La construction européenne entre élargissement, approfondissement et remises en question
Maastricht, euro, élargissements de 2004-2007, traité de Lisbonne, crises, Brexit, euroscepticisme (programme d'histoire de Tle)
À propos de cette page
Ce lexique sur « La construction européenne entre élargissement, approfondissement et remises en question » en terminale donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : 1989-1992 : la fin de la guerre froide relance la construction européenne, Le traité de Maastricht (1992) : de la Communauté à l'Union, L'euro : réussites et difficultés, Schengen, le tunnel sous la Manche, Amsterdam : l'intégration au quotidien. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de terminale.
Union européenne (UE)
Organisation d'États européens créée par le traité de Maastricht (1992, en vigueur en 1993), qui a succédé aux Communautés européennes. Elle compte 27 membres depuis 2020.
À ne pas confondre
Communauté économique européenne (CEE) — La CEE (1957) est d'abord un marché commun ; l'UE y ajoute une monnaie, une citoyenneté, une politique étrangère.
Selon l'époque et le point de vue — Le nom apparaît avec le traité de Maastricht ; le traité de Lisbonne (2009) supprime la distinction entre Union et Communauté et donne à l'Union la personnalité juridique.
Ce que le mot permet d'écrire — Tout sujet postérieur à 1993. Faute à éviter : parler d'« Union européenne » pour les années 1960.
Élargissement
Entrée de nouveaux États membres dans l'Union.
À ne pas confondre
Adhésion — L'adhésion est l'entrée d'un État précis ; l'élargissement désigne la vague d'entrées vue du côté de l'Union.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot est employé dès le premier élargissement (1973) ; il devient central avec l'entrée des PECO en 2004-2007.
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur l'Europe depuis 1990. Faute à éviter : oublier que l'élargissement a des conditions (critères de Copenhague).
Approfondissement
Renforcement de l'intégration : nouvelles compétences transférées à l'Union, institutions plus efficaces, politiques communes.
À ne pas confondre
Élargissement — Élargir, c'est être plus nombreux ; approfondir, c'est faire plus de choses ensemble.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot est associé à celui d'élargissement depuis le sommet de La Haye (1969) ; Maastricht, l'euro et Lisbonne en sont les grandes étapes récentes.
Ce que le mot permet d'écrire — Clé de tout sujet de ce chapitre. Faute à éviter : présenter approfondissement et élargissement comme de simples contraires, alors que l'un appelle souvent l'autre.
Critères de Copenhague
Conditions d'adhésion fixées par le Conseil européen de Copenhague en juin 1993 : démocratie et État de droit, économie de marché viable, reprise de l'acquis communautaire.
À ne pas confondre
Critères de convergence — Les critères de Copenhague ouvrent la porte de l'Union ; ceux de Maastricht ouvrent celle de la zone euro.
Selon l'époque et le point de vue — Ils sont fixés pour encadrer les candidatures des PECO après la fin du communisme.
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur l'élargissement. Faute à éviter : croire qu'ils ne comportent que des conditions économiques.
Critères de convergence
Conditions d'entrée dans la zone euro fixées par le traité de Maastricht : inflation faible, déficit public inférieur à 3 % du PIB, dette inférieure à 60 % du PIB, taux d'intérêt et change stables.
À ne pas confondre
Pacte de stabilité et de croissance — Les critères valent avant l'entrée ; le Pacte (1997) encadre les budgets une fois dans l'euro.
Selon l'époque et le point de vue — Voulus notamment par l'Allemagne, attachée à une monnaie stable, ils sont inscrits dans un protocole du traité de 1992.
Ce que le mot permet d'écrire — Point de passage sur l'euro. Faute à éviter : dire que tous les membres de l'UE doivent avoir l'euro dès leur entrée.
Zone euro
Ensemble des États de l'Union qui ont adopté l'euro : 11 en 1999, 12 en 2002, 21 en 2026.
À ne pas confondre
Union européenne — Six membres de l'UE n'ont pas l'euro en 2026, dont la Pologne, la Suède et le Danemark.
Selon l'époque et le point de vue — Elle naît le 1er janvier 1999 ; sa politique monétaire est conduite par la BCE, à Francfort.
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur l'euro ou les crises. Faute à éviter : confondre zone euro et espace Schengen.
Espace Schengen
Espace de libre circulation des personnes sans contrôle aux frontières intérieures, appliqué depuis le 26 mars 1995 ; 29 États en 2025.
À ne pas confondre
Marché unique — Le marché unique (1993) libère les marchandises, capitaux, services et personnes ; Schengen supprime les contrôles des personnes aux frontières.
Selon l'époque et le point de vue — Accord intergouvernemental de 1985, intégré au droit de l'Union par le traité d'Amsterdam (1997).
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur l'intégration et la crise migratoire. Faute à éviter : oublier que la Norvège ou la Suisse en font partie sans être dans l'UE.
Subsidiarité
Principe selon lequel l'Union n'agit que si l'objectif est mieux atteint à son échelle qu'à celle des États.
À ne pas confondre
Supranationalité — La supranationalité place une décision au-dessus des États ; la subsidiarité en limite l'usage.
Selon l'époque et le point de vue — Issue de la doctrine sociale de l'Église catholique (encyclique de 1931), elle est inscrite dans le traité de Maastricht.
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur les institutions et la souveraineté. Faute à éviter : y voir un transfert de pouvoirs vers l'Union, alors que c'est un garde-fou.
Citoyenneté européenne
Statut créé par le traité de Maastricht, qui s'ajoute à la nationalité : liberté de circuler et de séjourner, droit de vote et d'éligibilité aux élections municipales et européennes dans l'État de résidence.
À ne pas confondre
Nationalité — On est citoyen européen parce qu'on a la nationalité d'un État membre : la citoyenneté européenne ne la remplace pas.
Selon l'époque et le point de vue — Le droit de vote des étrangers européens aux municipales impose en 1992 une révision de la Constitution française.
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur Maastricht ou la démocratie européenne. Faute à éviter : dire qu'elle permet de voter aux élections nationales d'un autre pays.
Supranationalité
Situation où des décisions prises au niveau européen s'imposent aux États, même à ceux qui ont voté contre.
À ne pas confondre
Intergouvernemental — En mode intergouvernemental, les États décident à l'unanimité et chacun garde un droit de veto.
Selon l'époque et le point de vue — Le principe remonte aux débuts de la construction européenne ; Maastricht l'étend à la monnaie, Lisbonne généralise la majorité qualifiée.
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur les institutions et la souveraineté. Faute à éviter : croire que toute l'Union fonctionne de façon supranationale (la politique étrangère reste à l'unanimité).
Europe à plusieurs vitesses
Intégration différenciée : tous les membres ne participent pas aux mêmes politiques (euro, Schengen, coopérations renforcées).
À ne pas confondre
Europe à la carte — Plusieurs vitesses suppose un même but atteint à des rythmes différents ; la carte suppose que chacun choisit ce qu'il veut, définitivement.
Selon l'époque et le point de vue — L'idée d'un « noyau dur » est défendue en Allemagne par un document de la CDU en 1994 ; les exemptions obtenues à Maastricht par le Royaume-Uni et le Danemark l'ont déjà rendue réelle.
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur l'élargissement et la carte de l'Union. Faute à éviter : la présenter comme un échec en soi.
Euroscepticisme
Défiance envers la construction européenne, du refus de certaines politiques de l'Union au rejet de l'appartenance même à l'Union.
À ne pas confondre
Europhobie — L'europhobe rejette l'Union en bloc ; l'eurosceptique peut vouloir une autre Europe.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot apparaît dans la presse britannique dans les années 1980 et se diffuse en France après le référendum de 1992.
Ce que le mot permet d'écrire — Partie « remises en question ». Faute à éviter : mettre dans le même sac le non de gauche et le non souverainiste de 2005.
Souverainisme
Courant politique qui défend la souveraineté nationale contre les transferts de compétences à l'Union.
À ne pas confondre
Nationalisme — Le souverainisme porte sur la source du pouvoir (la nation décide) ; le nationalisme exalte la nation elle-même.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot, venu du Québec, s'installe en France dans les années 1990 autour de Philippe Séguin, Charles Pasqua ou Philippe de Villiers.
Ce que le mot permet d'écrire — Débats de 1992 et 2005. Faute à éviter : le réserver à l'extrême droite, alors qu'il existe un souverainisme de droite comme de gauche.
Déficit démocratique
Reproche adressé à l'Union : des décisions importantes seraient prises loin des citoyens, par des institutions peu contrôlées.
À ne pas confondre
Euroscepticisme — On peut dénoncer le déficit démocratique pour réclamer plus d'Europe, par exemple plus de pouvoirs au Parlement européen.
Selon l'époque et le point de vue — L'expression se répand à partir des années 1980 ; chaque traité, de Maastricht à Lisbonne, prétend y répondre en renforçant le Parlement.
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur les remises en question. Faute à éviter : l'affirmer comme un fait, alors que c'est un jugement discuté.
Brexit
Sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, votée par référendum le 23 juin 2016 (51,9 %) et effective le 31 janvier 2020.
À ne pas confondre
Exemption (opt-out) — Une exemption dispense d'une politique en restant membre ; le Brexit met fin à l'appartenance.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot est forgé en 2012 sur le modèle de « Grexit » ; la sortie suit la procédure de l'article 50 du traité de Lisbonne.
Ce que le mot permet d'écrire — Remises en question. Faute à éviter : dater la sortie de 2016.
Les repères du programme
Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.
Élargissement / approfondissement
Accueillir de nouveaux membres ou faire plus de choses ensemble : deux mouvements qui semblent concurrents mais s'appellent l'un l'autre.
Ce qu'il débloque — Colonne vertébrale du chapitre : il permet d'organiser une composition chronologique.
Exemple — Sur le sujet « La construction européenne depuis 1992 », il permet de montrer que l'élargissement de 2004 impose Nice, puis Lisbonne.
Supranational / intergouvernemental
Décider au-dessus des États, à la majorité, ou entre États, à l'unanimité.
Ce qu'il débloque — Pour analyser un traité et dire ce qu'il change vraiment.
Exemple — Sur le sujet « Le traité de Maastricht », il permet de distinguer le pilier communautaire des deux piliers intergouvernementaux.
Europe fédérale / Europe des nations
Deux visions de l'avenir : une Union qui tend vers un État fédéral, ou une coopération entre États qui restent souverains.
Ce qu'il débloque — Pour exposer un débat sans trancher.
Exemple — Sur le discours de Philippe Séguin (1992), il permet de comprendre ce que l'orateur combat et ce qu'il propose.
Crise / relance
L'idée que l'Union progresse en répondant aux crises qu'elle traverse.
Ce qu'il débloque — Pour nuancer un plan qui ne verrait que des échecs après 2005.
Exemple — Sur le sujet « L'Union européenne à l'épreuve des crises », il permet de relier la crise grecque (2010) à l'union bancaire (2014).
Légitimité / efficacité
Une Union peut être efficace sans être perçue comme légitime, ou l'inverse.
Ce qu'il débloque — Pour classer les remises en question : les référendums contestent la légitimité, les crises l'efficacité.
Exemple — Sur le sujet « Les remises en question de la construction européenne », il permet de séparer le « non » de 2005 de la crise de l'euro.
Unité / différenciation
Une Union où tous avancent ensemble, ou une Europe à plusieurs vitesses (euro, Schengen).
Ce qu'il débloque — Pour analyser une carte de l'Union ou discuter de l'avenir des élargissements.
Exemple — Sur une carte de l'Union en 2026, il permet d'expliquer pourquoi la Suède est dans l'UE mais pas dans la zone euro.
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Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.