Hyperpuissance américaine, 11-Septembre, émergence de la Chine, multipolarité, conflits, terrorisme, enjeux climatiques (programme d'histoire de Tle)
À propos de cette page
Ce lexique sur « Nouveaux rapports de puissance et enjeux mondiaux » en terminale donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Le moment unipolaire : l'hyperpuissance américaine (1991-2001), Le 11-Septembre et la « guerre contre la terreur » (2001-2011), L'affirmation de nouvelles puissances : la Chine, l'Inde, les BRICS, Le retour de la Russie et la rivalité des grandes puissances. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de terminale.
Puissance
Capacité d'un acteur (le plus souvent un État) à imposer sa volonté aux autres ou à les influencer, par la contrainte ou par l'attraction.
À ne pas confondre
Influence — L'influence est une forme de puissance qui agit sans contrainte, par l'attraction ou la persuasion ; la puissance inclut aussi la force.
Selon l'époque et le point de vue — Notion centrale des relations internationales ; Raymond Aron la définit dans Paix et guerre entre les nations (1962) comme la capacité d'une unité politique d'imposer sa volonté aux autres unités.
Ce que le mot permet d'écrire — Tous les sujets sur les rapports de force. Faute à éviter : réduire la puissance à la force militaire ou au PIB ; il faut en combiner les critères.
Hyperpuissance
État qui domine sans rival dans tous les domaines à la fois (militaire, économique, technologique, culturel) et peut agir seul partout dans le monde.
À ne pas confondre
Superpuissance — Terme de la guerre froide : deux superpuissances rivales. L'hyperpuissance n'a pas de rival de taille comparable.
Selon l'époque et le point de vue — Employé à la fin des années 1990 par Hubert Védrine, ministre français des Affaires étrangères, pour désigner les États-Unis après 1991.
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur les États-Unis depuis 1991. Faute à éviter : l'appliquer à la période 2010-2020 sans nuance, alors que la Chine s'est affirmée en rivale.
Multipolarité
Organisation du monde où la puissance est répartie entre plusieurs pôles (États ou groupes d'États) sans qu'aucun ne domine seul.
À ne pas confondre
Multilatéralisme — Le multilatéralisme est une méthode (décider à plusieurs, dans des institutions) ; la multipolarité est un état de la répartition de la puissance.
Unipolarité — Situation où un seul pôle domine : le « moment unipolaire » américain des années 1990.
Selon l'époque et le point de vue — Revendiquée par la Russie et la Chine dans leur déclaration conjointe du 23 avril 1997 sur un « monde multipolaire », en opposition à la domination américaine.
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur l'ordre mondial depuis 1991. Faute à éviter : croire qu'un monde multipolaire est plus pacifique ou plus coopératif.
Unilatéralisme
Politique d'un État qui agit seul, sans rechercher l'accord de ses partenaires ni l'aval des institutions internationales.
À ne pas confondre
Multilatéralisme — Méthode inverse : négocier et décider dans un cadre collectif (ONU, OMC, G20).
Selon l'époque et le point de vue — Associé à la présidence de George W. Bush (2001-2009), notamment à l'invasion de l'Irak en 2003 sans mandat du Conseil de sécurité ; on l'emploie aussi pour les retraits d'accords décidés par Donald Trump.
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur la puissance américaine et la gouvernance mondiale. Faute à éviter : l'employer pour une coalition sous mandat de l'ONU (guerre du Golfe de 1991).
Soft power
Capacité d'un État à obtenir ce qu'il veut par l'attraction de son modèle, de sa culture et de ses valeurs plutôt que par la contrainte.
À ne pas confondre
Hard power — Puissance de contrainte : force armée, sanctions, pressions économiques.
Selon l'époque et le point de vue — Concept forgé par le politiste américain Joseph Nye en 1990 ; la Chine l'a repris à son compte (instituts Confucius à partir de 2004).
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur les formes de la puissance. Faute à éviter : croire que le soft power remplace le hard power ; les deux se combinent, et l'image américaine a souffert de la guerre d'Irak.
Pays émergent
Pays en développement dont la croissance rapide et l'insertion dans la mondialisation font un acteur économique puis politique de premier plan.
À ne pas confondre
Pays en développement — Catégorie plus large, qui inclut des pays pauvres peu insérés dans l'économie mondiale.
Selon l'époque et le point de vue — L'expression « marchés émergents » est lancée en 1981 par Antoine van Agtmael, alors à la Société financière internationale (groupe de la Banque mondiale), pour attirer les investisseurs.
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur la Chine, l'Inde, le Brésil. Faute à éviter : appeler « émergente » la Chine de 2025, devenue une puissance établie et rivale des États-Unis.
BRICS
Forum réunissant à l'origine le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine (premier sommet en 2009) et l'Afrique du Sud (2011), élargi en 2024 et 2025.
À ne pas confondre
G20 — Le G20 réunit pays développés et émergents ; les BRICS excluent les puissances occidentales et en contestent la domination.
Selon l'époque et le point de vue — Acronyme BRIC inventé en 2001 par Jim O'Neill, économiste de Goldman Sachs, pour désigner des économies prometteuses ; les pays concernés se l'approprient comme instance politique.
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur l'émergence et la multipolarité. Faute à éviter : présenter les BRICS comme une alliance ou un bloc homogène.
Terrorisme
Usage de la violence contre des civils ou des symboles pour répandre la peur et atteindre un but politique.
À ne pas confondre
Guérilla — La guérilla vise d'abord des forces armées et cherche à contrôler un territoire ; le terrorisme frappe les civils pour produire un effet psychologique.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot apparaît après la Terreur de la Révolution française (1793-1794) ; le terrorisme anarchiste frappe l'Europe à la fin du XIXe siècle. Il n'existe toujours pas de définition commune adoptée par l'ONU.
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur les conflits depuis 1991. Faute à éviter : le faire naître en 2001, ou l'assimiler à une religion.
Djihadisme
Courant islamiste radical qui prône la lutte armée pour imposer sa conception de l'islam et combattre ceux qu'il désigne comme ennemis.
À ne pas confondre
Islam — Religion pratiquée par plus d'un milliard de personnes ; le djihadisme en est une interprétation violente et minoritaire, dont les musulmans sont les premières victimes.
Islamisme — Projet politique fondé sur l'islam, qui n'implique pas forcément la violence.
Selon l'époque et le point de vue — Le djihadisme transnational se structure pendant la guerre d'Afghanistan contre l'URSS (1979-1989), matrice d'Al-Qaïda (1988), puis de l'État islamique (califat proclamé en 2014).
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur le terrorisme et le Moyen-Orient. Faute à éviter : les amalgames entre islam, islamisme et djihadisme.
Conflit asymétrique
Conflit qui oppose des adversaires de nature et de moyens très inégaux : une armée régulière face à des combattants irréguliers qui refusent l'affrontement direct.
À ne pas confondre
Guerre conventionnelle — Affrontement entre armées régulières d'États, comme la guerre russo-ukrainienne depuis 2022.
Selon l'époque et le point de vue — Notion développée par les stratèges américains dans les années 1990, devenue centrale avec les guerres d'Afghanistan (2001-2021) et d'Irak (2003-2011).
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur les nouvelles conflictualités. Faute à éviter : croire que le plus faible perd forcément ; il peut user l'adversaire et rendre la victoire impossible.
Génocide
Crime consistant à détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux en tant que tel.
À ne pas confondre
Crime contre l'humanité — Notion plus large (persécutions, déportations, massacres de civils) ; le génocide exige l'intention de détruire un groupe.
Selon l'époque et le point de vue — Mot forgé en 1944 par le juriste Raphael Lemkin ; crime défini par la convention de l'ONU du 9 décembre 1948. En 1998, le TPIR prononce la première condamnation pour génocide par une juridiction internationale (jugement Akayesu).
Ce que le mot permet d'écrire — Rwanda 1994, Srebrenica 1995 (qualifié de génocide par la justice internationale). Faute à éviter : employer le mot pour tout massacre.
Responsabilité de protéger
Principe selon lequel la communauté internationale doit intervenir, en dernier recours et avec l'accord du Conseil de sécurité, quand un État ne protège pas sa population contre des crimes de masse.
À ne pas confondre
Droit d'ingérence — Notion française de la fin des années 1980, sans valeur juridique ; la responsabilité de protéger est un principe adopté par l'ONU et encadré par le Conseil de sécurité.
Selon l'époque et le point de vue — Proposée en 2001 par une commission internationale soutenue par le Canada, adoptée au sommet mondial de l'ONU en 2005, invoquée en Libye en 2011.
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur l'ONU et les interventions. Faute à éviter : oublier la controverse libyenne, qui a durci l'opposition russe et chinoise.
Gouvernance mondiale
Ensemble des institutions, règles et négociations par lesquelles les États et d'autres acteurs tentent de gérer ensemble des problèmes mondiaux.
À ne pas confondre
Gouvernement mondial — Il n'existe aucune autorité supérieure aux États ; la gouvernance repose sur leur coopération volontaire.
Selon l'époque et le point de vue — Notion popularisée dans les années 1990, notamment par le rapport de la Commission sur la gouvernance mondiale (1995) ; elle recouvre l'ONU, l'OMC, le G20, les COP.
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur les coopérations et sur le climat. Faute à éviter : décrire les institutions sans montrer leurs blocages (veto, retraits).
Développement durable
Selon le rapport Brundtland (1987), développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs.
À ne pas confondre
Croissance économique — Simple augmentation de la production ; le développement durable y ajoute des exigences sociales et environnementales.
Selon l'époque et le point de vue — Défini par la commission des Nations unies présidée par Gro Harlem Brundtland (1987), diffusé par le sommet de la Terre de Rio (1992).
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur les enjeux environnementaux. Faute à éviter : l'employer comme synonyme de protection de la nature, en oubliant la dimension du développement réclamée par les pays du Sud.
Les repères du programme
Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.
Unipolarité / multipolarité
Un seul pôle de puissance dominant, ou plusieurs pôles qui se font contrepoids.
Ce qu'il débloque — Structure un plan chronologique sur l'ordre mondial depuis 1991.
Exemple — Sur le sujet « Les nouveaux rapports de puissance depuis 1991 », il permet d'opposer le moment unipolaire (1991-2001) au monde multipolaire qui s'affirme après 2008.
Unilatéralisme / multilatéralisme
Agir seul, ou décider à plusieurs dans un cadre institutionnel.
Ce qu'il débloque — Sert à caractériser les méthodes des puissances, surtout des États-Unis.
Exemple — Sur le sujet « Les États-Unis et le monde depuis 1991 », il permet de contraster la coalition sous mandat de l'ONU de 1991 et l'invasion de l'Irak en 2003.
Hard power / soft power
Puissance de contrainte, ou puissance d'attraction.
Ce qu'il débloque — Mesure les formes de la puissance au lieu de s'en tenir aux chiffres militaires.
Exemple — Sur le sujet « L'affirmation de la Chine », il permet de montrer que la puissance chinoise combine bases militaires (Djibouti 2017) et investissements des routes de la soie (2013).
Rupture / continuité
Ce qui change brusquement, ou ce qui se prolonge malgré l'événement.
Ce qu'il débloque — Indispensable pour discuter la portée d'un événement.
Exemple — Sur le sujet « Le 11-Septembre, une rupture ? », il permet de montrer la rupture de la politique américaine et la continuité d'un terrorisme djihadiste actif depuis les années 1990.
Conflit interétatique / conflit asymétrique
Guerre entre armées d'États, ou guerre entre adversaires de nature inégale.
Ce qu'il débloque — Classe les conflits et montre leur évolution.
Exemple — Sur le sujet « Les nouvelles formes de conflits », il permet de passer des guerres d'Afghanistan et d'Irak au retour de la guerre entre États en Ukraine (2022).
Coopération / rivalité
Agir ensemble face à un problème commun, ou s'affronter pour la puissance.
Ce qu'il débloque — Fil directeur du thème « entre coopérations et conflits ».
Exemple — Sur le sujet « Le climat, enjeu mondial », il permet de montrer que l'accord de Paris (2015) naît de la coopération sino-américaine et se fragilise quand la rivalité reprend le dessus.
Bloqué sur ce chapitre ?
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.