06 29 33 79 32 Je réserve ici
Terminale

Ressources · Terminale ·

La Seconde Guerre mondiale

Guerre d'anéantissement, grandes phases, Shoah, Vichy et collaboration, Résistance, France libre, bilan (programme d'histoire de Tle)

À propos de cette page
Ce lexique sur « La Seconde Guerre mondiale » en terminale donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Une guerre mondiale en trois phases (1937-1945), Une guerre d'anéantissement : le front de l'Est et les crimes de guerre, La Shoah et le génocide des Tsiganes, Juin 1940 en France : continuer ou arrêter la guerre, un choix décisif. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de terminale.

Guerre totale

Guerre qui mobilise l'ensemble des ressources humaines, économiques, scientifiques et morales d'un pays, et dans laquelle la distinction entre combattants et civils s'efface.

À ne pas confondre

  • Guerre d'anéantissement — La guerre totale décrit l'ampleur des moyens mobilisés ; la guerre d'anéantissement désigne un but : la destruction physique de l'adversaire.

Selon l'époque et le point de vue — L'expression apparaît pendant la Grande Guerre (Léon Daudet, La Guerre totale, 1918), est théorisée par le général Ludendorff (Der totale Krieg, 1935) et reprise par Goebbels dans son discours du Sportpalast, le 18 février 1943, après Stalingrad.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert pour la mobilisation économique (Victory Program américain, STO) et les bombardements de villes ; faute à éviter : croire qu'elle naît en 1939, alors que 1914-1918 en est déjà une.

Guerre d'anéantissement

Guerre dont le but n'est pas seulement la victoire militaire, mais la destruction physique d'une partie de la population ennemie, désignée comme inférieure ou dangereuse.

À ne pas confondre

  • Génocide — Le génocide vise la destruction d'un groupe en tant que tel ; la guerre d'anéantissement est le cadre plus large (prisonniers, civils slaves, élites) dans lequel s'inscrit le génocide des Juifs.

Selon l'époque et le point de vue — Traduction de l'allemand Vernichtungskrieg : Hitler emploie l'idée devant ses généraux le 30 mars 1941 ; les historiens l'appliquent surtout à la guerre à l'Est depuis les années 1980-1990.

Ce que le mot permet d'écrire — Notion centrale du chapitre au programme ; faute à éviter : l'appliquer à tous les belligérants sans distinction.

Guerre éclair (Blitzkrieg)

Offensive rapide concentrant chars et aviation sur un point du front pour le percer, encercler l'adversaire et obtenir une décision en quelques semaines.

À ne pas confondre

  • Guerre d'usure — La guerre d'usure épuise l'adversaire sur la durée (Verdun, 1916 ; front de l'Est après 1942) ; la guerre éclair cherche la décision immédiate.

Selon l'époque et le point de vue — Le mot est popularisé par la presse en 1939-1940 ; l'historien Karl-Heinz Frieser (Le Mythe de la guerre-éclair, 1995, trad. fr. 2003) a montré qu'il ne s'agissait pas d'une doctrine planifiée mais d'une improvisation réussie en 1940.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert pour la Pologne (1939) et la France (1940) ; faute à éviter : l'employer pour l'échec devant Moscou en décembre 1941, qui marque justement la fin de cette méthode.

Espace vital (Lebensraum)

Territoire qu'un peuple estimerait nécessaire à sa survie ; chez Hitler, les terres de l'Est à conquérir sur les Slaves pour la colonisation allemande.

À ne pas confondre

  • Pangermanisme — Le pangermanisme vise à réunir les peuples germaniques (Autriche, Sudètes) ; l'espace vital vise la conquête de terres peuplées de non-Allemands.

Selon l'époque et le point de vue — Notion du géographe Friedrich Ratzel (1901), radicalisée par Hitler dans Mein Kampf (1925), puis traduite en planification par le Generalplan Ost (1941-1942).

Ce que le mot permet d'écrire — Explique pourquoi la guerre à l'Est est d'une autre nature que celle de l'Ouest ; faute à éviter : en faire un simple prétexte diplomatique.

Génocide

Destruction intentionnelle, en tout ou en partie, d'un groupe national, ethnique, racial ou religieux, en tant que tel.

À ne pas confondre

  • Massacre — Un massacre est une tuerie de masse ; le génocide suppose l'intention de détruire un groupe entier.

Selon l'époque et le point de vue — Mot forgé par le juriste Raphael Lemkin en 1944 pour qualifier les crimes nazis ; défini en droit international par la convention de l'ONU du 9 décembre 1948.

Ce que le mot permet d'écrire — S'applique aux Juifs et aux Tsiganes ; faute à éviter : l'employer pour toute violence de guerre, ce qui en dilue le sens.

Shoah

Génocide des Juifs d'Europe perpétré par l'Allemagne nazie et ses complices entre 1941 et 1945 ; 5 à 6 millions de victimes.

À ne pas confondre

  • Holocauste — Holocauste, d'origine grecque, évoque un sacrifice religieux ; on lui préfère en France « Shoah » (« catastrophe » en hébreu).

Selon l'époque et le point de vue — Le mot s'impose en France avec le film de Claude Lanzmann, Shoah (1985).

Ce que le mot permet d'écrire — Nom propre du génocide des Juifs ; faute à éviter : l'employer pour l'ensemble des victimes du nazisme.

Centre de mise à mort

Lieu créé pour assassiner les déportés dès leur arrivée, principalement par le gaz : Chelmno, Belzec, Sobibor, Treblinka, Majdanek, Auschwitz-Birkenau.

À ne pas confondre

  • Camp de concentration — Le camp de concentration (Dachau, 1933 ; Buchenwald) détient et exploite des prisonniers, avec une mortalité massive ; le centre de mise à mort tue immédiatement.

Selon l'époque et le point de vue — Expression reprise des travaux de Raul Hilberg (La Destruction des Juifs d'Europe, 1961) ; plus précise que « camp d'extermination ».

Ce que le mot permet d'écrire — Indispensable dans toute copie sur la Shoah ; faute à éviter : situer des chambres à gaz d'extermination massive en Allemagne même.

Solution finale

Euphémisme nazi (« solution finale de la question juive ») désignant le projet d'assassinat de tous les Juifs d'Europe.

À ne pas confondre

  • Shoah — « Solution finale » est le vocabulaire des bourreaux ; « Shoah » est le nom que l'histoire donne à l'événement. Mettez toujours le premier entre guillemets.

Selon l'époque et le point de vue — Göring charge Heydrich, le 31 juillet 1941, de préparer une « solution globale » ; la conférence de Wannsee (20 janvier 1942) en coordonne la mise en œuvre.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert à analyser la décision et l'organisation du génocide ; faute à éviter : croire que Wannsee est le point de départ des tueries, commencées dès l'été 1941.

Armistice

Convention entre belligérants qui suspend les combats sans mettre juridiquement fin à l'état de guerre.

À ne pas confondre

  • Capitulation — La capitulation est la reddition d'une armée : en juin 1940, Reynaud souhaitait une capitulation militaire laissant le gouvernement libre de continuer la guerre depuis l'Empire, Weygand la refusa.

Selon l'époque et le point de vue — L'armistice du 22 juin 1940 est signé à Rethondes, dans le wagon de l'armistice de 1918, choix symbolique voulu par Hitler.

Ce que le mot permet d'écrire — Clé du point de passage « juin 1940 » ; faute à éviter : parler de « traité de paix », qui n'a jamais été signé.

Régime de Vichy (« État français »)

Régime autoritaire dirigé par le maréchal Pétain de juillet 1940 à août 1944, installé à Vichy, en zone non occupée.

À ne pas confondre

  • Occupation — L'occupation est le fait de l'armée allemande ; Vichy est un gouvernement français qui conserve une souveraineté, au moins jusqu'en novembre 1942.

Selon l'époque et le point de vue — Né du vote du 10 juillet 1940 et des actes constitutionnels du 11 juillet, qui remplacent la République par l'« État français ».

Ce que le mot permet d'écrire — Utilisez « régime de Vichy » ou « État français » ; faute à éviter : écrire que Vichy est une création allemande.

Révolution nationale

Programme idéologique de Vichy : autoritarisme, retour à la terre, famille, religion, corporatisme, exclusion des « anti-France » (Juifs, francs-maçons, communistes, étrangers).

À ne pas confondre

  • Fascisme — Vichy emprunte au fascisme le culte du chef et la jeunesse encadrée, mais c'est d'abord un régime conservateur et traditionaliste, sans parti unique de masse.

Selon l'époque et le point de vue — Lancée dès l'été 1940 sous la devise « Travail, Famille, Patrie », qui remplace « Liberté, Égalité, Fraternité ».

Ce que le mot permet d'écrire — Sert à montrer que Vichy n'est pas qu'un gouvernement de circonstance ; faute à éviter : séparer la Révolution nationale de la persécution, qui en fait partie.

Collaboration

Politique de coopération du régime de Vichy avec l'Allemagne nazie, dans les domaines politique, économique, militaire et policier.

À ne pas confondre

  • Collaborationnisme — Le collaborationnisme est l'adhésion idéologique au nazisme de partis parisiens (PPF de Doriot, RNP de Déat) qui jugent Vichy trop timide.

Selon l'époque et le point de vue — Le mot est employé par Pétain lui-même dans son discours du 30 octobre 1940, après l'entrevue de Montoire.

Ce que le mot permet d'écrire — Précisez toujours « collaboration d'État » pour Vichy ; faute à éviter : l'attribuer à toute la population.

Résistance

Ensemble des actions clandestines menées contre l'occupant et le régime de Vichy : renseignement, presse, évasions, sabotages, lutte armée, sauvetage.

À ne pas confondre

  • France libre — La Résistance intérieure agit en France ; la France libre est l'organisation extérieure créée par de Gaulle à Londres.

Selon l'époque et le point de vue — Le mot figure dans l'appel du 18 juin 1940 ; on distingue les réseaux (renseignement, liés à Londres) et les mouvements (propagande, recrutement, action).

Ce que le mot permet d'écrire — Montrez sa diversité et son unification ; faute à éviter : la présenter comme massive dès 1940.

France libre

Organisation politique et militaire créée à Londres par le général de Gaulle en 1940 pour poursuivre la guerre aux côtés des Alliés.

À ne pas confondre

  • GPRF — Le Gouvernement provisoire de la République française (3 juin 1944) est l'aboutissement de la France libre, devenue France combattante en 1942 puis CFLN en 1943.

Selon l'époque et le point de vue — Reconnue par Churchill le 28 juin 1940 ; elle prend le nom de France combattante en juillet 1942.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert à montrer que la France figure parmi les vainqueurs en 1945 ; faute à éviter : la confondre avec la Résistance intérieure.

Crime de guerre

Violation des lois et coutumes de la guerre : assassinat de prisonniers, mauvais traitements, massacres de civils, destructions sans nécessité militaire.

À ne pas confondre

  • Crime contre l'humanité — Le crime contre l'humanité vise des populations civiles pour des motifs politiques, raciaux ou religieux ; il est défini en août 1945, ce qui relève du chapitre suivant.

Selon l'époque et le point de vue — Fondé sur les conventions de La Haye (1899, 1907) et de Genève (1929, sur les prisonniers), que l'Allemagne viole massivement à l'Est.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert pour les prisonniers soviétiques, Katyn, Oradour ; faute à éviter : employer une notion juridique postérieure pour décrire la pensée des acteurs de 1941.

Les repères du programme

Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.

Guerre européenne / guerre mondiale

Le conflit change d'échelle : européen en 1939-1940, il devient mondial en 1941.

Ce qu'il débloque — Structure un plan chronologique autour du tournant de 1941.

Exemple — Sur le sujet « Une guerre mondiale (1939-1945) », il permet d'opposer une première partie sur la guerre européenne et le conflit sino-japonais à une deuxième sur la mondialisation du conflit après Barbarossa et Pearl Harbor.

Militaires / civils

Les civils deviennent des cibles et des victimes majoritaires.

Ce qu'il débloque — Oblige à comparer avec 1914-1918 et à distinguer les formes de violence (génocide, famine, bombardements).

Exemple — Sur le sujet « Le bilan humain de la guerre », il permet de montrer qu'au moins la moitié des 60 millions de morts sont des civils.

Contrainte / initiative

Ce que Vichy subit de l'occupant et ce qu'il décide lui-même.

Ce qu'il débloque — Évite la thèse du « bouclier » et nuance le rôle de l'occupant.

Exemple — Sur le sujet « Vichy et la collaboration », il permet d'opposer les frais d'occupation (contrainte) au statut des Juifs de 1940 (initiative).

Intention / processus

La part de l'idéologie et celle de la radicalisation progressive dans une décision.

Ce qu'il débloque — Sert à présenter le débat sur la décision de la Shoah.

Exemple — Sur le sujet « La Shoah », il permet de montrer que l'antisémitisme nazi est constant mais que l'extermination totale se décide par étapes en 1941.

Intérieur / extérieur

La Résistance en France et la France libre à Londres puis Alger.

Ce qu'il débloque — Construit un plan qui aboutit à l'unification de 1943.

Exemple — Sur le sujet « La Résistance », il permet de montrer comment Jean Moulin relie les mouvements de l'intérieur à de Gaulle.

Rupture / continuité

Ce qui change brutalement et ce qui prolonge des tendances antérieures.

Ce qu'il débloque — Nuance l'idée que tout commence en 1940.

Exemple — Sur le sujet « La France dans la guerre », il permet de montrer la rupture du 10 juillet 1940 mais aussi la continuité de la xénophobie des années 1930 et de l'internement des « nomades » décidé dès avril 1940 par la IIIe République.

Bloqué sur ce chapitre ?

Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

Prof d'histoire-géo à Marseille · Cours particuliers au lycée · Aide aux devoirs