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Ce cours de SES (2nde) en seconde sur « Comment les économistes, les sociologues et les politistes raisonnent-ils et travaillent-ils ? » suit le programme officiel de SES (2nde) de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Trois disciplines, trois grandes questions, Une démarche scientifique commune, Des modèles et le raisonnement toutes choses égales par ailleurs, Corrélation et causalité : ne pas confondre. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en SES (2nde).
2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.
Sujet 1 — Dissertation — Les sciences sociales peuvent-elles établir des relations de cause à effet ?
Analyse des termes — Les sciences sociales désignent ici l'économie, la sociologie et la science politique ; établir une relation de cause à effet, c'est montrer que la variation d'un phénomène entraîne celle d'un autre, et pas seulement qu'ils évoluent ensemble. Le sujet porte sur les méthodes, des statistiques de Durkheim (1897) aux expérimentations récompensées en 2019 et 2021.
Problématique — Alors que les sciences sociales ne peuvent que rarement étudier la société comme en laboratoire, comment parviennent-elles malgré tout à établir des causalités, et avec quelles limites ?
Introduction rédigéeEn 1897, Émile Durkheim publie Le Suicide et montre que l'acte en apparence le plus personnel obéit à des régularités sociales : les taux de suicide varient selon la religion, la situation familiale ou le pays. Mais une régularité observée suffit-elle à désigner une cause ? Les sciences sociales, c'est-à-dire l'économie, la sociologie et la science politique, étudient les comportements humains et les faits sociaux. Établir une relation de cause à effet, c'est montrer que la variation d'un phénomène entraîne celle d'un autre, et non seulement que les deux évoluent ensemble, ce qui ne serait qu'une corrélation. Or ces disciplines ne peuvent que rarement enfermer la société dans un laboratoire pour faire varier un seul facteur. Dès lors, comment parviennent-elles malgré tout à établir des causalités, et avec quelles limites ? Nous verrons d'abord que les sciences sociales partent de régularités observées dans les données, puis qu'une corrélation ne suffit pas à prouver une causalité, enfin que des méthodes rigoureuses permettent d'approcher les causes, sans jamais produire de certitude définitive.
I. Les sciences sociales partent de régularités observées dans les données
- Les données révèlent des régularités là où l'on voyait des choix individuels.Durkheim, Le Suicide (1897) : les taux de suicide sont plus élevés chez les protestants que chez les catholiques, chez les célibataires que chez les personnes mariées.
- La statistique publique fournit des séries fiables et comparables.INSEE créé en 1946 ; enquête Emploi depuis 1950 ; recensement rénové en 2004.
- Ces régularités font naître des hypothèses explicatives.L'abstention au 1er tour de la présidentielle passe de 16,23 % (2007) à 26,31 % (2022) des inscrits : le politiste cherche des causes (âge, enjeu, offre électorale).
II. Mais une corrélation ne suffit pas à prouver une causalité
- Une variable cachée peut créer une corrélation trompeuse.Ventes de glaces et noyades augmentent ensemble parce que la chaleur agit sur les deux.
- Le sens de la causalité peut être inverse de celui qu'on suppose.Les élèves qui prennent des cours particuliers ont souvent des notes plus faibles : c'est la difficulté qui conduit aux cours, non l'inverse.
- Une relation observée peut cesser d'être vraie quand le contexte change.La courbe de Phillips (1958), vérifiée sur 1861-1957, est démentie par la stagflation des années 1970.
III. Des méthodes rigoureuses permettent d'approcher les causes, sans certitude définitive
- Le raisonnement toutes choses égales par ailleurs isole l'effet d'une variable.Selon l'INSEE, l'écart de revenu salarial femmes-hommes dans le privé, d'environ un quart, se réduit à quelques points à poste comparable (ordres de grandeur, début des années 2020).
- Les expérimentations aléatoires et naturelles recréent les conditions d'un laboratoire.Card et Krueger (1994) comparent le New Jersey et la Pennsylvanie après la hausse du salaire minimum de 1992 ; prix de la Banque de Suède 2019 (Banerjee, Duflo, Kremer) et 2021 (Card).
- Les enquêtes qualitatives éclairent les mécanismes que les chiffres ne montrent pas.Sociologie compréhensive de Weber (1904-1905) ; observation participante de Whyte, Street Corner Society (1943).
Conclusion rédigéeLes sciences sociales peuvent donc établir des relations de cause à effet, mais au terme d'un travail méthodique. Elles partent de corrélations observées dans les données, les soumettent au doute pour écarter variables cachées, causalités inverses et relations instables, puis mobilisent le raisonnement toutes choses égales par ailleurs, les expérimentations et les enquêtes qualitatives. Leurs conclusions restent provisoires, comme le montre la remise en cause de la courbe de Phillips dans les années 1970 ; cette prudence n'est pas une faiblesse, c'est ce qui distingue un résultat scientifique d'une opinion. Reste une question que les chapitres suivants poseront souvent : lorsqu'une causalité est établie, par exemple l'effet du diplôme sur l'accès à l'emploi, suffit-elle à décider d'une politique publique, qui engage aussi des choix de valeurs ?
Le piège — Répondre « non, car corrélation n'est pas causalité » et s'arrêter là : la moitié des copies oublie la troisième partie, c'est-à-dire les méthodes (toutes choses égales par ailleurs, expérimentations, enquêtes qualitatives) qui permettent justement d'établir des causalités.
Sujet 2 — Épreuve composée, partie 3 (raisonnement s'appuyant sur un dossier documentaire : les documents 1 à 4 de ce chapitre) — À l'aide du dossier et de vos connaissances, vous montrerez que les économistes, les sociologues et les politistes posent des questions différentes mais partagent une même démarche.
Analyse des termes — Il faut d'abord distinguer les questions de base des trois disciplines, puis montrer ce qui les rapproche : une démarche scientifique (hypothèses, données, modèles) et des outils communs. Le sujet est un « montrez que » : on ne discute pas la thèse, on la démontre avec les documents et des exemples datés.
Problématique — Qu'est-ce qui distingue les trois disciplines des sciences économiques et sociales, et qu'est-ce qui fait qu'elles relèvent d'une même démarche scientifique ?
Introduction rédigéeEn 1776, Adam Smith observe une manufacture d'épingles ; en 1895, Émile Durkheim définit le fait social ; en 1913, André Siegfried met en relation les votes et les territoires de l'Ouest de la France. Trois auteurs, trois disciplines : l'économie, la sociologie et la science politique, qui forment ensemble les sciences économiques et sociales. Chacune pose une question de base différente, mais toutes prétendent produire des connaissances scientifiques, c'est-à-dire vérifiables, et non des opinions. Qu'est-ce qui distingue ces trois disciplines, et qu'est-ce qui fait qu'elles relèvent d'une même démarche ? Nous montrerons d'abord qu'elles partent de trois questions différentes, puis qu'elles partagent une même démarche scientifique, enfin qu'elles utilisent des outils communs pour étudier des objets qui se croisent.
I. Trois disciplines, trois questions de base
- L'économie étudie l'allocation des ressources rares.Définition de Robbins (1932) ; document 1 : Smith (1776) cherche comment tirer plus de richesse d'une même quantité de travail (4 800 épingles par ouvrier).
- La sociologie étudie la façon dont on fait société.Document 2 : Durkheim (1895) définit le fait social, extérieur et contraignant, comme la langue ou le droit.
- La science politique étudie la conquête et l'exercice du pouvoir.Document 3 : l'abstention à la présidentielle, de 16,23 % (2007) à 26,31 % (2022) au 1er tour ; Siegfried (1913), fondateur de la sociologie électorale.
II. Une même démarche scientifique
- Toutes partent d'une observation pour formuler une hypothèse explicative.Document 1 : Smith observe une manufacture puis avance trois causes (habileté, gain de temps, machines).
- Toutes se méfient des idées toutes faites et visent la neutralité.Document 2 : « écarter systématiquement toutes les prénotions » (Durkheim, 1895) ; neutralité axiologique chez Weber (1917-1919).
- Toutes construisent des modèles et les confrontent aux données.Document 4 : la courbe de Phillips (1958), modèle tiré de données, remis en cause par la stagflation des années 1970.
III. Des outils communs et des objets partagés
- Les enquêtes quantitatives servent aux trois disciplines.Échantillon représentatif : succès de Gallup en 1936 ; fondation de l'IFOP par Jean Stoetzel en 1938.
- Les enquêtes qualitatives éclairent le sens des comportements.Observation participante de Whyte (1943) ; entretiens pour comprendre les raisons de l'abstention (document 3).
- Les disciplines se croisent sur les mêmes objets et les mêmes méthodes.Le vote intéresse le politiste et le sociologue ; des économistes (Banerjee, Duflo, Kremer, 2019) utilisent des expérimentations proches de celles des autres sciences.
Conclusion rédigéeLes économistes, les sociologues et les politistes posent donc des questions différentes : l'allocation des ressources rares, la façon dont on fait société, la conquête et l'exercice du pouvoir. Mais ils partagent une démarche commune, qui va de l'observation à l'hypothèse puis à la confrontation aux données, et des outils communs, de l'enquête par questionnaire à l'entretien et au modèle. C'est ce qui permet d'étudier un même objet, comme l'abstention, sous plusieurs angles complémentaires. On peut alors se demander si la spécialisation croissante de ces disciplines ne rend pas d'autant plus nécessaires les travaux qui les croisent.
Le piège — Juxtaposer trois paragraphes (un par discipline) sans jamais montrer ce qu'ils ont en commun : le sujet demande de démontrer à la fois la différence des questions et l'unité de la démarche.