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Histoire-Géographie Terminale

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Nouveaux rapports de puissance et enjeux mondiaux

Hyperpuissance américaine, 11-Septembre, émergence de la Chine, multipolarité, conflits, terrorisme, enjeux climatiques (programme d'histoire de Tle)

À propos de cette page
Ce cours d'histoire-géographie en terminale sur « Nouveaux rapports de puissance et enjeux mondiaux » suit le programme officiel d'histoire-géographie de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Le moment unipolaire : l'hyperpuissance américaine (1991-2001), Le 11-Septembre et la « guerre contre la terreur » (2001-2011), L'affirmation de nouvelles puissances : la Chine, l'Inde, les BRICS, Le retour de la Russie et la rivalité des grandes puissances. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en histoire-géographie.

2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.

Sujet 1 — Les nouveaux rapports de puissance dans le monde depuis 1991

Analyse des termes — Les « rapports de puissance » désignent la hiérarchie entre les États et leur capacité à imposer leur volonté, par la force comme par l'influence ; « nouveaux » invite à mesurer ce qui change par rapport à la bipolarité de la guerre froide. Le sujet part de la dissolution de l'URSS (1991) et va jusqu'à nos jours ; il est mondial et ne se limite pas aux États-Unis.

Problématique — Comment le monde est-il passé, depuis 1991, de la domination sans partage d'une hyperpuissance à un ordre multipolaire, plus concurrentiel et plus conflictuel ?

Introduction rédigéeLe 25 décembre 1991, Mikhaïl Gorbatchev démissionne et le drapeau rouge est descendu du Kremlin ; le lendemain, l'URSS est dissoute. La guerre froide s'achève et, avec elle, l'affrontement de deux superpuissances : pour la première fois depuis 1945, un seul État, les États-Unis, domine le monde. On appelle rapports de puissance la hiérarchie entre les États et leur capacité à imposer leur volonté aux autres, par la force militaire (hard power) comme par l'attraction économique et culturelle (soft power). Depuis 1991, cette hiérarchie s'est profondément transformée : l'hyperpuissance américaine a été frappée sur son sol le 11 septembre 2001, de nouvelles puissances ont émergé, au premier rang desquelles la Chine, et la Russie est revenue sur la scène internationale jusqu'à envahir l'Ukraine en 2022. Comment le monde est-il passé, depuis 1991, de la domination sans partage d'une hyperpuissance à un ordre multipolaire, plus concurrentiel et plus conflictuel ? Nous étudierons d'abord le moment unipolaire des années 1990, puis la contestation de l'hyperpuissance entre 2001 et 2008, avant d'analyser le monde multipolaire qui s'affirme depuis la crise de 2008.

I. 1991-2001 : le moment unipolaire de l'hyperpuissance américaine

  • Une supériorité militaire et diplomatique sans rival.Coalition de la guerre du Golfe (1991) ; frappes de l'OTAN et accords de Dayton (1995) ; bombardements contre la Serbie pendant 78 jours (1999).
  • Une domination économique et culturelle : l'hyperpuissance.Près de 30 % du PIB mondial en 2000 ; plus longue expansion de l'histoire américaine (1991-2001) ; soft power théorisé par Joseph Nye (1990) ; création de l'OMC (1995).
  • Une puissance qui choisit ses interventions.18 soldats tués à Mogadiscio (octobre 1993), retrait de Somalie (1994) ; refus d'intervenir au Rwanda pendant le génocide (avril-juillet 1994).

II. 2001-2008 : l'hyperpuissance frappée, puis contestée

  • Le 11-Septembre révèle la vulnérabilité de la première puissance.Près de 3 000 morts le 11 septembre 2001 ; « guerre contre la terreur » ; attaque de l'Afghanistan le 7 octobre 2001.
  • L'unilatéralisme mène à l'enlisement.Invasion de l'Irak le 20 mars 2003 sans mandat de l'ONU, malgré l'opposition de la France, de l'Allemagne et de la Russie ; aucune arme de destruction massive trouvée ; retrait en décembre 2011.
  • Des puissances concurrentes s'affirment.Chine à l'OMC (11 décembre 2001) ; acronyme BRIC (2001) ; discours de Poutine à Munich (10 février 2007) ; guerre de Géorgie (août 2008).

III. Depuis 2008 : un monde multipolaire et conflictuel

  • La crise de 2008 accélère le basculement économique.Premier sommet du G20 des chefs d'État (Washington, novembre 2008) ; premier sommet des BRIC (2009) ; la Chine deuxième économie mondiale (2010) ; BRICS élargis en 2024.
  • La Chine et la Russie contestent l'ordre occidental, chacune à sa manière.Routes de la soie (2013) et base de Djibouti (2017) ; annexion de la Crimée (2014), intervention en Syrie (2015), invasion de l'Ukraine (24 février 2022).
  • La primauté américaine persiste dans un monde de rivalités.916 milliards de dollars de dépenses militaires en 2023, environ 37 % du total mondial (SIPRI) ; guerre commerciale avec la Chine (2018) ; OTAN élargie à la Finlande (2023) et à la Suède (2024).
Conclusion rédigéeDepuis 1991, les rapports de puissance ont donc connu trois moments. Dans les années 1990, les États-Unis exercent une domination sans rival, mais déjà sélective. À partir de 2001, l'hyperpuissance, frappée par le terrorisme puis enlisée en Irak et en Afghanistan, perd une partie de sa légitimité, tandis que la Chine, les autres émergents et la Russie s'affirment. Depuis 2008, le monde est devenu multipolaire, mais d'une multipolarité déséquilibrée : les États-Unis restent la première puissance, la Chine s'impose comme leur rivale globale, la Russie comme une puissance perturbatrice qui recourt à la guerre, et des puissances intermédiaires jouent de ces rivalités. Loin de la « fin de l'histoire » annoncée en 1989, ce monde est plus conflictuel qu'en 1991. Reste à savoir s'il saura répondre aux défis communs, au premier rang desquels le réchauffement climatique, qui exige précisément la coopération que la rivalité des puissances rend difficile.

Le piège — Faire une liste de puissances (États-Unis, Chine, Russie, Inde) sans montrer d'évolution, ou ne parler que des États-Unis : le sujet porte sur des rapports, donc sur des relations entre puissances qui changent dans le temps. Autre erreur fréquente : conclure au déclin américain sans nuance, en oubliant la supériorité militaire des États-Unis.

Sujet 2 — Conflits et tentatives de gouvernance mondiale depuis les années 1990

Analyse des termes — Les « conflits » incluent les guerres entre États, les guerres civiles, le terrorisme et les conflits asymétriques ; la « gouvernance mondiale » désigne les institutions et règles par lesquelles les États tentent de gérer ensemble les problèmes mondiaux (ONU, justice internationale, G20, COP). Le sujet couvre la période qui va de la fin de la guerre froide à nos jours et invite à articuler les deux termes : la gouvernance est une réponse aux conflits, mais aussi leur victime.

Problématique — Pourquoi, depuis les années 1990, la multiplication de nouvelles formes de conflits met-elle en échec les tentatives d'organiser une gouvernance mondiale efficace ?

Introduction rédigéeLe 11 juillet 1995, les forces serbes de Bosnie s'emparent de Srebrenica, pourtant déclarée « zone de sécurité » par l'ONU et gardée par des casques bleus néerlandais ; en quelques jours, environ 8 000 hommes et adolescents musulmans sont massacrés. Quatre ans après la fin de la guerre froide, l'espoir d'un monde pacifié par l'ONU se heurte à des conflits d'un type nouveau. Depuis les années 1990, les conflits changent de forme : guerres civiles et génocides, terrorisme djihadiste, guerres asymétriques, puis retour des guerres entre États. Face à eux, les États tentent de bâtir une gouvernance mondiale, c'est-à-dire un ensemble d'institutions et de règles permettant de gérer ensemble les problèmes communs : ONU, justice pénale internationale, G20, conférences sur le climat. Pourquoi, depuis les années 1990, la multiplication de nouvelles formes de conflits met-elle en échec les tentatives d'organiser une gouvernance mondiale efficace ? Nous verrons d'abord que les années 1990 associent conflits internes et construction d'un ordre fondé sur l'ONU, puis comment le terrorisme et les guerres asymétriques mettent la coopération à l'épreuve après 2001, avant de montrer que le retour des conflits de puissance depuis les années 2010 paralyse la gouvernance mondiale au moment où les défis globaux l'exigent.

I. Les années 1990 : conflits internes et espoir d'un ordre fondé sur l'ONU

  • Les guerres civiles et identitaires remplacent l'affrontement des blocs.Éclatement de la Yougoslavie (1991-1995) ; siège de Sarajevo (1992-1996) ; massacre de Srebrenica (juillet 1995, environ 8 000 victimes).
  • Le génocide des Tutsi révèle l'impuissance de la communauté internationale.Avril-juillet 1994 : environ 800 000 morts selon l'ONU ; réduction des effectifs de la mission de l'ONU au Rwanda en pleine tuerie ; échec antérieur en Somalie (1993).
  • Une gouvernance mondiale se construit pourtant.TPIY (1993), TPIR (1994), statut de Rome (1998) créant la CPI (2002) ; OMC (1995) ; sommet de Rio (1992) et protocole de Kyoto (1997).

II. 2001-2014 : terrorisme et guerres asymétriques mettent la coopération à l'épreuve

  • Le terrorisme djihadiste devient un acteur mondial.Attentats du 11 septembre 2001 (près de 3 000 morts) ; « califat » de Daech proclamé le 29 juin 2014 ; attentats de Paris et Saint-Denis (13 novembre 2015, 130 morts).
  • Les guerres asymétriques montrent les limites de la force.Afghanistan (2001-2021, retour des talibans le 15 août 2021) ; Irak (2003-2011) ; opérations françaises Serval (2013) et Barkhane (2014-2022) au Sahel.
  • La coopération existe, mais elle est contournée ou détournée.Article 5 de l'OTAN invoqué le 12 septembre 2001 ; guerre d'Irak sans mandat (2003) ; responsabilité de protéger (2005) invoquée en Libye (2011) puis contestée par Moscou et Pékin ; G20 des chefs d'État (2008).

III. Depuis les années 2010 : retour des conflits de puissance et défis globaux

  • La guerre entre États revient.Géorgie (2008) ; annexion de la Crimée (mars 2014) ; invasion de l'Ukraine (24 février 2022).
  • Le Conseil de sécurité est paralysé par les vetos.Vetos russes, souvent accompagnés de vetos chinois, sur la Syrie depuis 2011 ; veto russe du 25 février 2022 sur l'Ukraine ; la CPI sans les États-Unis, la Chine ni la Russie.
  • Le climat impose une coopération que la rivalité fragilise.Accord de Paris (12 décembre 2015) ; retraits américains (effectif en 2020, annoncé de nouveau en 2025) ; fonds « pertes et préjudices » de la COP27 (2022).
Conclusion rédigéeDepuis les années 1990, les conflits n'ont pas disparu : ils ont changé de forme, des guerres civiles et génocides de l'après-guerre froide au terrorisme djihadiste et aux guerres asymétriques des années 2000, puis au retour de la guerre entre États avec l'invasion de l'Ukraine en 2022. La gouvernance mondiale a progressé, avec la justice pénale internationale, le G20 ou l'accord de Paris, mais elle reste dépendante de la bonne volonté des grandes puissances, qui la contournent ou la bloquent quand leurs intérêts sont en jeu. L'échec n'est donc pas total, mais la coopération recule quand la rivalité entre puissances s'aggrave. La question se pose désormais de savoir si les défis qui menacent tous les États, comme le réchauffement climatique ou les pandémies, pourront imposer une coopération que les conflits de puissance rendent si difficile.

Le piège — Traiter les conflits et la gouvernance en deux parties séparées (I. les conflits, II. la gouvernance) : le sujet demande de les articuler à chaque étape. Autre faute fréquente : présenter l'ONU comme un gouvernement mondial, ou oublier que la gouvernance a obtenu des résultats réels (CPI, accord de Paris).

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