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Français 6ᵉ

Ressources · 6ᵉ · Français

Lire : comprendre l’implicite et faire des inférences

Distinguer ce que le texte dit (l’explicite) de ce qu’il laisse comprendre (l’implicite) et repérer les indices ; déduire ce que le texte ne dit pas (lieu, moment, personnage, sentiments, causes, pensée cachée) ; justifier chaque déduction en citant le texte, sans rien inventer

À propos de cette page
Des exercices corrigés sur l’implicite, du ★ au ★★★ : classer une information comme écrite, déduite ou inconnue, nommer le type d’un indice, déduire un lieu, un moment, un métier, une saison ou un sentiment, puis recopier le mot qui prouve une déduction. Deux textes d’auteurs servent d’appui : Les Malheurs de Sophie de la comtesse de Ségur et la fable « Le Renard et la Cigogne » de La Fontaine.

8 exercices, classés par cas comme le cours. Écris ta réponse, puis « Vérifier ».

Cas 1Explicite, implicite : repérer les indices

Réflexe — je me demande si l’information est écrite, montrée par un indice, ou impossible à savoir ; puis je nomme le type d’indice. Revoir la méthode →

Exercice 1★★★Facile

Lis : « Le facteur sonna deux fois. Mme Duval descendit en pantoufles, signa un papier et remonta avec un gros colis. » Pour chaque information, écris « écrite » si le texte la donne, « déduite » si un indice la montre, « inconnue » si le texte ne permet pas de la savoir.

  1. Mme Duval reçoit un colis. →
    C’est écrit : « remonta avec un gros colis ».
  2. Mme Duval était chez elle quand le facteur est passé. →
    Ce n’est pas écrit, mais l’indice « en pantoufles » le montre : on porte des pantoufles chez soi.
  3. Le colis contient des livres. →
    Aucun mot ne dit ni ne montre ce que contient le colis : le texte ne permet pas de le savoir.
  4. Mme Duval n’habite pas au rez-de-chaussée. →
    Indices : elle « descendit » ouvrir, puis « remonta » : elle habite donc à l’étage.
Exercice 2★★★Moyen

Indique le type de chaque indice souligné : geste, parole, décor, objet ou mot (choix d’un mot).

  1. Le gardien bâilla longuement sur sa chaise. →
    C’est un geste, une réaction du corps : il révèle la fatigue ou l’ennui du gardien.
  2. « Encore toi ? » soupira la bibliothécaire en voyant entrer Hugo. →
    Ce sont des paroles : « Encore » montre que Hugo vient très souvent, et « soupira » que cela agace un peu la bibliothécaire.
  3. Une épaisse couche de neige recouvrait le jardin. →
    C’est un élément du décor : il révèle la saison, l’hiver.
  4. Sur la chaise traînaient un ballon dégonflé et des crampons boueux. →
    Ce sont des objets : ils montrent que quelqu’un revient d’un match ou d’un entraînement de football.
  5. Ma tante habitait une masure au bout du chemin. →
    C’est le choix d’un mot : « masure » désigne une maison pauvre et en mauvais état ; l’auteur aurait pu écrire « maison ».

Cas 2Déduire ce que le texte ne dit pas

Réflexe — indice du texte + ce que je sais = déduction ; je vérifie que rien ne la contredit. Revoir la méthode →

Exercice 3★★★Facile

Que comprend-on ? Réponds par un mot ou un groupe de mots.

  1. « Les vagues venaient mourir à quelques mètres de nos serviettes de bain. » → lieu :
    « vagues » + « serviettes de bain » : on est à la plage.
  2. « Le coq chanta et les premiers rayons éclairèrent la cour de la ferme. » → moment de la journée :
    Le coq chante au lever du jour, et ce sont les « premiers rayons » du soleil : c’est le matin, à l’aube.
  3. « Elle vérifia le niveau d’huile, changea la roue et rendit les clés au client. » → métier :
    « niveau d’huile », « changea la roue », « client » : elle répare des voitures, elle est garagiste (mécanicienne).
  4. « Les élèves ramassaient des marrons dans la cour ; les feuilles des platanes jaunissaient. » → saison :
    Les marrons tombent et les feuilles jaunissent en automne.
Exercice 4★★★Moyen

Que ressent le personnage ? Réponds par un seul mot (nom ou adjectif).

  1. « Les mains moites, Inès relisait sa fiche en attendant son tour de passer à l’oral. » →
    Les mains moites sont une réaction du corps quand on a le trac : Inès est inquiète avant son oral.
  2. « Sami claqua la porte de sa chambre et donna un coup de pied dans son cartable. » →
    Claquer une porte, donner un coup de pied : ce sont des gestes de colère.
  3. « En lisant la lettre, grand-père sourit, essuya une larme et la serra contre son cœur. » →
    Il sourit et pleure à la fois, puis serre la lettre « contre son cœur » : il est ému, heureux de ce qu’il lit.
  4. « Super, encore des épinards ! » grogna Léo en repoussant son assiette. →
    « Super » est ironique : Léo dit le contraire de ce qu’il pense. « grogna » et « repoussant son assiette » montrent qu’il est mécontent.
Exercice 5★★★Difficile

Lis ce passage des Malheurs de Sophie de la comtesse de Ségur (1858), chapitre « Les cheveux mouillés ». Sophie rêve d’avoir les cheveux frisés. Un jour de pluie, alors que « sa maman lui avait défendu de sortir », elle se souvient que « les cheveux de Camille frisaient mieux quand ils étaient mouillés ». Elle sort et « met sa tête sous la gouttière ». Quand elle rentre, sa maman la trouve « toute mouillée, les cheveux hérissés » et éclate de rire. Son papa et son cousin Paul arrivent et rient à leur tour : « Plus Sophie rougissait et baissait la tête », plus ils riaient.

  1. Pourquoi Sophie met-elle sa tête sous la gouttière ? Pour faire ses cheveux.
    Sophie rêve de cheveux frisés et se souvient que ceux de Camille « frisaient mieux quand ils étaient mouillés » : elle se mouille la tête pour faire friser les siens.
  2. Sophie voulait des cheveux frisés ; elle revient avec « les cheveux hérissés ». Son idée a .
    Le texte ne dit pas « elle a échoué », mais « hérissés » (dressés en désordre) n’est pas « frisés », et sa maman éclate de rire : l’idée a échoué.
  3. Sophie rougit et baisse la tête : ces gestes montrent qu’elle a .
    Rougir et baisser la tête devant ceux qui se moquent : ce sont des indices (des gestes) de la honte. Le passage cité ne le dit pas : on le déduit.

Cas 3Justifier par le texte

Réflexe — je cherche le mot exact du texte qui prouve la déduction et je le recopie sans le changer. Revoir la méthode →

Exercice 6★★★Facile

Recopie le mot du texte qui prouve la déduction.

  1. « Nina souffla les dix bougies sous les applaudissements. » → C’est l’anniversaire de Nina. Indice :
    On souffle des « bougies » le jour de son anniversaire (ici, ses dix ans).
  2. « Le capitaine ordonna de hisser les voiles. » → La scène se passe sur un bateau. Indice :
    « hisser les voiles » : ce sont des mots de la navigation, on est sur un voilier.
  3. « Paul grelottait sous sa couverture, malgré le feu de cheminée. » → Paul a froid, il est peut-être malade. Indice :
    « grelottait » : on grelotte quand on a froid ; comme il fait chaud près du feu, il est sans doute malade (fièvre).
Exercice 7★★★Moyen

Complète la justification avec les mots exacts du texte.

  1. « Mme Leroy corrigea le dernier cahier, effaça le tableau et éteignit la lumière de la classe. » → Mme Leroy est professeure : le texte dit qu’elle «  le dernier cahier » et qu’elle « effaça le ».
    « corrigea le dernier cahier » et « effaça le tableau » : ce sont des gestes de professeur, à la fin de la journée de classe.
  2. « Le petit garçon serrait très fort la main de sa mère dans la foule et regardait partout autour de lui. » → Il a peur de se perdre : il «  très fort » la main de sa mère.
    On « serrait très fort » la main de quelqu’un quand on a peur d’être séparé de lui.
  3. « Quand Lila entra, ses camarades cachèrent vite une grande carte et se mirent à siffloter. » → Ils lui préparent une surprise : ils «  vite une grande carte » et font semblant de rien en se mettant à «  ».
    On cache ce que l’autre ne doit pas voir, et siffloter est une façon de faire l’innocent : la carte est sans doute pour Lila.
Exercice 8★★★Difficile

Lis le début et la fin de la fable de Jean de La Fontaine, « Le Renard et la Cigogne » (1668) : « Compère le renard se mit un jour en frais, / Et retint à dîner commère la cigogne. / Le régal fut petit et sans beaucoup d’apprêts : / Le galant, pour toute besogne, / Avait un brouet clair ; il vivait chichement. / Ce brouet fut par lui servi sur une assiette : / La cigogne au long bec n’en put attraper miette […]. » Pour se venger, la cigogne invite à son tour le renard : « On servit, pour l’embarrasser, / En un vase à long col et d’étroite embouchure. / Le bec de la cigogne y pouvait bien passer ; / Mais le museau du sire était d’autre mesure. / Il lui fallut à jeun retourner au logis, / Honteux comme un renard qu’une poule aurait pris, / Serrant la queue, et portant bas l’oreille. » Complète chaque justification avec le mot exact du texte.

  1. Le renard n’aime pas dépenser : il est avare, car il « vivait ».
    « il vivait chichement » : en dépensant le moins possible. Le mot prouve que le renard est avare, sans que le texte emploie ce mot.
  2. Le renard a choisi l’assiette exprès : sur un plat, la cigogne ne peut rien attraper avec son long .
    « La cigogne au long bec n’en put attraper miette » : un long bec ne peut rien prendre sur une assiette plate. Le renard le savait : c’est un piège.
  3. La cigogne se venge exprès : le vase a une « étroite », où le museau du renard ne passe pas.
    « d’étroite embouchure » : l’ouverture du vase est trop étroite pour le museau. La cigogne rend au renard le même tour : c’est sa vengeance.
  4. Le renard rentre humilié : il s’en va « Serrant la queue, et portant bas l’ ».
    « portant bas l’oreille » : un geste d’animal vaincu. Avec « Honteux », il montre que le trompeur est puni à son tour.
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