À propos de cette page
Ce cours d'histoire-géographie en terminale sur « La construction européenne entre élargissement, approfondissement et remises en question » suit le programme officiel d'histoire-géographie de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : 1989-1992 : la fin de la guerre froide relance la construction européenne, Le traité de Maastricht (1992) : de la Communauté à l'Union, L'euro : réussites et difficultés, Schengen, le tunnel sous la Manche, Amsterdam : l'intégration au quotidien. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en histoire-géographie.
2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.
Sujet 1 — Élargir et approfondir : la construction européenne de 1992 à nos jours
Analyse des termes — Élargir, c'est accueillir de nouveaux États membres ; approfondir, c'est transférer davantage de compétences à l'Union et renforcer ses institutions. Le sujet part du traité de Maastricht (1992), qui crée l'Union européenne, et va jusqu'à l'Union à vingt-sept d'aujourd'hui, qui négocie avec de nouveaux candidats.
Problématique — Comment l'Union européenne a-t-elle cherché, depuis 1992, à concilier l'accueil de nouveaux membres et l'approfondissement de son intégration, et à quel prix ?
Introduction rédigéeLe 1er mai 2004, l'Union européenne accueille dix nouveaux États, dont huit anciens pays communistes : quinze ans après la chute du mur de Berlin, le continent paraît réunifié. Un an plus tard pourtant, le 29 mai 2005, les Français rejettent le traité constitutionnel qui devait adapter les institutions à cette Europe élargie. Ce contraste résume le dilemme de la construction européenne depuis les années 1990. Élargir, c'est accueillir de nouveaux membres ; approfondir, c'est transférer davantage de compétences à l'échelon européen et renforcer les institutions communes. Le traité de Maastricht, signé en 1992, ouvre la période en créant l'Union européenne ; celle-ci compte aujourd'hui vingt-sept membres et plusieurs pays candidats. Comment l'Union européenne a-t-elle cherché, depuis 1992, à concilier l'accueil de nouveaux membres et l'approfondissement de son intégration, et à quel prix ? Nous verrons d'abord que les années 1990 sont celles d'un approfondissement décisif, puis que le grand élargissement des années 2000 impose une réforme institutionnelle difficile, avant de montrer que, depuis 2009, l'Union approfondit dans l'urgence des crises et s'élargit sous la pression de la géopolitique.
I. 1992-1999 : l'approfondissement d'abord
- Maastricht fait passer l'Europe de la Communauté à l'Union.Traité signé le 7 février 1992, en vigueur le 1er novembre 1993 : trois piliers, citoyenneté européenne, codécision, subsidiarité.
- L'Union économique et monétaire aboutit à l'euro.BCE installée à Francfort en 1998 ; euro le 1er janvier 1999 dans 11 pays ; pièces et billets le 1er janvier 2002 dans 12 pays.
- L'intégration entre dans la vie quotidienne.Tunnel sous la Manche inauguré le 6 mai 1994 ; Schengen appliqué le 26 mars 1995 ; traité d'Amsterdam (1997) qui l'intègre au droit de l'Union.
II. 1993-2009 : le grand élargissement impose une réforme difficile des institutions
- L'Union pose des conditions à l'élargissement.Critères de Copenhague (juin 1993) : démocratie et État de droit, économie de marché, reprise de l'acquis ; Europe des Quinze le 1er janvier 1995.
- De quinze à vingt-sept : la réunification du continent.1er mai 2004 : dix pays, environ 74 millions d'habitants, population en hausse d'environ 19 % mais PIB d'environ 5 % ; 1er janvier 2007 : Bulgarie et Roumanie.
- Réformer les institutions, de Nice à Lisbonne, en passant par l'échec de 2005.Traité de Nice (2001) ; non français (54,7 %) et néerlandais en 2005 ; traité de Lisbonne signé le 13 décembre 2007, en vigueur le 1er décembre 2009 (double majorité, président du Conseil européen).
III. Depuis 2009 : approfondir dans l'urgence, élargir sous la pression de la géopolitique
- La crise de l'euro force un approfondissement économique.Premier plan d'aide à la Grèce (mai 2010), Mécanisme européen de stabilité (2012), union bancaire (2014).
- Le Brexit, premier retrait d'un État membre.Référendum du 23 juin 2016 (51,9 %), sortie le 31 janvier 2020 : l'Union perd environ 67 millions d'habitants.
- Un nouvel élan, par l'emprunt commun et par la guerre.NextGenerationEU (juillet 2020, 750 milliards d'euros) ; statut de candidat pour l'Ukraine et la Moldavie (juin 2022) ; la Croatie, entrée en 2013, adopte l'euro en 2023.
Conclusion rédigéeDe 1992 à nos jours, l'Union européenne a mené de front deux chantiers que l'on croyait concurrents. Les années 1990 ont été celles de l'approfondissement, avec Maastricht, l'euro et Schengen ; les années 2000, celles de l'élargissement à l'Est, qui a imposé une réforme institutionnelle achevée seulement en 2009 avec le traité de Lisbonne, au prix d'un malentendu durable avec une partie des citoyens. Depuis, l'Union approfondit surtout dans l'urgence, de la crise de l'euro au plan de relance de 2020, tandis que la guerre en Ukraine fait de l'élargissement un enjeu géopolitique. La question reste ouverte : une Union de plus de trente membres, avec l'Ukraine et les Balkans occidentaux, devra-t-elle renoncer à l'unanimité, voire assumer une Europe à plusieurs vitesses ?
Le piège — Réciter la liste des traités et des élargissements sans jamais montrer le lien entre les deux : c'est ce lien, chaque élargissement obligeant à réformer, qui fait le sujet. Autre faute fréquente : consacrer une page à la CECA et au traité de Rome, alors que le sujet commence en 1992.
Sujet 2 — Les remises en question de la construction européenne depuis 1992
Analyse des termes — Les « remises en question » désignent à la fois les refus exprimés par les électeurs, les partis ou les gouvernements, et les crises qui font douter de l'efficacité de l'Union ; elles ne sont pas seulement des échecs, car certaines poussent l'Union à se réformer. Le sujet s'ouvre avec le référendum sur Maastricht (1992) et s'étend jusqu'aux années 2020, en Europe et particulièrement en France.
Problématique — Comment, depuis 1992, la construction européenne a-t-elle été contestée par les peuples et ébranlée par les crises, et dans quelle mesure a-t-elle su y répondre ?
Introduction rédigéeLe 23 juin 2016, pour la première fois, les électeurs d'un État membre choisissent de quitter l'Union européenne : 51,9 % des Britanniques votent pour le Brexit. Ce vote n'est pourtant pas un coup de tonnerre isolé : depuis le « petit oui » français au traité de Maastricht, en 1992, la construction européenne est régulièrement contestée. On appellera « remises en question » à la fois les refus exprimés par les électeurs, les partis ou les gouvernements, et les crises qui font douter de l'efficacité de l'Union. Elles commencent avec la naissance de l'Union elle-même, en 1992, et se poursuivent jusqu'aux années 2020. Comment, depuis 1992, la construction européenne a-t-elle été contestée par les peuples et ébranlée par les crises, et dans quelle mesure a-t-elle su y répondre ? Nous étudierons d'abord une contestation démocratique qui naît avec l'Union, puis les crises des années 2008-2016 qui font douter de son efficacité, enfin la rupture du Brexit et les réponses d'une Union qui résiste en se transformant.
I. Une contestation démocratique qui naît avec l'Union (1992-2009)
- Maastricht ouvre le premier grand débat européen.Non danois (2 juin 1992) ; discours de Philippe Séguin (5 mai 1992) ; « petit oui » français à 51,04 % (20 septembre 1992).
- Le rejet du traité constitutionnel.Non français à 54,7 % (29 mai 2005) et néerlandais à environ 61,5 % (1er juin 2005) ; un non souverainiste et un non de gauche.
- Le soupçon de contournement et la désaffection électorale.Lisbonne ratifié par le Parlement français (février 2008) ; non irlandais (juin 2008) ; participation aux européennes d'environ 43 % en 2009.
II. Des crises qui font douter de l'efficacité de l'Union (2008-2016)
- La crise des dettes souveraines ébranle la zone euro.Plan d'aide à la Grèce (mai 2010, 110 milliards d'euros) ; austérité contrôlée par la troïka ; chômage grec supérieur à 25 % en 2013 ; référendum grec du 5 juillet 2015.
- La crise migratoire divise les États.Environ 1,3 million de demandes d'asile en 2015 ; quotas de septembre 2015 refusés par la Hongrie et d'autres ; contrôles rétablis aux frontières intérieures de Schengen.
- Les partis eurosceptiques progressent.Le Front national arrive en tête des européennes de 2014 en France (environ 25 %), comme UKIP au Royaume-Uni.
III. De la rupture à la résilience (2016-2026)
- Le Brexit, une remise en question radicale.23 juin 2016 : 51,9 % pour le départ ; sortie effective le 31 janvier 2020 par l'article 50 du traité de Lisbonne.
- Des gouvernements qui contestent l'État de droit.Procédures de l'article 7 contre la Pologne (2017) et la Hongrie (2018) ; mécanisme liant le versement des fonds européens au respect de l'État de droit (2020).
- Une Union qui répond en se transformant.Emprunt commun NextGenerationEU (juillet 2020) ; sanctions contre la Russie et candidatures ukrainienne et moldave (2022) ; participation aux européennes d'environ 51 % en 2019 et 2024.
Conclusion rédigéeDepuis 1992, les remises en question accompagnent la construction européenne : contestation démocratique dès Maastricht et en 2005, crises d'efficacité dans les années 2010, rupture du Brexit entre 2016 et 2020. Elles n'ont pas provoqué l'effondrement souvent annoncé : l'Union a répondu par de nouveaux instruments, de l'union bancaire au plan de relance de 2020, et le départ britannique a plutôt resserré les Vingt-Sept. Reste une fragilité de fond : une Union dont l'efficacité progresse mais dont la légitimité demeure discutée par une partie des citoyens. La guerre en Ukraine, qui rend à l'Union un rôle géopolitique, suffira-t-elle à réconcilier les Européens avec leur projet commun ?
Le piège — Transformer la copie en réquisitoire ou en plaidoyer : le sujet demande d'exposer les critiques et leurs raisons, sans trancher. La moitié des copies oublie aussi que les remises en question ont produit des réformes, ce qui empêche toute nuance en troisième partie.