À propos de cette page
Ce cours de SES (2nde) en seconde sur « Comment se forment les prix sur un marché ? » suit le programme officiel de SES (2nde) de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Le marché, une institution, Des marchés plus ou moins concurrentiels, La demande : une courbe décroissante, L'offre : le producteur maximise son profit. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en SES (2nde).
2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.
Sujet 1 — Dissertation : Le prix d'un bien résulte-t-il seulement de la rencontre de l'offre et de la demande ?
Analyse des termes — Il faut définir le prix (quantité de monnaie contre laquelle s'échange une unité de bien), l'offre et la demande, et comprendre que « seulement » invite à chercher ce qui, en plus de leur rencontre, influence le prix. Le sujet porte sur les marchés de biens et services, dans le cadre du programme de 2nde : marché concurrentiel, degré de concurrence, taxes, subventions et institutions.
Problématique — Si la confrontation de l'offre et de la demande explique la formation du prix sur un marché concurrentiel, dans quelle mesure ce mécanisme dépend-il de conditions (structure de marché, intervention publique, règles) qui ne relèvent pas de l'offre et de la demande elles-mêmes ?
Introduction rédigéeChaque matin, à Rungis, ouvert en mars 1969 au sud de Paris, les prix des fruits et légumes changent d'un jour à l'autre sans qu'aucune autorité ne les décrète. Le prix, c'est-à-dire la quantité de monnaie contre laquelle s'échange une unité d'un bien, semble alors naître de la seule rencontre entre l'offre, quantité que les producteurs souhaitent vendre à chaque prix, et la demande, quantité que les acheteurs souhaitent et peuvent acheter à chaque prix. Pourtant, le prix du livre neuf est le même dans toutes les librairies de France depuis 1981, et celui du litre de carburant comprend une large part de taxes. On peut donc se demander si, au-delà de la confrontation de l'offre et de la demande qui explique la formation du prix sur un marché concurrentiel, ce mécanisme ne dépend pas de conditions qui lui sont extérieures. Nous verrons d'abord que, sur un marché concurrentiel, le prix naît de la confrontation de l'offre et de la demande (I), puis qu'il varie dès que les conditions de l'une ou de l'autre changent (II), avant de montrer que cette rencontre dépend de la structure du marché et des institutions qui l'encadrent (III).
I. Sur un marché concurrentiel, le prix naît de la confrontation de l'offre et de la demande
- La demande est décroissante : les acheteurs achètent moins quand le prix monte, car leur budget est limité et des substituts existent.Barème du cours : 80 cagettes de fraises demandées à 2 €, 40 à 6 € ; Cournot formule la « loi du débit » en 1838.
- L'offre est croissante : le producteur, preneur de prix, produit jusqu'à ce que le coût marginal soit égal au prix.Coûts marginaux de 2, 3, 4, 5 € : le maraîcher produit 3 cagettes à 4 €, 4 cagettes à 5 €.
- Les excès d'offre et de demande poussent le prix vers l'équilibre, où les quantités s'égalisent.À 6 €, 40 cagettes invendues ; à 2 €, pénurie de 40 ; équilibre à 4 € pour 60 cagettes. Tâtonnement de Walras (1874).
II. Le prix change quand les conditions de l'offre ou de la demande changent
- Un changement des goûts, du revenu ou de la météo déplace la demande et modifie le prix d'équilibre.Une canicule déplace la demande de glaces vers la droite : prix et quantité d'équilibre augmentent.
- Une hausse des coûts ou une mauvaise récolte déplace l'offre vers la gauche.Gel d'avril 2021 en France : récoltes de fruits détruites, offre réduite, prix plus élevés.
- Il faut distinguer ces déplacements de courbe des glissements le long des courbes, qui ne sont que la réaction au prix.Marshall (1890) raisonne « toutes choses égales par ailleurs » : seul le prix varie le long d'une courbe.
III. Mais cette rencontre dépend de la structure du marché et des institutions qui l'encadrent
- Quand la concurrence est faible, l'offreur est faiseur de prix : le prix ne résulte plus d'une rencontre entre agents preneurs de prix.SNCF seule sur la grande vitesse jusqu'à l'arrivée de Trenitalia sur Paris-Lyon en décembre 2021 ; théorie du monopole de Cournot (1838).
- L'État modifie les équilibres par des taxes, des subventions ou des prix réglementés.Contribution climat-énergie : 7 € par tonne de CO2 en 2014, 44,60 € en 2018 ; prix unique du livre (loi Lang, 10 août 1981) ; article L410-2 du Code de commerce.
- Même le marché concurrentiel est une institution construite par des règles et des acteurs.Décret d'Allarde (1791) ; marché au cadran de Fontaines-en-Sologne (1981), étudié par Marie-France Garcia en 1986.
Conclusion rédigéeSur un marché concurrentiel, le prix résulte bien de la rencontre d'une demande décroissante et d'une offre croissante, fondée sur l'égalité entre coût marginal et prix ; il se déplace chaque fois que les conditions de l'offre ou de la demande changent. Mais cette rencontre n'explique pas tout : quand un offreur est faiseur de prix, quand l'État taxe, subventionne ou réglemente, le prix porte la marque d'autres forces. Surtout, la rencontre de l'offre et de la demande suppose elle-même des règles, de la liberté du commerce de 1791 au marché au cadran de 1981. Le prix est donc le produit d'un mécanisme de marché inséparable des institutions qui le rendent possible. Reste à savoir si ce mécanisme conduit toujours à une situation satisfaisante pour la société : c'est la question des défaillances du marché, étudiée en classe de 1re.
Le piège — Répondre « oui » en récitant le mécanisme de l'équilibre, sans jamais discuter le mot « seulement », ou à l'inverse faire un plan « avantages / inconvénients du marché » qui sort du sujet.
Sujet 2 — Épreuve composée, partie 3 (raisonnement s'appuyant sur un dossier documentaire) : à l'aide de vos connaissances et du dossier, vous montrerez qu'une taxe forfaitaire modifie l'équilibre d'un marché concurrentiel.
Analyse des termes — Le dossier fournit un barème (demande Qd = 100 − 10P, offre Qo = 20 + 10P) et l'annonce d'une taxe de 1 € par unité payée par les producteurs. Une taxe forfaitaire est un montant fixe par unité vendue ; l'équilibre est le couple prix-quantité où l'offre égale la demande : il faut montrer, chiffres à l'appui, comment l'une modifie l'autre.
Problématique — Comment une taxe d'un montant fixe par unité, payée par les producteurs, transforme-t-elle le prix payé, le prix reçu et la quantité échangée sur un marché concurrentiel ?
Introduction rédigéeEn mars 2022, le prix du gazole dépasse 2 € le litre en France, et une grande partie de ce prix est constituée de taxes fixées en euros par volume. Le gouvernement choisit alors de verser une remise par litre à partir du 1er avril. Taxer ou subventionner un bien, c'est donc agir sur son prix. Une taxe forfaitaire est une taxe d'un montant fixe par unité vendue, indépendant du prix ; l'équilibre d'un marché concurrentiel est la situation où la quantité offerte par des producteurs preneurs de prix est égale à la quantité demandée. Le dossier présente un marché où la demande s'écrit Qd = 100 − 10P et l'offre Qo = 20 + 10P, sur lequel l'État introduit une taxe de 1 € par unité payée par les producteurs. Comment cette taxe transforme-t-elle le prix payé, le prix reçu et la quantité échangée ? Nous établirons d'abord l'équilibre initial (I), puis nous montrerons que la taxe déplace la courbe d'offre (II), avant d'analyser le nouvel équilibre et le partage de la taxe (III).
I. Avant la taxe : un équilibre de marché concurrentiel
- Sur un marché concurrentiel, acheteurs et vendeurs sont preneurs de prix.Atomicité, homogénéité, transparence, libre entrée : conditions de la concurrence parfaite.
- Chaque producteur offre jusqu'à ce que son coût marginal soit égal au prix, d'où une offre croissante.Maraîcher aux coûts marginaux de 2, 3, 4, 5 € : 3 cagettes à 4 €.
- La confrontation de l'offre et de la demande donne l'équilibre.100 − 10P = 20 + 10P : P = 4 €, Q = 60 unités.
II. La taxe forfaitaire déplace la courbe d'offre vers le haut
- La taxe forfaitaire est un montant fixe par unité, à la différence de la TVA, proportionnelle au prix.Les taxes sur les carburants sont fixées en euros par volume ; la contribution climat-énergie de 2014 en euros par tonne de CO2.
- Pour chaque quantité, le producteur exige désormais le montant de la taxe en plus.Nouvelle offre : Qo = 20 + 10(P − 1) = 10 + 10P ; pour offrir 60 unités, il faut désormais 5 € au lieu de 4 €.
- La demande, elle, ne bouge pas : les acheteurs réagissent au nouveau prix en glissant le long de leur courbe.Qd = 100 − 10P reste inchangée ; seule la quantité demandée varie.
III. Un nouvel équilibre : prix payé plus élevé, prix reçu plus faible, quantité réduite
- Le prix payé par les acheteurs augmente et la quantité échangée diminue.100 − 10P = 10 + 10P : P = 4,50 € et Q = 55 unités (− 5).
- La charge de la taxe est partagée, selon la pente des courbes.Acheteurs : + 0,50 € ; producteurs : 3,50 € gardés au lieu de 4 € ; quand la demande est peu sensible au prix, les acheteurs en supportent l'essentiel.
- L'État perçoit une recette et, souvent, cherche à réduire la consommation ; la subvention produit l'effet inverse.Recette : 1 € × 55 = 55 € ; remise de 18 centimes par litre de carburant à partir du 1er avril 2022.
Conclusion rédigéeUne taxe forfaitaire modifie l'équilibre d'un marché concurrentiel parce qu'elle augmente le coût de chaque unité vendue : la courbe d'offre se déplace vers le haut du montant de la taxe. Dans le dossier, le prix payé par les acheteurs passe de 4 € à 4,50 €, le prix gardé par les producteurs tombe à 3,50 € et la quantité échangée recule de 60 à 55 unités, tandis que l'État perçoit 55 €. La taxe n'est donc ni entièrement payée par les consommateurs, ni sans effet sur les quantités. Ce mécanisme explique que l'État utilise la taxe pour réduire la consommation d'un bien (boissons sucrées, énergies fossiles) et la subvention pour l'encourager. Reste à savoir pourquoi l'État juge nécessaire de corriger certains marchés : c'est l'objet de l'étude des défaillances du marché en 1re.
Le piège — Affirmer que le prix augmente de tout le montant de la taxe (4 € → 5 €), ou déplacer la courbe de demande au lieu de la courbe d'offre.