Offre, demande, courbes, équilibre, prix et quantités d'équilibre, effets d'une taxe ou d'une subvention, marchés et institutions (SES de 2nde)
À propos de cette page
Ce lexique sur « Comment se forment les prix sur un marché ? » en seconde donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Le marché, une institution, Des marchés plus ou moins concurrentiels, La demande : une courbe décroissante, L'offre : le producteur maximise son profit. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de seconde.
Marché
Lieu, physique ou virtuel, de rencontre entre des offreurs et des demandeurs d'un bien ou d'un service, où se forme un prix.
À ne pas confondre
Commerce (magasin) — Un magasin est un vendeur ; le marché désigne l'ensemble des vendeurs et des acheteurs d'un même bien.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot désigne d'abord la place où se tient la foire ; les économistes l'étendent, depuis Smith (1776), à toute confrontation d'une offre et d'une demande.
Ce que le mot permet d'écrire — Toujours préciser le bien et le lieu (le marché des fraises de Sologne, le marché du travail) ; ne jamais parler « du » marché comme d'une personne qui décide.
Institution
Ensemble de règles formelles ou informelles, durables, qui organisent les relations entre individus.
À ne pas confondre
Organisation — Une organisation est un groupe structuré (une entreprise, l'Autorité de la concurrence) ; l'institution est l'ensemble des règles.
Selon l'époque et le point de vue — L'économiste Douglass North, prix Nobel 1993, a popularisé l'analyse des institutions comme « règles du jeu » de l'économie.
Ce que le mot permet d'écrire — Sert à montrer que le marché n'est pas naturel ; citer au moins deux règles précises (propriété, monnaie, contrat, concurrence).
Droits de propriété
Droits reconnus et protégés d'utiliser un bien, d'en tirer un revenu et de le céder.
À ne pas confondre
Possession — Posséder, c'est détenir de fait ; être propriétaire, c'est détenir un droit garanti par la loi.
Selon l'époque et le point de vue — La Déclaration des droits de l'homme de 1789 (article 17) et le Code civil de 1804 (article 544) consacrent la propriété en France.
Ce que le mot permet d'écrire — Premier pilier institutionnel du marché : sans propriété garantie, aucun échange n'est sûr.
Demande
Quantité d'un bien que les acheteurs veulent et peuvent acheter à chaque prix, sur une période donnée.
À ne pas confondre
Quantité demandée — La demande est toute la courbe ; la quantité demandée est un point de cette courbe, pour un prix donné.
Selon l'époque et le point de vue — Cournot en donne la première formulation mathématique en 1838 (« loi du débit ») ; Marshall en fixe le graphique en 1890.
Ce que le mot permet d'écrire — Dans un exercice, dire « la quantité demandée baisse » quand le prix monte ; réserver « la demande augmente » à un déplacement de la courbe.
Offre
Quantité d'un bien que les producteurs veulent vendre à chaque prix, sur une période donnée.
À ne pas confondre
Production — La production est ce qui a été fabriqué ; l'offre est ce que les producteurs sont prêts à vendre selon le prix.
Selon l'époque et le point de vue — La courbe d'offre croissante est justifiée par les marginalistes des années 1870 et mise en graphique par Marshall en 1890.
Ce que le mot permet d'écrire — Justifier sa pente par le coût marginal croissant ; ne pas dire que l'offre croît « parce que les vendeurs veulent gagner plus » sans parler des coûts.
Concurrence parfaite
Modèle de marché où aucun agent n'influence le prix : atomicité, homogénéité du produit, transparence de l'information, libre entrée et sortie.
À ne pas confondre
Concurrence (au sens courant) — Dans la vie courante, deux enseignes « se font concurrence » ; la concurrence parfaite est un cas théorique très exigeant.
Selon l'époque et le point de vue — Les conditions sont énumérées de façon systématique par Frank Knight dans Risk, Uncertainty and Profit (1921).
Ce que le mot permet d'écrire — C'est un modèle de référence : dans une copie, le présenter comme tel et montrer que les marchés réels s'en écartent.
Preneur de prix
Agent trop petit pour influencer le prix : il décide seulement de la quantité qu'il achète ou vend au prix du marché.
À ne pas confondre
Faiseur de prix — Le faiseur de prix (monopole) choisit son prix ; le preneur de prix le subit.
Selon l'époque et le point de vue — Traduction de l'anglais price taker, employé par les manuels d'économie au XXe siècle.
Ce que le mot permet d'écrire — Condition du raisonnement coût marginal = prix : sans elle, le producteur ne prend pas le prix comme donné.
Monopole
Marché où un seul offreur fait face à de nombreux demandeurs ; il est faiseur de prix.
À ne pas confondre
Oligopole — L'oligopole compte quelques offreurs qui se surveillent ; le monopole n'en compte qu'un.
Selon l'époque et le point de vue — Aristote raconte déjà, dans la Politique, comment Thalès s'assura le contrôle des pressoirs à olives ; Cournot en fait la théorie mathématique en 1838.
Ce que le mot permet d'écrire — Le monopole n'a pas de courbe d'offre au sens du chapitre : il choisit un prix. Ne pas le confondre avec une entreprise simplement grande.
Oligopole
Marché où un petit nombre d'offreurs réalise l'essentiel des ventes ; chacun tient compte des réactions des autres.
À ne pas confondre
Entente — L'oligopole est une structure de marché ; l'entente est une pratique illégale d'accord sur les prix.
Selon l'époque et le point de vue — Cournot analyse dès 1838 le duopole (deux offreurs) ; le terme d'oligopole se diffuse au XXe siècle.
Ce que le mot permet d'écrire — Exemple français : la téléphonie mobile, à quatre grands opérateurs depuis 2012.
Coût marginal
Coût supplémentaire que supporte une entreprise pour produire une unité de plus d'un bien ou d'un service.
À ne pas confondre
Coût moyen — Le coût moyen est le coût total divisé par la quantité ; le coût marginal ne concerne que la dernière unité.
Selon l'époque et le point de vue — Le raisonnement « à la marge » s'impose avec la révolution marginaliste : Jevons et Menger (1871), Walras (1874).
Ce que le mot permet d'écrire — Clé de la courbe d'offre : le producteur preneur de prix produit jusqu'à ce que coût marginal = prix.
Profit
Différence entre les recettes (prix × quantité vendue) et les coûts de production.
À ne pas confondre
Chiffre d'affaires — Le chiffre d'affaires est la recette totale ; le profit est ce qui reste une fois les coûts payés.
Selon l'époque et le point de vue — Notion centrale depuis les économistes classiques (Smith, 1776 ; Ricardo, 1817) ; les marginalistes en font l'objectif que le producteur maximise.
Ce que le mot permet d'écrire — Montrer qu'une unité est produite si elle ajoute au profit (prix supérieur ou égal au coût marginal).
Équilibre de marché
Situation où la quantité offerte est égale à la quantité demandée ; elle définit le prix et la quantité d'équilibre.
À ne pas confondre
Prix juste — Le prix d'équilibre égalise les quantités ; il ne dit rien de l'équité de ce prix.
Selon l'époque et le point de vue — Walras (1874) étudie l'équilibre de tous les marchés à la fois ; Marshall (1890) l'équilibre d'un marché isolé.
Ce que le mot permet d'écrire — Toujours donner les deux valeurs (prix et quantité) et décrire le mécanisme d'ajustement (excès d'offre, pénurie).
Taxe forfaitaire
Taxe d'un montant fixe par unité vendue, indépendant du prix (ex. : 1 € par cagette).
À ne pas confondre
TVA — La TVA est proportionnelle au prix (un pourcentage) ; la taxe forfaitaire est un montant fixe par unité.
Selon l'époque et le point de vue — Les accises sur l'alcool, le tabac ou les carburants en sont des exemples anciens ; la contribution climat-énergie de 2014 est fixée par tonne de CO2.
Ce que le mot permet d'écrire — Payée par les producteurs, elle déplace la courbe d'offre vers le haut du montant de la taxe ; faute fréquente : déplacer la demande.
Subvention
Somme versée par l'État à un producteur ou à un acheteur, ici d'un montant fixe par unité.
À ne pas confondre
Prix plafond — Le prix plafond interdit de vendre au-dessus d'un prix ; la subvention laisse le prix se former, mais réduit le coût du producteur.
Selon l'époque et le point de vue — La remise de 18 centimes par litre de carburant, appliquée à partir du 1er avril 2022, en est un exemple récent.
Ce que le mot permet d'écrire — Versée aux producteurs, elle déplace la courbe d'offre vers le bas : prix plus bas, quantité plus élevée, dépense publique.
Les repères du programme
Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.
Déplacement sur la courbe / déplacement de la courbe
Un changement du prix du bien fait glisser le long de la courbe ; un changement d'un autre facteur (revenu, coûts, goûts, taxe) déplace la courbe entière.
Ce qu'il débloque — Organiser toute analyse de choc en deux temps : quelle courbe bouge, puis quel est le nouvel équilibre.
Exemple — Sur le sujet « Pourquoi le prix des fraises a-t-il augmenté après le gel ? », il permet de montrer que l'offre se déplace et que la quantité demandée recule le long de la courbe.
Preneur de prix / faiseur de prix
En concurrence, chacun subit le prix du marché ; en monopole, l'offreur unique le choisit.
Ce qu'il débloque — Distinguer les structures de marché et justifier que la règle coût marginal = prix vaut en concurrence.
Exemple — Sur le sujet « Tous les vendeurs choisissent-ils leur prix ? », il permet d'opposer le maraîcher au marché au cadran et l'opérateur en monopole.
Excès d'offre / excès de demande
Au-dessus de l'équilibre, des invendus apparaissent ; au-dessous, une pénurie. Chacun pousse le prix vers l'équilibre.
Ce qu'il débloque — Expliquer le mécanisme d'ajustement, pas seulement donner le prix d'équilibre.
Exemple — Sur le sujet « Comment se forment les prix sur un marché ? », il permet de décrire le tâtonnement à partir d'un barème chiffré.
Taxe / subvention
Deux instruments symétriques : la taxe déplace l'offre vers le haut, la subvention vers le bas.
Ce qu'il débloque — Montrer comment l'État modifie un équilibre sans fixer lui-même le prix.
Exemple — Sur le sujet « L'État peut-il agir sur le prix des carburants ? », il permet de comparer la taxe carbone de 2014 et la remise de 2022.
Modèle / réalité
La concurrence parfaite est une simplification ; les marchés réels sont souvent des oligopoles, encadrés par des règles.
Ce qu'il débloque — Nuancer en fin de devoir sans rejeter le modèle, qui reste l'outil d'analyse.
Exemple — Sur le sujet « Le prix résulte-t-il seulement de l'offre et de la demande ? », il permet d'ouvrir sur les structures de marché et les institutions.
Marché spontané / marché construit
Le marché peut sembler naître de lui-même ; la sociologie montre qu'il est organisé par des règles et des acteurs.
Ce qu'il débloque — Traiter l'objectif « le marché est une institution ».
Exemple — Sur le sujet « Le marché est-il une institution ? », il permet de mobiliser le décret d'Allarde (1791) et le marché au cadran (Garcia, 1986).
Bloqué sur ce chapitre ?
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.