Ce lexique sur « Les régimes totalitaires » en terminale donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Les régimes totalitaires : un mot, une notion, des critères, L'URSS de Staline : transformer la société par la force, L'Italie fasciste : l'invention de l'« État totalitaire », L'Allemagne nazie : mise au pas et État racial. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de terminale.
Totalitarisme
Système politique qui prétend contrôler la totalité de l'existence des individus au nom d'une idéologie, par un parti unique, un chef, la propagande, l'embrigadement et la terreur.
À ne pas confondre
Autoritarisme — Le régime autoritaire (Salazar) supprime les libertés mais se contente de la passivité ; le régime totalitaire exige la mobilisation et l'adhésion.
Selon l'époque et le point de vue — Forgé en 1923 par l'antifasciste Giovanni Amendola, revendiqué par Mussolini dès 1925, théorisé par Hannah Arendt (1951) puis par Friedrich et Brzezinski (1956).
Ce que le mot permet d'écrire — Notion centrale de tout sujet du chapitre ; faute à éviter : l'employer pour n'importe quelle dictature.
Idéologie
Système d'idées qui prétend expliquer l'histoire et fixer à la société un but à atteindre (société sans classes, communauté raciale, État tout-puissant).
À ne pas confondre
Programme politique — Un programme propose des mesures ; une idéologie totalitaire prétend détenir la vérité et justifie par elle toutes les violences.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot est créé par le philosophe Destutt de Tracy en 1796 ; Marx lui donne au XIXe siècle le sens de pensée qui masque des intérêts.
Ce que le mot permet d'écrire — Sert à distinguer les trois régimes (classe, nation, race) ; faute : croire que les idéologies sont identiques parce que les pratiques se ressemblent.
Fascisme
Idéologie et régime fondés par Mussolini en Italie : culte de la nation et de l'État, de la force et du chef, rejet du libéralisme, de la démocratie et du marxisme.
À ne pas confondre
Nazisme — Le fascisme place l'État au centre ; le nazisme place la race, et fait de l'antisémitisme le cœur de sa doctrine.
Selon l'époque et le point de vue — Du latin fasces, les faisceaux des licteurs romains ; les Faisceaux de combat sont fondés à Milan le 23 mars 1919.
Ce que le mot permet d'écrire — À employer au sens strict pour l'Italie ; faute : appeler « fasciste » tout régime autoritaire ou le nazisme lui-même.
Nazisme
Idéologie du parti national-socialiste de Hitler : hiérarchie des races, antisémitisme, communauté du peuple, espace vital, principe du chef.
À ne pas confondre
Nationalisme — Le nationalisme exalte la nation ; le nazisme la définit par le sang et exclut de la communauté ceux qu'il juge racialement étrangers.
Selon l'époque et le point de vue — Abréviation de Nationalsozialismus ; le NSDAP prend ce nom en 1920, Hitler le dirige à partir de 1921 et expose sa doctrine dans Mein Kampf (1925-1926).
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur l'Allemagne et sur la comparaison ; faute : réduire le nazisme à un anticommunisme.
Stalinisme
Système de gouvernement de Staline en URSS (1929-1953) : pouvoir personnel, industrialisation et collectivisation forcées, culte du chef, terreur de masse.
À ne pas confondre
Communisme — Le communisme est une idéologie (société sans classes) ; le stalinisme est une pratique historique du pouvoir qui s'en réclame.
Selon l'époque et le point de vue — Le terme circule dès les années 1930 chez ses adversaires, dont Trotski ; Khrouchtchev dénonce le « culte de la personnalité » en février 1956.
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur l'URSS et la terreur ; faute : dater le stalinisme de 1917 ou de 1924.
Parti unique
Seul parti autorisé, qui encadre la société, fournit les cadres de l'État et diffuse l'idéologie.
À ne pas confondre
Parti dominant — Un parti dominant gagne les élections face à des rivaux ; le parti unique les a interdits.
Selon l'époque et le point de vue — PNF en Italie (dissolution des autres partis en novembre 1926), NSDAP en Allemagne (loi du 14 juillet 1933), parti bolchevique en URSS dès le début des années 1920.
Ce que le mot permet d'écrire — Critère de définition du totalitarisme ; faute : oublier la date de sa mise en place.
Culte du chef
Glorification permanente du dirigeant, présenté comme infaillible et comme l'incarnation du peuple ou de la révolution.
À ne pas confondre
Popularité — La popularité se mesure librement ; le culte est organisé par l'État et interdit toute critique.
Selon l'époque et le point de vue — Le Duce en Italie, le Führer en Allemagne (1934), Staline célébré à partir de décembre 1929 ; l'expression « culte de la personnalité » est popularisée par Khrouchtchev en 1956.
Ce que le mot permet d'écrire — Tous les sujets sur l'adhésion ; faute : en faire une simple vanité personnelle, alors qu'il structure le régime.
Propagande
Action organisée pour diffuser une idéologie et obtenir l'adhésion, par tous les médias : presse, radio, cinéma, affiches, fêtes de masse.
À ne pas confondre
Censure — La censure interdit ce qui déplaît ; la propagande fabrique ce qu'il faut croire. Les deux vont ensemble.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot vient de la congrégation catholique de propaganda fide (1622) ; Goebbels en fait un ministère en mars 1933.
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur l'adhésion ; faute : croire qu'elle suffit à expliquer le soutien des populations.
Embrigadement
Encadrement obligatoire des individus, surtout des jeunes, dans des organisations du régime pour les endoctriner et les mobiliser.
À ne pas confondre
Endoctrinement — L'endoctrinement agit sur les idées ; l'embrigadement enrôle les corps et le temps dans des organisations.
Selon l'époque et le point de vue — Balilla (1926), Jeunesses hitlériennes obligatoires en 1936, Komsomol en URSS depuis 1918.
Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour montrer le contrôle de la société ; faute : oublier l'encadrement des loisirs (Dopolavoro, Force par la joie).
Terreur
Usage systématique de la violence d'État (arrestations, déportations, exécutions) pour briser toute opposition, réelle ou supposée, et paralyser la société par la peur.
À ne pas confondre
Répression — La répression punit des opposants ; la terreur frappe aussi des innocents, par catégories ou par quotas, pour intimider tous.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot désigne d'abord la Terreur révolutionnaire française (1793-1794) ; les bolcheviks proclament la « Terreur rouge » en septembre 1918.
Ce que le mot permet d'écrire — Au cœur des sujets sur la violence ; faute : l'employer de façon vague, sans la dater ni la situer (Grande Terreur, 1937-1938).
Goulag
Administration soviétique des camps de travail forcé, et par extension le système concentrationnaire soviétique.
À ne pas confondre
Camp de concentration nazi — Le Goulag exploite économiquement une masse de détenus ; les camps nazis d'avant-guerre servent surtout à briser les opposants et les exclus de la « communauté ».
Selon l'époque et le point de vue — Acronyme russe de « Direction principale des camps », créée en 1930 ; popularisé en Occident par L'Archipel du Goulag d'Alexandre Soljenitsyne (1973).
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur la terreur stalinienne ; faute : le confondre avec les centres de mise à mort nazis.
Camp de concentration
Lieu d'internement sans jugement de personnes jugées dangereuses ou indésirables, soumises au travail forcé et à la violence.
À ne pas confondre
Centre de mise à mort — Le camp de concentration enferme ; le centre de mise à mort, créé à partir de la fin de 1941, tue dès l'arrivée.
Selon l'époque et le point de vue — Le terme existe avant le nazisme (guerre des Boers, 1899-1902) ; Dachau, premier camp nazi, ouvre le 22 mars 1933.
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur la violence nazie avant 1939 ; faute : parler de génocide pour la période d'avant-guerre.
Antisémitisme d'État
Hostilité envers les Juifs transformée en politique officielle : lois d'exclusion, spoliations, violences organisées.
À ne pas confondre
Antijudaïsme — L'antijudaïsme est une hostilité religieuse ancienne ; l'antisémitisme moderne se prétend racial et biologique.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot « antisémitisme » se diffuse en Allemagne vers 1879 ; il devient loi avec la loi du 7 avril 1933 et les lois de Nuremberg (1935).
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur le nazisme et ses singularités ; faute : ignorer les lois raciales italiennes de 1938.
Espace vital
Territoire que le nazisme juge nécessaire à la survie et à l'expansion du peuple allemand, à conquérir à l'Est sur les peuples slaves.
À ne pas confondre
Pangermanisme — Le pangermanisme veut réunir les Allemands dans un même État (Anschluss, Sudètes) ; l'espace vital vise au-delà la conquête de terres non allemandes.
Selon l'époque et le point de vue — La notion vient du géographe Friedrich Ratzel (1901) ; Hitler la reprend dans Mein Kampf.
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur les politiques expansionnistes ; faute : ne l'appliquer qu'aux régions peuplées d'Allemands.
Mise au pas
Élimination en 1933-1934 de toute autonomie en Allemagne : partis, syndicats, Länder, presse et associations sont soumis au parti nazi.
À ne pas confondre
Coup d'État — Le coup d'État prend le pouvoir par la force en une fois ; la mise au pas détruit la démocratie par étapes, en s'appuyant sur des lois.
Selon l'époque et le point de vue — Traduction de Gleichschaltung ; étapes : décret du 28 février 1933, loi des pleins pouvoirs du 23 mars, parti unique le 14 juillet.
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur l'installation du nazisme ; faute : la réduire à la seule loi des pleins pouvoirs.
Collectivisation
Regroupement forcé des terres et des paysans soviétiques dans des kolkhozes et des sovkhozes, à partir de l'hiver 1929-1930.
À ne pas confondre
Dékoulakisation — La collectivisation réorganise l'agriculture ; la dékoulakisation désigne la répression des paysans dits « koulaks » (déportations de 1930-1931).
Selon l'époque et le point de vue — Annoncée par Staline à la fin de 1929 ; plus de 90 % des exploitations sont collectivisées en 1937.
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur l'URSS et la terreur ; faute : en faire une simple réforme économique, sans sa dimension répressive.
Les repères du programme
Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.
Adhésion / contrainte
Les régimes obtiennent le soutien des populations à la fois par la séduction (propagande, loisirs, succès) et par la peur.
Ce qu'il débloque — Évite de présenter les sociétés comme uniquement terrorisées ou uniquement enthousiastes.
Exemple — Sur le sujet « Terreur et adhésion dans les régimes totalitaires », il permet de montrer que le plébiscite du 19 août 1934 (près de 90 % de oui) mêle consentement réel et pression.
Idéologie / pratique
Ce que le régime proclame et ce qu'il fait réellement.
Ce qu'il débloque — Permet d'analyser les écarts entre discours et réalité.
Exemple — Sur la Constitution soviétique du 5 décembre 1936, il permet de confronter les libertés proclamées à la Grande Terreur de 1937-1938.
Légalité / violence
Les régimes accèdent au pouvoir par des voies légales, mais sous la menace ou avec l'appui de la violence.
Ce qu'il débloque — Nuance l'idée d'une simple « prise du pouvoir » par la force ou par les urnes.
Exemple — Sur la mise en place des régimes, il permet de relier la nomination légale de Mussolini (30 octobre 1922) à la pression des chemises noires.
Rupture / continuité
Ce que le régime détruit de l'ordre ancien et ce qu'il conserve.
Ce qu'il débloque — Mesure le degré de totalitarisme d'un régime.
Exemple — Pour l'Italie, il permet de montrer la rupture des lois fascistissimes (1925-1926) mais la continuité de la monarchie et de l'Église (Latran, 1929).
Points communs / singularités
Comparer les régimes sans les confondre.
Ce qu'il débloque — Structure les sujets de synthèse sur les trois régimes.
Exemple — Sur le sujet « Les régimes totalitaires dans l'entre-deux-guerres », il permet d'opposer l'ennemi de classe soviétique à l'ennemi de race nazi.
Intérieur / extérieur
Le lien entre la transformation de la société et la politique de conquête.
Ce qu'il débloque — Montre que l'expansion prolonge l'idéologie.
Exemple — Sur les politiques expansionnistes, il permet de relier le culte de la force fasciste à la conquête de l'Éthiopie (1935-1936).
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