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La France : un rayonnement international différencié et une inégale attractivité dans la mondialisation

Soft power, francophonie, tourisme, IDE, métropoles attractives, territoires en marge (programme de géographie de Tle)

À propos de cette page
Ce cours d' en terminale sur « La France : un rayonnement international différencié et une inégale attractivité dans la mondialisation » suit le programme officiel d' de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Une puissance d'influence mondiale : les fondements du rayonnement international, Le soft power français : langue, francophonie, culture et patrimoine, Un rayonnement différencié selon les domaines, Un rayonnement différencié selon les espaces. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en .

4 analyses de document, de nature différente, avec la réponse entièrement rédigée. C’est l’exercice le plus fréquent de l’épreuve : le document est donné en entier, tu travailles dessus sans rien ouvrir d’autre.

Document 1 — Quelques indicateurs du rayonnement et de l'attractivité de la France

Facile

Tableau statistique · Tableau construit pour l'exercice d'après Atout France (2024) pour le tourisme ; EY, Baromètre de l'attractivité de la France (2024) ; OIF, La langue française dans le monde (2022) ; Campus France, Chiffres clés (2024) ; SIPRI, Trends in International Arms Transfers, 2023 (mars 2024).

Ces indicateurs, publiés entre 2022 et 2024 par des organismes publics, internationaux ou privés, servent à classer les pays entre eux. Ils sont régulièrement repris par les gouvernements pour promouvoir l'image de la France auprès des investisseurs et des visiteurs.

DomaineIndicateurValeurRang ou comparaison
TourismeArrivées de touristes internationaux (2023)environ 100 millions1er rang mondial
TourismeRecettes du tourisme international (2023)environ 63 milliards d'eurosderrière les États-Unis et l'Espagne notamment
InvestissementProjets d'investissement étranger annoncés (2023)1 194 projets1er rang européen, devant le Royaume-Uni (985) et l'Allemagne (733)
LangueLocuteurs du français (2022)321 millions5e langue la plus parlée au monde
Enseignement supérieurÉtudiants internationaux accueillis (2022-2023)environ 410 000parmi les premiers pays d'accueil non anglophones
DéfensePart des exportations mondiales d'armes (2019-2023)11 %2e rang mondial, après les États-Unis

Analysez ce document en montrant ce qu'il révèle du rayonnement et de l'attractivité de la France dans la mondialisation, et quelles en sont les limites.

  1. Présentez le document, puis classez chaque indicateur : relève-t-il du rayonnement ou de l'attractivité ?
  2. Relevez les premiers rangs occupés par la France et expliquez ce qu'ils révèlent.
  3. Comparez les arrivées et les recettes touristiques : que montre cet écart ?
  4. Quelles sont les limites de ce document pour mesurer la place de la France dans la mondialisation ?
Voir la réponse rédigée

1. Ce tableau statistique, construit pour l'exercice, rassemble six indicateurs publiés entre 2022 et 2024 par des sources de nature différente : un opérateur public du tourisme (Atout France), un cabinet d'audit privé (EY), une organisation internationale (l'OIF), un établissement public (Campus France) et un institut de recherche suédois (le SIPRI). Deux indicateurs relèvent clairement du rayonnement, c'est-à-dire de ce que la France diffuse dans le monde : le nombre de locuteurs du français et la part des exportations d'armes. Les autres relèvent de l'attractivité, ce que la France attire : touristes, recettes touristiques, projets d'investissement étranger, étudiants. La frontière est poreuse : un étudiant attiré aujourd'hui devient demain un relais de l'influence française dans son pays.

2. La France occupe des rangs remarquables pour un pays qui compte moins de 1 % de la population mondiale : premier rang mondial pour les arrivées de touristes (« environ 100 millions » en 2023), premier rang européen pour les projets d'investissement étranger (1 194 projets en 2023, devant le Royaume-Uni avec 985 et l'Allemagne avec 733), deuxième exportateur d'armes (11 % du total sur 2019-2023), et le français est la « 5e langue la plus parlée au monde » avec 321 millions de locuteurs. Ces rangs révèlent une puissance qui combine soft power (langue, tourisme, études) et hard power (armement), et une économie ouverte qui attire les capitaux étrangers.

3. Le tableau fait apparaître un écart : la France est première pour les arrivées, mais pas pour les recettes (« environ 63 milliards d'euros » en 2023), où elle se place derrière les États-Unis et l'Espagne. Cet écart s'explique par des séjours souvent courts : une partie des visiteurs traverse la France pour gagner l'Espagne ou l'Italie, et beaucoup de touristes européens, venus en voiture de pays voisins, dépensent moins que des visiteurs venus de loin. Un premier rang en nombre ne mesure donc pas la valeur créée.

4. Le document a trois limites. D'abord, il juxtapose des sources différentes, dont un cabinet privé (EY) qui compte des projets annoncés sans indiquer les montants investis ni les emplois créés, alors que les projets implantés en France sont souvent plus petits que chez ses voisins. Ensuite, il retient des indicateurs flatteurs : il ne dit rien du déficit commercial en biens (record de plus de 160 milliards d'euros en 2022) ni de la faiblesse française dans le numérique. Enfin, il ignore la répartition territoriale : touristes, investisseurs et étudiants se concentrent à Paris, dans les métropoles et sur les littoraux. Rayonnement et attractivité sont réels, mais différenciés et inégaux.

Ce que cette analyse apprend — Lire un tableau statistique : distinguer ce qui est compté (des arrivées, des projets) de ce qui est pesé (des recettes, des emplois), puis chercher ce que le tableau ne montre pas.

Document 2 — La langue et l'outre-mer dans le droit français

Moyen

Textes juridiques (Constitution et loi) · Constitution du 4 octobre 1958, article 2 (rédaction issue de la loi constitutionnelle du 25 juin 1992), articles 72-3 et 73 (loi constitutionnelle du 28 mars 2003), article 87 (loi constitutionnelle du 23 juillet 2008) ; loi n° 94-665 du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française, article 1er.

Ces articles sont ajoutés à la Constitution entre 1992 et 2008, au moment où la mondialisation et la construction européenne font craindre un recul du français et où le statut de l'outre-mer est redéfini. La loi de 1994, portée par le ministre de la Culture Jacques Toubon, s'adresse aux administrations, aux entreprises et aux médias.

Constitution de la Ve République

Article 2 (alinéa 1er) : « La langue de la République est le français. »

Article 72-3 (alinéa 1er) : « La République reconnaît, au sein du peuple français, les populations d'outre-mer, dans un idéal commun de liberté, d'égalité et de fraternité. »

Article 73 (alinéa 1er) : « Dans les départements et les régions d'outre-mer, les lois et règlements sont applicables de plein droit. Ils peuvent faire l'objet d'adaptations tenant aux caractéristiques et contraintes particulières de ces collectivités. »

Article 87 : « La République participe au développement de la solidarité et de la coopération entre les États et les peuples ayant le français en partage. »

Loi du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française, article 1er : « Langue de la République en vertu de la Constitution, la langue française est un élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France. Elle est la langue de l'enseignement, du travail, des échanges et des services publics. Elle est le lien privilégié des États constituant la communauté de la francophonie. »

En analysant ce document, montrez comment le droit français fait de la langue et de l'outre-mer des fondements du rayonnement international de la France, et discutez-en la portée.

  1. Présentez le document : nature, auteurs, dates, contexte.
  2. Montrez que la langue française y est présentée comme un instrument de rayonnement.
  3. Que révèlent les articles 72-3 et 73 sur la place de l'outre-mer dans la puissance française ?
  4. Confrontez ce document à la réalité : quelles limites rencontrent ces ambitions ?
Voir la réponse rédigée

1. Il s'agit de textes juridiques : quatre articles de la Constitution de la Ve République et l'article 1er d'une loi ordinaire. Les articles constitutionnels ont été ajoutés par le Parlement réuni en Congrès lors des révisions de 1992, 2003 et 2008 ; la loi de 1994 a été votée par le Parlement sur l'initiative du ministre de la Culture Jacques Toubon. Ces textes s'imposent à tous les pouvoirs publics et, pour la loi, aux entreprises et aux médias. Leur contexte commun est celui de la mondialisation et de l'intégration européenne : l'article 2 est ajouté en juin 1992, juste avant la ratification du traité de Maastricht, par crainte d'un recul du français face à l'anglais.

2. Le document fait de la langue un fondement de l'identité nationale et un outil de rayonnement. La loi de 1994 la définit comme « un élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France » et comme « le lien privilégié des États constituant la communauté de la francophonie ». L'article 87 engage la République dans « la solidarité et la coopération » avec les peuples « ayant le français en partage » : la langue devient un instrument de politique étrangère. Cela se traduit par le soutien à l'OIF, née à Niamey en 1970, qui réunit environ 90 États et gouvernements, et par le réseau des Alliances françaises, de l'Institut français et des médias internationaux (TV5Monde, RFI, France 24).

3. L'article 72-3 reconnaît les « populations d'outre-mer » au sein du peuple français, dans un « idéal commun » : l'outre-mer fait pleinement partie de la République. L'article 73 affirme que les lois s'y appliquent « de plein droit », mais qu'elles peuvent être adaptées aux « caractéristiques et contraintes particulières » de ces territoires. Le texte dit donc deux choses. L'outre-mer est une composante de la France, donc un atout de puissance : présence sur tous les océans, deuxième ZEE du monde, Centre spatial guyanais. Mais il connaît des contraintes (éloignement, insularité, étroitesse des marchés) qui en font aussi, souvent, un territoire en marge.

4. Le droit exprime une ambition que les faits nuancent. Le français progresse surtout grâce à la démographie africaine : plus de la moitié de ses locuteurs quotidiens vivent en Afrique selon l'OIF (2022), là même où la présence politique française est aujourd'hui contestée, notamment au Sahel. Dans les affaires, la recherche et une grande partie des organisations internationales, l'anglais domine. Quant à l'égalité proclamée avec l'outre-mer, elle se heurte à des écarts massifs : en 2018, 77 % des habitants de Mayotte vivaient sous le seuil de pauvreté national (INSEE). Le document montre donc les fondements juridiques du rayonnement, pas son efficacité.

Ce que cette analyse apprend — Analyser un texte juridique : ce qu'il affirme est une norme et une ambition ; la confronter aux faits constitue le cœur de la critique.

Document 3 — L'évolution de la population des départements français entre 2015 et 2021

Moyen

Carte statistique (carte choroplèthe) décrite · Carte construite pour l'exercice d'après INSEE, Recensement de la population, populations légales 2021 (publiées en décembre 2023).

L'INSEE publie chaque année les populations légales ; celles de 2021 s'appliquent depuis le 1er janvier 2024. La croissance démographique française ralentit, et les écarts entre territoires attractifs et territoires qui se dépeuplent se creusent.

Description de la carte. Chaque département est colorié selon le taux de variation annuel moyen de sa population entre 2015 et 2021 ; la moyenne nationale est d'environ +0,3 % par an. La légende compte trois classes. Quatre cartouches présentent la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et La Réunion avec la même légende ; Mayotte, recensée selon un calendrier particulier, n'est pas représentée.

  • En rouge foncé, hausse supérieure à 0,8 % par an : Haute-Garonne (Toulouse), Gironde (Bordeaux), Loire-Atlantique (Nantes), Hérault (Montpellier), Haute-Savoie (au contact de Genève) et, outre-mer, la Guyane.
  • En orange, hausse comprise entre 0 et 0,8 % par an : la plus grande partie des façades atlantique et méditerranéenne, la vallée du Rhône et les Alpes, l'Alsace, les départements d'Île-de-France autour de Paris, La Réunion.
  • En bleu, baisse de la population : Paris ; un ensemble continu du Nord-Est (Ardennes, Meuse, Haute-Marne, Vosges) et du centre du pays (Nièvre, Cher, Indre, Creuse, Allier) ; outre-mer, la Martinique et la Guadeloupe.

Le titre de la carte est « Une France qui se peuple au sud et à l'ouest ». Aucun flux n'est représenté : la carte indique des taux, non des effectifs.

Analysez cette carte pour montrer que l'attractivité résidentielle des territoires français est inégale, en expliquant les dynamiques observées.

  1. Présentez le document et expliquez l'indicateur représenté.
  2. Identifiez les territoires en forte croissance et expliquez leur attractivité.
  3. Identifiez les territoires qui perdent des habitants et expliquez pourquoi.
  4. Comment expliquer que Paris perde des habitants ? Quelles sont les limites de cette carte pour mesurer l'attractivité ?
Voir la réponse rédigée

1. Il s'agit d'une carte choroplèthe construite d'après les populations légales 2021 de l'INSEE, publiées en décembre 2023. Elle représente, pour chaque département, le taux de variation annuel moyen de la population entre 2015 et 2021. Cette variation résulte de deux composantes : le solde naturel (naissances moins décès) et le solde migratoire (arrivées moins départs). C'est surtout ce second solde qui mesure l'attractivité résidentielle d'un territoire, c'est-à-dire sa capacité à attirer des habitants.

2. Les hausses les plus fortes (plus de 0,8 % par an) concernent la Haute-Garonne, la Gironde, la Loire-Atlantique et l'Hérault, c'est-à-dire les départements de grandes métropoles régionales (Toulouse, Bordeaux, Nantes, Montpellier). Elles attirent par leurs emplois qualifiés, leurs universités, leurs filières spécialisées (l'aéronautique à Toulouse) et par l'héliotropisme, l'attrait du soleil et du littoral. La Haute-Savoie illustre l'attractivité frontalière : elle profite des emplois et des salaires de Genève. Plus largement, la carte dessine une France qui se peuple « au sud et à l'ouest », le long des littoraux et de la vallée du Rhône. La Guyane, enfin, croît surtout par sa forte natalité et par l'immigration.

3. Les départements en baisse forment deux ensembles. Au Nord-Est (Ardennes, Meuse, Haute-Marne, Vosges), ce sont d'anciens espaces industriels (métallurgie ardennaise, textile vosgien) touchés par la désindustrialisation, où les jeunes partent faute d'emplois. Au centre (Nièvre, Cher, Indre, Creuse, Allier), ce sont des espaces ruraux de la diagonale des faibles densités, éloignés des métropoles, vieillissants, où le solde naturel est négatif et où les services publics se raréfient. Outre-mer, la Martinique et la Guadeloupe perdent des habitants : les jeunes partent étudier ou travailler dans l'Hexagone, et la population vieillit rapidement. Ce sont des territoires en marge.

4. Paris perd des habitants depuis 2011, non par manque d'attractivité économique, mais à cause de la cherté du logement : les familles s'installent en banlieue ou quittent la région, des logements deviennent des meublés touristiques, et le télétravail a accéléré certains départs après 2020. La région, elle, continue de croître et de concentrer emplois et sièges sociaux. La carte a donc des limites : elle mesure l'attractivité résidentielle, pas l'attractivité économique (IDE, emplois) ni touristique ; l'échelle départementale masque les contrastes internes, entre une métropole et son arrière-pays rural ; enfin, gagner des habitants ne signifie pas s'enrichir, car des départements en croissance concentrent aussi une forte pauvreté.

Ce que cette analyse apprend — Lire une carte choroplèthe : repérer les grands ensembles, les nommer, les expliquer, puis dire ce que l'indicateur ne montre pas.

Document 4 — La France au Conseil de sécurité : le discours de Dominique de Villepin (14 février 2003)

Difficile

Discours diplomatique (résumé, avec une courte citation) · Dominique de Villepin, ministre des Affaires étrangères, intervention devant le Conseil de sécurité des Nations unies, New York, 14 février 2003.

Depuis les attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis de George W. Bush accusent l'Irak de Saddam Hussein de détenir des armes de destruction massive. La résolution 1441 du 8 novembre 2002 a renvoyé des inspecteurs en Irak ; la France, avec l'Allemagne et la Russie, refuse une guerre qu'elle juge prématurée.

Le discours est résumé ; seule la phrase entre guillemets est citée.

Le 14 février 2003, les chefs des inspecteurs de l'ONU, Hans Blix et Mohamed ElBaradei, présentent au Conseil de sécurité l'état de leurs recherches d'armes de destruction massive en Irak. Les États-Unis et le Royaume-Uni jugent que l'Irak ne coopère pas et préparent une intervention militaire. Le ministre français prend ensuite la parole. Il soutient que les inspections produisent des résultats et qu'il faut les renforcer plutôt que les interrompre ; que l'usage de la force ne se justifie pas à ce stade et risquerait de déstabiliser durablement une région déjà fragile ; que seules les Nations unies peuvent légitimement décider d'un recours à la force. Il conclut en invoquant l'expérience historique de l'Europe : « Et c'est un vieux pays, la France, d'un vieux continent comme le mien, l'Europe, qui vous le dit aujourd'hui ». Fait rare dans cette enceinte, le discours est applaudi dans la salle du Conseil. Largement retransmis, il est salué dans une grande partie de l'opinion mondiale, tandis que Washington le critique vivement.

Analysez ce document pour montrer sur quels instruments repose le rayonnement diplomatique de la France et quelles en sont les limites.

  1. Présentez le document : auteur, fonction, lieu, date, destinataires.
  2. Quels attributs de puissance permettent à la France de peser dans ce débat ?
  3. Montrez que ce discours a servi le rayonnement international de la France.
  4. Quelles sont les limites de cette influence, au vu de la suite des événements ?
  5. En quoi ce document éclaire-t-il l'idée d'un rayonnement « différencié » ? Pourquoi faut-il le lire avec un regard critique ?
Voir la réponse rédigée

1. Ce document est un discours diplomatique prononcé par Dominique de Villepin, ministre des Affaires étrangères du président Jacques Chirac, devant le Conseil de sécurité de l'ONU, à New York, le 14 février 2003. Il s'adresse aux quatorze autres membres du Conseil, en premier lieu aux États-Unis et au Royaume-Uni, partisans d'une intervention en Irak ; au-delà, retransmis dans le monde entier, il vise l'opinion publique internationale. Le document est un résumé accompagné d'une seule citation : on analyse une reconstitution, ce qui impose la prudence.

2. La France peut peser parce qu'elle est membre permanent du Conseil de sécurité depuis 1945 : son droit de veto lui permet de bloquer une résolution autorisant la guerre, et Jacques Chirac annonce le 10 mars 2003 que la France votera non. Sa voix s'appuie aussi sur le droit international (la résolution 1441) et sur la défense du multilatéralisme, qui fait des Nations unies la seule instance légitime pour décider de la force. Son statut de puissance nucléaire garantit son indépendance à l'égard de Washington. Enfin, la formule « un vieux pays, la France, d'un vieux continent » transforme l'expérience européenne des guerres en autorité morale.

3. Le discours sert le rayonnement français. Les applaudissements, rarissimes au Conseil de sécurité, montrent son écho immédiat ; sa diffusion mondiale fait de la France la voix d'un monde multipolaire attaché au droit international. Il est particulièrement bien reçu dans le monde arabe et dans une partie de l'Europe. Rétrospectivement, sa crédibilité est renforcée par l'absence d'armes de destruction massive en Irak, constatée en 2004 par les enquêteurs américains eux-mêmes.

4. Cette influence a pourtant des limites nettes. Elle n'empêche pas la guerre : les États-Unis et le Royaume-Uni attaquent l'Irak le 20 mars 2003, sans nouvelle résolution. Elle provoque une crise avec Washington (appels au boycott des produits français, frites rebaptisées « freedom fries » dans les cafétérias de la Chambre des représentants). Surtout, l'Europe est divisée : dès le 30 janvier 2003, huit dirigeants européens, dont les chefs de gouvernement britannique, espagnol, italien et polonais, avaient signé une lettre de soutien aux États-Unis. La France peut dire non et être entendue ; elle ne peut pas imposer.

5. Ce document illustre un rayonnement différencié : très fort dans le registre diplomatique et symbolique, limité dans le rapport de force militaire ; applaudi par certaines opinions, rejeté par d'autres, y compris en Europe. Il montre la France comme une puissance d'influence, qui pèse par la parole et les institutions plus que par la contrainte. Il faut cependant le lire de manière critique : c'est le point de vue d'un acteur engagé, qui défend la position de son gouvernement, et il doit être confronté aux arguments américains et britanniques de l'époque, qui mettaient en avant la menace irakienne et les résolutions non respectées.

Ce que cette analyse apprend — Critiquer un discours : distinguer ce que dit l'orateur, l'effet produit sur le moment et ce qui s'est réellement passé ensuite.

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Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

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