À propos de cette page
Ce cours d'histoire-géographie en terminale sur « Mers et océans : au cœur de la mondialisation » suit le programme officiel d'histoire-géographie de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Mers et océans : un espace devenu central dans la mondialisation, Un transport maritime révolutionné : conteneur, gigantisme, armateurs, Routes, détroits et canaux : un réseau hiérarchisé, Ports, façades et câbles : les interfaces de la mondialisation. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en histoire-géographie.
2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.
Sujet 1 — Mers et océans, vecteurs essentiels de la mondialisation.
Analyse des termes — Les mers et océans désignent ici à la fois les espaces de circulation, les ports et les infrastructures posées sur les fonds ; « vecteurs » signifie qu'ils sont le support et le moteur des flux. Le sujet porte sur le monde actuel, en remontant à la conteneurisation (1956), sans traiter le cas français.
Problématique — Comment les mers et océans, devenus le support de l'essentiel des échanges, organisent-ils une mondialisation à la fois hiérarchisée et vulnérable ?
Introduction rédigéeDu 23 au 29 mars 2021, le porte-conteneurs Ever Given reste échoué en travers du canal de Suez : des centaines de navires attendent, et des usines européennes manquent de pièces venues d'Asie. L'incident révèle une réalité d'ordinaire invisible : la mondialisation, c'est-à-dire la mise en relation croissante des territoires par des flux de toute nature, passe d'abord par la mer. Les mers et océans, qui couvrent environ 71 % du globe, portent en effet de l'ordre de 80 % du commerce mondial en volume selon la CNUCED, et leurs fonds accueillent les câbles qui transportent l'essentiel des données intercontinentales. On peut les qualifier de vecteurs, puisqu'ils sont à la fois le support et le moteur des échanges, depuis la naissance du conteneur en 1956 jusqu'à l'essor actuel de l'Asie orientale. Mais ce réseau est très inégal et repose sur quelques passages étroits. Comment les mers et océans, devenus le support de l'essentiel des échanges, organisent-ils une mondialisation à la fois hiérarchisée et vulnérable ? Nous verrons d'abord qu'ils sont le support majeur des flux mondiaux, puis qu'ils dessinent un réseau hiérarchisé de routes, de ports et d'acteurs, enfin que cette mondialisation maritime demeure fragile et contestée.
I. Les océans, support majeur des échanges mondiaux
- L'essentiel du commerce mondial passe par la mer.Environ 80 % du commerce mondial en volume selon la CNUCED ; plus de 12 milliards de tonnes chargées en 2023 contre 2,6 milliards en 1970.
- La conteneurisation et le gigantisme ont fait chuter le coût du transport.Ideal X, 26 avril 1956, 58 conteneurs ; MSC Irina, plus de 24 000 EVP, livré en 2023.
- Les mers portent aussi les flux immatériels.Plus de 500 câbles sous-marins, en service ou en projet, transportent l'essentiel (de l'ordre de 99 %) des données intercontinentales.
II. Un réseau hiérarchisé de routes, de ports et d'acteurs
- Une route circumterrestre est-ouest, jalonnée de passages stratégiques.Route Asie-Europe par Malacca, Bab el-Mandeb et Suez (1869) ; Panama (1914, élargi en 2016) entre Atlantique et Pacifique.
- Des façades hiérarchisées dominées par l'Asie orientale.Les huit premiers ports à conteneurs sont asiatiques en 2023 : Shanghai environ 49 millions d'EVP, Singapour 39 ; Rotterdam, premier européen, environ 13.
- Des acteurs publics et privés qui organisent les flux.MSC premier armateur depuis janvier 2022 ; pavillons du Libéria, du Panama et des îles Marshall ; route de la soie maritime chinoise lancée en octobre 2013.
III. Une mondialisation maritime vulnérable et contestée
- La concentration des flux crée des points de rupture.Blocage de Suez par l'Ever Given du 23 au 29 mars 2021 ; restrictions à Panama en 2023 après la sécheresse.
- L'insécurité menace les routes.Piraterie somalienne et opération Atalante (décembre 2008) ; attaques des Houthis en mer Rouge depuis novembre 2023 et détournement par le cap de Bonne-Espérance.
- Le coût environnemental impose une régulation.Un peu moins de 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (OMI, 2020) ; objectif d'émissions nettes nulles vers 2050 fixé en juillet 2023.
Conclusion rédigéeLes mers et océans sont bien les vecteurs essentiels de la mondialisation : grâce à la révolution du conteneur engagée en 1956, ils portent l'essentiel des marchandises, de l'énergie et des données du monde. Ils dessinent un réseau hiérarchisé, organisé autour d'une route est-ouest, de quelques passages stratégiques et de façades dominées depuis les années 2000 par l'Asie orientale, sous l'action d'armateurs peu nombreux et d'États qui, comme la Chine, investissent dans les ports. Cette efficacité a pour contrepartie une vulnérabilité que les crises de Suez (2021), de Panama et de la mer Rouge (2023) ont rendue visible. Reste une question que pose la seconde partie du programme : la mer, espace de circulation, peut-elle rester libre alors que les États cherchent de plus en plus à se l'approprier et que sa dégradation impose de la protéger ?
Le piège — Réciter un catalogue de ports et de détroits sans montrer la hiérarchie entre eux ni la vulnérabilité du système : le sujet demande d'expliquer comment la mer organise la mondialisation, pas seulement de dire qu'elle la porte.
Sujet 2 — Les espaces maritimes : entre appropriation, protection et liberté de circulation.
Analyse des termes — L'appropriation désigne l'extension des droits des États sur la mer (mer territoriale, ZEE, plateau continental), la protection les mesures de conservation des écosystèmes, la liberté de circulation le droit de naviguer, de survoler et de poser des câbles. Le sujet porte sur l'échelle mondiale depuis la proclamation Truman (1945), avec les tensions actuelles.
Problématique — Comment concilier l'appropriation croissante des mers par les États, la nécessité de les protéger et la liberté de circulation sur laquelle repose la mondialisation ?
Introduction rédigéeLe 12 juillet 2016, un tribunal arbitral constitué en vertu de la convention sur le droit de la mer juge sans fondement juridique les « droits historiques » que la Chine revendique sur la majeure partie de la mer de Chine méridionale ; Pékin rejette aussitôt la sentence. Cette décision résume la question posée par les espaces maritimes : à qui appartient la mer ? Longtemps libre au-delà d'une étroite bande côtière, elle fait l'objet d'une appropriation croissante, c'est-à-dire d'une extension des droits des États sur les eaux, les fonds et leurs ressources, codifiée par la convention de Montego Bay en 1982. Or cette appropriation doit composer avec deux autres exigences : la protection des écosystèmes marins, menacés par la surpêche et les pollutions, et la liberté de circulation, qui permet aux navires, aux avions et aux câbles de traverser les océans et sur laquelle repose la mondialisation. Comment concilier l'appropriation croissante des mers par les États, la nécessité de les protéger et la liberté de circulation ? Nous montrerons d'abord que les États s'approprient une part croissante des espaces maritimes, puis que cette appropriation engendre des tensions, enfin que la protection des océans et la liberté de circulation reposent sur une gouvernance encore fragile.
I. Une appropriation croissante des espaces maritimes
- De la mer libre à la mer partagée entre États.Mare liberum de Grotius (1609) ; proclamation Truman (28 septembre 1945) ; déclaration de Santiago (1952) sur 200 milles.
- La convention de Montego Bay codifie ce partage.Signée le 10 décembre 1982, en vigueur le 16 novembre 1994 : mer territoriale de 12 milles, ZEE de 200 milles ; les ZEE couvrent un peu plus du tiers des océans.
- L'appropriation est motivée par les ressources.Pré-sal brésilien (2006-2007), gaz de Leviathan (2010) et de Zohr (2015) ; nodules de la zone de Clarion-Clipperton.
II. Une appropriation source de tensions
- La mer de Chine méridionale, foyer de revendications concurrentes.« Ligne en neuf traits », îles artificielles aux Spratleys depuis 2013-2014 ; sentence du 12 juillet 2016 rejetée par la Chine.
- Des ZEE qui se chevauchent dans les mers étroites.Méditerranée orientale : la Turquie, non signataire, conteste le tracé des ZEE de la Grèce et de Chypre.
- L'Arctique, nouvelle frontière de l'appropriation.Demandes d'extension de plateau continental de la Russie, du Canada et du Danemark se chevauchant sous le pôle Nord ; drapeau russe planté sur le fond le 2 août 2007.
III. Protéger les océans et garantir la circulation : une gouvernance à construire
- La liberté de circulation est défendue par le droit et par la force.Article 87 (liberté de la haute mer), passage en transit dans les détroits ; opération Atalante (2008), Prosperity Guardian (décembre 2023), Aspides (février 2024).
- La protection progresse par les aires marines protégées.Mer de Ross (2016, plus de 1,5 million de km²) ; objectif « 30 × 30 » de Kunming-Montréal (décembre 2022).
- La haute mer entre dans le champ de la protection, mais la gouvernance reste fragile.Accord BBNJ adopté en juin 2023, en vigueur en janvier 2026 ; plus d'un tiers des stocks de poissons évalués surexploités (FAO) ; débat sur l'exploitation minière des grands fonds.
Conclusion rédigéeDepuis la proclamation Truman de 1945, les espaces maritimes sont passés d'une logique de liberté à une logique de partage : la convention de Montego Bay a attribué aux États côtiers des ZEE qui couvrent un peu plus du tiers des océans. Cette appropriation, motivée par les ressources, nourrit des tensions en mer de Chine méridionale, en Méditerranée orientale et dans l'Arctique. La liberté de circulation reste pourtant garantie par le droit et défendue par les marines, et la protection progresse, jusqu'en haute mer avec l'accord BBNJ entré en vigueur en 2026. L'équilibre demeure fragile, car il dépend de la volonté des États. L'exploitation minière des grands fonds, patrimoine commun de l'humanité, sera sans doute le prochain test de cette gouvernance mondiale des océans.
Le piège — Consacrer tout le devoir à la convention de Montego Bay en oubliant la protection, ou écrire que la ZEE appartient à l'État : il n'y a que des droits sur les ressources, la navigation y reste libre.