À propos de cette page
Ce cours d' en terminale sur « La Seconde Guerre mondiale » suit le programme officiel d' de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Une guerre mondiale en trois phases (1937-1945), Une guerre d'anéantissement : le front de l'Est et les crimes de guerre, La Shoah et le génocide des Tsiganes, Juin 1940 en France : continuer ou arrêter la guerre, un choix décisif. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en .
2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.
Sujet 1 — La Seconde Guerre mondiale, une guerre d'anéantissement (1939-1945)
Analyse des termes — La « guerre d'anéantissement » désigne une guerre qui vise la destruction physique de l'adversaire, et non la seule victoire militaire ; elle se distingue de la guerre totale, qui désigne l'ampleur des moyens mobilisés. Les bornes vont de l'invasion de la Pologne (1er septembre 1939) à la capitulation du Japon (2 septembre 1945), à l'échelle mondiale, avec l'Europe de l'Est comme cœur du sujet.
Problématique — En quoi la Seconde Guerre mondiale, par ses objectifs et par ses méthodes, dépasse-t-elle la guerre totale pour devenir, surtout à l'Est, une guerre d'anéantissement ?
Introduction rédigéeLe 30 mars 1941, devant les chefs de la Wehrmacht, Hitler annonce que la guerre à venir contre l'URSS sera une lutte d'anéantissement, et non une guerre ordinaire. Commencée le 1er septembre 1939 par l'invasion de la Pologne et achevée le 2 septembre 1945 par la capitulation du Japon, la Seconde Guerre mondiale est une guerre totale : les belligérants y mobilisent toutes leurs ressources et la distinction entre combattants et civils s'efface. Mais l'expression de guerre d'anéantissement désigne davantage : une guerre dont le but est la destruction physique de populations entières. Elle fait de l'ordre de 60 millions de morts, dont au moins la moitié de civils. En quoi la Seconde Guerre mondiale, par ses objectifs et par ses méthodes, dépasse-t-elle la guerre totale pour devenir, surtout à l'Est, une guerre d'anéantissement ? Nous verrons d'abord que le conflit est idéologique dès son origine (1939-1941), puis qu'il atteint son paroxysme sur le front de l'Est et avec le génocide des Juifs (1941-1943), avant de montrer qu'entre 1943 et 1945 la violence ne connaît plus de limites, selon des logiques qu'il faut distinguer.
I. Une guerre idéologique dès l'origine (1939-1941)
- Le projet nazi est un projet de conquête et de hiérarchie raciale : l'espace vital suppose la disparition ou l'asservissement des peuples de l'Est.Mein Kampf (1925) ; discours de Hitler à ses généraux annonçant une lutte d'anéantissement contre l'URSS, 30 mars 1941.
- La Pologne sert de laboratoire : exécution des élites, annexions, expulsions et enfermement des Juifs.Invasion du 1er septembre 1939 ; ghetto de Varsovie fermé en novembre 1940, où s'entassent environ 400 000 personnes.
- En Asie, la guerre japonaise en Chine associe conquête et violences massives contre les civils.Massacre de Nankin, décembre 1937 : de plusieurs dizaines de milliers à plus de 200 000 victimes selon les estimations.
II. Le paroxysme de 1941-1943 : le front de l'Est et le génocide
- L'invasion de l'URSS est conçue comme une guerre sans règles contre le « judéo-bolchevisme ».Ordre des commissaires (6 juin 1941) ; environ 3,3 millions de prisonniers soviétiques morts sur 5,7 millions ; siège de Leningrad (1941-1944).
- Les tueries de masse commencent dès l'été 1941 derrière le front.Einsatzgruppen ; Babi Yar, 29-30 septembre 1941 : plus de 33 000 Juifs assassinés ; plus d'un million de victimes de la « Shoah par balles ».
- L'extermination devient industrielle et continentale.Conférence de Wannsee (20 janvier 1942) ; six centres de mise à mort ; environ 1,1 million de victimes à Auschwitz-Birkenau ; génocide des Tsiganes.
III. 1943-1945 : une violence sans limites, mais des logiques différentes
- Les Alliés exigent la reddition inconditionnelle : la guerre ne peut s'achever que par l'effondrement complet de l'ennemi.Conférence de Casablanca, janvier 1943 ; capitulation allemande du 8 mai 1945.
- Le Reich en recul poursuit le génocide et la répression jusqu'au bout.Déportation d'environ 430 000 Juifs de Hongrie au printemps 1944 ; Oradour-sur-Glane, 10 juin 1944.
- La guerre totale alliée frappe aussi massivement les civils, sans projet d'extermination.Bombardements de Hambourg (1943), Dresde et Tokyo (1945) ; Hiroshima (6 août) et Nagasaki (9 août 1945) ; de l'ordre de 60 millions de morts, au moins pour moitié civils.
Conclusion rédigéeLa Seconde Guerre mondiale est bien une guerre d'anéantissement, mais d'abord par la volonté du régime nazi : dès 1939 en Pologne, surtout à partir de juin 1941 en URSS, la guerre vise la destruction de peuples entiers, jusqu'à la Shoah, qui fait entre 5 et 6 millions de victimes. Les autres belligérants, Japon en Chine ou Alliés par leurs bombardements, portent aussi la violence contre les civils à un niveau inédit, mais dans la logique de la guerre totale plus que dans celle de l'extermination. L'ampleur de ces crimes explique qu'en 1945 les vainqueurs aient voulu les juger et inventer de nouvelles notions juridiques, comme le crime contre l'humanité : c'est l'un des fondements du nouvel ordre mondial qui s'ouvre alors.
Le piège — Raconter les batailles dans l'ordre chronologique sans jamais démontrer en quoi la guerre vise l'anéantissement ; ou, à l'inverse, appliquer la notion à tous les belligérants sans distinguer le projet nazi d'extermination des violences de la guerre totale.
Sujet 2 — La France dans la Seconde Guerre mondiale (1940-1945)
Analyse des termes — Le sujet porte sur la France comme État, territoire et société : la défaite, le régime de Vichy, l'occupation, la collaboration, la Résistance intérieure et la France libre. Il s'ouvre avec l'offensive allemande du 10 mai 1940 et s'achève avec la capitulation allemande du 8 mai 1945, à laquelle la France assiste parmi les vainqueurs.
Problématique — Comment la défaite de 1940 divise-t-elle la France entre un régime qui choisit la collaboration et une Résistance qui la ramène dans le camp des vainqueurs ?
Introduction rédigéeLe 17 juin 1940, le maréchal Pétain annonce à la radio qu'« il faut cesser le combat » ; le lendemain, depuis Londres, le général de Gaulle appelle au contraire à le poursuivre. Ces deux voix résument le drame de la France dans la Seconde Guerre mondiale. Entre l'offensive allemande du 10 mai 1940 et la capitulation du Reich le 8 mai 1945, la France connaît la défaite, l'occupation et un régime autoritaire, le régime de Vichy, qui choisit la collaboration avec l'Allemagne nazie ; mais une partie des Français refuse cette situation, dans la Résistance intérieure ou dans la France libre. Comment la défaite de 1940 divise-t-elle la France entre un régime qui choisit la collaboration et une Résistance qui la ramène dans le camp des vainqueurs ? Nous verrons d'abord comment l'effondrement de 1940 impose un choix décisif, puis comment le régime de Vichy s'engage dans la collaboration et la persécution, avant d'étudier le chemin de la Résistance et de la France libre jusqu'à la Libération.
I. 1940 : l'effondrement et le choix décisif
- Une défaite militaire éclair, qui provoque un traumatisme national.Campagne du 10 mai au 22 juin 1940 ; environ 60 000 soldats tués, près de 1,8 million de prisonniers ; exode de millions de civils.
- Deux choix s'opposent : l'armistice ou la poursuite de la guerre.Discours de Pétain (17 juin) et appel de De Gaulle (18 juin) ; armistice de Rethondes (22 juin 1940) et ligne de démarcation.
- La République disparaît au profit d'un régime autoritaire.Vote des pleins pouvoirs à Pétain par 569 voix contre 80, le 10 juillet 1940 ; actes constitutionnels du 11 juillet.
II. Vichy : un régime autoritaire qui choisit la collaboration (1940-1944)
- La Révolution nationale rompt avec la République et désigne des exclus.Devise « Travail, Famille, Patrie » ; dissolution des syndicats ; mesures contre les francs-maçons, les communistes et les étrangers.
- L'antisémitisme d'État mène à la participation à la déportation.Statut des Juifs du 3 octobre 1940 ; rafle du Vél' d'Hiv (16-17 juillet 1942, 13 152 arrestations) ; environ 76 000 Juifs déportés de France.
- La collaboration d'État s'approfondit jusqu'à la perte de toute autonomie.Montoire (24 octobre 1940) ; invasion de la zone sud (11 novembre 1942) ; STO (16 février 1943) ; Milice (janvier 1943).
III. Résistance et France libre : de la dissidence à la Libération (1940-1945)
- La France libre construit une armée et une légitimité à l'extérieur.Ralliement du Tchad de Félix Éboué (26 août 1940) ; Bir Hakeim (mai-juin 1942).
- La Résistance intérieure, d'abord dispersée, grandit et s'unifie.Mouvements Combat, Libération-Sud, Franc-Tireur ; engagement communiste après juin 1941 ; maquis après le STO ; CNR réuni le 27 mai 1943 par Jean Moulin.
- La Libération ramène la France dans le camp des vainqueurs.GPRF (3 juin 1944) ; libération de Paris (25 août 1944) par la 2e DB et les FFI ; de Lattre présent à la capitulation allemande à Berlin (8 mai 1945).
Conclusion rédigéeDe 1940 à 1945, la France vit une guerre singulière : vaincue en six semaines, elle se donne un régime autoritaire qui, de sa propre initiative, exclut les Juifs, puis collabore avec l'occupant jusqu'à participer à leur déportation. Face à lui, la France libre et la Résistance intérieure, longtemps minoritaires et dispersées, s'unifient en 1943 et permettent au pays de participer à sa libération et de figurer parmi les vainqueurs le 8 mai 1945. Reste à reconstruire l'État et la démocratie, et à juger ceux qui ont collaboré : c'est l'enjeu de la fin de la Seconde Guerre mondiale et des débuts d'un nouvel ordre, et l'origine d'une mémoire longtemps conflictuelle de Vichy.
Le piège — Opposer une France « tout entière résistante » à quelques traîtres, ou au contraire une France « tout entière collaboratrice » : la majorité de la population est d'abord attentiste, et la copie doit distinguer l'État (Vichy), les collaborationnistes, les résistants et la société.