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Les sociétés face aux risques

Aléa, vulnérabilité, résilience, risques naturels et technologiques, prévention, inégalités face aux catastrophes (programme de géographie de 2nde)

À propos de cette page
Ce lexique sur « Les sociétés face aux risques » en seconde donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Risque, aléa, vulnérabilité : les notions pour analyser les sociétés face aux risques, Un monde inégalement exposé aux aléas naturels, Les risques technologiques : des dangers produits par les sociétés, Des sociétés inégalement vulnérables face aux catastrophes. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de seconde.

Risque

Possibilité qu'un aléa naturel ou technologique cause des dommages à une société. Il se mesure par la probabilité de l'événement et la gravité de ses conséquences.

À ne pas confondre

  • Catastrophe — Le risque est une possibilité, la catastrophe est sa réalisation. On vit « avec » un risque ; on subit une catastrophe.
  • Danger — Le danger est la menace en elle-même ; le risque suppose des enjeux exposés à cette menace.

Selon l'époque et le point de vue — Le mot vient de l'italien et appartient d'abord au vocabulaire du commerce maritime (XVIe siècle). Les géographes l'étudient systématiquement depuis les années 1970-1980 ; Ulrich Beck en fait en 1986 la clé des sociétés industrielles.

Ce que le mot permet d'écrire — Notion centrale de tout sujet du chapitre. Faute à éviter : l'employer comme synonyme d'aléa (« le risque a frappé »).

Aléa

Phénomène naturel ou technologique potentiellement dangereux, caractérisé par sa probabilité d'occurrence et son intensité (magnitude, hauteur d'eau, vitesse du vent).

À ne pas confondre

  • Risque — L'aléa est le phénomène ; le risque est la menace qu'il fait peser sur une société. Sans enjeux, un aléa n'est pas un risque.

Selon l'époque et le point de vue — Du latin alea, le dé, le jeu de hasard. Le mot entre dans le vocabulaire technique des spécialistes et des politiques de prévention en France dans les années 1980.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert à décrire la nature de l'événement (géologique, climatique, technologique). Faute à éviter : croire qu'un aléa fort produit forcément une grande catastrophe.

Enjeux

Ensemble des personnes, biens, activités, réseaux et éléments de patrimoine exposés à un aléa et susceptibles d'être endommagés.

À ne pas confondre

  • Vulnérabilité — Les enjeux disent ce qui est exposé ; la vulnérabilité dit à quel point c'est fragile. Deux villes aussi peuplées n'ont pas la même vulnérabilité.

Selon l'époque et le point de vue — Terme du vocabulaire français de la gestion des risques, employé dans les documents de prévention de l'État et par les géographes depuis les années 1980-1990.

Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour expliquer la hausse des pertes : la croissance urbaine multiplie les enjeux. Faute à éviter : ne compter que les vies humaines et oublier réseaux et activités.

Vulnérabilité

Fragilité d'une société face à un aléa : propension à subir des dommages et difficulté à y faire face. Elle dépend de facteurs économiques, sociaux, politiques et culturels.

À ne pas confondre

  • Exposition — Être exposé, c'est être situé dans la zone de l'aléa ; être vulnérable, c'est être fragile face à lui. Tokyo est très exposée mais peu vulnérable.

Selon l'époque et le point de vue — Du latin vulnus, la blessure. La notion devient centrale avec les géographes critiques des années 1980-1990 (Hewitt, 1983 ; Blaikie, Cannon, Davis et Wisner, 1994).

Ce que le mot permet d'écrire — La notion clé pour expliquer les inégalités de bilan (Haïti et Chili, 2010). Faute à éviter : la réduire à la pauvreté ; elle dépend aussi de l'âge, de la gouvernance, de l'information.

Résilience

Capacité d'une société à absorber un choc, à maintenir ses fonctions essentielles, à se reconstruire et à tirer les leçons de la catastrophe.

À ne pas confondre

  • Résistance — Résister, c'est ne pas céder au choc ; être résilient, c'est se relever et se transformer après l'avoir subi.

Selon l'époque et le point de vue — Venue de la physique des matériaux (résistance aux chocs), la notion passe à l'écologie avec C. S. Holling (1973), à la psychologie, puis aux textes de l'ONU avec le cadre de Hyogo (2005).

Ce que le mot permet d'écrire — Sert dans les sujets sur la gestion et la reconstruction. Faute à éviter : en faire un mot magique ; il faut dire qui est résilient, comment, et à quel prix.

Catastrophe

Réalisation d'un risque qui provoque des dommages humains et matériels dépassant la capacité de la société touchée à y faire face avec ses propres moyens.

À ne pas confondre

  • Crise — La crise est la période de désorganisation qui suit ou accompagne l'événement ; la catastrophe désigne l'événement et ses dommages.

Selon l'époque et le point de vue — Du grec katastrophê, « renversement », qui désignait le dénouement d'une tragédie. Depuis Lisbonne (1755), le mot désigne surtout les désastres collectifs.

Ce que le mot permet d'écrire — À employer pour un événement daté et chiffré. Faute à éviter : l'adjectif « naturelle » sans nuance, puisque le bilan dépend de la société.

Risque majeur

Risque dont la probabilité est faible mais dont la gravité est très élevée : nombreuses victimes, dommages considérables, dépassement des capacités de réaction.

À ne pas confondre

  • Risque quotidien — Les accidents de la route sont fréquents mais de gravité limitée à chaque fois ; le risque majeur est rare mais massif.

Selon l'époque et le point de vue — Popularisée en France au début des années 1980, notamment par Patrick Lagadec (Le Risque technologique majeur, 1981) et par le volcanologue Haroun Tazieff.

Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour expliquer pourquoi les sociétés oublient ou négligent un risque rare. Faute à éviter : l'employer pour n'importe quel incident.

Risque technologique

Risque lié aux activités humaines : industrie chimique, nucléaire, stockage de produits dangereux, barrages, transport de matières dangereuses.

À ne pas confondre

  • Risque naturel — Dans le risque naturel, l'aléa vient de la nature ; dans le risque technologique, il est produit par la société elle-même.

Selon l'époque et le point de vue — La notion s'impose après Seveso (1976), Bhopal (1984) et Tchernobyl (1986) ; la directive Seveso de 1982 en fait un objet de réglementation européenne.

Ce que le mot permet d'écrire — Indispensable pour ne pas limiter le chapitre aux séismes et aux cyclones. Faute à éviter : oublier qu'il est souvent localisé près des villes, donc des enjeux.

Risque natech

Risque combiné dans lequel un aléa naturel déclenche un accident technologique (séisme ou inondation provoquant une fuite, une explosion, un accident nucléaire).

À ne pas confondre

  • Effet domino — L'effet domino désigne tout enchaînement d'accidents ; le natech désigne précisément le passage du naturel au technologique.

Selon l'époque et le point de vue — Contraction de « naturel » et « technologique », le terme est employé par les spécialistes depuis les années 1990 ; l'accident de Fukushima (11 mars 2011) l'a popularisé.

Ce que le mot permet d'écrire — Exemple type : Fukushima. Faute à éviter : présenter Fukushima comme un accident purement nucléaire, sans le tsunami qui l'a provoqué.

Prévision

Capacité à annoncer la survenue d'un aléa, son lieu, son moment et son intensité : suivi des cyclones, surveillance des volcans, alerte aux tsunamis.

À ne pas confondre

  • Prévention — Prévoir, c'est annoncer l'aléa ; prévenir, c'est réduire à l'avance les dommages qu'il causera. On prévoit un cyclone, on ne prévoit pas encore un séisme.

Selon l'époque et le point de vue — Elle progresse avec la météorologie et la sismologie au XXe siècle ; le centre d'alerte aux tsunamis du Pacifique est créé à Hawaï en 1949.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert dans la partie « avant la catastrophe ». Faute à éviter : affirmer qu'on sait prévoir les séismes ; on sait seulement localiser les zones à risque.

Prévention

Ensemble des mesures prises avant une catastrophe pour réduire la vulnérabilité : normes de construction, interdiction de bâtir, ouvrages de protection, information et exercices.

À ne pas confondre

  • Protection — La protection désigne surtout les ouvrages (digues, murs) ; la prévention est plus large et inclut l'éducation et l'aménagement.

Selon l'époque et le point de vue — Elle devient une politique mondiale avec la Décennie internationale de la prévention des catastrophes naturelles (ONU, 1990-1999), puis les cadres de Hyogo (2005) et de Sendai (2015).

Ce que le mot permet d'écrire — Le cœur des sujets sur la gestion des risques. Faute à éviter : croire qu'elle supprime le risque ; elle le réduit.

Culture du risque

Connaissance qu'une population a des risques auxquels elle est exposée et des bons comportements à adopter : mémoire des catastrophes passées, information, exercices.

À ne pas confondre

  • Mémoire du risque — La mémoire conserve le souvenir des catastrophes passées ; la culture du risque transforme ce souvenir en comportements.

Selon l'époque et le point de vue — Le Japon en est l'exemple : journée d'exercices chaque 1er septembre, anniversaire du séisme de 1923 ; stèles gravées après les tsunamis de 1896 et 1933 sur la côte du Tōhoku.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert à montrer que la vulnérabilité n'est pas qu'économique. Faute à éviter : croire qu'elle se transmet seule ; elle s'efface quand les catastrophes se raréfient.

Adaptation

Ajustement des sociétés à des aléas qui changent, en particulier sous l'effet du changement climatique : relocalisation, bâti surélevé, systèmes d'alerte.

À ne pas confondre

  • Atténuation — L'atténuation réduit les causes du changement climatique (émissions de gaz à effet de serre) ; l'adaptation réduit ses conséquences.

Selon l'époque et le point de vue — Notion utilisée par le GIEC, créé en 1988, dont les rapports distinguent atténuation et adaptation ; elle devient centrale dans les années 2000-2020.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert dans les sujets qui lient risques et changement climatique. Faute à éviter : confondre adaptation et atténuation.

Déplacé environnemental

Personne contrainte de quitter son lieu de vie à cause d'une catastrophe ou d'une dégradation de l'environnement, le plus souvent à l'intérieur de son propre pays.

À ne pas confondre

  • Réfugié — Le statut de réfugié, défini par la convention de Genève de 1951, protège les personnes persécutées ; il ne couvre pas les causes environnementales.

Selon l'époque et le point de vue — L'expression « réfugié environnemental » est popularisée par un rapport du Programme des Nations unies pour l'environnement en 1985 ; les juristes préfèrent « déplacé » faute de statut.

Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour les conséquences humaines des catastrophes. Faute à éviter : parler de « réfugiés climatiques » comme d'une catégorie juridique reconnue.

Les repères du programme

Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.

Aléa / vulnérabilité

Ce qui vient de l'événement face à ce qui vient de la société.

Ce qu'il débloque — Le couple de base pour expliquer tout bilan : il organise une comparaison ou une partie entière.

Exemple — Sur le sujet « Des sociétés inégalement vulnérables face aux risques », il permet de montrer que le Chili (M 8,8) compte bien moins de morts qu'Haïti (M 7,0) en 2010.

Naturel / social

La part de la nature et la part des choix humains dans une catastrophe.

Ce qu'il débloque — Permet de nuancer l'expression « catastrophe naturelle » et de construire une progression.

Exemple — Sur le sujet « Les catastrophes sont-elles naturelles ? », il permet de passer de l'aléa (le cyclone Katrina) aux digues défaillantes et aux inégalités sociales de La Nouvelle-Orléans.

Prévision / prévention

Annoncer l'aléa face à réduire à l'avance ses dommages.

Ce qu'il débloque — Structure la partie « avant la catastrophe » d'un plan chronologique.

Exemple — Sur le sujet « Prévenir et gérer les risques », il permet de distinguer l'alerte aux tsunamis de l'océan Indien (après 2006) des normes parasismiques chiliennes.

Protection / adaptation

Se défendre contre l'aléa par des ouvrages, ou transformer sa manière d'occuper l'espace.

Ce qu'il débloque — Permet de discuter l'efficacité des digues et de montrer les limites de la protection.

Exemple — Sur le sujet « Les sociétés peuvent-elles devenir résilientes ? », il permet d'opposer la digue de Taro, franchie en 2011, au hameau d'Aneyoshi, construit au-dessus de la zone atteinte.

Local / mondial

Les échelles de l'exposition, de la vulnérabilité et de la réponse.

Ce qu'il débloque — Le jeu d'échelles est attendu en géographie : quartier, ville, État, monde.

Exemple — Sur le sujet « Des sociétés inégalement vulnérables face aux risques », il permet de passer du Lower Ninth Ward (Katrina, 2005) au cadre de Sendai (2015).

Urgence / reconstruction

Le temps court de la crise et le temps long du relèvement.

Ce qu'il débloque — Permet de montrer qu'une catastrophe ne s'arrête pas le jour de l'aléa.

Exemple — Sur le sujet « Les sociétés face aux risques », il permet d'opposer les secours d'Haïti en janvier 2010 aux années de reconstruction difficile qui suivent.

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Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

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