À propos de cette page
Ce cours d' en terminale sur « Les régimes totalitaires » suit le programme officiel d' de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Les régimes totalitaires : un mot, une notion, des critères, L'URSS de Staline : transformer la société par la force, L'Italie fasciste : l'invention de l'« État totalitaire », L'Allemagne nazie : mise au pas et État racial. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en .
2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.
Sujet 1 — Les régimes totalitaires dans l'Europe de l'entre-deux-guerres (1922-1939)
Analyse des termes — Les « régimes totalitaires » désignent l'Italie fasciste, l'URSS stalinienne et l'Allemagne nazie, qui prétendent contrôler toute l'existence des individus au nom d'une idéologie. Les bornes vont de la marche sur Rome (octobre 1922) à la veille de la guerre (août 1939) : le sujet demande leurs caractéristiques communes et leurs singularités, sans raconter la Seconde Guerre mondiale.
Problématique — En quoi l'Italie fasciste, l'URSS stalinienne et l'Allemagne nazie forment-elles, malgré des idéologies opposées, des régimes d'un type nouveau qui veulent transformer l'homme, soumettre la société et remodeler l'Europe ?
Introduction rédigéeLe 28 octobre 1925, à Milan, Mussolini résume son projet d'une formule : « Tout dans l'État, rien en dehors de l'État, rien contre l'État ». Le mot « totalitaire », inventé en 1923 par ses adversaires pour le dénoncer, devient ainsi un programme revendiqué. On appelle régime totalitaire un régime qui prétend contrôler la totalité de l'existence des individus au nom d'une idéologie, grâce à un parti unique, un chef, la propagande et la terreur. Dans l'Europe de l'entre-deux-guerres, trois régimes répondent à cette définition : l'Italie fasciste à partir de 1922, l'URSS de Staline à partir de 1929 et l'Allemagne nazie à partir de 1933. Leurs idéologies, fondées sur la nation, la classe ou la race, s'opposent pourtant. En quoi ces trois régimes forment-ils, malgré ces différences, des régimes d'un type nouveau qui veulent transformer l'homme, soumettre la société et remodeler l'Europe ? Nous verrons d'abord comment ils conquièrent le pouvoir et imposent leur idéologie, puis comment ils transforment la société par l'adhésion et la terreur, enfin comment leurs politiques expansionnistes menacent la paix jusqu'en 1939.
I. Conquérir le pouvoir et imposer une idéologie
- Des prises de pouvoir qui mêlent légalité et violence.Mussolini nommé président du Conseil le 30 octobre 1922 après la marche sur Rome ; Hitler nommé chancelier le 30 janvier 1933 ; Staline seul maître de l'URSS en 1929 après l'exclusion de Trotski (1927).
- Des idéologies opposées qui prétendent toutes créer un homme nouveau.« Tout est dans l'État » (La Doctrine du fascisme, 1932) ; race et espace vital dans Mein Kampf (1925-1926) ; société sans classes du marxisme-léninisme.
- Un État-parti dirigé par un chef.Lois fascistissimes (1925-1926) ; parti unique nazi par la loi du 14 juillet 1933 ; Hitler Führer le 2 août 1934 ; culte de Staline à partir de décembre 1929.
II. Transformer la société par l'adhésion et par la terreur
- Une propagande qui monopolise l'information.Ministère de Goebbels (mars 1933), autodafés du 10 mai 1933 ; réalisme socialiste imposé en 1934 ; institut LUCE en Italie.
- L'embrigadement de la jeunesse et des travailleurs.Balilla (1926), Jeunesses hitlériennes obligatoires (1er décembre 1936), Force par la joie (1933), mouvement stakhanoviste (1935).
- La terreur comme mode de gouvernement, contre des ennemis de classe ou de race.Goulag (1930) et Grande Terreur (1937-1938, près de 700 000 exécutions) ; lois de Nuremberg (1935) et nuit de Cristal (9-10 novembre 1938).
III. Remodeler l'Europe : des politiques expansionnistes
- L'Italie fasciste à la conquête d'un empire.Invasion de l'Éthiopie (3 octobre 1935-5 mai 1936) ; invasion de l'Albanie (7 avril 1939).
- L'Allemagne nazie brise l'ordre de 1919.Remilitarisation de la Rhénanie (7 mars 1936), Anschluss (12-13 mars 1938), accords de Munich (29-30 septembre 1938), entrée à Prague (15 mars 1939).
- Des affrontements et des rapprochements entre régimes.Guerre d'Espagne et bombardement de Guernica (26 avril 1937) ; pacte d'Acier (22 mai 1939) ; pacte germano-soviétique (23 août 1939).
Conclusion rédigéeLes régimes totalitaires de l'entre-deux-guerres partagent donc des pratiques (parti unique, culte du chef, propagande, embrigadement, terreur) qui les distinguent des dictatures classiques : ils ne se contentent pas de l'obéissance, ils exigent l'adhésion et prétendent façonner un homme nouveau. Leurs singularités restent profondes : l'ennemi est de classe en URSS, de race en Allemagne, et le totalitarisme italien demeure limité par le roi et l'Église. Leurs projets expansionnistes, tolérés par les démocraties jusqu'à Munich, culminent avec le rapprochement inattendu du 23 août 1939 entre deux ennemis idéologiques. Une semaine plus tard, l'invasion de la Pologne ouvre une guerre qui va porter la violence de ces régimes, et en particulier le projet racial nazi, à une échelle sans précédent.
Le piège — Juxtaposer trois monographies (l'Italie, puis l'URSS, puis l'Allemagne) au lieu de comparer : chaque partie doit croiser les trois régimes, sinon la copie ne répond ni à la question des points communs ni à celle des singularités.
Sujet 2 — Terreur et adhésion dans les régimes totalitaires (1922-1939)
Analyse des termes — La terreur est l'usage systématique de la violence d'État pour briser toute opposition, réelle ou supposée ; l'adhésion désigne le soutien des populations, de l'enthousiasme au simple consentement. Le sujet porte sur l'Italie fasciste, l'URSS stalinienne et l'Allemagne nazie, de la marche sur Rome (1922) à la veille de la guerre (1939), et demande d'articuler ces deux notions plutôt que de les opposer.
Problématique — Comment les régimes totalitaires combinent-ils la terreur et la recherche de l'adhésion pour soumettre les sociétés, et jusqu'où y parviennent-ils ?
Introduction rédigée« La vie est devenue meilleure, camarades, la vie est devenue plus joyeuse » : en novembre 1935, Staline prononce ces mots devant des ouvriers stakhanovistes, dans un pays qui sort à peine de la famine de 1932-1933 et va bientôt connaître la Grande Terreur. La formule résume l'ambiguïté des régimes totalitaires, qui prétendent contrôler toute l'existence des individus au nom d'une idéologie. Ils recourent à la terreur, usage systématique de la violence d'État contre des opposants réels ou supposés, mais recherchent aussi l'adhésion, c'est-à-dire le soutien actif ou passif des populations. En Italie à partir de 1922, en URSS sous Staline, en Allemagne à partir de 1933, les deux vont de pair. Comment ces régimes combinent-ils la terreur et la recherche de l'adhésion pour soumettre les sociétés, et jusqu'où y parviennent-ils ? Nous verrons d'abord qu'ils veulent être aimés, puis que la terreur est un instrument ordinaire de gouvernement, enfin que les sociétés oscillent entre consentement, accommodement et résistance.
I. Obtenir l'adhésion : des régimes qui veulent être aimés
- Une propagande omniprésente qui met en scène le régime.Ministère de Goebbels (mars 1933) ; Le Triomphe de la volonté (1935) ; Jeux olympiques de Berlin (août 1936) ; actualités de l'institut LUCE.
- Le culte du chef, clé de voûte de l'adhésion.« Mussolini a toujours raison » ; Hitler Führer le 2 août 1934 ; culte de Staline à partir de son cinquantième anniversaire (décembre 1929).
- Encadrer et récompenser.Balilla (1926), Jeunesses hitlériennes obligatoires (1936), Dopolavoro (1925), Force par la joie (1933), héros stakhanovistes (1935).
II. La terreur, instrument de gouvernement
- Des polices politiques et des camps dès l'installation des régimes.Tchéka (1917) puis NKVD (1934) ; Dachau (22 mars 1933) ; OVRA et relégation (confino) en Italie ; Goulag (1930).
- Une violence dirigée contre des ennemis désignés par l'idéologie.Déportation d'environ 1,8 million de paysans dits koulaks (1930-1931) ; lois de Nuremberg (1935) ; nuit de Cristal (9-10 novembre 1938), 30 000 hommes juifs internés.
- Une terreur de masse qui frappe au hasard en URSS.Ordre n° 00447 du 30 juillet 1937 et ses quotas ; près de 700 000 exécutions en 1937-1938 ; procès de Moscou (1936-1938).
III. Des sociétés entre consentement, accommodement et résistance
- Une adhésion réelle, nourrie par les succès du régime.Plébiscite du 19 août 1934 (près de 90 % de oui) ; « mythe Hitler » analysé par Ian Kershaw ; « années du consensus » (1929-1936) selon l'historien Renzo De Felice.
- Un consentement mêlé de peur et de résignation.Serment des professeurs d'université italiens (1931) : une douzaine de refus sur plus d'un millier ; dénonciations en URSS pendant la Grande Terreur.
- Des résistances minoritaires mais réelles.Église confessante (1934) ; encyclique Mit brennender Sorge (mars 1937) ; antifascistes italiens exilés de Giustizia e Libertà, fondé à Paris en 1929.
Conclusion rédigéeTerreur et adhésion ne s'opposent donc pas : elles se renforcent. La propagande et les succès du régime rendent la violence acceptable aux yeux de beaucoup, tandis que la peur fabrique une part du consentement et étouffe les résistances, qui restent minoritaires. Le dosage varie selon les régimes : la terreur de masse frappe toute la société soviétique, y compris le parti, quand la terreur nazie d'avant-guerre vise surtout des ennemis désignés, et quand la répression fasciste reste bien moins meurtrière. La question de l'adhésion se posera avec plus de force encore pendant la guerre, lorsque des millions d'« hommes ordinaires » participeront ou assisteront aux crimes de ces régimes.
Le piège — Opposer terreur et adhésion comme si l'une excluait l'autre, ou déduire l'adhésion des seuls résultats des plébiscites : dans ces régimes, la peur fabrique une partie du consentement, et le consentement rend la terreur possible.