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SES (2nde) 2ⁿᵈᵉ

Ressources · 2ⁿᵈᵉ · SES (2nde)

Comment se forment les prix sur un marché ?

Offre, demande, courbes, équilibre, prix et quantités d'équilibre, effets d'une taxe ou d'une subvention, marchés et institutions (SES de 2nde)

À propos de cette page
Ce cours de SES (2nde) en seconde sur « Comment se forment les prix sur un marché ? » suit le programme officiel de SES (2nde) de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Le marché, une institution, Des marchés plus ou moins concurrentiels, La demande : une courbe décroissante, L'offre : le producteur maximise son profit. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en SES (2nde).

4 analyses de document, de nature différente, avec la réponse entièrement rédigée. C’est l’exercice le plus fréquent de l’épreuve : le document est donné en entier, tu travailles dessus sans rien ouvrir d’autre.

Document 1 — Lire un barème d'offre et de demande

Facile

Tableau statistique (barème chiffré) · Barème fictif construit pour l'exercice, benprofparticulier.fr, 2026 (données pédagogiques, non issues d'une enquête).

Le barème décrit un marché concurrentiel : de nombreux maraîchers vendent des melons comparables à de nombreux ménages. Les autres facteurs (revenus, météo, prix des autres fruits) sont supposés constants.

Marché des melons d'une ville moyenne en juillet (quantités en melons par jour)

Prix du melonQuantité demandéeQuantité offerte
1,00 €900300
1,50 €800500
2,00 €700700
2,50 €600900
3,00 €5001 100

Après avoir présenté le document, vous montrerez comment se forme le prix sur ce marché.

  1. Lisez les quantités demandée et offerte au prix de 3 €.
  2. Expliquez pourquoi la quantité demandée baisse et la quantité offerte augmente quand le prix monte.
  3. Déterminez le prix et la quantité d'équilibre.
  4. Décrivez la situation au prix de 1,50 € et expliquez comment le prix va évoluer.
Voir la réponse rédigée

Présentation. Ce tableau, construit pour l'exercice, présente le barème de demande et le barème d'offre de melons d'une ville en juillet, c'est-à-dire les quantités que les acheteurs et les vendeurs sont prêts à échanger à cinq prix différents.

1. Au prix de 3 € le melon, les ménages souhaitent acheter 500 melons par jour, tandis que les maraîchers souhaitent en vendre 1 100. L'offre dépasse la demande de 600 melons.

2. La quantité demandée diminue quand le prix monte (900 melons à 1 € contre 500 à 3 €) parce que le budget des ménages est limité et qu'ils peuvent se reporter sur d'autres fruits. La quantité offerte augmente (300 à 1 € contre 1 100 à 3 €) parce que les producteurs maximisent leur profit : leurs coûts marginaux sont croissants, et un prix plus élevé rend rentable la production de melons plus coûteux à obtenir (parcelles moins favorables, main-d'œuvre supplémentaire). Ils produisent jusqu'à ce que le coût marginal soit égal au prix.

3. L'équilibre est atteint au prix de 2 €, seul prix auquel la quantité demandée (700) est égale à la quantité offerte (700). Le prix d'équilibre est donc de 2 € et la quantité d'équilibre de 700 melons par jour.

4. À 1,50 €, les ménages demandent 800 melons mais les producteurs n'en offrent que 500 : il y a un excès de demande, ou pénurie, de 300 melons. Des acheteurs repartent sans melon ; certains acceptent de payer plus cher, et les vendeurs constatent qu'ils peuvent augmenter leur prix sans perdre de clients. Le prix monte donc. En montant, il réduit la quantité demandée et augmente la quantité offerte, jusqu'à 2 €, où la pénurie disparaît. C'est le mécanisme d'ajustement par les prix : ni l'État ni un vendeur isolé ne fixe le prix, il résulte de la confrontation de l'offre et de la demande.

Ce que cette analyse apprend — Lire un barème ligne par ligne, puis chercher le prix où les deux colonnes sont égales et expliquer l'ajustement à partir d'un écart chiffré.

Document 2 — Deux textes de droit qui fondent le marché en France

Moyen

Textes juridiques (décret révolutionnaire, 1791 ; article du Code de commerce issu de l'ordonnance de 1986) · Document A : décret dit d'Allarde des 2-17 mars 1791, article 7. Document B : Code de commerce, article L410-2 (alinéas 1 et 2), issu de l'ordonnance n° 86-1243 du 1er décembre 1986 relative à la liberté des prix et de la concurrence.

Le document A est adopté par l'Assemblée constituante, qui supprime les corporations de métiers d'Ancien Régime. Le document B reprend l'ordonnance de 1986, qui met fin au contrôle des prix institué à la Libération en 1945.

Document A — Décret d'Allarde, 2-17 mars 1791, article 7

« À compter du 1er avril prochain, il sera libre à toute personne de faire tel négoce ou d'exercer telle profession, art ou métier qu'elle trouvera bon ; mais elle sera tenue de se pourvoir auparavant d'une patente, d'en acquitter le prix suivant les taux ci-après déterminés, et de se conformer aux règlements de police qui sont ou pourront être faits. »

Document B — Code de commerce, article L410-2

« Sauf dans les cas où la loi en dispose autrement, les prix des biens, produits et services relevant antérieurement au 1er janvier 1987 de l'ordonnance n° 45-1483 du 30 juin 1945 relative aux prix sont librement déterminés par le jeu de la concurrence.

Toutefois, dans les secteurs ou les zones où la concurrence par les prix est limitée en raison soit de situations de monopole ou de difficultés durables d'approvisionnement, soit de dispositions législatives ou réglementaires, un décret en Conseil d'État peut réglementer les prix après consultation de l'Autorité de la concurrence. »

À l'aide des documents et de vos connaissances, vous montrerez que le marché est une institution.

  1. Présentez les deux documents (nature, date, auteur).
  2. Quelle liberté le document A instaure-t-il ? Quelles conditions l'accompagnent ?
  3. Selon le document B, comment se forment les prix en principe ?
  4. Dans quels cas l'État peut-il réglementer les prix ? Pourquoi ?
  5. En quoi ces deux textes montrent-ils que le marché est une institution ?
Voir la réponse rédigée

1. Le document A est l'article 7 d'un décret de l'Assemblée constituante, dit décret d'Allarde, des 2-17 mars 1791, pendant la Révolution française. Le document B est l'article L410-2 du Code de commerce, issu de l'ordonnance du 1er décembre 1986 relative à la liberté des prix et de la concurrence. Ce sont deux textes juridiques, écrits par le pouvoir politique, à près de deux siècles de distance.

2. Le document A instaure la liberté du commerce et de l'industrie : il est « libre à toute personne de faire tel négoce » ou d'exercer le métier « qu'elle trouvera bon ». Sous l'Ancien Régime, il fallait appartenir à une corporation pour exercer de nombreux métiers. Cette liberté a cependant des conditions : acheter une « patente », c'est-à-dire payer un impôt, et respecter les « règlements de police ». La liberté d'entrer sur le marché est donc créée et encadrée par la loi.

3. Selon le document B, les prix sont en principe « librement déterminés par le jeu de la concurrence ». Autrement dit, ni l'État ni une corporation ne les fixe : ils résultent de la confrontation de l'offre et de la demande. Le texte rompt avec l'ordonnance de 1945, qui permettait à l'État de contrôler les prix.

4. L'État peut réglementer les prix dans trois types de situations : quand il existe un « monopole », quand l'approvisionnement connaît des « difficultés durables », ou quand des lois limitent la concurrence. Dans ces cas, la concurrence ne peut pas jouer : un monopole est faiseur de prix et pourrait fixer un prix très élevé. Le prix unique du livre (loi Lang du 10 août 1981) ou les tarifs réglementés de l'électricité sont des exemples de prix encadrés.

5. Une institution est un ensemble de règles durables qui organisent les relations sociales. Les deux textes montrent que la liberté d'entrer sur un marché (A) et la liberté des prix (B) ne sont pas naturelles : elles sont créées par la loi, qui en fixe aussi les limites (impôt, règlements, exceptions, consultation de l'Autorité de la concurrence). Le marché fonctionne grâce à des règles écrites et à des organisations chargées de les appliquer : c'est bien une institution.

Ce que cette analyse apprend — Citer le texte entre guillemets à chaque réponse, puis relier chaque citation à une notion du cours (liberté d'entrée, concurrence, monopole, institution).

Document 3 — Effet d'une taxe forfaitaire sur le marché d'une boisson sucrée

Moyen

Graphique offre-demande (document iconographique décrit) · Graphique construit pour l'exercice selon le modèle d'offre et de demande de Marshall (1890), benprofparticulier.fr, 2026 ; valeurs fictives.

Le graphique modélise un marché concurrentiel d'une boisson sucrée, sur lequel l'État introduit une taxe fixe par litre. Il s'inspire du principe de la taxe française sur les boissons sucrées, en vigueur depuis le 1er janvier 2012, mais les valeurs sont fictives.

Description du graphique. Axe vertical : prix du litre, en euros, de 0 à 10. Axe horizontal : quantités, en milliers de litres par semaine, de 0 à 1 000.

  • Droite D (demande), décroissante : elle part du point (0 ; 10 €) et rejoint le point (1 000 ; 0 €).
  • Droite O (offre avant la taxe), croissante : elle part du point (0 ; 2 €) et passe par le point (800 ; 10 €).
  • Droite O' (offre après une taxe de 2 € par litre payée par les producteurs), parallèle à O et située 2 € plus haut : elle part du point (0 ; 4 €) et passe par le point (600 ; 10 €).
  • Point E, intersection de D et O : (400 ; 6 €). Point E', intersection de D et O' : (300 ; 7 €).
  • Une ligne pointillée horizontale à 5 € rejoint la droite O à la quantité 300.
Prix4 €5 €6 €7 €8 €
Demande (milliers de litres)600500400300200
Offre O (milliers de litres)200300400500600
Offre O' (milliers de litres)0100200300400

Vous analyserez les effets de l'introduction de la taxe sur l'équilibre de ce marché.

  1. Lisez le prix et la quantité d'équilibre avant la taxe.
  2. Expliquez pourquoi la taxe déplace la courbe d'offre, et non la courbe de demande.
  3. Déterminez le nouvel équilibre. Quel prix paient les acheteurs, quel prix gardent les producteurs ?
  4. Calculez la recette fiscale et commentez la variation de la quantité échangée.
Voir la réponse rédigée

1. Avant la taxe, l'équilibre se trouve au point E, intersection de la demande D et de l'offre O : le prix d'équilibre est de 6 € le litre et la quantité d'équilibre de 400 000 litres par semaine. Le tableau le confirme : à 6 €, la quantité demandée et la quantité offerte valent toutes deux 400 milliers de litres.

2. La taxe de 2 € est payée par les producteurs sur chaque litre vendu. Elle augmente donc le coût de chaque litre de 2 € : pour accepter de vendre une quantité donnée, les producteurs exigent désormais 2 € de plus qu'avant. Pour offrir 300 milliers de litres, ils demandaient 5 € ; ils demandent maintenant 7 €. Toute la courbe d'offre se déplace donc vers le haut de 2 € (de O à O'). Les goûts et les revenus des acheteurs ne changent pas : la courbe de demande reste en place.

3. Le nouvel équilibre est le point E' : le prix payé par les acheteurs passe à 7 € le litre et la quantité échangée à 300 000 litres par semaine. Sur ces 7 €, 2 € reviennent à l'État : les producteurs ne gardent que 5 €, comme le montre la ligne pointillée. Par rapport à l'équilibre initial de 6 €, les acheteurs paient 1 € de plus et les producteurs reçoivent 1 € de moins : la charge de la taxe est partagée à parts égales, parce que les deux droites ont ici des pentes de même valeur absolue.

4. La recette fiscale est égale à la taxe par litre multipliée par la quantité échangée : 2 € × 300 000 litres = 600 000 € par semaine. La quantité échangée baisse de 100 000 litres, soit 25 % (100 / 400). Cette baisse n'est pas un effet secondaire indésirable : pour une boisson sucrée, l'objectif de santé publique est précisément de réduire la consommation. La taxe renchérit le bien pour l'acheteur, qui glisse le long de sa courbe de demande et achète moins.

Ce que cette analyse apprend — Lire un graphique en repérant deux équilibres, puis distinguer le prix payé par l'acheteur, le prix reçu par le producteur et la recette de l'État.

Document 4 — Le marché au cadran de Fontaines-en-Sologne : la construction d'un marché parfait

Difficile

Étude sociologique (article scientifique résumé) · Marie-France Garcia, « La construction sociale d'un marché parfait : le marché au cadran de Fontaines-en-Sologne », Actes de la recherche en sciences sociales, n° 65, novembre 1986, p. 2-13.

L'article paraît en 1986 dans la revue de sciences sociales fondée par Pierre Bourdieu. Il est devenu un classique de la sociologie économique française, souvent mobilisé pour montrer que le marché est une institution.

Résumé de l'article, rédigé pour l'exercice.

Dans les années 1970, les fraises de Sologne sont vendues à quelques expéditeurs qui passent dans les exploitations. Chaque producteur négocie seul, sans connaître les prix obtenus par ses voisins ; les relations personnelles et la dépendance envers un acheteur pèsent sur les prix.

En 1981, à l'initiative d'un conseiller agricole formé à la science économique, un marché au cadran est ouvert à Fontaines-en-Sologne. Les producteurs y déposent leurs fraises, réparties en lots dont la qualité est contrôlée et classée selon des normes communes. Les acheteurs sont réunis dans une salle, devant un tableau qui indique le lot mis en vente et un cadran où défile un prix décroissant : le premier acheteur qui arrête le cadran emporte le lot à ce prix. Les producteurs ne sont pas dans la même salle que les acheteurs, et les prix obtenus sont connus de tous.

Marie-France Garcia montre que ce dispositif réunit presque toutes les conditions de la concurrence parfaite décrites par les manuels : nombreux vendeurs et acheteurs, produits standardisés, information publique, impossibilité de négocier en tête-à-tête. Mais ces conditions n'existaient pas avant : il a fallu construire un bâtiment, fixer des règles, convaincre les producteurs et surmonter les résistances de certains acheteurs. La sociologue en conclut que ce marché « parfait » est le résultat d'un travail social et que la théorie économique a elle-même servi de modèle à ceux qui l'ont organisé.

Après avoir rappelé les conditions de la concurrence parfaite, vous montrerez que ce marché est une construction sociale.

  1. Rappelez les quatre conditions principales de la concurrence parfaite.
  2. Montrez comment le marché au cadran réalise chacune de ces conditions.
  3. Comment se formaient les prix avant 1981 ? Pourquoi ce marché était-il loin de la concurrence parfaite ?
  4. Pourquoi peut-on dire que ce marché est une « construction sociale » ?
  5. Que nous apprend cette étude sur le modèle de concurrence parfaite ?
Voir la réponse rédigée

1. La concurrence parfaite suppose l'atomicité (de très nombreux offreurs et demandeurs, chacun trop petit pour influencer le prix), l'homogénéité du produit (les unités sont interchangeables), la transparence de l'information (tous connaissent les prix et les qualités) et la libre entrée et sortie du marché.

2. Au cadran, de nombreux producteurs apportent leurs fraises et de nombreux acheteurs enchérissent : aucun ne peut à lui seul imposer un prix, ce qui correspond à l'atomicité. Les fraises sont réparties en lots contrôlés et classés selon des normes communes : deux lots de même catégorie sont interchangeables, c'est l'homogénéité. Le tableau affiche le lot, le cadran affiche le prix et les prix obtenus sont connus de tous : c'est la transparence. Enfin, les producteurs ne rencontrent pas les acheteurs, ce qui empêche les arrangements personnels : chacun est preneur du prix qui se forme dans la salle.

3. Avant 1981, chaque producteur vendait à quelques expéditeurs passant dans les exploitations. Les acheteurs étaient peu nombreux (pas d'atomicité), chaque producteur ignorait les prix obtenus par ses voisins (pas de transparence), et les prix dépendaient de relations personnelles et d'un rapport de forces favorable aux acheteurs. Ce marché se rapprochait davantage d'un oligopole d'acheteurs que de la concurrence parfaite.

4. Ce marché est une construction sociale parce que ses conditions de fonctionnement ont été créées volontairement par des acteurs : un conseiller agricole, des producteurs qui ont accepté de nouvelles règles, des normes de qualité, un bâtiment organisé pour séparer vendeurs et acheteurs. Il a fallu surmonter des résistances. Le marché n'est donc pas né spontanément de la rencontre de l'offre et de la demande : il repose sur des règles, des objets techniques et des organisations, ce qui en fait une institution.

5. L'étude montre d'abord que la concurrence parfaite est rarement donnée : elle suppose un travail d'organisation qui a un coût et des bénéficiaires. Elle montre aussi que le modèle économique n'est pas seulement une description : il peut servir de programme d'action, puisque les organisateurs s'en sont inspirés. Le modèle reste utile pour comprendre comment le prix se forme au cadran, mais la sociologie rappelle que les conditions qui le rendent valable sont des constructions sociales.

Ce que cette analyse apprend — Confronter un modèle économique à une enquête sociologique : vérifier condition par condition, puis montrer ce que le terrain ajoute au modèle.

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