À propos de cette page
Ce cours d' en seconde sur « La France : mobilités, transports et enjeux d'aménagement » suit le programme officiel d' de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Des mobilités quotidiennes généralisées mais inégales, Des réseaux de transport hérités, hiérarchisés et centrés sur Paris, La grande vitesse : une révolution de l'espace-temps, Désenclaver et rééquilibrer : l'aménagement du territoire. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en .
2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.
Sujet 1 — Mobilités quotidiennes et transports en France : quels enjeux d'aménagement ?
Analyse des termes — Les mobilités quotidiennes regroupent les déplacements réguliers (navettes domicile-travail et domicile-études, achats, loisirs de proximité) ; les transports désignent les réseaux et les modes qui les rendent possibles. Le sujet porte sur la France métropolitaine et ultramarine, surtout depuis la périurbanisation des années 1970, et invite à relier pratiques, réseaux et politiques publiques jusqu'à la loi d'orientation des mobilités de 2019 et ses suites.
Problématique — En quoi les mobilités quotidiennes des Français, permises par des réseaux inégaux, posent-elles des défis d'accessibilité, d'équité et de durabilité que l'aménagement cherche à relever ?
Introduction rédigéeChaque matin, des millions de Français quittent leur commune pour aller travailler : selon le recensement de 2017, environ deux actifs sur trois travaillent hors de leur commune de résidence, et près de trois sur quatre prennent leur voiture pour s'y rendre. Les mobilités quotidiennes désignent ces déplacements réguliers, navettes domicile-travail ou domicile-études, mais aussi achats et loisirs de proximité ; elles reposent sur des réseaux de transport (routes, voies ferrées, lignes de bus et de tramway) organisés par l'État et les collectivités. L'aménagement désigne l'action publique qui organise ces réseaux pour mieux répartir l'accès à l'emploi et aux services. Depuis la périurbanisation des années 1970, ces mobilités se sont généralisées, mais elles sont inégales selon les territoires et pèsent lourd dans les émissions de gaz à effet de serre. En quoi les mobilités quotidiennes des Français, permises par des réseaux inégaux, posent-elles des défis d'accessibilité, d'équité et de durabilité que l'aménagement cherche à relever ? Nous verrons d'abord que ces mobilités généralisées redessinent les territoires, puis que des réseaux inégaux produisent des inégalités d'accès, enfin que l'aménagement cherche à rendre ces mobilités plus justes et plus durables.
I. Des mobilités quotidiennes généralisées qui redessinent les territoires
- Les navettes se sont généralisées et allongées : le lieu de travail est de plus en plus éloigné du domicile.Environ deux actifs sur trois travaillent hors de leur commune de résidence (INSEE, recensement de 2017).
- La périurbanisation, engagée dans les années 1970, fabrique la dépendance automobile.74 % des actifs vont travailler en voiture, 16 % en transports en commun, 2 % à vélo (recensement de 2017).
- Les mobilités organisent de vastes bassins de vie autour des villes.Le zonage de l'INSEE en « aires d'attraction des villes » (2020) montre que plus de neuf Français sur dix vivent sous l'influence d'une ville.
II. Des réseaux inégaux qui produisent des inégalités d'accès
- Les métropoles concentrent les réseaux de transports collectifs les plus denses.La ligne A du RER transporte plus d'un million de voyageurs par jour ; le tramway est revenu à Nantes (1985) et Strasbourg (1994).
- Les ménages périurbains et ruraux, dépendants de la voiture, sont vulnérables au prix du carburant.Le mouvement des Gilets jaunes naît le 17 novembre 2018 d'une contestation de la hausse des taxes sur les carburants.
- Certains territoires restent enclavés, en métropole comme outre-mer.Lignes aériennes subventionnées vers Aurillac ou Rodez ; Maripasoula (Guyane), accessible seulement en avion ou en pirogue.
III. Aménager pour des mobilités plus justes et plus durables
- Couvrir tout le territoire par une offre de mobilité organisée.La loi d'orientation des mobilités du 24 décembre 2019 : autorités organisatrices partout depuis le 1er juillet 2021.
- Renforcer les transports collectifs autour des grandes villes.Grand Paris Express (loi du 3 juin 2010, ligne 14 à Orly en juin 2024) ; loi du 27 décembre 2023 sur les RER métropolitains.
- Concilier transition écologique et acceptabilité sociale, objet de débats.Zones à faibles émissions étendues par la loi Climat et résilience (2021), remises en cause au Parlement en 2025 ; gratuité à Dunkerque (2018).
Conclusion rédigéeLes mobilités quotidiennes sont devenues une composante essentielle de la vie des Français : la périurbanisation a allongé les navettes et installé une dépendance automobile qui organise de vastes bassins de vie autour des villes. Mais les réseaux qui les permettent sont inégaux : denses dans les métropoles, faibles dans le périurbain lointain, les campagnes et certains territoires ultramarins, ils transforment la mobilité en facteur d'inégalité, comme l'a montré le mouvement des Gilets jaunes en 2018. L'aménagement, de la LOTI de 1982 à la loi d'orientation des mobilités de 2019, cherche à garantir un droit à la mobilité sur tout le territoire tout en réduisant les émissions, mais ses outils, des zones à faibles émissions à la gratuité, restent débattus. Reste une question ouverte : faut-il d'abord développer l'offre de transport, ou rapprocher les logements, les emplois et les services pour que chacun ait moins besoin de se déplacer ?
Le piège — Réciter le chapitre sur les LGV : le sujet porte sur les mobilités du quotidien, où la voiture, le TER, le bus et le vélo comptent bien plus que le TGV.
Sujet 2 — La grande vitesse ferroviaire et l'aménagement du territoire français depuis 1981
Analyse des termes — La grande vitesse ferroviaire désigne les TGV circulant sur des lignes nouvelles (LGV) à 300 km/h ou plus ; l'aménagement du territoire est l'action publique qui cherche à mieux répartir population et activités. Le sujet commence en 1981, avec la mise en service du TGV Paris-Lyon, et va jusqu'aux débats actuels sur les nouveaux projets et la priorité aux transports du quotidien.
Problématique — Dans quelle mesure la grande vitesse ferroviaire, conçue comme un outil d'aménagement, a-t-elle rapproché les territoires français tout en renforçant leurs inégalités ?
Introduction rédigéeLe 27 septembre 1981, un TGV orange relie pour la première fois Paris à Lyon en service commercial : deux ans plus tard, la ligne achevée met la capitale des Gaules à deux heures de Paris, contre près de quatre auparavant. La grande vitesse ferroviaire désigne ces trains circulant sur des lignes nouvelles, les LGV, à 300 km/h ou plus ; l'aménagement du territoire est l'action volontaire de la puissance publique pour mieux répartir population et activités, dans la tradition de la DATAR créée en 1963. En quarante ans, la France a construit environ 2 700 km de LGV, de Lille à Marseille et de Rennes à Strasbourg. Mais les villes desservies ont-elles toutes gagné, et les autres ? Dans quelle mesure la grande vitesse ferroviaire, conçue comme un outil d'aménagement, a-t-elle rapproché les territoires français tout en renforçant leurs inégalités ? Nous montrerons d'abord qu'elle a été un grand projet national qui contracte l'espace-temps, puis que ses effets sur les territoires sont sélectifs, enfin que ce modèle est interrogé et réorienté depuis 2017.
I. Un grand projet national qui contracte l'espace-temps (1981-2001)
- La ligne Paris-Lyon inaugure une révolution de la vitesse.Mise en service le 27 septembre 1981 ; ligne achevée en 1983, Lyon à 2 h de Paris.
- L'État étend le réseau en étoile autour de Paris.LGV Atlantique (1989-1990), LGV Nord (1993), interconnexion Est et gare TGV de Roissy (1994-1996).
- La grande vitesse ouvre la France sur l'Europe et le Sud.Tunnel sous la Manche (1994) ; LGV Méditerranée (2001), Marseille à environ 3 h de Paris.
II. Des effets sélectifs sur les territoires
- Les métropoles desservies sont les grandes gagnantes.Euralille autour de la gare de Lille-Europe (1994) ; Bordeaux-Euratlantique après l'arrivée de la LGV en 2017.
- Les gares nouvelles et les espaces traversés profitent peu de la ligne.TGV Haute-Picardie (1994), surnommée « gare des betteraves » ; effet tunnel dans les campagnes traversées sans arrêt.
- Des régions entières restent à l'écart de la grande vitesse.Toulouse à plus de 4 h de Paris, Clermont-Ferrand et Limoges à plus de 3 h ; aucune LGV dans le Massif central.
III. Depuis 2017, un modèle interrogé et réorienté
- Le coût des LGV impose de nouveaux montages financiers.LGV Tours-Bordeaux (2 juillet 2017) : près de 8 milliards d'euros, construite et exploitée par un concessionnaire privé.
- La priorité passe aux transports du quotidien.Annonce présidentielle de juillet 2017, Conseil d'orientation des infrastructures (2018), loi d'orientation des mobilités (2019).
- La grande vitesse entre dans une nouvelle donne : concurrence et projets relancés.Trenitalia entre Paris et Lyon depuis décembre 2021 ; plan de 100 milliards d'euros pour le rail (2023) ; Bordeaux-Toulouse attendue dans les années 2030.
Conclusion rédigéeDepuis 1981, la grande vitesse ferroviaire a profondément transformé l'espace-temps français : Lyon, Marseille, Lille, Strasbourg, Bordeaux ou Rennes sont désormais à deux ou trois heures de Paris, et la France est reliée à Londres, Bruxelles et Barcelone. Mais ce rapprochement est sélectif : il profite d'abord aux métropoles, renforce la position de Paris au cœur d'un réseau en étoile, laisse de côté le Massif central ou Toulouse et fait subir aux espaces traversés un effet tunnel. Son coût et l'urgence des besoins quotidiens ont conduit l'État, depuis 2017, à réorienter ses priorités, sans abandonner de nouveaux projets. La grande vitesse n'est donc pas mécaniquement un outil d'égalité territoriale : ses effets dépendent de ce que les territoires en font. Reste à savoir si les futurs RER métropolitains et la relance des trains du quotidien parviendront à diffuser aux villes moyennes et aux campagnes les gains d'accessibilité dont ont profité les grandes métropoles.
Le piège — Faire l'éloge du TGV sans nuance, ou confondre TGV et LGV : le sujet demande d'évaluer les effets sur le territoire, gagnants et perdants compris.