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Histoire-Géographie Terminale

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Nouveaux rapports de puissance et enjeux mondiaux

Hyperpuissance américaine, 11-Septembre, émergence de la Chine, multipolarité, conflits, terrorisme, enjeux climatiques (programme d'histoire de Tle)

À propos de cette page
Ce cours d'histoire-géographie en terminale sur « Nouveaux rapports de puissance et enjeux mondiaux » suit le programme officiel d'histoire-géographie de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Le moment unipolaire : l'hyperpuissance américaine (1991-2001), Le 11-Septembre et la « guerre contre la terreur » (2001-2011), L'affirmation de nouvelles puissances : la Chine, l'Inde, les BRICS, Le retour de la Russie et la rivalité des grandes puissances. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en histoire-géographie.

4 analyses de document, de nature différente, avec la réponse entièrement rédigée. C’est l’exercice le plus fréquent de l’épreuve : le document est donné en entier, tu travailles dessus sans rien ouvrir d’autre.

Document 1 — « Ou vous êtes avec nous, ou vous êtes avec les terroristes »

Facile

Discours politique · George W. Bush, « Address to a Joint Session of Congress and the American People », Capitole, Washington, 20 septembre 2001 (extraits, traduction).

Neuf jours après les attentats qui ont fait près de 3 000 morts, le président républicain George W. Bush s'adresse aux deux chambres du Congrès réunies, dans un discours retransmis en direct à la télévision. Il parle à la fois aux Américains, aux alliés et aux États soupçonnés d'abriter des terroristes.

« Le 11 septembre, des ennemis de la liberté ont commis un acte de guerre contre notre pays. Les Américains ont connu des guerres, mais depuis cent trente-six ans, ce furent des guerres en terre étrangère, à l'exception d'un dimanche de 1941. Les Américains ont connu les pertes de la guerre, mais pas au cœur d'une grande ville, par une matinée paisible. Les Américains ont connu des attaques surprises, mais jamais auparavant contre des milliers de civils. [...] Les preuves que nous avons rassemblées désignent toutes un ensemble d'organisations terroristes aux liens lâches, connu sous le nom d'Al-Qaïda. [...] Les Américains se demandent : pourquoi nous haïssent-ils ? Ils haïssent ce qu'ils voient ici même, dans cette enceinte : un gouvernement démocratiquement élu. [...] Ils haïssent nos libertés : notre liberté de religion, notre liberté d'expression, notre liberté de voter, de nous réunir et d'être en désaccord les uns avec les autres. [...] Notre guerre contre la terreur commence avec Al-Qaïda, mais elle ne s'arrête pas là. Elle ne prendra fin que lorsque chaque groupe terroriste d'envergure mondiale aura été trouvé, arrêté et vaincu. [...] Chaque nation, dans chaque région, a désormais une décision à prendre. Ou vous êtes avec nous, ou vous êtes avec les terroristes. [...] Ce combat n'est pas seulement celui de l'Amérique. Et ce qui est en jeu n'est pas seulement la liberté de l'Amérique. C'est le combat du monde entier. C'est le combat de la civilisation. »

Analysez ce document en montrant comment les attentats du 11 septembre 2001 transforment la politique étrangère des États-Unis.

  1. Présentez le document : nature, auteur, date, destinataires.
  2. Comment George W. Bush qualifie-t-il les attentats et leurs auteurs ?
  3. Quelle vision du monde ce discours exprime-t-il ?
  4. À l'aide de vos connaissances, montrez les conséquences de ce discours sur la politique étrangère américaine.
Voir la réponse rédigée

1. Il s'agit d'un discours prononcé le 20 septembre 2001 par George W. Bush, président des États-Unis depuis janvier 2001, devant le Congrès réuni en session conjointe au Capitole. Neuf jours après les attentats du 11 septembre, il s'adresse aux élus, mais aussi, par la télévision, à la nation américaine et au reste du monde : c'est un discours de mobilisation.

2. Bush qualifie les attentats d'« acte de guerre », et non de simple crime : ce vocabulaire justifie une riposte militaire. Il insiste sur leur caractère inédit en rappelant que, depuis la guerre de Sécession (il y a « cent trente-six ans »), les Américains n'ont été frappés chez eux qu'« un dimanche de 1941 », c'est-à-dire à Pearl Harbor, et jamais « contre des milliers de civils ». Les auteurs sont désignés comme des « ennemis de la liberté » et identifiés : Al-Qaïda, « ensemble d'organisations terroristes aux liens lâches ». Le président souligne ainsi qu'il s'agit d'un ennemi d'un type nouveau, non étatique et transnational.

3. Le discours oppose deux camps : d'un côté la démocratie et les libertés (« liberté de religion », « liberté d'expression », « liberté de voter »), de l'autre les terroristes qui les « haïssent ». Cette vision binaire se résume dans la formule « Ou vous êtes avec nous, ou vous êtes avec les terroristes » : aucune neutralité n'est admise. Bush universalise le combat (« le combat du monde entier », « le combat de la civilisation ») et annonce une guerre sans limite de temps ni d'espace, qui ne s'achèvera que lorsque « chaque groupe terroriste d'envergure mondiale » aura été vaincu.

4. Ce discours ouvre la « guerre contre la terreur ». Le 7 octobre 2001, les États-Unis attaquent l'Afghanistan, dont les talibans refusent de livrer Ben Laden ; l'OTAN a invoqué son article 5 dès le 12 septembre. Sur le plan intérieur, le Patriot Act (26 octobre 2001) étend la surveillance et le camp de Guantánamo ouvre en janvier 2002. La logique s'étend ensuite aux États : discours sur l'« axe du mal » (janvier 2002), doctrine de la guerre préventive (septembre 2002), puis invasion de l'Irak le 20 mars 2003 sans mandat de l'ONU. La politique américaine devient unilatérale ; l'enlisement en Afghanistan (jusqu'en 2021) et en Irak (jusqu'en 2011) en montrera les limites.

Ce que cette analyse apprend — Relever le vocabulaire d'un discours (« acte de guerre », « civilisation ») pour en dégager la vision du monde, puis confronter les annonces à ce qui a suivi.

Document 2 — La montée de la Chine en chiffres

Moyen

Tableau statistique · D'après Banque mondiale, World Development Indicators (PIB en dollars courants, séries publiées en 2024) et SIPRI, « Trends in World Military Expenditure, 2023 », avril 2024.

Le tableau rassemble deux indicateurs classiques de la puissance, le produit intérieur brut et les dépenses militaires, pour cinq grands États. Il couvre les trois décennies qui suivent la fin de la guerre froide.

PaysPIB 1990PIB 2000PIB 2010PIB 2020Dépenses militaires 2023
États-Unis6,010,315,021916
Chine0,41,26,114,7296 (estimation)
Japon3,15,05,85,050
Inde0,30,51,72,784
Russie(URSS)0,31,51,5109 (estimation)

PIB en milliers de milliards de dollars courants ; dépenses militaires en milliards de dollars. Valeurs arrondies : les séries étant régulièrement révisées, on retiendra les ordres de grandeur. En 2023, les dépenses militaires mondiales atteignent environ 2 440 milliards de dollars.

Analysez ce document en montrant qu'il témoigne d'un basculement des rapports de puissance, mais aussi de ses limites.

  1. Décrivez l'évolution du PIB de la Chine entre 1990 et 2020 et comparez-la à celle des États-Unis.
  2. Montrez que les États-Unis restent la première puissance.
  3. Que révèlent les données sur le Japon, l'Inde et la Russie ?
  4. Quelles sont les limites de ce document pour mesurer la puissance ?
Voir la réponse rédigée

1. Le PIB de la Chine passe d'environ 0,4 millier de milliards de dollars en 1990 à 14,7 en 2020 : il est multiplié par plus de 35 en trente ans. L'accélération est nette après 2000 (de 1,2 à 6,1 entre 2000 et 2010), ce qui correspond à l'adhésion de la Chine à l'OMC en décembre 2001. Pendant ce temps, le PIB américain est multiplié par 3,5 environ (de 6,0 à 21). Le rapport entre les deux économies change donc d'échelle : le PIB chinois représentait moins d'un dixième du PIB américain en 1990 (0,4 contre 6,0), il en représente environ 70 % en 2020 (14,7 contre 21). La Chine dépasse le Japon entre 2000 et 2010 (6,1 contre 5,8 en 2010) et devient la deuxième économie mondiale.

2. Les États-Unis gardent pourtant la première place pour les deux indicateurs. Leur PIB reste le plus élevé à chaque date. Surtout, leurs dépenses militaires (916 milliards de dollars en 2023) dépassent la somme de celles des quatre autres pays du tableau (296 + 109 + 84 + 50, soit environ 539 milliards) et représentent environ 37 % des dépenses mondiales (916 sur 2 440). La Chine, deuxième, dépense moins du tiers du budget américain. La supériorité militaire américaine, héritée de l'« hyperpuissance » des années 1990, demeure écrasante.

3. Le Japon, deuxième économie mondiale en 1990, stagne : son PIB est le même en 2020 qu'en 2000 (5,0), ce qui traduit la longue stagnation qui suit l'éclatement de sa bulle financière au début des années 1990. L'Inde progresse fortement (de 0,3 à 2,7, soit un PIB multiplié par 9) mais reste loin derrière la Chine. La Russie, héritière de l'URSS, a un poids économique modeste (1,5 en 2020, dix fois moins que la Chine) mais un budget militaire élevé pour sa taille : sa puissance repose sur la force armée et l'arme nucléaire bien plus que sur l'économie, ce qu'illustrent la Crimée (2014) et l'Ukraine (2022).

4. Le PIB en dollars courants dépend des taux de change et sous-estime les économies où les prix sont bas ; mesuré en parité de pouvoir d'achat, le PIB chinois dépasse celui des États-Unis depuis le milieu des années 2010 selon le FMI. Les dépenses chinoises et russes sont des estimations, faute de transparence. Enfin, le tableau ignore des dimensions essentielles de la puissance : arme nucléaire, alliances (l'OTAN pour les États-Unis), avance technologique, soft power, capacité d'entraînement diplomatique. Il montre un basculement économique réel, mais pas un renversement de la hiérarchie.

Ce que cette analyse apprend — Faire parler un tableau par des calculs simples (multiplication, rapport entre deux pays), puis en discuter les indicateurs.

Document 3 — L'accord de Paris sur le climat

Moyen

Traité international (extraits) · Accord de Paris, adopté le 12 décembre 2015 lors de la COP21 de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, articles 2 et 4 (texte officiel français).

Le texte est adopté par consensus à la fin de la COP21, réunie au Bourget sous présidence française, six ans après l'échec de Copenhague. Il entre en vigueur le 4 novembre 2016, après sa ratification notamment par la Chine et les États-Unis, les deux premiers émetteurs mondiaux.

Article 2. « 1. Le présent Accord, en contribuant à la mise en œuvre de la Convention, notamment de son objectif, vise à renforcer la riposte mondiale à la menace des changements climatiques, dans le contexte du développement durable et de la lutte contre la pauvreté, notamment en : a) Contenant l'élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et en poursuivant l'action menée pour limiter l'élévation de la température à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels, étant entendu que cela réduirait sensiblement les risques et les effets des changements climatiques ; [...] 2. Le présent Accord sera appliqué conformément à l'équité et au principe des responsabilités communes mais différenciées et des capacités respectives, eu égard aux différentes situations nationales. »
Article 4. « 1. En vue d'atteindre l'objectif de température à long terme énoncé à l'article 2, les Parties cherchent à parvenir au plafonnement mondial des émissions de gaz à effet de serre dans les meilleurs délais, étant entendu que le plafonnement prendra davantage de temps pour les pays en développement [...]. 2. Chaque Partie établit, communique et actualise les contributions déterminées au niveau national successives qu'elle prévoit de réaliser. »

Analysez ce document en montrant ce que l'accord de Paris révèle des possibilités et des limites de la coopération mondiale face au réchauffement climatique.

  1. Présentez le document et son contexte.
  2. Quels objectifs l'accord fixe-t-il ?
  3. Expliquez le principe des « responsabilités communes mais différenciées » et ce qu'il révèle des rapports entre pays.
  4. Pourquoi cet accord a-t-il pu être universel, et quelles sont ses limites ?
Voir la réponse rédigée

1. Ce document est un extrait d'un traité international, l'accord de Paris, adopté le 12 décembre 2015 par les parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, réunies pour la 21e conférence des parties (COP21). Il prolonge un processus ouvert au sommet de la Terre de Rio (1992) et succède au protocole de Kyoto (1997), qui ne contraignait que les pays développés et que les États-Unis n'avaient pas ratifié. Après l'échec de Copenhague (2009), c'est le premier accord climatique qui engage la quasi-totalité des États.

2. L'objectif principal est de contenir l'élévation de la température « nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels » et de « poursuivre l'action » pour la limiter à « 1,5 °C » (article 2). Pour y parvenir, l'article 4 prévoit un « plafonnement mondial des émissions » le plus tôt possible, puis leur réduction. L'accord inscrit ces objectifs « dans le contexte du développement durable et de la lutte contre la pauvreté » : la protection du climat ne doit pas se faire au détriment du développement des pays pauvres.

3. Le principe des « responsabilités communes mais différenciées », déjà posé à Rio en 1992, signifie que tous les pays doivent agir, mais pas de la même manière : les pays industrialisés, qui ont émis l'essentiel des gaz à effet de serre depuis le XIXe siècle, doivent faire davantage, tandis que les pays en développement disposent de plus de temps (« le plafonnement prendra davantage de temps pour les pays en développement »). Ce principe traduit un rapport de force Nord-Sud : les émergents, Chine et Inde en tête, refusent de payer le prix d'une pollution dont ils ne sont pas historiquement responsables, alors même que la Chine est devenue le premier émetteur mondial vers 2006.

4. L'accord est universel parce qu'il est souple : « chaque Partie établit » elle-même ses « contributions déterminées au niveau national » (article 4). Aucun objectif chiffré n'est imposé de l'extérieur et aucune sanction n'est prévue, ce qui a permis à la Chine et aux États-Unis de s'y rallier. Mais cette souplesse est aussi sa faiblesse : la somme des engagements nationaux ne suffit pas à tenir l'objectif de 2 °C, et l'accord dépend de la volonté politique des gouvernements. Les États-Unis s'en retirent sous Donald Trump (effectif en novembre 2020), le réintègrent sous Joe Biden en 2021, puis annoncent un nouveau retrait en janvier 2025. La coopération climatique reste donc soumise aux rapports de puissance.

Ce que cette analyse apprend — Citer précisément les articles d'un texte juridique et les replacer dans une chronologie (Rio, Kyoto, Copenhague, Paris) pour en mesurer la portée.

Document 4 — « Mission accomplie » : Bush sur le porte-avions Abraham Lincoln

Difficile

Photographie officielle · Photographie de l'US Navy, pont du porte-avions USS Abraham Lincoln, 1er mai 2003 ; discours publié par la Maison-Blanche sous le titre « President Bush Announces Major Combat Operations in Iraq Have Ended », 1er mai 2003.

Six semaines après le début de l'invasion de l'Irak (20 mars 2003) et trois semaines après la chute de Bagdad (9 avril), le président célèbre la victoire. L'image, conçue pour la télévision, s'adresse d'abord à l'opinion américaine.

Description de la photographie. Le président George W. Bush, en costume sombre, se tient derrière un pupitre frappé du sceau présidentiel sur le pont d'envol du porte-avions USS Abraham Lincoln, au large de San Diego (Californie). Le navire rentre d'un long déploiement dans le golfe Persique. Quelques heures plus tôt, le président s'est posé sur le pont à bord d'un avion de l'aéronavale, vêtu d'une combinaison de pilote, sous les caméras. Derrière lui, sur la superstructure du navire, une grande banderole aux couleurs du drapeau américain porte l'inscription « Mission Accomplished » (« Mission accomplie »). Devant lui, des centaines de membres d'équipage en tenue. La scène est retransmise en direct par les grandes chaînes de télévision.
Extrait du discours : « Les opérations de combat majeures en Irak sont terminées. Dans la bataille d'Irak, les États-Unis et nos alliés l'ont emporté. »

Analysez ce document en montrant ce qu'il révèle de la puissance américaine et de ses limites au début des années 2000.

  1. Présentez le document et replacez-le dans son contexte.
  2. Analysez la mise en scène : quel message le président veut-il transmettre ?
  3. Confrontez ce message à l'évolution de la situation en Irak après 2003.
  4. Que révèle cet épisode des limites de l'hyperpuissance américaine ?
Voir la réponse rédigée

1. Il s'agit d'une photographie officielle prise le 1er mai 2003 sur le pont du porte-avions USS Abraham Lincoln, au large de la Californie, lors d'un discours télévisé de George W. Bush. Elle s'inscrit dans la « guerre contre la terreur » ouverte après le 11-Septembre : le 20 mars 2003, une coalition menée par les États-Unis et le Royaume-Uni a envahi l'Irak sans l'aval du Conseil de sécurité, en invoquant des armes de destruction massive et des liens supposés avec le terrorisme. Bagdad est tombée le 9 avril et le régime de Saddam Hussein s'est effondré.

2. Tout est conçu pour affirmer la victoire et la puissance. Le décor est un porte-avions, instrument par excellence de la projection de force américaine sur toutes les mers du globe. L'arrivée du président en combinaison de pilote en fait un chef de guerre proche de ses soldats, et l'équipage rassemblé lui sert de public. La banderole « Mission accomplie », aux couleurs nationales, résume le message en deux mots, lisibles par toutes les caméras : la guerre est gagnée, rapidement et à moindre coût. Le discours confirme : « Les opérations de combat majeures en Irak sont terminées. » C'est une image de communication destinée à l'opinion américaine, dans la continuité du patriotisme d'après le 11-Septembre.

3. La réalité dément vite ce message. La guerre contre l'armée irakienne est bien gagnée, mais l'occupation suscite une insurrection, puis une guerre civile entre chiites et sunnites qui culmine en 2006-2007. Les armes de destruction massive ne sont jamais trouvées, ce qui ruine la justification de la guerre. Le scandale des tortures de la prison d'Abou Ghraib (2004) abîme l'image des États-Unis. L'essentiel des pertes américaines, près de 4 500 soldats tués au total, survient après ce discours, et les pertes civiles irakiennes, estimées très différemment selon les sources, se comptent au moins en dizaines de milliers. Les troupes américaines ne quittent le pays qu'en décembre 2011, et le chaos irakien nourrit la naissance de l'État islamique, qui proclame son « califat » à Mossoul en 2014. La photographie est depuis devenue le symbole d'une victoire proclamée trop tôt.

4. Cet épisode montre que la puissance militaire, écrasante, suffit à gagner une guerre conventionnelle mais non à construire la paix : dans un conflit asymétrique, l'adversaire refuse la bataille et use l'occupant. Il révèle aussi le coût de l'unilatéralisme : engagés sans mandat de l'ONU et contre l'avis de la France, de l'Allemagne et de la Russie, les États-Unis perdent une partie de leur légitimité et de leur soft power. C'est ce que Bertrand Badie appelle l'« impuissance de la puissance ». Affaiblis et absorbés par l'Irak et l'Afghanistan, les États-Unis laissent se développer l'affirmation de la Chine et le retour de la Russie : l'image annonce, malgré elle, la fin du moment unipolaire.

Ce que cette analyse apprend — Analyser une image de propagande comme une construction (décor, costume, slogan, public), puis la confronter aux faits qu'elle prétend résumer.

Bloqué sur ce chapitre ?

Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

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