À propos de cette page
Ce cours d'histoire-géographie en terminale sur « Une nouvelle donne géopolitique : bipolarisation et émergence du tiers-monde » suit le programme officiel d'histoire-géographie de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : 1947 : la rupture qui fait naître un monde bipolaire, Deux blocs organisés, armés et idéologiques (1948-1957), Berlin, symbole de la Guerre froide (1948-1963), Des guerres chaudes à la périphérie : Corée, puis Cuba. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en histoire-géographie.
2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.
Sujet 1 — La bipolarisation du monde, de 1947 au début des années 1970
Analyse des termes — La bipolarisation désigne l'organisation des relations internationales autour de deux superpuissances, les États-Unis et l'URSS, qui entraînent chacune un bloc d'alliés ; il faut en montrer la mise en place, les formes et les limites. Les bornes vont de 1947 (doctrine Truman et doctrine Jdanov) aux accords SALT I de 1972, qui ouvrent le temps de la détente négociée, et le sujet porte sur le monde entier, pas seulement sur l'Europe.
Problématique — Comment le monde s'organise-t-il autour de deux superpuissances rivales entre 1947 et le début des années 1970, et comment cet ordre bipolaire, sans disparaître, est-il stabilisé puis contesté ?
Introduction rédigéeLe 12 mars 1947, devant le Congrès, le président Harry Truman affirme que « presque toutes les nations doivent choisir entre deux modes de vie ». Six mois plus tard, le Soviétique Andreï Jdanov lui répond en décrivant un monde divisé en deux camps. Le monde entre alors dans la bipolarisation : les relations internationales s'organisent autour de deux superpuissances, les États-Unis et l'URSS, qui entraînent derrière elles deux blocs opposés par l'idéologie, l'économie et les alliances, et bientôt dotés de l'arme nucléaire. Cette situation, qu'on appelle la Guerre froide, s'installe de 1947 jusqu'au début des années 1970, quand les accords SALT I (1972) consacrent le temps de la négociation. Elle concerne l'Europe, mais aussi l'Asie, l'Afrique et l'Amérique. Comment le monde s'organise-t-il autour de deux superpuissances rivales entre 1947 et le début des années 1970, et comment cet ordre bipolaire, sans disparaître, est-il stabilisé puis contesté ? Nous verrons d'abord comment le monde se coupe en deux blocs entre 1947 et 1955, puis comment les crises des années 1949-1962 mènent la planète au bord de la guerre, enfin comment, après 1962, la détente stabilise un ordre bipolaire de plus en plus contesté.
I. 1947-1955 : un monde coupé en deux blocs
- Deux visions du monde s'affrontent dès 1947.Doctrine Truman (12 mars 1947) : « presque toutes les nations doivent choisir entre deux modes de vie » ; doctrine Jdanov (septembre 1947) : camp « impérialiste » contre camp « anti-impérialiste ».
- Chaque bloc s'organise économiquement et militairement.Plan Marshall (1947) et OECE (1948), OTAN (4 avril 1949) ; CAEM (janvier 1949), pacte de Varsovie (14 mai 1955) ; « pactomanie » américaine : OTASE (1954), pacte de Bagdad (1955).
- Berlin et l'Allemagne cristallisent la division.Blocus de Berlin (24 juin 1948-12 mai 1949) et pont aérien ; naissance de la RFA (23 mai 1949) et de la RDA (7 octobre 1949).
II. 1949-1962 : des crises qui mènent au bord de la guerre
- La dissuasion nucléaire interdit la guerre directe.Bombe A soviétique (29 août 1949), bombe H américaine (1952), Spoutnik (4 octobre 1957) : l'équilibre de la terreur s'installe.
- La guerre devient chaude à la périphérie.Guerre de Corée (25 juin 1950-27 juillet 1953), environ trois millions de morts selon les estimations ; Truman refuse l'extension du conflit et révoque MacArthur (avril 1951).
- Les crises de 1961-1962 marquent le paroxysme.Mur de Berlin (13 août 1961) ; crise de Cuba (14-28 octobre 1962), résolue par le retrait des missiles soviétiques.
III. 1962-début des années 1970 : un ordre bipolaire stabilisé mais contesté
- La détente organise la rivalité par la négociation.Téléphone rouge (20 juin 1963), traité de Moscou (5 août 1963), TNP (1968), SALT I (26 mai 1972).
- Les blocs se fissurent de l'intérieur.Écrasement du printemps de Prague (août 1968) ; rupture sino-soviétique (1960, affrontements de l'Oussouri en 1969) ; retrait de la France du commandement intégré de l'OTAN (1966).
- Le Sud refuse de choisir, mais reste un terrain d'affrontement.Bandung (1955) et Belgrade (1961) contre la logique des blocs ; engagement américain au Vietnam (plus de 500 000 soldats en 1968) jusqu'aux accords de Paris (27 janvier 1973).
Conclusion rédigéeDe 1947 au début des années 1970, le monde est structuré par l'affrontement de deux blocs que tout oppose, de Berlin à la Corée. Les crises de Berlin et de Cuba ont montré que la dissuasion nucléaire interdisait la guerre directe entre les deux Grands, reportant la violence vers la périphérie ; la détente, ouverte après octobre 1962, a transformé la rivalité en négociation sans la supprimer. Mais, au début des années 1970, le monde n'est déjà plus tout à fait bipolaire : la Chine joue sa propre carte, la France gaullienne cherche une voie indépendante et le tiers-monde, issu des décolonisations, réclame sa place. Reste à savoir si la détente résistera aux crises des années 1970, du premier choc pétrolier à l'intervention soviétique en Afghanistan (1979).
Le piège — Transformer le sujet en simple récit des crises (Berlin, Corée, Cuba) sans montrer la logique des blocs, ou prolonger le récit jusqu'à la chute du mur en 1989, qui sort des bornes.
Sujet 2 — L'émergence du tiers-monde dans les relations internationales (1945-début des années 1970)
Analyse des termes — Le tiers-monde désigne les pays pauvres, pour la plupart anciennement colonisés, d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine ; son « émergence » est son apparition comme acteur, capable de peser collectivement dans un monde dominé par les deux Grands. Les bornes vont de 1945, début des indépendances asiatiques, au début des années 1970, quand l'ONU compte 127 membres, et le sujet ne doit pas être réduit à la décolonisation française.
Problématique — Comment les peuples issus des décolonisations parviennent-ils à s'imposer comme un acteur des relations internationales dans un monde bipolaire, et quelles sont les limites de cette affirmation ?
Introduction rédigée« Car enfin ce Tiers Monde ignoré, exploité, méprisé comme le Tiers État, veut, lui aussi, être quelque chose » : en 1952, le démographe Alfred Sauvy donne un nom aux peuples qui ne relèvent ni du bloc occidental ni du bloc soviétique. Le tiers-monde désigne les pays pauvres, pour la plupart anciennement colonisés, d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine ; son émergence est son apparition comme acteur des relations internationales. Entre 1945, quand commencent les indépendances asiatiques, et le début des années 1970, le nombre d'États membres de l'ONU passe de 51 à 127 : c'est une nouvelle donne géopolitique, au moment même où le monde se range en deux blocs. Comment les peuples issus des décolonisations parviennent-ils à s'imposer comme un acteur des relations internationales dans un monde bipolaire, et quelles sont les limites de cette affirmation ? Nous verrons d'abord que les décolonisations font naître de nombreux États entre 1945 et 1962, puis que ces États s'affirment comme un acteur collectif, de Bandung à Belgrade, avant de montrer qu'ils restent divisés et pris dans la Guerre froide jusqu'au début des années 1970.
I. 1945-1962 : les décolonisations multiplient les États
- Le contexte de l'après-guerre favorise les indépendances.Chute de Singapour (15 février 1942) ; droit des peuples à disposer d'eux-mêmes inscrit dans la charte des Nations unies (1945) ; anticolonialisme affiché des deux Grands.
- L'Asie ouvre la voie, souvent dans la violence.Inde et Pakistan (15 août 1947), partition meurtrière ; Indonésie, indépendance proclamée le 17 août 1945, reconnue par les Pays-Bas en décembre 1949.
- L'Afrique suit à partir de la fin des années 1950.Ghana (6 mars 1957) ; « année de l'Afrique » (1960) avec dix-sept indépendances ; l'ONU passe de 51 membres (1945) à 99 (1960).
II. 1955-1964 : le tiers-monde s'affirme comme acteur
- Bandung donne une voix commune aux anciens colonisés.Conférence de Bandung (18-24 avril 1955), 29 États : condamnation du colonialisme « dans toutes ses manifestations » et dix principes.
- Suez montre qu'un État du Sud peut faire reculer d'anciennes puissances.Nationalisation du canal par Nasser (26 juillet 1956) ; retrait franco-britannique sous la pression des États-Unis et de l'URSS (novembre 1956).
- Le tiers-monde s'organise et investit l'ONU.Résolution 1514 (14 décembre 1960) ; mouvement des non-alignés fondé à Belgrade (1er-6 septembre 1961) ; Groupe des 77 à la première CNUCED (1964).
III. 1960-début des années 1970 : un acteur divisé, pris dans la Guerre froide
- Le Sud devient un terrain d'affrontement des Grands.Crise du Congo (1960-1961), assassinat de Lumumba (janvier 1961) ; guerre du Vietnam jusqu'aux accords de Paris (1973) ; conférence tricontinentale de La Havane (janvier 1966), proche de Moscou.
- Les pays du tiers-monde se divisent et se combattent.Guerre sino-indienne (octobre-novembre 1962) ; guerres indo-pakistanaises (1965, 1971).
- L'indépendance politique ne suffit pas.Coups d'État (Nkrumah renversé en 1966) ; dénonciation du néocolonialisme par Nkrumah (1965) ; revendications commerciales de la CNUCED sans résultat décisif.
Conclusion rédigéeEntre 1945 et le début des années 1970, les décolonisations ont fait surgir des dizaines d'États qui, de Bandung (1955) à Belgrade (1961) et à la CNUCED (1964), ont affirmé une voix propre, anticoloniale et hostile à la logique des blocs. Le tiers-monde est devenu un acteur, majoritaire à l'Assemblée générale de l'ONU. Mais cet acteur reste divisé, vulnérable aux coups d'État et dépendant économiquement ; il demeure aussi un champ de bataille de la Guerre froide, du Congo au Vietnam. Dans les années 1970, les pays du Sud chercheront à transformer leur poids politique en puissance économique, notamment avec le premier choc pétrolier (1973) : ce sera la question d'un autre chapitre.
Le piège — Réduire le sujet à la guerre d'Algérie ou à l'empire français, ou confondre tiers-monde et non-alignés, en oubliant que le Pakistan ou les Philippines, alliés des États-Unis, appartiennent au tiers-monde.