Une nouvelle donne géopolitique : bipolarisation et émergence du tiers-monde
Guerre froide (1947-début des années 1970), crises de Berlin et Cuba, décolonisations, Bandung, non-alignement (programme d'histoire de Tle)
À propos de cette page
Ce lexique sur « Une nouvelle donne géopolitique : bipolarisation et émergence du tiers-monde » en terminale donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : 1947 : la rupture qui fait naître un monde bipolaire, Deux blocs organisés, armés et idéologiques (1948-1957), Berlin, symbole de la Guerre froide (1948-1963), Des guerres chaudes à la périphérie : Corée, puis Cuba. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de terminale.
Guerre froide
Conflit entre les États-Unis et l'URSS (1947-1991) qui mobilise tous les moyens (idéologie, économie, armement, propagande, alliances) sauf l'affrontement militaire direct entre les deux Grands.
À ne pas confondre
Conflit périphérique — La Guerre froide est l'affrontement global ; le conflit périphérique (Corée, Vietnam) en est la forme armée, localisée, menée par alliés interposés.
Selon l'époque et le point de vue — George Orwell emploie l'expression dès octobre 1945 ; le financier Bernard Baruch la reprend en avril 1947 et le journaliste Walter Lippmann la popularise dans un livre paru la même année.
Ce que le mot permet d'écrire — Notion centrale de tout sujet sur la période. Faute à éviter : croire qu'elle n'a pas fait de morts, ou la faire commencer en 1945 alors que la rupture date de 1947.
Bipolarisation
Organisation des relations internationales autour de deux pôles de puissance, qui attirent chacun un ensemble d'États alliés ou dépendants.
À ne pas confondre
Multipolarité — Monde à plusieurs centres de puissance. Dès les années 1960, la Chine, la France gaullienne et le tiers-monde fissurent la bipolarité sans l'abolir.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot décrit après coup la situation née en 1947 ; le programme de 2019 en fait l'intitulé même du chapitre.
Ce que le mot permet d'écrire — Sert à définir le sujet dans l'introduction. Faute à éviter : croire que tous les États du monde appartiennent à un bloc.
Superpuissance
État dont la puissance est globale : militaire (arme nucléaire), économique, idéologique et culturelle, avec une capacité d'intervention sur toute la planète.
À ne pas confondre
Grande puissance — Une grande puissance (France, Royaume-Uni après 1945) pèse dans sa région ou par son empire ; une superpuissance domine un bloc entier.
Selon l'époque et le point de vue — Le politiste américain William T. R. Fox forge le terme en 1944 dans son livre The Super-Powers.
Ce que le mot permet d'écrire — Pour désigner les États-Unis et l'URSS après 1945. Faute à éviter : l'appliquer à la Chine des années 1960, qui est une puissance régionale dotée de la bombe.
Endiguement (containment)
Politique américaine visant à contenir l'expansion soviétique dans ses limites de 1947, par l'aide économique, les alliances et, si besoin, la force.
À ne pas confondre
Refoulement (rollback) — Le refoulement prétend faire reculer le communisme là où il est installé ; prôné par John Foster Dulles en 1952-1953, il n'est jamais appliqué : en 1956, Washington n'intervient pas à Budapest.
Selon l'époque et le point de vue — Formulé par le diplomate George Kennan dans son « long télégramme » (22 février 1946), puis dans l'article signé « X » de la revue Foreign Affairs (juillet 1947) ; adopté par Truman le 12 mars 1947.
Ce que le mot permet d'écrire — Clé de la politique américaine de 1947 à 1972. Faute à éviter : le réduire à la force militaire, alors que le plan Marshall en est l'outil principal.
Démocratie populaire
Nom donné aux régimes communistes installés en Europe de l'Est après 1945 sous le contrôle soviétique : parti unique de fait, économie planifiée, police politique.
À ne pas confondre
Démocratie libérale — Pluralisme, élections libres, libertés individuelles : le modèle que Truman oppose en 1947 aux « élections truquées » des pays de l'Est.
Selon l'époque et le point de vue — Expression revendiquée par les partis communistes est-européens à partir de 1945-1947 ; les Occidentaux parlent plutôt de « pays satellites ».
Ce que le mot permet d'écrire — Pour décrire le bloc de l'Est. Faute à éviter : prendre le mot « démocratie » au pied de la lettre.
Rideau de fer
Ligne de partage fortifiée et idéologique qui coupe l'Europe entre l'Est communiste et l'Ouest libéral, de la Baltique à l'Adriatique.
À ne pas confondre
Mur de Berlin — Le mur (1961) n'en est qu'un tronçon urbain, élevé par la RDA ; le rideau de fer désigne toute la frontière entre les deux Europe.
Selon l'époque et le point de vue — Winston Churchill popularise l'image à Fulton, le 5 mars 1946 : « De Stettin dans la Baltique à Trieste dans l'Adriatique, un rideau de fer est descendu à travers le continent. »
Ce que le mot permet d'écrire — Pour la dimension européenne de la bipolarisation. Faute à éviter : le dater de 1961.
Dissuasion nucléaire
Stratégie qui consiste à empêcher l'adversaire d'attaquer en le menaçant de représailles nucléaires qui lui infligeraient des dommages inacceptables.
À ne pas confondre
Course aux armements — La course aux armements est la compétition quantitative et technique ; la dissuasion est la doctrine d'emploi (ou plutôt de non-emploi) de ces armes.
Équilibre de la terreur — Situation qui résulte de la dissuasion réciproque : chacun pouvant détruire l'autre, aucun n'ose frapper le premier.
Selon l'époque et le point de vue — Elle devient réciproque quand l'URSS possède la bombe (1949) ; Washington affiche les « représailles massives » (Dulles, janvier 1954), puis la « riposte graduée », adoptée par l'OTAN en 1967.
Ce que le mot permet d'écrire — Explique pourquoi la Guerre froide ne devient pas une troisième guerre mondiale. Faute à éviter : confondre la menace et l'emploi de l'arme.
Coexistence pacifique
Doctrine soviétique affirmée par Khrouchtchev en février 1956 : la compétition entre capitalisme et communisme doit se poursuivre sans guerre, sur le terrain économique, scientifique et idéologique.
À ne pas confondre
Détente — La coexistence pacifique est une doctrine soviétique qui n'empêche ni Budapest (1956) ni Cuba (1962) ; la détente est une phase de négociations bilatérales ouverte après 1962.
Selon l'époque et le point de vue — Khrouchtchev en fait la ligne officielle au XXe congrès du Parti communiste de l'Union soviétique (février 1956), celui de la dénonciation de Staline.
Ce que le mot permet d'écrire — Pour la période 1953-1962. Faute à éviter : y voir la fin des crises.
Détente
Phase d'apaisement relatif (1962-milieu des années 1970) où les deux Grands négocient pour limiter le risque nucléaire : téléphone rouge et traité de Moscou (1963), TNP (1968), SALT I (1972).
À ne pas confondre
Fin de la Guerre froide — La détente organise la rivalité sans la supprimer ; la fin de la Guerre froide (1989-1991) voit disparaître l'un des deux blocs.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot français passe tel quel en anglais ; il s'impose dans le vocabulaire diplomatique après la crise de Cuba.
Ce que le mot permet d'écrire — Pour la troisième partie d'un plan chronologique. Faute à éviter : oublier que le Vietnam et Prague (1968) datent de la détente.
Conflit périphérique
Guerre localisée hors du territoire des deux Grands, où ceux-ci s'affrontent indirectement en soutenant chacun un camp.
À ne pas confondre
Crise — Une crise (Berlin 1948, Cuba 1962) est une tension aiguë sans combats entre les Grands ; un conflit périphérique (Corée 1950-1953) est une vraie guerre.
Selon l'époque et le point de vue — Notion employée par les historiens pour qualifier la guerre de Corée, puis celle du Vietnam.
Ce que le mot permet d'écrire — Pour nuancer le mot « froide ». Faute à éviter : parler de guerre directe entre Américains et Soviétiques en Corée.
Décolonisation
Processus par lequel un territoire colonisé accède à l'indépendance, par la négociation ou par la guerre.
À ne pas confondre
Indépendance — L'indépendance est un acte juridique, daté (Inde, 15 août 1947) ; la décolonisation est un processus long, qui inclut l'émancipation économique et culturelle.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot se diffuse après 1945 ; les colonisés, eux, parlent plutôt de « libération nationale ».
Ce que le mot permet d'écrire — Pour la partie sur l'émergence de nouveaux États. Faute à éviter : ne parler que de l'empire français.
Droit des peuples à disposer d'eux-mêmes
Principe selon lequel chaque peuple choisit librement son statut politique et son gouvernement, sans ingérence extérieure.
À ne pas confondre
Souveraineté — La souveraineté est le pouvoir d'un État déjà constitué ; le droit des peuples permet à un peuple sans État d'en revendiquer un.
Selon l'époque et le point de vue — Défendu par le président Wilson en 1918, inscrit à l'article 1er de la charte des Nations unies (1945), réaffirmé par la résolution 1514 de l'ONU (14 décembre 1960).
Ce que le mot permet d'écrire — Fonde la légitimité des revendications d'indépendance. Faute à éviter : croire qu'il suffit à obtenir l'indépendance sans lutte.
Tiers-monde
Ensemble des pays pauvres, pour la plupart anciennement colonisés, d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine, qui n'appartiennent ni au monde capitaliste développé ni au bloc communiste.
À ne pas confondre
Non-alignement — Le tiers-monde est une réalité économique et sociale ; le non-alignement est un choix diplomatique. Le Pakistan, allié des États-Unis, est du tiers-monde sans être non aligné.
Selon l'époque et le point de vue — Expression d'Alfred Sauvy, dans L'Observateur du 14 août 1952, par analogie avec le tiers état de 1789.
Ce que le mot permet d'écrire — Pour la seconde moitié du sujet. Faute à éviter : en faire un bloc homogène.
Non-alignement
Refus d'adhérer à l'une des deux alliances de la Guerre froide, au nom de l'indépendance, de la paix et de la lutte contre le colonialisme.
À ne pas confondre
Neutralité — La neutralité est un statut juridique et passif (Suisse, Autriche en 1955) ; le non-alignement est une politique active, qui prend position à l'ONU.
Selon l'époque et le point de vue — Défendu par Nehru dès les années 1950 ; le mouvement est fondé à Belgrade (1er-6 septembre 1961) par Tito, Nehru, Nasser, Sukarno et Nkrumah.
Ce que le mot permet d'écrire — Pour montrer que le tiers-monde devient acteur. Faute à éviter : dater le mouvement de Bandung.
Néocolonialisme
Domination économique, financière ou politique maintenue par les anciennes métropoles ou par les grandes puissances sur des États pourtant indépendants.
À ne pas confondre
Colonialisme — Le colonialisme suppose une domination politique directe et un territoire administré ; le néocolonialisme s'exerce sur un État souverain.
Selon l'époque et le point de vue — Popularisé par Kwame Nkrumah dans son livre Le Néocolonialisme, dernier stade de l'impérialisme (1965).
Ce que le mot permet d'écrire — Pour nuancer le bilan des indépendances. Faute à éviter : l'employer comme une preuve, alors que c'est un concept militant.
Les repères du programme
Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.
Affrontement / négociation
Les deux Grands alternent défis et compromis : la crise mène au bord du gouffre, puis à l'accord.
Ce qu'il débloque — Structure un plan chronologique en trois temps : blocs, crises, détente.
Exemple — Sur le sujet « La crise de Cuba », il permet de montrer que le paroxysme d'octobre 1962 débouche directement sur le téléphone rouge et le traité de Moscou (1963).
Centre / périphérie
Au centre (Europe, territoires des Grands), la guerre reste froide ; à la périphérie (Asie, Afrique, Caraïbes), elle devient chaude.
Ce qu'il débloque — Nuance le mot « froide » et explique la géographie des conflits.
Exemple — Sur le sujet « La bipolarisation du monde », il permet d'opposer Berlin, où l'on ne tire pas en 1948, à la Corée, où l'on meurt par millions de 1950 à 1953.
Bloc / non-alignement
Face à la logique binaire des blocs, des États refusent de choisir et revendiquent une troisième voie.
Ce qu'il débloque — Relie les deux moitiés du chapitre : bipolarisation et émergence du tiers-monde.
Exemple — Sur le sujet « Une nouvelle donne géopolitique », il permet de faire de Bandung (1955) et Belgrade (1961) la réponse du Sud à la doctrine Truman et à la doctrine Jdanov.
Indépendance négociée / indépendance conquise
Les empires se défont soit par la négociation, soit par la guerre.
Ce qu'il débloque — Construit une partie sur les modalités des décolonisations.
Exemple — Sur le sujet « L'émergence du tiers-monde », il permet de comparer le Ghana (1957), indépendant par étapes négociées, et l'Indonésie, reconnue en 1949 après quatre ans de guerre.
Idéologie / puissance
Les choix des États s'expliquent autant par leurs intérêts de puissance que par leurs convictions.
Ce qu'il débloque — Utile pour les nuances et les débats historiographiques.
Exemple — Sur le sujet « La bipolarisation », il permet d'expliquer la rupture sino-soviétique (1960) et le voyage de Nixon à Pékin (1972) : deux régimes idéologiquement opposés se rapprochent contre l'URSS.
Unité / division
Un groupe qui se proclame uni (le tiers-monde, un bloc) est traversé de rivalités.
Ce qu'il débloque — Nourrit la dernière partie d'une composition sur le tiers-monde ou sur les fissures des blocs.
Exemple — Sur le sujet « Le tiers-monde, un nouvel acteur ? », il permet de confronter l'unité proclamée à Bandung à la guerre sino-indienne de 1962.
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