À propos de cette page
Ce cours d' en terminale sur « La France : les dynamiques différenciées des territoires transfrontaliers » suit le programme officiel d' de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Des frontières aux territoires transfrontaliers, Les flux : travailleurs frontaliers et bassins de vie, Coopérer de part et d'autre : acteurs et outils, Le Nord et le Nord-Est : l'intégration la plus poussée. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en .
2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.
Sujet 1 — Les territoires transfrontaliers français : des dynamiques différenciées
Analyse des termes — Les territoires transfrontaliers sont les espaces situés de part et d'autre d'une frontière et reliés par des flux et des coopérations ; « dynamiques différenciées » invite à comparer leurs évolutions (population, emploi, coopération) d'une frontière à l'autre. Le sujet couvre toutes les frontières de la France, terrestres, maritime (Manche) et ultramarines (Guyane, Saint-Martin), depuis l'ouverture des années 1980-1990 jusqu'à aujourd'hui.
Problématique — Pourquoi l'ouverture des frontières, qui a fait naître des territoires transfrontaliers dynamiques, produit-elle des situations aussi différentes selon les frontières françaises ?
Introduction rédigéeLe 15 décembre 2019, le Léman Express relie pour la première fois directement Annemasse, en Haute-Savoie, au cœur de Genève : chaque jour, des dizaines de milliers de voyageurs franchissent une frontière devenue presque invisible. Au même moment pourtant, à Vintimille, la police française contrôle les migrants venus d'Italie. Les territoires transfrontaliers désignent les espaces situés de part et d'autre d'une frontière, reliés par des flux quotidiens (travail, achats, soins) et par des coopérations entre acteurs. La France partage des frontières terrestres avec huit États en métropole et trois outre-mer, et plus de 400 000 de ses habitants travaillent dans un pays voisin. Depuis les accords de Schengen (1985) et le marché unique (1993), la frontière est devenue une interface, mais elle n'a pas disparu. Dès lors, pourquoi l'ouverture des frontières, qui a fait naître des territoires transfrontaliers dynamiques, produit-elle des situations aussi différentes selon les frontières françaises ? Nous montrerons d'abord que l'ouverture a transformé les espaces frontaliers en territoires de flux, puis que les coopérations les ont progressivement institutionnalisés, avant d'expliquer pourquoi leurs dynamiques restent profondément différenciées.
I. L'ouverture des frontières fait naître des territoires de flux
- La frontière passe du statut de barrière à celui d'interface.Accord de Schengen (1985, appliqué en 1995), marché unique (1er janvier 1993), accord de libre circulation avec la Suisse (1999, en vigueur en 2002).
- Des flux massifs de travailleurs frontaliers, alimentés par les différentiels.Plus de 400 000 résidents en France travaillent chez un voisin ; SMIC à 1 766,92 € contre plus de 2 570 € de salaire minimum au Luxembourg en 2024.
- Des bassins de vie transfrontaliers pour les achats, les soins, les loisirs.Grand Genève, environ un million d'habitants ; achats en Andorre ou à La Jonquera ; soins transfrontaliers permis par l'accord-cadre franco-belge de 2005.
II. Des coopérations qui institutionnalisent ces territoires
- Un cadre juridique construit par étapes, du local à l'international.Regio Basiliensis (1963), convention de Madrid (1980), loi du 6 février 1992, accord de Karlsruhe (1996), MOT (1997).
- Des outils européens qui financent et structurent les projets.Interreg depuis 1990 ; GECT créé en 2006 ; Eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai, premier GECT, le 28 janvier 2008.
- Des équipements partagés et une relance par les États.Hôpital de Cerdagne (2014), tram Strasbourg-Kehl (2017), Léman Express (2019), traité d'Aix-la-Chapelle (2019) qui envisage des dérogations.
III. Des dynamiques différenciées selon les frontières
- Une intégration forte mais asymétrique autour de centres étrangers.Genève reverse 3,5 % de la masse salariale des frontaliers depuis 1973, le Luxembourg ne reverse rien ; Monaco compte plus d'emplois que d'habitants.
- Des frontières de montagne et de faible densité moins intégrées.Peu de frontaliers vers l'Espagne et l'Italie ; passages concentrés (tunnels du Mont-Blanc, 1965, et du Fréjus, 1980) ; coopération par projets (Alcotra, POCTEFA).
- Des frontières qui restent ou redeviennent des filtres.Contrôles à Vintimille depuis 2015 ; accords du Touquet (2003) et Brexit à Calais ; pont de l'Oyapock ouvert en 2017, mais Guyane hors Schengen.
Conclusion rédigéeLes territoires transfrontaliers français sont nés de l'ouverture des frontières : les différentiels de salaires, de prix et de fiscalité y entretiennent des flux massifs, que des coopérations de plus en plus institutionnalisées, de la convention de Madrid (1980) au traité d'Aix-la-Chapelle (2019), tentent d'organiser. Mais ces dynamiques sont très différenciées : intégration forte et asymétrique autour de Genève, du Luxembourg ou de Monaco, intégration plus équilibrée entre Lille et la Belgique, coopération de projets dans les Pyrénées et les Alpes, frontières redevenues filtres à Vintimille, à Calais ou en Guyane. La frontière reste une ressource pour certains territoires, une contrainte pour d'autres. Reste à savoir si ces territoires peuvent obtenir des règles adaptées sans que la France et ses voisins renoncent à une règle commune : c'est tout l'enjeu de la place des régions françaises dans l'Union européenne et la mondialisation.
Le piège — Faire un catalogue frontière par frontière (Belgique, puis Luxembourg, puis Allemagne…) : on décrit sans comparer, alors que le sujet exige de classer les territoires selon leur dynamique.
Sujet 2 — Le Grand Est, une région transfrontalière : ouverture, coopérations et limites
Analyse des termes — Le Grand Est, créé le 1er janvier 2016, est la seule région française limitrophe de quatre États ; « région transfrontalière » suppose que son fonctionnement dépend de ses voisins autant que de Paris. Le sujet invite à étudier les flux, les coopérations et leurs limites, du Rhin supérieur aux Ardennes, depuis les premières coopérations rhénanes des années 1960 jusqu'à aujourd'hui.
Problématique — Dans quelle mesure l'ouverture de ses frontières a-t-elle fait du Grand Est une région transfrontalière, et pourquoi cette intégration y reste-t-elle inégale ?
Introduction rédigéeEn avril 2017, le tram de Strasbourg franchit le Rhin et entre dans la ville allemande de Kehl : un geste banal pour les voyageurs, impensable pour leurs grands-parents, qui ont connu une frontière militarisée. Le Grand Est, région créée le 1er janvier 2016, est la seule région française à toucher quatre États : la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne et la Suisse. Une région transfrontalière est une région dont le fonctionnement, emplois, mobilités, équipements, dépend autant de ses voisins étrangers que de l'espace national. Depuis les premières coopérations rhénanes des années 1960 et l'ouverture des frontières de Schengen, le Grand Est s'est tourné vers l'Europe rhénane et le Luxembourg. Dans quelle mesure l'ouverture de ses frontières a-t-elle fait du Grand Est une région transfrontalière, et pourquoi cette intégration y reste-t-elle inégale ? Nous verrons d'abord que la région est façonnée par ses quatre frontières, puis qu'elle a développé des coopérations anciennes à plusieurs échelles, avant de montrer que son intégration demeure inégale et fragile.
I. Une région façonnée par ses quatre frontières
- Une position de contact unique en France.Région créée le 1er janvier 2016 par la fusion de l'Alsace, de la Lorraine et de Champagne-Ardenne ; environ 5,5 millions d'habitants ; frontières avec la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne et la Suisse.
- Des héritages qui rapprochent de part et d'autre.Rhin et Moselle, dialectes alémaniques et franciques, droit local d'Alsace-Moselle hérité de l'annexion allemande de 1871-1918.
- Des flux de frontaliers parmi les plus forts de France.Environ 120 000 frontaliers vers le Luxembourg, venus surtout de Moselle et de Meurthe-et-Moselle, auxquels s'ajoutent les flux vers la Sarre, le Bade-Wurtemberg et Bâle.
II. Des coopérations anciennes, emboîtées à plusieurs échelles
- Le Rhin supérieur, laboratoire de la coopération.Regio Basiliensis (1963), accord de Bonn (1975), EuroAirport de Bâle-Mulhouse géré avec la Suisse (convention de 1949), réseau universitaire Eucor.
- Des eurodistricts et des équipements du quotidien.Eurodistrict Strasbourg-Ortenau (GECT en 2010), tram Strasbourg-Kehl (avril 2017), tram de Bâle jusqu'à Saint-Louis (décembre 2017).
- La Grande Région et la relance par les États.Grande Région de plus de 11 millions d'habitants ; traité d'Aix-la-Chapelle (2019) et son comité de coopération transfrontalière ; Collectivité européenne d'Alsace (2021).
III. Une intégration inégale et fragile
- Un nord lorrain polarisé par le Luxembourg.Croissance démographique autour de Thionville, A31 saturée, opération d'intérêt national Alzette-Belval (2011), absence de compensation fiscale luxembourgeoise.
- Une frontière franco-allemande plus équilibrée mais freinée par la langue.Flux vers l'Allemagne de l'ordre de 40 000 seulement ; recul de l'allemand chez les jeunes ; la Sarre vise le bilinguisme pour 2043 (stratégie France de 2014).
- Des marges et des crises qui rappellent la frontière.Ardennes peu intégrées ; contrôles allemands à partir du 16 mars 2020 ; arrêt de la centrale de Fessenheim en 2020, qui oblige à reconvertir un territoire frontalier.
Conclusion rédigéeLe Grand Est est bien une région transfrontalière : ses héritages, ses flux de frontaliers et ses coopérations, de la Regio Basiliensis au traité d'Aix-la-Chapelle, l'ont tournée vers le Rhin et le Luxembourg. Mais cette intégration est inégale : le nord lorrain dépend d'un pôle d'emploi luxembourgeois qui ne compense pas ses charges, la frontière franco-allemande reste freinée par la langue, les Ardennes restent à l'écart, et la pandémie de 2020 a montré qu'une frontière peut se refermer en quelques jours. La région illustre ainsi, à elle seule, les dynamiques différenciées des territoires transfrontaliers français. Il faudrait la comparer au Grand Genève ou à la Guyane pour mesurer combien la situation d'une frontière dépend du voisin qui se trouve de l'autre côté.
Le piège — Réciter une monographie régionale (population, économie, villes) sans jamais montrer ce qui franchit la frontière ni opposer le nord lorrain, le Rhin et les Ardennes.