oléoduc SUMED5,5
Détroit de Bab el-Mandeb4,8
Détroits danois3,2
Détroits turcs (Bosphore, Dardanelles)2,4
Canal de Panama0,9

Montrez que les détroits et canaux sont des points à la fois indispensables et vulnérables du commerce mondial de l'énergie.

  1. Présentez le document et définissez la notion de passage stratégique.
  2. Classez les passages selon leur importance et expliquez la position des deux premiers.
  3. Montrez, avec vos connaissances, que ces passages sont vulnérables.
  4. Quelles solutions de contournement existent, et quelles sont les limites de la carte ?
Voir la réponse rédigée

1. Cette carte, construite d'après une étude de l'agence américaine de l'énergie (EIA) publiée en juillet 2017, représente les volumes de pétrole transitant en 2016 par les principaux passages maritimes. Un passage stratégique est un détroit ou un canal que les navires doivent emprunter sous peine d'un long détour, et où se concentrent donc les flux. Le document rappelle l'enjeu : un peu plus de 60 % du pétrole produit dans le monde voyage par la mer.

2. Deux passages dominent nettement : le détroit d'Ormuz (18,5 millions de barils par jour) et celui de Malacca (16 millions), qui totalisent 34,5 millions de barils par jour, plus que tous les autres réunis (22,6 millions). Viennent ensuite un groupe intermédiaire, autour de 5 millions (Bonne-Espérance, Suez et SUMED, Bab el-Mandeb), puis des passages régionaux (détroits danois et turcs) et le canal de Panama (0,9 million), vingt fois moins fréquenté qu'Ormuz pour le pétrole. Ormuz est la seule sortie du golfe Persique, où se trouvent les grands exportateurs (Arabie saoudite, Irak, Émirats, Koweït, Iran). Malacca est le passage obligé entre l'océan Indien et les grands importateurs d'Asie orientale : Chine, Japon, Corée du Sud. La carte dessine donc l'axe majeur du pétrole mondial, du Golfe vers l'Asie.

3. Ces passages sont étroits : Ormuz ne mesure qu'une trentaine de kilomètres dans sa partie la plus resserrée. Ils sont exposés aux tensions régionales : en 2019, des pétroliers ont été attaqués en mer d'Oman et l'Iran a arraisonné le pétrolier britannique Stena Impero dans le détroit. Depuis novembre 2023, les attaques des Houthis près de Bab el-Mandeb ont détourné une grande partie du trafic de la mer Rouge. Les accidents comptent aussi : l'Ever Given a bloqué Suez du 23 au 29 mars 2021.

4. Le cap de Bonne-Espérance, déjà emprunté par 5,8 millions de barils par jour, sert de route de secours, au prix d'un détour d'une dizaine de jours entre l'Asie et l'Europe. Des oléoducs contournent certains passages : SUMED en Égypte, l'oléoduc saoudien est-ouest vers la mer Rouge, l'oléoduc émirien vers Fujaïrah, ouvert en 2012, qui évite Ormuz. La carte a toutefois des limites : elle date de 2016, avant la crise de la mer Rouge ; elle ne montre que le pétrole, pas le gaz naturel liquéfié du Qatar, qui passe lui aussi par Ormuz, ni les conteneurs ; enfin, elle ignore la route maritime du Nord, encore marginale.

Ce que cette analyse apprend — Lire une carte à figurés proportionnels : hiérarchiser, expliquer par la localisation, puis dater le document pour en mesurer les limites.

Document 4 — Grotius et la liberté des mers

Difficile

Extrait d'un traité juridique du XVIIe siècle (document d'époque) · Hugo Grotius, Mare liberum, sive de jure quod Batavis competit ad Indicana commercia dissertatio, Leyde, Elzevier, 1609, chapitres I, V, VI et VII (traduction française établie pour l'exercice).

Le juriste hollandais Hugo Grotius (1583-1645) rédige ce texte pour justifier la prise d'un navire portugais, la Santa Catarina, par un capitaine de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC, fondée en 1602) dans le détroit de Singapour en 1603. Publié anonymement en 1609, il s'adresse aux juristes et aux souverains d'Europe, en pleine concurrence coloniale entre Provinces-Unies, Portugal et Espagne.

[Chapitre I] Nous prendrons pour fondement cette règle du droit des gens, qu'on appelle première, dont la raison est évidente et immuable : il est permis à toute nation de se rendre auprès de toute autre et de commercer avec elle. […]

[Chapitre V] La mer est commune à tous, parce qu'elle est si immense qu'elle ne peut devenir la possession de personne, et parce qu'elle se prête à l'usage de tous, qu'on la considère du point de vue de la navigation ou de celui de la pêche. […] Ce qui ne peut être occupé, ou ne l'a jamais été, ne peut être la propriété de personne, puisque toute propriété est née de l'occupation. […]

[Chapitre VI] Ni la mer ni le droit d'y naviguer n'appartiennent aux Portugais au titre de la donation du pape. […]

[Chapitre VII] Ni la prescription ni la coutume ne leur donnent davantage ce droit. […]

Les Hollandais ont donc le droit de naviguer vers les Indes, comme ils le font aujourd'hui, et d'y commercer avec les peuples de ces contrées.

Analysez les arguments de Grotius en faveur de la liberté des mers, puis montrez en quoi ce débat éclaire les enjeux actuels des espaces maritimes.

  1. Présentez le document en le replaçant dans son contexte.
  2. Quels arguments Grotius avance-t-il pour démontrer que la mer est libre ?
  3. Quels intérêts ce texte sert-il ? Nuancez sa portée universelle.
  4. En quoi ce débat du XVIIe siècle éclaire-t-il les tensions maritimes actuelles ?
Voir la réponse rédigée

1. Ce document est un extrait de Mare liberum (« la mer libre »), traité juridique publié en latin à Leyde en 1609 par le juriste hollandais Hugo Grotius. Il s'inscrit dans la rivalité entre les Provinces-Unies, qui viennent de fonder la VOC en 1602, et le Portugal, qui revendique depuis le XVe siècle le monopole de la route des Indes, au nom des bulles pontificales et du traité de Tordesillas (1494). Grotius l'écrit pour justifier la prise de la Santa Catarina dans le détroit de Singapour en 1603. Il s'adresse aux juristes et aux souverains européens, dans le but de fonder un droit applicable à tous.

2. Grotius combine trois arguments. D'abord un principe de droit naturel : « il est permis à toute nation de se rendre auprès de toute autre et de commercer avec elle ». Ensuite un argument tiré de la nature de la mer : elle est « si immense qu'elle ne peut devenir la possession de personne » et se prête « à l'usage de tous », pour la navigation comme pour la pêche ; or la propriété naît de l'occupation, et l'on ne peut occuper l'océan. Enfin, il réfute les titres portugais : ni la « donation du pape », ni « la prescription », ni « la coutume » ne peuvent fonder un monopole.

3. Le texte sert d'abord les intérêts des Provinces-Unies : sa conclusion affirme que « les Hollandais ont donc le droit de naviguer vers les Indes ». La liberté des mers est l'arme juridique d'une puissance commerciale qui veut briser un monopole rival. Cette liberté a d'ailleurs des limites dans la pratique : la VOC impose elle-même des monopoles aux Moluques, et l'Anglais John Selden répond en 1635 par Mare clausum pour défendre la souveraineté anglaise sur les mers voisines. La mer libre profite surtout à ceux qui ont les navires pour y circuler.

4. Le débat entre mer libre et mer fermée structure encore le droit de la mer. La convention de Montego Bay (1982) en fait un compromis : elle reprend Grotius pour la haute mer, « ouverte à tous les États » (article 87), mais accorde aux États côtiers des ZEE de 200 milles, dans la logique de Selden. Les tensions actuelles rejouent ce débat : en mer de Chine méridionale, la Chine revendique des « droits historiques » sur la majeure partie de la mer, tandis que les États-Unis mènent des opérations de liberté de navigation, comme les Hollandais défendaient hier leur accès aux Indes. Aujourd'hui comme en 1609, la puissance qui domine les échanges défend la liberté des mers, et les États qui veulent protéger leurs ressources ou leur sécurité cherchent à les fermer.

Ce que cette analyse apprend — Analyser un document d'époque : identifier l'intérêt de l'auteur derrière l'argument universel, puis relier le texte ancien à une notion actuelle sans anachronisme.

Bloqué sur ce chapitre ?

Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

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