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Les sociétés face aux risques

Aléa, vulnérabilité, résilience, risques naturels et technologiques, prévention, inégalités face aux catastrophes (programme de géographie de 2nde)

À propos de cette page
Ce cours d' en seconde sur « Les sociétés face aux risques » suit le programme officiel d' de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Risque, aléa, vulnérabilité : les notions pour analyser les sociétés face aux risques, Un monde inégalement exposé aux aléas naturels, Les risques technologiques : des dangers produits par les sociétés, Des sociétés inégalement vulnérables face aux catastrophes. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en .

2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.

Sujet 1 — Des sociétés inégalement vulnérables face aux risques

Analyse des termes — Les sociétés sont les groupes humains organisés sur un territoire, du quartier à l'État ; le risque est la possibilité qu'un aléa naturel ou technologique frappe des enjeux, et la vulnérabilité, leur fragilité face au choc. Le sujet porte sur le monde actuel, à toutes les échelles, et invite à expliquer les écarts de bilan autant qu'à se demander s'ils peuvent être réduits.

Problématique — Pourquoi, face à des aléas parfois comparables, les sociétés ne subissent-elles pas les mêmes catastrophes, et ces inégalités sont-elles une fatalité ?

Introduction rédigéeLe 12 janvier 2010, un séisme de magnitude 7,0 fait plus de 200 000 morts en Haïti. Un mois et demi plus tard, le 27 février, un séisme de magnitude 8,8, environ 500 fois plus énergétique, en fait environ 500 au Chili. Ce contraste résume l'enjeu du sujet. Toutes les sociétés, c'est-à-dire les groupes humains organisés sur un territoire, font face à des risques : la possibilité qu'un aléa, naturel ou technologique, frappe des enjeux humains et matériels. Mais leur vulnérabilité, c'est-à-dire leur fragilité face au choc et leur capacité à y répondre, est très inégale, entre les États comme à l'intérieur d'une même ville. Pourquoi, face à des aléas parfois comparables, les sociétés ne subissent-elles pas les mêmes catastrophes, et ces inégalités sont-elles une fatalité ? Nous verrons d'abord que toutes les sociétés sont exposées, mais inégalement ; puis que la vulnérabilité est le facteur décisif du bilan ; enfin que ces inégalités, présentes à toutes les échelles, peuvent être réduites.

I. Toutes les sociétés sont exposées aux risques, mais pas au même degré

  • Les aléas naturels sont inégalement répartis à la surface du globe.La ceinture de feu du Pacifique concentre la plupart des grands séismes : Valdivia (Chili), magnitude 9,5, le 22 mai 1960 ; les cyclones naissent sur les océans chauds de la zone intertropicale.
  • Les sociétés s'installent souvent dans les zones d'aléa fort, pour leurs avantages.Plus d'un demi-million d'habitants vivent dans la « zone rouge » du Vésuve ; le delta du Gange et du Brahmapoutre est fertile mais balayé par les cyclones.
  • Les sociétés produisent aussi leurs propres aléas.Bhopal (Inde), nuit du 2 au 3 décembre 1984 : fuite de gaz toxique, plusieurs milliers de morts ; Beyrouth, 4 août 2020 : environ 2 750 tonnes de nitrate d'ammonium explosent, plus de 200 morts.

II. La vulnérabilité, facteur décisif du bilan

  • Le niveau de développement pèse plus que la force de l'aléa.Haïti, 12 janvier 2010 : magnitude 7,0, plus de 200 000 morts ; Chili, 27 février 2010 : magnitude 8,8, environ 500 morts.
  • La gouvernance et l'application des règles comptent autant que leur existence.Turquie, 6 février 2023 : plus de 50 000 morts malgré un code parasismique mal appliqué ; Birmanie, 2008 : la junte retarde l'aide après le cyclone Nargis.
  • Les inégalités existent aussi à l'intérieur des pays riches.Katrina, 29 août 2005 : environ 1 800 morts à La Nouvelle-Orléans, surtout dans les quartiers pauvres comme le Lower Ninth Ward ; canicule européenne de 2003 : plus de 70 000 morts, surtout des personnes âgées.

III. Des inégalités qui peuvent être réduites

  • La prévention fait reculer la mortalité, même dans un pays pauvre.Bangladesh : 300 000 à 500 000 morts avec le cyclone de 1970, quelques milliers avec le cyclone Sidr en novembre 2007, grâce aux abris et aux volontaires de l'alerte.
  • Les pays riches restent exposés, mais apprennent de chaque catastrophe.Japon : Kobe (1995) puis Tōhoku (11 mars 2011, environ 18 500 morts et disparus) ; normes renforcées, exercices chaque 1er septembre.
  • La coopération internationale tente de réduire l'écart, mais le changement climatique l'accroît.Système d'alerte de l'océan Indien après 2004, cadre de Sendai (18 mars 2015) ; inondations du Pakistan en 2022 : environ un tiers du pays sous les eaux.
Conclusion rédigéeLes sociétés sont inégalement exposées aux aléas, qu'ils viennent de la nature ou de leurs propres activités ; mais c'est surtout leur vulnérabilité, faite de pauvreté, de bâti fragile, de gouvernance défaillante et d'inégalités sociales, qui explique l'écart des bilans, d'Haïti au Chili et jusqu'aux quartiers de La Nouvelle-Orléans. Ces inégalités ne sont pas une fatalité : le Bangladesh a fait reculer la mortalité des cyclones et la coopération internationale, du système d'alerte de l'océan Indien au cadre de Sendai, cherche à réduire l'écart. Reste une question ouverte : le changement climatique, en multipliant les aléas extrêmes, risque de frapper d'abord les sociétés qui ont le moins contribué à le provoquer et qui ont le moins de moyens pour s'adapter.

Le piège — Réduire le sujet à une opposition « pays riches protégés / pays pauvres victimes » : il faut montrer que les pays riches sont aussi frappés (Kobe, Katrina, Tōhoku), que la vulnérabilité se mesure jusqu'à l'échelle du quartier et qu'un pays pauvre peut la réduire (Bangladesh).

Sujet 2 — Prévenir et gérer les risques : les sociétés peuvent-elles devenir résilientes ?

Analyse des termes — Prévenir, c'est réduire la vulnérabilité avant la catastrophe ; gérer, c'est faire face pendant la crise puis reconstruire ; la résilience est la capacité d'une société à absorber le choc, à se relever et à tirer les leçons de l'événement. Le sujet invite à suivre le cycle du risque (avant, pendant, après) et à discuter l'efficacité réelle des politiques menées, à l'échelle locale, nationale et mondiale.

Problématique — Dans quelle mesure les sociétés parviennent-elles, par la prévention, la gestion de crise et la reconstruction, à réduire les risques qu'elles affrontent ?

Introduction rédigéeLe 11 mars 2011, le Japon, sans doute le pays le mieux préparé au monde, voit le tsunami franchir la digue de 10 mètres de Taro et provoquer l'accident nucléaire de Fukushima. Sur la même côte pourtant, le hameau d'Aneyoshi est épargné, parce que ses habitants ont respecté une stèle de 1933 qui leur interdisait de bâtir en contrebas. Prévenir un risque, c'est réduire la vulnérabilité avant la catastrophe ; le gérer, c'est faire face pendant la crise, puis reconstruire. La résilience désigne la capacité d'une société à absorber le choc, à se relever et à tirer les leçons de l'événement. Dans quelle mesure les sociétés parviennent-elles, par la prévention, la gestion de crise et la reconstruction, à réduire les risques qu'elles affrontent ? Nous étudierons d'abord les moyens de connaître, de prévoir et de prévenir le risque ; puis l'épreuve de la crise elle-même ; enfin la reconstruction, qui révèle une résilience inégale et discutée.

I. Avant la catastrophe : connaître, prévoir et prévenir

  • Connaître le risque et en entretenir la mémoire.Stèles gravées après les tsunamis de 1896 et 1933 sur la côte du Tōhoku ; au Japon, journée nationale d'exercices chaque 1er septembre, anniversaire du séisme de 1923.
  • Réduire la vulnérabilité par des normes et des règles.Normes parasismiques chiliennes : environ 500 morts pour un séisme de magnitude 8,8 en 2010 ; directive européenne Seveso du 24 juin 1982 pour les sites industriels dangereux.
  • Prévoir et alerter.Centre d'alerte aux tsunamis du Pacifique à Hawaï depuis 1949 ; aucun système dans l'océan Indien en 2004 (environ 230 000 morts), un réseau y est installé à partir de 2006.

II. Pendant la crise : l'épreuve de la catastrophe

  • L'alerte et l'évacuation sauvent des vies, à condition que chacun puisse partir.Bangladesh, cyclone Sidr (novembre 2007) : quelques milliers de morts grâce aux abris ; Katrina (2005) : les habitants sans voiture restent bloqués à La Nouvelle-Orléans.
  • Les secours dépendent de l'État et de l'aide internationale.Haïti, 2010 : État désorganisé, aide internationale massive mais mal coordonnée ; épidémie de choléra à partir d'octobre 2010, dont l'ONU reconnaît en 2016 sa part de responsabilité.
  • Les effets en cascade débordent les plans prévus.11 mars 2011 : le tsunami provoque l'accident nucléaire de Fukushima Daiichi ; plus de 100 000 personnes évacuées.

III. Après la catastrophe : reconstruire et apprendre, une résilience inégale

  • Reconstruire mieux, en tirant les leçons.Lisbonne après 1755 : ville basse reconstruite par Pombal avec des structures pensées contre les secousses ; cadre de Sendai (2015) : « mieux reconstruire ».
  • Les protections ont des limites et peuvent entretenir l'illusion de sécurité.Digue de 10 mètres de Taro franchie le 11 mars 2011 ; digues de La Nouvelle-Orléans rompues en 2005 : c'est l'« effet digue ».
  • La résilience reste inégale et discutée.Reconstruction lente d'Haïti après 2010 ; critiques de chercheurs pour qui la résilience fait porter l'effort sur les habitants ; aléas climatiques accrus (Pakistan, 2022).
Conclusion rédigéeLes sociétés disposent de moyens efficaces pour réduire les risques : la mémoire et les normes avant la catastrophe, l'alerte et les secours pendant la crise, une reconstruction plus sûre ensuite ; le Bangladesh et le Chili montrent que la mortalité peut reculer fortement. Mais aucune société n'est à l'abri : les effets en cascade, comme à Fukushima, et les protections franchies, comme à Taro, rappellent que le risque ne disparaît jamais. La résilience reste donc un objectif plus qu'un état, et un objectif inégalement accessible selon les moyens des sociétés. Avec le changement climatique, qui rend certains aléas plus fréquents et plus intenses, la question devient de savoir si les sociétés sauront s'adapter assez vite, ou devront parfois renoncer à habiter certains littoraux.

Le piège — Faire un catalogue de mesures sans jamais juger de leur efficacité : chaque partie doit montrer ce qui marche, avec un exemple daté, et ce qui échoue, sans quoi la question « peuvent-elles devenir résilientes ? » reste sans réponse.

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